‹ Flore médicale (volume 4)Chapitre 12 sur 71 · BERCE · texte numérisé non relu

BERCE

Grec........ S00Vd'UAoY.

SPHONDYLIUM VULGARE HtRSUTUM; Bauhin, IliaË , Ÿ dib.4, sect. 5. Tournefort, clas. 7, ombelliféres. Latin... .....€meRAcLEUM sPHonoyzium; foliolis pinnatifidis ; Linné, ' clas. 5, pentandrie digynie. Jussieu, clas. 12, ord. 2, ombellifères..

Ztalien....... SFONDILIO ; BRANCORSINA GERMANICA. Espagnol. ... ESFONDILIO; BRANCA URSINA ALEMANA. Français.,... BERCE; FAUSSE BRANCURSINE; BRANCURSINE DES ALLE= MANDS.

Anglais..... COW-PARSNEP.

Allemand. ... BARTSCH; DEUTSCHER BÆRENKLAU ; 3% DEUTSCHEN.

Hollandais... Duirscit BEERENKLAAUW.

Polonais...... mBarszez, Sennert, Bernitz; NIEDZWIEDZ1A; RAZDZENIECZ,

Erndtel. l\

BÆRENKLAU DER

Très-commune le long de nos bois, de nos champs, et dans nos prés dont elle détériore les foins, la berce est encore plus abondante et acquiert plus de développement dans les climats froids.

La racine vivace, fusiforme, charnue, blanchâtre , est imprégnée d’un suc jaunâtre.

La üge qui, sur un sol favorable, parvient à hauteur d'homme, est droite, cylindrique, canelée, creuse, velue ; rameuse.

Les feuilles sont alternes, grandes , amplexicaules , ailées, à folioles lobées et crenelées, vertes en dessus , d'un vert pâle en dessous.

Les fleurs disposées en ombelles terminales, sont généralement blanches, quelquefois rougeâtres : l’ombelle ‘universelle est vaste, formée de nombreux rayons; les ombellules, qui ont pour collerette trois à sept folioles linéaires ; soutiennent des fleurs dont celles de la circonférence sont irrégulières et plus grandes que celles du centre.

(1) Les étymologies des dénominations générique, spécifique et vulgaire de cette plante sont extrêmement obscures et incertaines, L’a-t-on désignée. sous le titre de heracleum parce qu’elle a été employée par Hercule, ou parce qu’on lui a supposé des vertus prodigieuses ? Doit-elle le nom de sphondylium aux articulations renflées de sa tige, que M. Théis trouve fort ressemblantes À des vertèbres, sToyd'unos , sgoyd'unos , sooyd'uaos ; ou bien À sa racine en forme de fuseau, sTovd'vAoy ; ou enfin à son odeur analogue à celle dun insecte, s@oyd'uan, srovd uAn, comme le dit Baubin, d’après Pena?

Le mot berce vient-il du polonais barszcz ?

17°. Livraison. F-On

Le fruit consiste en deux graines ovoides, comprimées, glabres , appliquées l’une contre l’autre.

Les diverses parties de la berce ont des qualités très-dissemblables et même opposées. La racine et l'écorce sont assez âcres pour enflammer et ulcérer la peau. Dépouillés de cette enveloppe corticale, les tiges et les pétioles des feuilles, concassés et abandonnés quelques jours sur des claies, fournissent un suc mucilagineux sucré. Accumulez ces liges et ces pétioles brisés, dans un tonneau; versézy une quantité d’eau sufhisante pour recouvrir le ma après un mois vous retirerez une masse d’un goût acidule assez agréable. Si vous saisissez le moment de la fermentation vineuse du suc saccarin, soumettez ce mare à la distillation, il vous donnera un esprit ardent plus actif que celui de grains (2).

Les habitans du Nord regardent la berce comme une de leurs plus précieuses plantes alimentaires; ils en fabriquent

de l’eau-de-vie et de la bière; les Kamtschadales la mangert

fraîchement écorcée; les paysans russes et polonais en préparent un mets aigrelet, qui fait en quelque sorte une partie essentielle de leur nourriture journalière, et qui, sous le nom de barszcz , est à peu-près pour eux ce que le sauerkraut est pour les Allemands (3). :

Divers animaux , tels que les vaches, les chèvres, les moutons, les lapins, les cochons et les ânes, broutent la berce; elle est négligée par les chevaux.

Dans certaines parties de la Suède on regarde la berce comme un remède familier contre la dysenterie; ailleurs on emploie la décoction en bain et en lavemens, que l'on suppose carminatifs, apéritifs , antispasmodiques. Ici on applique les feuilles ou la’racine pilées sur les callosités ; là, c’est avec le suc qu’on espère prévenir ou détruire la vermine. Plusieurs médecins prétendent que la berce est un des plus puissans moyens curatifs de Ja plique polonaise; d’autres soutiennent au contraire qu’elle doit être rangée parmi les causes productrices de cette maladie singulière. Au milieu de ces incertitudes, le sage observateur suspendra son jugement ; il répétera les expériences cliniques : elles seules peuvent dissiper les doutes, et fixer les propriétés réelles de la berce,, qui certes n’est point une plante inefhi-

cace. .

(2) Gilibert, Démonstrations élémentaires de botanique, tome 2; 1796,

age 435.

É EU gens aisés font le barszez avec le son on la farire de fonts le Bouillon de viande et la betterave rouge (Erndiel, Warsavia physicè illus-

trata, 1730, page 139).

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