ROSE pompon (rosa pomponia). Fleur prolifere
Obs. Une nourriture abondante apporte souvent un certain désordre dans les parties de la fructification des végétaux : certains organes destinés à remplir des fonctions essentielles au développement des embryons-graines, deviennent les uns des feuilles, et les autres, en continuant de s’allonger, des rameaux. Pour peu que lon compare les fig. > et 9 de ce Tableau, on s'aperçoit aisément que les filets des nombreuses’ étamines placées autour des pistils de la premiere, se sont élargis en feuilles pétaliformes dans la seconde, et que ces élargissemens ont produit l'avortement des anthères qui les terminaient.
Il faut convenir que si la rose, l’œillet et l’anémone qui ornent nos parterres ; la poire, la prune et surtout la pêche, sont des monstres, que les monstres végétaux ont pour nous autant d’aitraits, que ceux des animaux sont hideux et repoussans.
TO. LINAIRE commune (linaria vulgaris, Willd., Enum. ; ANTIRRHINUM Unaria, Lin.), PÉLORE (peloria, Lin.) : a, folioles du calice; b, gibbosités tubuleuses répondant à chacun des cinq pétales soudés; c, tube formé par la réunion soudée des pétales; d, parties supérieures et libres des pétales; e, parties bombées de Porifice du tube corollaire, et auxquelles, dans les fleurs irrégulières de cette famille, on a donné le nom de palais.
(124) Obs. Te ne puis étrè de l’avis des botanistes qui regardent
eette fleur comme une monstruosité; je pense, au con: traire, que l’irrégularité, quoique constante, de celles d’un: assez grand nombre de groupes de végétaux, tels que les labiées, les personnées , les orchidées, ete., est, comme je l'ai déjà dit ; due à un vice organique et intérieur qui, pour l'instant, nous est inconnu, mais que nous ne devons pas désespérer de démasquer un jour, et que, de temps à autre, certains individus plus favorisés dans leur organisation tis-. sulaire, en produisant des fleurs régulières, nous révèlent | que le vœu primitif de la nature a été, pour tous les végétaux, cette symétrie que présente passagèrement la pélore,
dont il est ici question.
Toutes! ces fleurs qui, de l’état constant et irrégulier, al à célus Pie) et momentané, produisent des emryons-grainies fertiles, qui continuent de reproduire des individus à fleurs régulières jusqu’au moment où leur descendance est frappée de ce vice organique dont nous avons parlé, et qui paraît inhérent à certains végétaux, comme le sont ceux qui affligent certaines races d'hommes.
A à Calices et corolles.
“bEn'suivant sur les tiges les organes appendiculaires qui s’y déveléppent on s'aperçoit qu'ils sont faibles et rudimentaires vers les deux extrémités; que les écartemens qui les séparent dans la partie moyenne des tiges sont nuls ou pres que nuls; et qu'enfin, vers ces extrémités, ils se soudent , souvent entre.eux ‘:tels sont, d’une part, les feuilles coty-
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Ces soudures se manifestent, d’une Er sur la partie faible et naïssante du végétal, dans les feuilles cotylédonaires du plus grand nombre dés embryons-graines monocotylédons, et dans la plupart des feuilles écailleuses ou éorylédons des bourgeons (embryons-fixes ) ge se soudent en une.gaine complette ; et, de l’autre, sur la partie terminale et épuisée, dans les feuilles rudimentaires ou bractées soudées par deux, comme celles qui composent la valve intérieure de la prétendue corolle des graminées, ou, en un plus grand nombre, comme dans les involucres cupulaires du gland et de la châtaigne ; dans celles, qui composent les calices et les corolles, auxquels on a improprement donné les noms de mono # phylles et de monopétales; dans les étaminés mopadelphes, dadsnies
polyadelphes et syngénèses; et enfin dans la réunion soudée es lobes
du phycostème en un anneau ou en un sac qui enveloppe l'ovaire en entier.
TABLEAU XXL.
Cahices et corolles.
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(125 ) N lédonaires et les écailles des bourgeons; de l'autre, ces feuilles épuisées que l’on désigne par les noms de bractées, de calices, de corolles, d’étamines et de phycostèmes.
En continuant d'observer comparativement et philosophiquement tous les organes qui composent le système appendiculaire d’une plante; en ne s’en laissant point imposer par de simples apparences de forme, dé grandeur, de couleur ou même d'organes surajoutés, tels que des anthères, on reste complétement convaincu de la parfaite identité qu'ont entre eux tous ces organes appendiculaires ; on voit que tous sont assujettis aux mêmes lois; que tous, comme organes protecteurs, naissent sur le bord d’un nœud-vital ; que tous sont terminés et traversés par une nervure médiane, ou plutôt par un faisceau de vaisseaux qui se répan-
- dent et se divisent dans toutes les parties de la lame; que tous enfin présentent la même situation relative, en alternant sans cesse, dans le sens longitudinal delà tige ou axe dont ils émanent *... |
Les distinctions que l’on a établies pour les organes appendiculaires, bonnes sans doute pour. là commodité de
En poussant l'observation plus loin, on s'aperçoit que d’autres organes foliacés, analogues à ceux que nous venonsde 2 dt RU encore, par soudure, les péricarpes et même les tuniques propres qui protégent et abritent immédiatement cette sorte de petit rameau destiné à s’isoler de la mère, et auquel on a donné le nom embryon; mais une chose très remarquable, c’est la fréquence et le complément de toutes ces soudures, à mesure que les organes dont:nous avons parlé se rapprochent du petit être pour lequel ils semblent tous avoir été créés. La tunique propre de la graine est tellement soudée, qu’elle n'offre jamais de déhiscence; le péricarpe, Loujours le produit d’une ou plusieurs feuilles rapprochées et soudées par Ver marges;,.est le-plus:généralemient clos de toute part ; mais, le plus souvent, les pièces qui le composent se dessoudent dans la maturité pour donner passage aux graines; enfin, les phycostèmes, les élamines, les corolles, les calices et lés bractées présentent bien plus souvent des soudures, que les autres feuilles plus développées eë plus espacées de la tige. Lite
* Aux deux extrémités de l’axe du végétal, les nœuds-yitaux se développent peu où point; ceux que bordent les premières feuilles, les cotylédons, produisent rarement des embryons-fixes cu bourgeons; ceux protégés par les écailles du bourgeon restent dans linaction; et enfin ceux placés vers Pautre extrémité paraissent éteints, et ne sont indiqués, dans cette partie terminale, que par les organes appendiculaires de la fleur, les feuilles du calice et de la corolle et les étamines.
? Les étamines, opposées aux feuilles de la corolle des berbéridees et des primulacees ; présentent des excéptions à cette grande loi. Ces végétaux, mieux étudiés, nous apprendront, peut-être, que le même organe peut quelquefois être doublé par un autre plus intérieur. a
( 126 ) l'étude, disparaissent dès que sérieusement on veut se don: | ner la peine de penser et de comparer ces organcs entre eux.
. Les organes appendiculaires du rameau-fleur ont été distingués en calice, en corolle, en étaumines et en phycostéme, auxquels on ajoute encore quelquefois ceux que l’on désigne par Les noms de calicule dans l’œillet (fig. 4, b), et ceux, souvent polyphylles, placés au-dessous du calice de quelques malvacées.
De petites feuilles, rudimentaires par épuisement, plus ou moins rapprochées, libres ou soudées entre elles, vertes où pins des plus vives couleurs, réduites aux bases pétioaires des autres feuilles de la tige, devenant, par suite de cet, épuisement, scarieuses, transparentés et même fimbrillées dans les synanthérées (fig. 9, 10, b,'et fig. 12, a), " forment la partie ou l'enveloppe la plus extérieure du rameau-fleur, celle que l’on est convenu de nommer le calice.
La nature, comme pour nous ouvrir les yeux sur la véri-. table analogie des organes, semble avoir posé ça et la des exemples, dans lesquels ellenous montre, d’une manière frap-" pante, comment elle passe d’une modification à une autre. Le calice, composé de huit ou neuf feuilles rudimentaires et écailleuses, alternes et imbriquées des camellia ; les trois feuilles multifides de la collerette des anémones devenant, en se rapprochant de la fleur des hépatiques , un calice composé de trois folioles simples ; celui des roses dont les cinq parties qui le forment, allant toujours en diminuant de l’extérieur à l’intérieur, se développent, dans certaines especes, en feuilles tout aussi composées que celles de la tige; et, enfin celui des pivoines, dans la composition duquel on trouve la réunion des feuilles laminées de la tige et celles rudimentaires des calices, offrent ne de ces nombreux exemples, qui prouvent jusqu’à l'évidence identité des or-" ganes appendiculaires du calice avec ceux de la tige.
Ces preuves d'identité, que, presque toujours, nous sommes obligés d’aller chercher dans l'observation de plusieurs individus comparés entre eux , se trouvent quelquefois accumulées sur le même point : telle se présente l’une de n0S M plus belles fleurs indigènes, celle du xymphæa alba, dans laquelle les organes appendiculaires qui la composent, passent, imperceptiblement, des folioles vertes et robustes du calice à celles blanches et délicates de la corolle, et de
celles-ci, en se rétrécissant et en recevant insensiblement le développement d’une anthère, aux étamines les plus par- | faites. | | *
De l’excessif rapprochement des organes appendiculaires Iles plus extérieurs du rameau-fleur, disposés alternative- |ment et en spirale dans les camellia , les pivoines, les cistes let les narcgravia (fig. 13); ou opposés-verticillés et libres, comme dans la renoncule (fig. 16, a); ou enfin verticillés et soudés, comme dans l’œrllet (fig. 4), est née la dénomination de calice, que l’on a attachée à l'association plus ou moins intime de ces petites feuilles rudimentaires.
De l’indépendance des feuilles du calice (fig. 16, a), ou de la réunion, par soudure, de ces mêmes feuilles (fig. 4), jon à tiré le caractère qui sert à distinguer cette enveloppe en calice polyphylle et en calice monophylle. La premiere de ces dénominations est rigoureusement bonne; mais la seconde, comme l’a très-bien observé M. Decandolle , est fautive, en ce que les calices monophylles (sauf les bractées des cissampelos, qui en ont -usurpé le nom) sont toujours l'assemblage de plusieurs feuilles greffées, plus ou moins, entre elles.
Indépendamment des soudures que les folioles des calices | éprouvent entre elles, elles en subissent encore d’autres en se greffant plus ou moins, par leur face intérieure, avec
la ou les pièces foliacées qui constituent l’ovaire. Depuis | Vovaire parfaitement libre ou supérieur aux feuilles calicivales de la cerise ou du is, placé au fond du calice, jusqu’à | celui adhérent de la pomme ou de la grenade, situé au- | dessous, se présentent un grand nombre de passages inter- | médiaires, parmi lesquels on remarque ceux semi-adhérens | des samolus valerandi,.des saxifrages, des feuillea trilobata et cordata (boîte à savonnette), et ceux, presque | adhérens , des momordica operculata et luffa fœtida.
Le calice est régulier ou symétrique lorsque les petites | feuilles, libres ou soudées, qui le composent sont parfaitement semblables entre elles : tel est celui des renoncules (fig. 16, a), des borrago, de l’œillet et du physalis (fig. 4 et 5); il est irrégulier quand ces mêmes feuilles présentent entre elles des différences de grandeur, comme dans ceux
fl
* Théorie élément. Deuxième édition, pag. 390.
(128) des Zabiées , ou des différences de formes, semblables à celles de l’on observe dans les gibbosités et les éperons corniculés" ans la capucine, les orchis, les delphinium , etc. | l'est important de faire remarquer que le plus grand nombre “ divisions de ces calices a et en même temps celles qui, le plus ordinairement, acquièrent le plus” de développement, sont situées du côté extérieur relativement à l’axe qui adonné naissance à celui de la fleur. - Les feuilles du calice,.dans les papavéracées, abandonnent celles de Jaorolle at moment même de l’anthèse ou épanouissement, dela fleur,:-dans les crucifères, le calice et: la corolle tombent presque en même temps; dans les anagallis et beaucoup d’autres, le calice ne se désarticule pas, mais il se dessèche et pérsiste.en.cet état, auquel on a donné le nom de marcescent ; dans d'autres , il conserve la faculté de croître (calice accrescent) et;de se développer avec le fruit, ceux desphysalis (fig:5,) ; et de simuler un péricarpe dans celui-charau-et coloré du,duranta plumieri.
Le calicerlesplüus. singuliercquelnous connaissions, est celui, «parfaitement. Sessile, dé.la-pistache de terre ( arachis ‘hypogæa) : son tube long et grêle, dans l’intérieur duquel passe Le stylegsaété priss avant-Pobservation de M. Poiteau, pour le pédôneule-dé, lasfleur. 50 EU
La corolle, placée en dedans dü calice ouwpluiôt au-dessus de lui, étant ;plus rapprochée de laspartietérminale de l’axe pistillaire, les petites feuilles qui la-composent sont, par suite de cet épuisement qu’éprouvént les organes appendiculaires à mesure qu'ils naissent plus près du sommet des rameaux, d’un tissu plus délicat, et en même temps plus susceptibles de sercolorer. Presque toujours verticillées, ces . petites feuilles, auxquelles on a donné le nom de pétale, se soudent entre elles ou restent libres; mais plus sujettes à manquer, dans les fleurs, que celles du calice, leur absence, comme l’a tres-bien observé M. de Jussieu, constate toujours la présence d’un calice, quelles que soient la nature et ï couleur de ce dernier ". |
1 On ne devine pas pourqnoi, dans les fleurs des /iliacées, et, en général, de toutes les monocotylédanes, dont l'enveloppe plus ou moins cor lorée se compose de deux rangées ou verticilles de trois feuilles superposées, on n’a voulu voir qu'un calice, lorsque c’est contraire à toute CSpÈ0e M d'analogie.
( 129 ) L’onglet des pétales, quelquefois très-long, comme dans le garidella, est aux feuilles de la fleur ce que sont les pé-
tioles aux feuilles de la tige. .
Calices.