NUL AGARIC DU MÉLÈSE
Grec...... auyœpixoy.
AGARICUS ALPUS ; AGARIGUS ALBUS OPTIMUS; Vule. AGARICUS , sive FUNGUS zARICIS; Bauhin, IlW&Ë , lib. 10, Latin: 324 sect. 5, Tournefort, clas. 17, apétales sans fleur ni fruit.
BOLETUS LARICIS; Linné, clas. 24, cryptogamie’ champi- Sons.
AGARICUS ; Jussieu, clas. 1, ord. 1, champignons. Ztalien..... Acarico DEL LARICE.
Æspagnol... AGARIGO DEL ALERCE.
J'rançais.... AGARIC DU MÉLÈSE; AGARIC BLANC. Anglais. ... AGARIG OF THE LARCH-TREE.
Allemand .. LERCHENSCHWAMM.
Hollandais... xoRKEN-zwAN.
Ce végétal parasite, absolument privé de tige, présente une masse irrégulière, variable, qui cependant se rapproche le plus souvent de la forme conique ou de la triangulaire. Il est légèrement convexe en dessus, marqué de zones de diverses couleurs, dont les principales sont-le fauve, lorangé et le brun. Sa substance est tenace , d’un blanc jaunâtre ; les pores qui tapissent sa surface inférieure offrent la même teinte et sont fort petits. t
Le volume de ce champignon ne varié pas moins que sa figure. Souvent il est à peine de la grosseur du poing ; quelquefois il parvient à égaler celle de la tête.
On ne le trouve jamais sur les jeunes mélèses ; il se fixe sur ceux qui ont acquis toute leur croissance, ou qui portent déja les caractères de la décrépitude. Il est assez commun dans les forêts de la Hongrie, de la Carinthie, de la Suisse, de la Savoie, du Dauphiné, de la Provence. Les anciens médecins grecs et romains le tiraient de l'Orient, de la Sarmatie (1), et l’on préfère encore de nos jours celui qui vient d’Alep. On l’enlève des mélèses, dit Fourcroy , lorsqu'il commence à se fendre, ce qui n’a guère lieu qu'au bout d’une année, On détache sa peau extérieure ou son écorce qui est très-amère et émétique, On expose l’intérieur au soleil, pour le dessécher et le blanchir, ce qui dure quelques semaines; ensuite on le frappe avec des maillets pour faire disparaître les fentes, serrer le tissu et le rendre * uniforme, Dans cet état , il est fréquemment rongé par les
larves des vrillettes, des dermestes, etc.
(1) On dérive assez généralement le mot ay æpiX0V une rivière de Sarmatie
Ro Ægarus , probablement le Sagaris d'Ovide, que l’on croit être la crezyna,
L'agaric bien choisi est blanc; léger, homogène, friable, inodore ; il a une saveur d’abord fade et comme farineuse , ensuite amère, âcre, nauséabonde, Si l’on en jette des fragmens sur les charbons, ils s’enflamment avec facilité, et laissent fort peu de cendres.
Les analyses chimiques de ce champignon faites par Neumann, Boulduc, Geoflroy, Gmelin et Cartheuser , sont trèsincomplettes. Analysé avec plus d’exactitude par M. Bouillon-Lagrange, et plus récemment encore par M. Braconnot, il a fourni à ce dernier 0,72 d’une résine particulière, 0,26 d’une matière fongueuse, et 0,02 d’un extrait amer.
L’agaric est quelquefois employé par les teinturiers pour colorer la soie en noir; mais c’est principalement dans l’art de guérir que durant une longue suite de siècles il a joui d’une grande réputation. Démocrite le regardait, dit-on , comme un remède domestique; Dioscoride et Galien l’administraient sous diverses formes, et lui attribuaient une foule de propriétés. Ils le supposaient, par exemple, vulnéraire, fébrifuge, alexitère ; 1ls Le croyaient propre à guérir la dysenterie, la goutte, la chlorose, l’hystérie, et même l’épilepsie et la consomption. Les habitans des montagnes du Piémont Vassocient au poivre, et se servent inconsidérément de ce mélange dans presque toutes les maladies; ils le jugent surtout un moyen infaillible de dissiper les graves accidens causés par la petite sangsue des Alpes dans le tube alimentaire. Cu
On voit l’agaric figurer dans diverses préparations pharmaceutiques, telles que la thériaque , le mithridate , la confection hamech, les pilules de mastic et celles de succin, l'extrait panchymagogue de Crollius, les trochisques
ui lui doivent leur dénomination, etc.
Si l’agaric a eu de nombreux partisans , il a aussi trouvé des détracteurs, parmi lesquels il suffira de nommer Ludo-.M vic, Neumann, Massaria et Quarin. En effet, son action purgative est lente , infidèle et accompagnée de malaise, de nausées, de vomituritions , de coliques , de tranchées. Susceptible d’être remplacé par des agens thérapeutiques beaucoup plus efficaces et plus certains, l’agaric devrait être complétement banni de nos matières médicales etabandonné aux vétérinaires ; M. Huzard le recommande dans les aflections catarrhales, dans la dysurie, et dans cette espèce de coma que les maréchaux appellent érmobilité,
CRE) sAGQUIN (nicolas racques), De agarico officinali, Diss. inaug. resp. Fr. Rubel; in-80. Findobonæ, 1778. « Fpes
On retrouve cette Dissertation enrichie d’utiles additions dans les Miscellanea Austriaca du savant professeur de Vienne. |
uenteR (auguste rhéophile), De agarico officinali, Progr. in-{0, Gottinsæ, DS.
(La figure est moitié de grandeur naturelle) 1. Agaric entier.