OLIVIER
Grec NT ere te , : LE OLEA sATIVA; Bauhin, IiwzË, lib. 12, sect. 3. Tourne-
fort, clas. 20, sect. 2, gen. 2. - |
Lalin........{orrsA suroPEA; foliis lanceolutis. Linné, diandrie mo nogynie. Jussieu, clas. 8, ord. 4, famille des jasminées.
Français..." orrvren.
Taie AE NUT IV ON
Espagnol... oxrvo.
Portugais. . + oLrvErRA.
Allemand. .. oLrvENsAUM. .
Anglais. .... OLIVE-TREE.
Hollandais... oryrsoow.
Danois... oLIETR&E.
Suélois..... OLIETR&D.
Polonais .... OoLIWA DRzEWO.
ESS". Re ee PO LIV A
Les anciens avaient une telle vénération pour l'olivier, qu'ils lui attribuaient une origine merveilleuse. Selon eux, il ne pouvait avoir été produit que par une divinité bienfaisante. Les Grecs l’attribuaient à Minerve, d’autres à Mercure, quelques autres à Aristée, fils d’Apollon. Ces fables prouvent que sa découverte se perd dans la plus haute antiquité. On croit que les Phocéens l’apportèrent à Marseille 680 ans avant Jésus-Christ; que delà il se répandit dans ies Gaules et dans l’'[talie. I] paraît, d'après Pline, que sous le règne de Tarquin l'Ancien. il n'y avait pas encore d’oliviers en Europe, ni sur les côtes d'Afrique. Il croit aujourd’hui spontanément et en abondance, dans les montagnes de l'Atlas. J'en ai vu qui étaient d’une grande beauté, quoique dans l'état sauvage, et plusieurs variétés assez remarquables.
Le, caractère essentiel de l'olivier consiste dans un calice à quatre dents; une corolle à quatre divisions; deux étamines ; un ovaire supérieur; un style simple, très-court ; un stigmate épais, à deux lobes, Le Put est un drupe renfermant un noyau osseux , à deux loges, dont une avorte très-souvent.
L’olivier est un arbre d’une médiocre grandeur, dont le bois est dur, veiné, ses racines quelquefois agréablement marbrées. Ses rameaux sont très-lisses, grisâtres, garnis de feuilles opposées, dures , persistantes, simples, entières, ovales ou lancéolées, un peu étroites, vertes et lisses en dés-
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(104) su5 blanches et un peu soyeuses en dessous, souvent parcemées de petits points blancs à sa superficie.
Les fleurs sont blanches, petites, quelquefois solitaires , ph souvent disposées en petites grappes axillaires. Leur ca-
ice est court, à quatre dents; la corolle petite, son tube un peu élargi, comme renflé; le limbe à quatre lobes courts, aigus.
Son fruit est un drupe ovale, revêtu d’une pulpe verdâtre, charnue , très-huileuse , renfermant un noyau très-dur. On en connaît un grand nombre de variétés produites par la culture.
Le suc, les feuilles, les fruits de l'olivier, et surtout l'huile qu’on retire de ces dernières, sont également utiles à la médecine.
Le suc concret, qui découle spontanément du tronc de cet arbre dans les pays chauds, est connu, dans le commerce, sous le nom impropre de gomme d'olivier, substance que l’on retire particulièrement de la Pouille, de la Calabre et de l’Abruzze. On la trouve dans les officines en larmes ou en masses assez grosses, d’un brun rougeâtre, transparentes en certains endroits, surtout aux bords , et opaques dans d’autres. Sa consistance est fragile, sa cassure résineuse ét conchoïde; elle est électrique par frottement, elle se fond sur les charbons ardens, ctexhale, en brülant, une odeut agréable de vanille, Outre une substance brune, résineuse, dont M. Paoli avait déjà constaté la présence dans cette prétendue. gomme d’olivier, M. Pelletier y a rencontré une substance blanche de nature toute particulière, dont on ne trouve l'analogue dans aucune autre matière végétale ,et un peu d'acide benzoïque. Cette substance paiticulière à la gomme d’olivier, a été désignée par WL. Pelletier, sous lé nom d’olivile; on l'obtient par l'alcool,
sous forme de pondre blanche, brillante, amilacée ; elle cristallise en petites lamés ou aiguilles aplaties; elle est inodore, et offre une saveur toute particulière, ainère , sucrée et un peu aromatique. L'eau en dissout beaucoup plus à chaud qu'à froid. Elle est entièrement soluble dans les acides nitrique et acétique concentré, mais elle est insoluble dans l’éther, qui gert ainsi à la séparer dé la résine à laquélle elle est umie.
M. Paoli, qui a cherché à tirer la gomme résine de l'olivier, de l'oubli où elle était tombée parmi nous , observe qu’elle a ‘té très-anciennement connue et employée comme un medicament actif dans le traitement de différentes aflections, piuticulièrement. On en a fait usage dans les maladies des yeux, contre les douleurs de dents, et dans les affections chroniques de la peau. L'emplâtre que les anciens en composalent sous le nom d’e-
RER PER 7 k ‘t de Pline, d’une grande nagmon, jOuissait surtout, au l'apport ern 2 a réputation contre les hémorragies. Toutefois l'usage de cette substance gommo -résineuse est depuis longtemps tombée en désuétude, quoiqu’on puisse raisonnablement présumer qu elle possède des propriétés médicales qu’il serait utile de déterminer par dés expériences cliniques.
. Les feuilles de l'olivier sont amères et extrêmement acerbes. D’après les recherches de M. Ferrat , elles contiennent environ la onzième partie de leur poids d’une matière résineuse, qui parait être la même que celle que l’on trouve dans le suc de arbre, et une grxundé quantité de matière extractivé qui, très-probablement , est en grande partie composée d'olivile. Leur amertume et leur stÿpticité leur assignent un rang distingue parmi les toniques astringens, et l’on pourrait s'en servir avec avantage dans la plupart des cas qui réclament là médication tonique avec astriction: On a même proposé, dans ces derniers temps, de les emploÿer contre les fièvres intermittentes x en remplacement du qainquina. Mais il faut attendre du temps et des recherches des médecins observateurs , la confirmation des avantages qu'elles peuvent avoir, soit contre ces fièvres s soit contre les autres maladies atoniques.
À cause des nombreux usages médicaux et économiques auxquels on emploie lhuile que renferme en abondance la pulpe charnue des olives, ces fruits sont la partie la plus précieuse et la plus importante de l'olivier. Ils constituent des drupes plus où moins gros, oblongs, ovales, d’une couleur verte, qui devient un peu blanchâtre ou pourpre après Ja maturité. Les olives sont inodores, elles ont une saveur âpre, amère et aüstére, qui ne permet pas d’en faire usage comme aliment, dans l’état où la nature nous les présente. On né lés emploie pas davantage comme médicament.
L'huile qu’on en retire par expression est d’un blanc jaunâtre , transparente, très-liquide, inodore et d’une saveur très-douce. Elle se concrette à la température de quelques degrés audessus de zéro, et rancit, en vieillissant, quoique moins facilement que la plupart des autres huiles. Lorsqu'elle est récente, et qu’elle a été exprimée des olives fraîches, bien mûres et non avariées, elle jouit à un haut degré des probriétés adoucissantes, émollientes, lubrifiantes, relâchantes à et peut être employée avec avantage, soit à l’intérieur, soit à l'extérieur, dans presque toutes les maladies d’irritation, Toutefois on l’administre rarement à l’intérieur, dans les maladies inflammatoires, parce que, en séjournant dans les voies digestives , elle se rancit et acquiert ainsi des qualités irritantes qui pourraient devenir un inconvénient, On y à plus
( 106 ) particulièrement recours dans les empoisonnernens produits par des substances âcres et corrosives , Pour émousser ct affaiblir l’action de ces substances » €t pour calmer et adoucir l’ir: ritation qu'elles ont produite. On lemploie souvent dans les toux sèches et spasmodiques, accompagnées de beaucou p d'irritation, contre la stranguric et les douleurs néphrétiques. . On la donne également » Soit pur la bouche, soit en laveméent, dans les coliques qui suivent les accouchemens difficiles , ui accompagnent les hernies, ou qui sont produites par l’accumulation des matières stercorales durcies. On s’est bien trouvé de son emploi en clystère, pour calmer ou diminuer la douleur qu'occasione Ja présence des calculs dans la vessie. Outre ses propriétés relâchantes et émollientes , l'huile-d’olives Jouit encore d'une faculté purgative, et paraît, (comme la plupart des huiles fixes, exercer une influence délétère Sur les vers intestinaux, dont.elle détermine souvent l'expulsion, ainsi que le prouvent les observations de Redi. Pour obvier au vomissement qu’elle occasione assez souvént lorsqu'elle est ingérée à haute dose, on lui.associe, avec avantage, une certaine quantité de quelque. acide végétal, selon Ja méthode de Forestus ; du vin, suivant celle de Rivière ; une petite quantité d’huile volatile ou d’une substance aromatique, à l'exemple de Wal et d'Hoffmann; ou-bien on la mêle avec du sucre ou du mucilage, comme cela se pratique journellement, Les anciens faisaient un très-grand usage de l’huile d'olive en onctions, pour le traitement de plusieurs maladies dans lesquelles il est fächeux qu’on ait renoncé à un sipuissant moyen.Cœlius, Celse et Dioscoride, nous apprennent qu’ons’en servait surtout avecavantage contre Phydropisie. Forestus, Olivier, Desgerand, Storck, Gardanne, parmi les modernes,, ont vu,plusieurs fois l’ascite et lanasarque disparaître (par, de semblables onctions, répétées plusieurs fois par jour ;'etquoiqu’elles n’aient pas eu le même succès dans des cas analogues, entre les mains de Tissot et de plusieurs autres praticiens , on ne devrait point y renoncer ayant de les avoir soumises à de nouveaux essais. La réputation dont cette huile, appliquée à l'extérieur, à joui. comme antidote du venin de la vipère , et comme préservatif de la rage et de la peste, paraît au moins douteuse. Diverses expériences faites en Angleterre, indiquent bien, à la vérité, que les accidens produits par la morsure de la vipère se sont dissipés après l'usage des onctions d'huile. Mais comme ces accidens, ainsi que les maladies aiguës, se dissipent également après un certain temps, sans aucun remède,.et par les seules forces de la nature, à moins que le sujet mordu ne soit extrémement faible, ou d’un volume
{ o7 ) très - petit, relativement à celui du serpent, il est très - pro“ bable que l'huile d'olives wa pas plus d'action contre le venin, dans ce cas, que d’autres antidotes également vantés. On peut donc, tout au plus, s’en servir comme d’un moyen propre à diminuer la tension et la douleur des parties enflammées par la morsure du serpent, comme on le fait à la suite des piqüres d’abeilles, des guêpes er des frelons, sans lui atiribuer aucune action spécifique contre les venins de ces animaux. Les faits que l’omallègue en faveur de estte huile , contre la rage, sont en trop petit nombre et trop vagues, pour prouver son efficacité dans cette terrible névrose; à l'égard de la peste, malgré les assertions de certains auteurs, il faut convenir, avec l'illustre professeur Desgenettes, que tout ce qu'on a dit de sa vertu préservative, contre cette maladie, est prématuré. |
Le magma que fournissent les olives dont on a exprimé l'huile, parail agir sur la peau à la manière des irritans, et a.été recommandé comme topique contre le rhumatismce et la goutte, Mais on manque de données positives sur sa manière d'agir et sur les effets qu’on peut en attendre.
La résine d’olivier ou le suc concret de cet arbre, pourrait être administrée intérieurement depuis dix ou quinze décigrammes jusqu'a quatre grammes (environ un scrupule à un.gros). Les feuilles peuvent être données en substance, sous forme pulvérulente, à la dose de quatre ou huit grammes (un à deux gros) et plus, et en décoction de treute-deux à soixante-quatre grammes(une à deux onces). L'huile d'olives est en usage comme laxative et anthelmintique, depuis trente-deux jusqu’à cent vingt-huit grammes (une à quatre onces). Comme adoucissante , on la donne à plus petite dose, à une once par exemple, dans des potions et des juleps appropriés. Elle est la base du cérat de Galien, du baume sammaritain , et d’une foule d’emplâtres, d’onguens, de baumes, de, linimens et d'huiles composées, qui ont été en honneur ,!.et qui sont encore, quelquefois; en usage dans la pratique de la médecine et de la chirurgie. L'huile omphancine , célébrée par divers auteurs, ct jadis en usage pour les onctions des athlètes, était exprimée des olives vertes non mûres. On sait qu'après s’en être frotté le corps, ils se roulaient dans la poussière. se formait ainsi, à la surface deleur peau, une espèce de croûte qui s’imprégnait de sueur pendant leurs exercices gymnastiques. À près le combat, avec une espèce d'étrille, serigilis, on la recueillait avec soin pour la livrer au commerce, sous le nom de strigmenta, et on l’employait avec une aveugle confiance, dans le traitement des maladies. avec le même succès,
( 108 ) sans doute, qu'on a employé depuis le græcum album, ou excrémens du chien, l'huile de petits chiens, la poudre de crapaud, et autres substances non moins dégoûtantes ct d’une malpropreté non moins insigne.
L'olivier paraît avoir été un des premiers arbres cultivés parmi les hommes. Les nombreux et utiles usages auxquels sont employés ses produits, l'ont fait regarder , de tous temps, comme un des végétaux les plus précieux pour l'espèce humaine. Les Grecs l'avaient consacré à Minerve. Ses rameaux ornés de feuilles et chargés de fruits, sont encore le symbole de l'abondance, de la paix et de la concorde. Son bois , remarquable par sa dureté extrême et par sa longuc résistance aux injures da temps, est quelquefois employé par les tourneurs, les menuisiers et les tabletiers, à la constructions des meñbles,des machines et des instrumens des arts. Dans l’état natutel, ses fruits, à cause de leur âpreté et de leur austérité, ne sont pas mangeables; mais après avoir été macérés dans une lessive alcaline, et conservés dans de la saumure avec différens aromates, ils perdent ces qualités repoussantes, et acquièrent un goût très-agréable, qui les fait rechercher pour le service des tables, et qui en fait un aliment, à la vérité peu nourrissant et difficile à digérer, mais extrêmement savoureux, ét très-propre à servir de condiment et à exciter l’appétit. L'huile d'olives est l’assaisonnement le plus général , le plus agréable et le plus utile de nos alimens. Il préside à toutes les salades, et à un grand nombre de préparations culinaires. I] fait partie essentielle et nécessaire de l'alimentation des peuples méridiofaux , qui satisfont en elle, avec délices, cet instinct universel, qui porte généralement les hommes à l’usage des corps gras. Elle est ainsi l’objet d’un très-grand commerce et la principale richesse de l'Espagne, de la Grèce, de plusieurs
artiés de l'Italie, de la Provence et du Languedoc. L'huile olives , de qualité inférieure , est employée, avec avantage, pour alimenter les lampes, dont l'usage est encore très-ré pandu en Grèce, en Espagne et en Italie, Les artisans s’en servent pour oindre les ressorts et les rouages de leurs outils et des machines de leurs ateliers. Les ménagères l’emploient queljuefois pour conserver sans altération différentes substances végétales et animales, destinées à l’alimentation. Elle est la basé des huiles odoriférantes et d'une foule de préparations cosmétiques en usage pour la toilette. Enfin , les prêtres catholiqués s’en servent pour sacrer la têté des rois et pour oindre les sens des mourans dans le sacrément de l’extrêmeonction:
(La plante est réduite aux deux tiers de sa grandeur naturelle )