RÈGNE ORGANIQUE
Cx tableau présente la réduction géométrique d’un autre, auquel je travaille depuis long-temps, et dans ea un grand nombre d'êtres, pris sur tous les points de la chaîne et figurés d’après nature, représenteront, par leur disposition graduée, les deux grandes branches végétale et animale avec les rameaux qui en émanent, et qu'ici je me suis contenté d'indiquer par deux simples séries composées de figures idéales.
On voit que d’une base commune s'élèvent, par bifurcation, deux branches, dont l’une, en se végétalisant, se termine par une renoncule, et l’autre, en s’animalisant, par un aomme. Cette base ou souche commune, d’où naissent les deux embranchemens des végétaux et des animaux, se compose de cette multitude d’êtres mixtes qui paraissent prendre immédiatement naissance de la matière tenue en dissolution dans les eaux ; de ces êtres qui, par leur extrême petitesse, leur simplicité, et plus encore leur grande transparence qui confond souvent leurs contours avec le liquide dans lequel ils vivent, échappent, pour la plupart, à nos sens ; ce qui ne nous permettra jamais de pouvoir saisir le véritable point de départ où la matière commence à s’organiser.
. On peut pourtant, en s’aidant de l’analogie, soupconner que l'être vivant le plus simple se compose tout.entier d’une seule cellule poreuse, dans laquelle circulent des fluides; que cet être uni-cellulaire, et dont la cellule qui le compose pourrait être appelée cellule intégrante , peut être représenté par celle qe l'on détacherait, par exemple, de la masse organique d’un être plus compliqué; seulement la première serait sphéroïde, tandis que la seconde annoncerait, par sa forme polyédrique, dt a fait partie d’une aggrégation. Ainsi, en suivant rapidement la nature dans les formes graduées qu’elle donne aux êtres vivans, en les compliquant
du simple au composé, on pourrait poser les caractères suivans, pour les plantes :
1°. Une seule cellule poreuse, sphéroïde ou allongée en un tube filiforme : conferves simples.
2°, Plusieurs cellules placées bout à bout, filiformes, simples ou rameuses : vonferves cloïsonnées, monilia, etc.
3°. Plusieurs séries de cellules placées à côté les unes des autres, et formant une lame simple ou multifide : ua lactuca et ulva dichotoma ( dictyota dichotoma, Lam”.)'. >
4°. Une rasse homogène de tissu céllulaire, où aggrégation de cellules, dans tous les sens, pouvant se modeler Sur un certain nombre de formes : les scZerotinm , ét, en général, la masse organique de tous lés végétaux.
Ges quatre prérhières fôfmes peuvent être ébalement établies à da base de la branché des animaux. :
5. Masse homogène de tissu cellulaire, prenant la forme tubulaire; tube entier dans les végétaux, percé à ses deux
! [l'est unmportant.d'observer que, dès l'instant où xin Yé étal se go posede plus d’une série, les cellules alternent constamment éntre elles.
qu'elle plate peu apeu leshombrieux érganes qui caracténi-
- Mais icerqui mérite d'être bien observé, c’est Pinégalité gui existe dans le développement où l'élévation des branches végétale tetianimale. 4 7 7 PTIT EEE à 1° Tia première, conrposée d'êtres d'une organisation infiniment plus simple que celle des animaux , qui constituent la seconde: cesse d'offrir aucune espèce de comparaison Grganique avec celle-ci, dès que chez les animaux 11 établit, +°. run système sensitif; 2°, une charpente osseuse nue, conime chez les ‘insectes et les crustacées, ou recouverte par «des muscles etune peau dans des añimaux plusicompliqués. 0 Cest faute d’avoir fait cette impértante observation, que Pon a établi une foule de comparaisons entre les végétaux et Les animaux, toutes plus ‘inconvenantes des ‘unes que Îes autres, comme, par exemple; celles entre le tube cortical et herbacé (qui , avec ses appéndices , est la seule partie vivante “du tégéal) ; ét la ‘peau ‘des animaux; entre cette masse inerte (le bois), située à l’intérieur du tube vivant dont mous venons de parler, et les os; éntre cette autre petite amasse de tissu aellalaires qui a cessé de vivre, ménagée ai “entre du bois, et à laquelle on a improprement donné le mom'de moëlle ,*et.la moelle epinière ;entre l’entbryon-végétal tout entier, etle cœur, et-enfin entre les ‘reillettes de’ée dernier, et'les feuilles -côtylédoraires du premier: C’est eri- “core de cette manière d'observer ‘qu'est née cette erreur, *tant-accrédi tée d'Aristoteret de Boerhaave, que les végétaux sont des animaux rétonrnés. | ©1220 940 00.
-1 J'ai dans ce tableau lariant que pouvaient le permettre de simples figures géométriques, exprimé les divers caractères qui,servent a distinguer Les prinçipaux.groupes-des-êtres ; j'ai, en outre, essayé d’imiter-lanature dans la mariière dont
(28) elle procède en compliquant ou en simplifiant ces mêmes etres; c'est-à-dire qu après avoir créé une forme, je lai constamment répétée, en m'élevant vers le sommet des deux branches, et en ne faisant que surajouter des choses nouvelles aux choses déjà formées.
Ainsi, comme on peut le voir, de simples portions de cercle représentent cette foule d'êtres mixtes, qui ne sont encore ni végétaux ni animaux, mais qui forment cette souche commune, d’où s'élèvent, par bifurcation ; ces deux grands embranchemens, dont l’un, en se végétalisant peu à peu, se termine par l’une des plantes les plus compliquées, comme une renoncule, par exemple ', ét l’autre en s’animalisant également par gradation, et en s’élevant beaucoup au-delà de celui des végétaux, se termine par l’homme.
On aurait tort de croire que, dans ce tableau, j'aie eu l'intention de comparer et de mettre en rapport, point pour point, l’homme avec un végétal : la seule chose que je me sois proposée, a été de présenter un simple enchaînement organique, en placant, autant que cela se peut, sur deux lignes dépourvues de leurs rameaux latéraux, les êtres, à mesure qu ils passent de l’état le plus simple à celui le plus composé. Des cercles complets, en établissant le point de bifurcation ou de départ des deux embranchemens, simulent, d’une part, les végétaux qui manquent de corps reproducteurs, et auxquels la nature ne paraît point encore avoir accordé la faculté de se reproduire eux-mêmes, et, de l’autre, les animaux infusoires homogènes, qui me paraissent être dans le même cas.
Si, pour un instant, on abandonne la branche végétale pour ne s'occuper que de celle animale, on verra qu'à ces mêmes cercles déja établis on ne fait que surajouter, de l'intérieur à l'extérieur, d’autres signes, tels que, pour les zoophytes, un centre nerveux et des rayons placés extérieurement ; pour les crustacés, les arachnides et les insectes, une ligne intérieure indiquant la présence d’une moelle épinière, une tête et six membres appendiculaires. Ne pouvant donner qu’une seule figure pour ces trois groupes, j'ai signalé de préférence le nombre des pieds qu’offrent le plus
t On pouvait tout aussi bien terminer la branche végétale par un ma . # . . # gnolia où tout autre végétal aussi compliqué.
(29) as communément ces sortes d'animaux. En conservant pour les mollusques les mêmes signes, j’en ai seulement supprimé les membres extérieurs, dont la plus grande partie de ces êtres paraissent dépourvus; en passant de là aux poissons, une série longitudinale de points sert à faire connaître que la commence le système osseux et intérieur des animaux, que Von a si heureusement distingués de ceux chez lesquels il n’existe réellement point encore, par le nom de vertébrés. Les reptiles, parmi lesquels il en est qui ont quatre ou deux pieds, et d’autres qui n’en ont point du tout, sont représentés par la même figure que celle des poissons, à laquelle on a seulement ajouté le signe intermédiaire de ce groupe, celui de deux membres antérieurs ; les oëseauxoffrant quatre membres appendiculaires , on a placé, sur le dos de la figure, ceux rudimentaires, qui leur servent le plus ordinairement a s'élever dans l'air; viennent enfin les mammifères, qui terminent cette branche, présentant dans leur organisation, l’état le plus composé des êtres vivans, état composé, dans lequel on peut, en le déroulant par la pensée, retrouver les analogues des êtres plus simples; je veux dire qu’en supprimant, dans l’ordre où elles ont été créées, quelques-unes des parties organiques qui composent l’homme, on obtient par cette soustraction, dans ce qui reste, sauf les formes et les usages, l’équivalent d’un être plus simple que lui.
En reprenant la branche végétale au point où nous l'avons laissée, À est facile de voir que le cercle complet se reproduit fps sommet de cette branche, mais qu'en suivant toujours lemêmesystème on n’a fait qu'y ajouter denouveaux signes. Un cercle plus intérieur caractérise les végétaux simples ou axifères, chez lesquels, comme dans la plupart des champignons et des algues de terre et de mer, on distingue des corps reproducteurs simples , nus ou tuniqués, et nichés dans la substance cellulaire de ces plantes : immédiatement au-dessus, commencent ces végétaux composés, que je nomme appendiculaires , parce que, indépendamment de
’axe qui constitue tout entier les végétaux axifères, il se développe encore autour de celui-ci des organes laminés, sortes d’appendices que l’on n’observe point sur les autres,
Ainsi, pour distinguer dans cette grande division les végétaux en monocotylédonset en polycotylédons, j'ajoute aux premers {ro1s appendices, comme nombre naturel de ce groupe,
et cinq aux.seconds , comme étant également-celui qui paraît les caractériser. Possédant les trois moyens de reproductions savoir, les embryous-latens , les embryons-fixes -et-les em bryons-graines on les a indiqués..par trois. cercles intés DIEU vitiortuon one ke aitioa 9b sleni! 158 Les nouvelles, divisions, primordiales.que. présente-cette ançhe, végétale, sant un extrait, d’un: tablean qui: devait précéder, dans, cel ouvrage, celui de l'Onganographie véx gétale,, ex dans lequel, à laide d’un grandnembre de figures et de défumtions, jai applique. à l’excellente-méthode natuz xelle de M. de Jussieu les nouvelles divisions. que je propose: Le titre deice, tableau..est,, Nouvsives DIVISIONS PRIMORS DIALES, fondées sur la simplicité et la complication orga= nique. des végétaux, par. bourgeow ou embryon-fixe ;:sur L'absence ou la présence des corps reproducteurs, et surta situation relative, de ces derniers dans l'intérieur de :L@ plantermère, appliquées à la méthode naturelle de M: de Jussieu... S 146 ab acognron ai 83%" l Au lieu des trois grandes divisions, les acotylédones; les monocotylédones et, les dicotylédones, établies par M. de Jussieu, je n’en présente que deux, auxquelles je-donnetes noms d'axifères.et LS HI af LS caractères. qué servent a distinguer, ces deux groupes: primordiaux mespa= raissent avoir des,avantages réels sur ceux dont s'estservi lilusiie auteur dela Methode naturelle, en ce que, d’une part, iis.sont plus faciles à saisir, et que, de l’autre, aur lieu d’être simplement, fondés sur la: présence ou l’absence:, et le nombre tres: variable des feuilles cotylédonaires, la partiela moins importante des.embryons ou corps reproducteurs, ils offrent, au-contraire, le résultat .de toutes les: parties qui constituent l'organisation entière des végétaux quicompo= sent chacune de ces divisions. KG agecr hs GREEN