PATIENCE
Grec........ namaboy. Dioscoride.
LAPATHUM HORTENSE; Joie oblongo. Bauhin, TivaË, lib. 3, sect. 4. Tournefort, clas. 15, sect. 2, gen. 2.
Latin ......./RUMEx PATIENTIA ; floribus hermaphrodiütis, valvulis integerrimis , unicé granifert , foliis ovato-lanceolatis. Linné, hexandrie trigynie. Jussieu, clas. 6, ord. 5, Jamille des polygonées,
Français... PATIENCE; PARELLE; DOGUE.
Italien... .... romice ; ERBA SANTA MARIA.
Espagnol. ... rRutsArRso DE moness.
Portugais ... AzEDÉIRA PACIENCIA. Allemand... GARTENAMPFER: GRINDWURZEL.
Anglais... PATIENCE Dock.
Hollandais... PATIENTIE; TAMME PATICH.
Cette espèce de patience, cultivée depuis longtemps dans les jardins, croît naturellement en Italie, en Allemagne, dans les Alpes du Piémont, aux lieux humides , sur le bord des ruisseaux. Linné l’a placée dans le même genre que l’oscille. Tournefort et les anciens botanistes en formaient deux genres particuliers, distinguant les oseilles des patiences, par leur saveur acide et par les valves de la semence dépourvues de tubercules à leur base. Le caractère essentiel des patiences consiste dans un calice à six divisions ; trois extérieures plus petites, rabattues en dehors; trois intérieures beaucoup plus grandes, persistantes, recouvrant la semence, portant alors le nom de valves de la semence : point de corolle ; six étamines ; un ovaire triangulaire, surmonté de trois styles (quelquefois deux ); Les stigmates laciniés; une seule semence nue , triangulaire , enveloppée par les trois divisions internes et agran“ dies du calice. Plusieurs espèces ont des fleurs dioïques. Les patiences proprement dites portent, en dehors, à la base des Valves intérieures, un ou plusieurs tubercules remarquables.
La patience cultivée a des racines épaisses, fort longues fibreuses, brunes en dehors, jaunes en dedans. Elles produisent une tige assez forte, haute de quatre à cinq pieds, glabre, cannelée, médiocrement rameuse, |
Les feuilles sont grandes, pétiolées , alternes, alongées, ovales-lancéolées, aiguës, glabres à leurs deux faces ») un peu ondulées à leurs bords ; la gaine de leur base très-grande.
Les fleurs sont verdâtres, disposées en épis rameux; les valves de la semence grandes, ovales, agrandies, veinées,
69°. Livraison. a,
( 152 ) réticulées , très-entières; l’une d’elles, munic à sa base externe, d’un petit tubercule.
On trouve assez communément, dans les champs ou sur le bord des eaux , plusieurs autres espèces de patience, telles que la patience crêpue (rumex crispus , Lin.); la patience à feuilles obtuses (rumex obtusifolius, Lin.); la patience sanguine (rumex sanguineus , Lin.), etc. (P.)
La racine est presque la seule partie de cette plante qui soit usitée, Elle est jaunûâtre, Fe re et de la grosseur d’un doigt. Son odeur est très-faible, mais elle offre une saveur amère, astringente et nauséeuse, et a quelque chose de mucilagineux quand on la mâche. Suivant M. Decandolle, elle renferme un principe astringent qui tend à noircir le sulfate de fer, et une substance gommeuse toujours unie à une matière colorante orangée, qui lui donne la faculté de teindre l’eau et la salive en jaune. Aucune avalyse chimique n’a prouvé jusqu’à présent qu’elle contienne du soufre, ainsi que certains auteurs l’ont supposé.
La racine de patience a été libéralement décorée de différentes vertus toniques, laxatives, apéritives, détersives, altérantes , désobstruantes , etc. Sa saveur amère, et le principe astringent qui entre dans sa composition, justifient en effet la première de ces propriétés, et expliquent l’action légèrement tonique qu’elle exerce sur l’économie animale. Mais, sous ce rapport, elle est infiniment audessous de beaucoup de plantes de même nature, dont regorge la matière médicale. Son action laxative est si faible, selon la judicieuse remarque de Cullen, qu’elle ne se manifeste que lorsqu'on l’administre à tès-haute dose, de sorte qu’elle ne mérite aucune considération comme
urgative. À l'égard des effets détersifs, apéritifs, etc., qu'on fai attribue; ces titres sont autant d'expressions vagues et Inslgnifiantes qui devraient être bannies du langage médical, et qui ne sont propres qu’à consacrer et à reproduire sans cesse des erreurs funestes. Douée d’une propriété tonique, si la racine de patience est susceptible de favoriser la résolution des engorgemens des viscères, ce ne peut être que dans les cas où ces engorgemens sont entretenus par un état d’atonie , Ou par un défaut de réaction vitale de la part des organes qui en sont le siége; et dans ce cas, nous avons des toniques plus puissans, et beaucoup plus propres par conséquent à opérer ce phénomène. On doit, du reste, regarder comme très-douteux ; et surtout comme très-exagérés , les éloges qu’on a donnés à cette racine, dans le traitement des obstructions, et pour atténuer les humeurs épaissies; expressions vagues el surannees dont il aurait fallu, avant tout, chercher à déterminer le sens. Si l’on
(2509 eut se servir quelquefois de sa décoction avec avantage pour Fe pansement des ulcères atoniques , il faut reconnaître qu’elle n’agit pas, dans cette circonstance, d’une autre manière que la plupart des autres toniques. auxquels elle n’est pas, en général , préférable,
L'emploi de la patience, à l’extérieur, remonte. toutefois à une haute antiquité. Arétée la recommande contre l’éléphantiasis. Les modernes ont vanté son efficacité contre diverses maladies de la peau, telles que les dartres, la teigne, la lèpre, etc. ; mais c’est surtout contre la gale qu'elle a joui d’une grande réputation. Beaucoup de praticiens, et une foule de personnes étrangères aux plus légères connaissances médicales, guidés par la routine, se sont fait une loi de l’employer dans les affections psoriques, et chaque jour on la voit administrer aux galeux, intérieurement en décoction, et à l’extérieur sous forme d’onguent. L’aveugle confiance que le peuple accorde à sa prétendue vertu antipsorique , lui a même fait imposer le nom de grindivurz (racine contre la gale), sous lequel elle est connue en Allemagne. Cependant M. Alibert avoue n'avoir jamais observé qu’elle produisit des effets trèsmarqués dans les maladies de la peau ; Cullen lui refuse même toute espèce de veitu contre la gale, et, moi-même, après l'avoir souvent employée inutilement contre cette affection, dans les hôpitaux militaires, je me suis rangé à l'avis de l'illustre professeur d'Edimbourg.
Les feuilles de patience ont été recommandées comme antiscorbutiques; mais dans quelle disette de fruits et de feuilles acides ne faudrait-il pas se trouver, pour avoir recours à un. pareil moyen contre le scorbut !
Sa racine, fraîche, se donne à la dose de seize ou trentedeux grammes (demi ou une once), en décoction dans un demi-kilogramme d’eau. La dose de son suc exprimé est de huit à seize grammes ( deux à quatre gros). Convenablement pilée et réduite en pulpe, on en fait des onguens réputés antipsoriques.
Les pousses de cette plante, et ses jeunes feuilles, sont employées comme aliment, dans nos cuisines, à la manière des épinards. La racine a été recommandée pour la teinture en Jaune; mais Je ne Sache pas que son usage, sous ce rapport, soit très-tendu.
on & % vw <
ND
Ca54) EXPLICATION DE LA PLANCHE 264.
( La plante est représentée de grandeur näturelle )
+ Feuille inférieure, an traît.
+ Fleur entière, grossie.
Étamine,
. Pistil et étamines.
+ Erait.
+ Graïne, |
T urp in P