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Grec...,...: yuuoæiæ (1), Dioscoride.
NYMPHÆA ALBA MAJOR; Baukin. IivaË, lib. 5, sect, 6.
: Tournefort, cl. 6, sect. 4, gen. 9.
Latin... sympnxa ALBA; foliis cordatis inlegerrimis, calyce quadrifido. Linné, polyandrie monogynie. Jussieu, cl. 4,
ord. 4, fanulle des hydrocharidées (à).
Français... NÉNUPHAR BLANC; VOLET.
Italien... .... Nenvraro uraxco.
Æspagnol..…... NENuFAR aLanco.
OTLUSAIS .…. «. NIMPHEA BRANCA.
Allemand... WEISSE SEEBLUME; WASSERLILIFN, Anglais. ..... WHITE WATER LILY; WATER ROSE. Hollandais... wirre zre8L0rx.
Danois...... sosrrLomster. .
Suédois....., SJOEBLAD.
Polonais. .... GRZYBIENIE; wopna zirra.
Husse....... xumiscHrA; wWopANoI LELEr.
Ærabe....... nizurar (3).
ÉNUPHAR.
Le nénuphar brille sur les eaux tranquilles des élangs, comme le lis dans nos parterres. Si, comme lui, il ne parfume point l'air d’émanations odoriférantes , il l’emporte par sa grandeur, par le luxe imposant de ses fleurs d’un blanc virginal, d'une pureté inaltérable, par le nombre de ses pétales, leur élégante disposition, par ses nombreuses étamines, dont le jaune doré donne encore plus d'éclat à l'albâtre de la corolle, Quand les grandes et belles feuilles de cette superbe plante s'étalent audessus de l’eau , que ses fleurs s'y proménent mêlées avec les corolles dorées du nénuphar jaune , avec les renoncules aquatiques, les hottonia, les potamogeton, la plaine liquide ressemble alors à un parterre mobile dont le fond est
tapissé de volandeau , de cératophylles, etc., auquel servent de bordure Je.jonc fleuri avec:.ses ombelles d’un rose tendre, la flèche d’eau ornée de ses épis d’un blanc de lait; tandis que es conferves, le lemna, forment, par leur rapide multiplica- Lion à la surface des eaux ; un beau tapis de verdure sur lequel on serait tenté d'imprimer ses pas,
4 (1) Devon, jeune mariée, À canse de Ja vertu antiaphrodisiaque attribuge
à cette plante par les anciens Grecs; peut-être aussi à cause de sa blancheur
qui est le symbole de la pureté virginale. ONG (2) Fait anjourd'hai partie da groupe des nymphéacées.
. (3) C'est probablement de là que vient le nom francais,
64°. Livraison. d.
Le caractère essentiel du nénuphar consiste dans un calice à quatre ou cinq grandes folioles colorées, persistantes; des pétales nombreux , placés sur plusieurs rangs; un grand nomb d’étamines plus courtes que la corolle; un ovaire à derni périeur , couronné par un stigmate sessile , radié, en forme de chapeau ; le fruit est une baie sèche , à plusieurs loges, contenant un grand nombre de semences renfermées dans chaque loge, et attachées aux cloisons.
Ses racines sont très-longues, blanches, épaisses, noueuses et charnues, couvertes d’écailles brunes. Il n'y a point de tige. y
Ses feuilles sont portées sur de très-longs pétioles ; elles s'épanouissent à Ja surface des eaux en une lame très-grande, ovale, lisse, glabre, coriace, échancrée en cœur, entière à ses bords.
Les hampes ou pédoncules sont simples, épais, de la longueur des pétioles ; ils se terminent par une grande et belle fleur blanche , composée de pétales nombreux, placés sur plusieurs rangs , Inégaux ; de la longueur , et même plus longs que le calice ; les intérieurs beaucoup plus peuits; les filamens des étamines élargis, pétaliformes.
Le fruit est une capsule sèche, assez grosse, un pen globuleuse, couronnée par le stigmate. |
IL est facile de distinguer le nénuphar jaune à sa couleur ; ses fleurs sont moins grandes ; ses calices colorés, beaucoup plus grands et plus longs que les pétales; les feuilles plus grandes et plus rondes. C’est au même genre qu’appartient le célèbre Llotos du Nil, que les Egyptiens avaient consacré au soleil, dont il était l'emblème , qu’on représentait sur la tête d'Osyris et de plusieurs autres divinités. Les rois d'Egypte s’en formaient des couronnes ; le faisaient représenter sur les monnoies et les médailles. | (P.)
Les semences, les fleurs, les feuilles et la racine de cette
lante, ont élé jadis en usage, mais sont aujourd’hui presque entièrement tombées en oubli. La racine est de la grosseur du bras, d’un tissu spongieux ; d’une couleur blanche lorsqu'elle est récente , et brune après la dessiccation. Sa saveur est amère, légèrement astringente. Son extrait aqueux joint à ces deux qualités un goût manifestement salé: Les feuilles et les semences inodores, comme la racine, offrent.une saveur visqueuse : il en est de même des fleurs dont l'odeur est nauséabonde dans J’état frais, et qui contiennent environ un quart de leur poids
de mucilage insipide. À Fe Rien n’est plus vague, plus hypothétique, ni plus contradic-
toire, que les idées qui se sont accréditées , je ne sais comment,
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sur la puissance de cette plante. Sa réputation » comme réfri-
éraute et antiaphrodisiaque, remonte à l'antiquité la plus reculée. Pline, Dioscoride, et de graves auteurs anciens, échos des erreurs populaires de leur temps, ne balancent point à reconnaître dans ses semences et sa racine, la vertu d'éteindre les désirs vénériens, et même d'abolir la faculté génératrice. Les auteurs de matière médicale, après avoir admis cette fable sans examen, n'ont cessé de la répéter comme une vérité démontrée, et jusqu’à ce jour, le nénuphar est ainsi demeuré paisible possesseur de la précicuse propriété d'émousser laiguiilon de la chair, et d’amortir les feux de la concupiscence. Les pieux cénobites dé la Thébaïde, et les ardens ermites du désert, au rapport de Prosper Alpin, en font usage pour supporter le pesant fardeau de la rigoureuse continence qu’ils s'imposent. Personne n’ignore la confiante et aveugle crédulité avec laquelle les moines et les religieuses de nos couvens faisaïent usage de cette plante pour réprimer la révolte d’un sens qui s’irrite souvent de tous les obstacles, et pour étouffer des désirs qui ne sont pas le moindre supplice de ceux qui se dévouent aux rigueurs de la chasteté. Du sein des cloîtres, la prodigieuse renommée des miracles du nymphea s’est répandue dans toutes les classes du peuple, et depuis le prince jusqu’à la dernière garde-malade, il n’est personne qui ne s’imagine de donner de solides preuves de ses lumières et de ses connaissances profondes en médecine, en signalant ce végétal aquatique, comme l’antiaphrodisiaque par excellence, et comme la vraie sauve-garde de la chasteté. Cependant, ainsi que le remarque judicieusement le savant Murray, l'usage que font les paysans suédois de cette racine, prouve évidemment que cette prétendue propriété, qu'on:s'est plu à lui accorder, est entièrement illusoire, puisque le pain, dans la composition duquel ils font entrer cette racine, ne diminue en rien leur faculté génératrice, ni leur aptitude au coït. Les qualités amère et styptique dont elle est douée, prouvent d’ailleurs qu'au lieu d'agir comme réfrigérante , elle est bien plus propre à agir comme excitante à la manière des toniques et des amers. On sait d’ailleurs que dans l’état frais elle rougit la peau sur laquelle on l'applique, qu’elle y détermine même l’inflammation. Or, je le demande, comment concilier une semblable action irritante, avec la singulière vertu qu’on lui suppose? Reste à savoir si les propriétés rafraîchissante et somuifère qu’on lui attribue aussi, sont plus réelles et mieux fondées ; M. Alibert assure avoir employé le nymphea avec succès comme faible narcotique, pour remplacer les opiacés ; mais il ne dit point quelle est la partie de la plante dont il a fait
usage. Nous sommes par conséquent fondés à douter de Ja propriété hypnotique:de la racine de nénuphar, tout comme de sa vertu à a ra jusqu’à ce qu’elles aient été démontrées par des observations bien faites. A l’égard des succes qu'où lui attribue contre la leucorxhée et la blennorrhagie, maïs surtout contre la dysenterie, lors même qu’ils seraient aussi certains qu’ils sont douteux , nous possédons une foule de mucilagineux, beaucoup plus convenables dans ces maladies . lorsqu'elles sont aiguës ; et si , lorsqu'elles sout chroniques, on voulait leur opposer des amers et des astringens, la matière médicale nous fournit un grand nombre deplantes qui jouissent de ces propriétés à un beaucoup plus haut degré que ne le fait le nénuphar. Comme topique , Detharding a appliqué la racine de cette plante, coupée en long, sur la plante des pieds, contre la fièvre intermittente. Maïs que conclure de ce fait, quand on sait que dans les cas où cette affection me guérit as d'elle-même, toutes sortes de moyens, soit généraux, soit
| oran , sont suscepübles de la faire disparaître.
Les fleurs de nymphea, à cause de leur odeur nauséeuse , pourraient seules être soupçonnées de quelques propriétés narcotiques. Toutefois on ne peut raisonnablement leur accorder cette vertu-que lorsqu'elle aura été constatée par des faits exacts et mieux observés que ceux sur lesquels leur réputation a été appuyée jusqu'ici. En attendant il faut se borner à les placer parmi les substances émollientes , relâchantes ‘et rafraïchissantes, sans qu’on puisse leur attribuer, sous ce rapport, plus de puissance qu'aux autres plantes mucilagineuses que nous possédons. À l'exemple de l'illustre Cullen, on pourrait donc, sans inconvénient exclure le nénuphar de la matière médicale. Cependant on en administre Ja racine depuis huit jusqu’à seize grammes ‘en décoction dans un kiogramme d’eau , et les feuilles fraîches, à la dose de quatre ou huil grammes en infusion. L'eau distillée qu’on prépare encore dans quelques pharmacies avec ces dernières , est entièrement inerte. La ridicule composition , décorée du vain titre d’électuaire de chasteté, sur laquelle on a débité tant de rêveries, n’a jamais eu d'autre utilité que celle d’aider les médicastres et les charlatans à faire des dupes. Le sirop de nénuphar , quoique excessivement préconisé ,n’agit pas autrement que le sirop de gaimauve. L'huile de nénuphar de Salicet, et le miel que Rhazès préparait avec la même plante, n’ont aucune vertu.
Les Egyptiens, qui avaient consacré le nénuphar au soleil, ont représenté cette plante aquatique sur Ja tête des statues d'Osiris et des prêtres de ce Dieu. Leurs rois, à l'exemple des despotes de tous des temps et de tous les Lieux, affectant la di-
(69 ) vinité aux yeux des peuples stupides, se faisaient des couronnes avec les fleurs de cette plante. Dans quelques contrées de la Suède, sa racine, associée à la seconde écorce du pin, et sans doute à quelques substances farineuses, sert à faire du pain dont se nourrissent les pauvres cultivateurs dans les temps de disette. Ses feuilles desséchées servent , dans le même pays, à la nourriture des bestiaux.
(La plante est réduite au tiers de sa grandeur naturelle )