‹ Flore médicaleChapitre 42 sur 86 · ARACHIDE · texte numérisé non relu

ARACHIDE

Grec... apæxidvæ; Tlicophraste? à t se ARACHYDNA ; Bauhin, Ilivyaë, lib. 9, sect. 3. LL CNÉ . YICIA SILIQUASSUPRAINFRAQUE TERRAMEDENS ; Tournefort = : Latin... clas. 10, papilionacées. A ; un.

ARACHIS HYPOGÆA ; Linné, clas. 15, diadelphie décandrie. Jussieu , clas. 14, ord. 11, légumineuses. . Jtalien...... Araoume; ARACHIDNA; PISTACCHIO D1 TERRAÿNOCE DI TER * Espagnol... cAcAHUETE; CACAHUATE; ALFONSIGO DE TIERRA, Français... ? ARACWIDE; ARACHINE; PISTACHE DE TERRE; NOIX DE TER LA 4 POIS DE TERRE; ARACIDDE A QUATRE FEUILLES, Lamar » Anglais... EARTH-NUT; GROUND-NUT. | Allemand... Eronuss; UNTERIRDISCHE NUSS; ERDPISTAZIE. * = Hollandais... AARDE-N00T; GROND-NOOT; AARDE-PISTAS. à .

Cette plante annuelle prospère dans les climats chauds. Les naturalistes ne sont pas d’accord sur sa véritable patrie. Quelques-uns, tels que M. Mordant Delaunay , prétendent qu'elle est originaire d'Amérique ; d’autres pensent avec Miller , qu’elle a été transportée dans le nouveau monde Par les nègres; Sonnini regarde l’arachide comme indigène + de l'Afrique et de l'Amérique tout à la fois , et les raison-: nemens sur lesquels il fonde cette conjecture ne sont pas dépourvus de vraisemblance. Enfin ceux qui ne voient dans l’arachide décrite par Rumph qu'une simple variété , disent que cette plante croît spontanément en-Asie , en Afrique . et en Amérique.

La racine est fibreuse , garnie de nombreux chevelus, qui sont eux-mêmes parsemés de petits tubercules; tantôt cett racine plonge dans une direction perpendiculaire , tantôt . elle est contournée en S ; €t pénètre horizontalement dans

le sol à la profondeur d sept à huit pouces.

La tige s’élève à la hauteur d’environ deux pieds : dans l'origine, elle est droite et simple, dit Sonnini ; elle se ramifie, et tous ses rameaux acquièrent à peu pres une égale

Brosseur; la moitié inférieure est arrondie, et d’une couleur de rouille foncée, la supérieure a une forme carrée , et Présente une nuance vert-tendre. . | |

Les feuilles sont alternes, ailées, composées de deux

pue de folioles ovales, disposées sur un pétiole commun,

ong d'environ deux pouces , et muni à sa base d’une sti-

pule membraneuse qui l’embrasse et se partage en deux dé-

. Coupures lancéolées; à la naissance de chaque stipule on

Témarque un nœud ou une articulation ; des deux paires de 5. Lipraison. | ; À

- rond et sans bords; les ailes sont ovales; la carène est re-

l { 102 ) Élioles , lune est terfninale, et l’autre est située audessous, à une petite distance de la première. ;

Les fleurs, solitaires sur leurs pédoncules qui sont plus courts que les pétioles, naissent dans les aisselles des - feuilles ; le calice a deux lèvres, dont la supérieure est

tridentée, et l'inférieure entière, concave et aigué; la corolle jaune , papilionacée , renversée; l’étendard est presque

courbée, et bifide à sa base; les étamines ne sont pas toujours au nombre de dix ; souvent on n’en trouve que huit; eurs filamens réunis en un seul faiscéau sont l’un court et tre long alternativement, surmontés d’anthères alternaivement ovales et globuleuses. Le style parcourt toute la longueur du pédoncule et le faisceau des étamines , et 1l se montre avec un simple stigmate près les anthères. Les fleurs qui naissent au sommet de la tige sont mâles; celles situées plus inférieurement sont les unes mâles et les autres hermaphrodites. Hi |

La fructification de l’arachide est infiniment curieuse ; elle a été observée par le savant agronome Sonnini, dont j'emprunterai les expressions. # Après la fécondation, les fleurs mâles périssent et disparaissent; les fleurs hermaphrodites périssent également ; mais de la base de leur pédoncule, qui correspond à l'ovaire, on voit poindre une petite corne aiguë comme la pointe d’une épingle; et qui presque aussitôt se recourbe vers la terre ; alors elle commence à : ‘s’alonger rapidement, et dans cinq jours, conservant sa même grosseur et sa même pointe aiguë, quelle.que soit la

distance de la terre, elle y touche , acquérant jusqu'a près =}

de cinq pouces de longueur, selon qu’elle en est plus ou moins éloignée. Malgré tout ce développement, la corne qui la acquis n’est point un fruit, et en l’examinant avec une lentille, après lavoir ouverte, on ny reconnait aucune trace de fructification. Mais voici.ce qu'il y a de surprenant : l'extrémité aiguë de cette corne parvient à peine à toucher la terre, et à s'y enfoncer de quelques lignes, qu'aussitôt elle commence à se gonfler ; à mesure qu'elle se gonfle elle © s'enfonce davantage , et parvenue en peu de jours à la: pro-

fondeur de’ deux à quatre pouces , elle offre ensevelie une

gousse longue d'environ un pouce , de substance coriacée ,

tantôt presque cylindrique , tantôt étranglée, selon qu’elle renferme une, deux, ou trois semences srougeâtres , de la

grosseur d’une petite ayeline (1) ». à

(1) La ressemblance qu'offre l'arachide avec l'espèce de légume appelé par "

les Grecs épaxos , lui a valu le titre générique de arachis; elle doit sa dé- % .

Sonnini, que je ne puis citer trop souvent, établit une Comparaison très-jJudicieuse entre l’'arachide et la pomme de terre. Quoique celle-ci conserve une prééminence. bien marquée , l’arachide vient se placer sinon sur la même ligne,

du moins à une légère distance. Sa culture est plus difficile,

arce qu'elle est trop sensible au froid. Tous les terrains Li conviennent pas; elle demande un sol léger , même bloneux, néanmoins substantiel et parfaitement divisé, pour. que sa gousse s’y enfonce aisément, et Y acquièresa maturité. L'Espagne qux, outre les rapports de voisinage, en ai plus d’une espèce ave PAfrique , a été la première contr européenne qui ait adopté la culture de l’arachide. Elle partculièrement répandue dans le royaume de Valence, o elle a beaucoup de succès (2). L'Italie, notamment le pays de Naples (5), et l'Etat romain » commencent à s’applaudir de se l’être appropriée ; et nos départemens des Landes (4) et de l'Hérault en ont enrichi leur agriculture. Sonnini en a fait un heureux.essai en petit à Vienne en Dauphiné. Plus au nord, par exemple aux environs de Paris, l’arachide n'a pas prospéré. Les îles britanniques , plus froides , lui . Sont encore plus contraires; Miller dit positivement qu’elle

n'y réussit point en plein air, et qu’on doit répandre au printemps ses graines sur une couche chaude. Suivant la qualité des terrains, il faut de quatre à dix plantes pour donner une livre de graines, et si ces graines sont bien nourries , il en faut à peu près neuf cents pour faire une livre. Elles se conservent très-bien et autant que l’on veut

dans leurs gousses, et 1l vaut toujours mieux ne les en dépouiller qu'au moment d'en faire usage. On ne saurait

prendre trop de précautions pour les préserver des rats ci

des souris, qui les recherchent avidement. à La saveur de ces fruits n’est Pas aussi agréable que celle

des amandes, des noisettes et des pistaches, auxquels on

les a comparés. Il faut même quelque habitude pour les

nomination spécifique à sa fructification souterraine, V0, sous, et YE«, terre. M. Bodard a voulu exprimer plus parfaitement ce mode singulier de fructification en substituant au mot hypogæa celui de hypocarpogea, de UTO, sous, XapTos , fruit, et VE, terre. L :

(2) Cavanilles, De lautilitad del cacähuete, 0 arachis ge : dans les Annales de historia natural, tome 4, juin 1807, page 206.

(3) Tenore, Memoria sul’ arachide : dans le Giornale enciclop. di

apoli , an n1. <

(4) Recueil de Mémoires, Tostructions, Observations, Expériences et Essais sur l’arachide; imprimé pat ordre du prélet du département des Landes ; Mont-de-Marsan, an x,

Ciof)

. trouver bons, parce qu’un peu d’äcreté , une sorte de goût

sauvage analogue à celui du pois-chiche encore vert, se mêle au goût d'amande; mais la cuisson leur fait perdre ce qu'ils ont d’âcre , et c’est alors seulement qu'ils approchent des pistaches. Frais, on les mange avec plus de plaisir que quand ils sont vieux. On peut, au reste, les conserver plusieurs années sans qu'ils rancissent ou pourrissent. Ils sont pour les nègres une vraie friandise, soit crus, soit grillés , soit enfin cuits dans l’eau ou sous les cendres. Les naturels de la Nouvelle-Espagne en font leurgprincipal aliment. Les colons, moins simples dans leurs goûts, après avoir fait

he

xôtir légèrement les amandes d’arachide , les convertissent

en dragées, en pralines , en massepains, et en d’autres sucreries, les mêlent dans leurs ragoûts en guise de mar-

“rons, et en parfument leurs liqueurs ; on en prépare des

crêmes , des émulsions, de l’orgeat; on en fait de fort bonnes purées; on les accommode à l'huile ou au beurre , comme les légumes; on a proposé de les substituer au café. De toutes les substances avec lesquelles on a essayé de suppléer le cacao dans la fabrication du chocolat, l’arachide estcelle qui réussit le mieux. En Amérique, où cette fabrication a pris naissance, elle a obtenu un succès complet; les Espa-

gnols se sont empressés de l’adopter. M. Bodard, auquel on

doit une dissertation utile sur les plantes hypocarpogées (in-8°., Pise, 1798 ), regarde comme agréable et salutaire le chocolat fait avec les graines d’arachide, soit seules , soit unies à un tiers de cacao (5). Mais le produit le plus important de ces graines est, sans doute, l’huile excellente, dont elles fournissent la moitié de leur poids, quelquefois même plus : elle offre la consistance et la pesanteur de l'huile d’amandes. Limpide , blanchâtre, inodore , moins grasse que lhuile d'olive la plus fine, elle a une légère saveur qui lui est propre, et n’a rien de désagréable. Elle ne le cède point à la meilleure huile d'Aix pour l’assaisonnement des mets, et pour les salades. On assure qu’elle ne rancit jamais, et qu’elle s'améliore en vieillissant, Elle mérite la préférence pour le service des lampes; car elle donne une lumière plus vive, plus claire, plus durable, et produit moins de fumée ‘que l'huile d'olive. Le marc qui reste après l'extraction de l'huile d’arachide est une substance amylacée que les cochons mangent avidement, et qui , joint à la farine de froment, donne un pain qui se garde très-longtemps. Mêlée à la lessive des savonniers , l'huile d’arachide forme un savon très-blanc, très sec, et sans odeur.

(5) Cours de botan. méd. comp. ; tom. 1,.1810, pag: 264.

C100) - La saine observation n’a pas présidé au jugement que Pison et Willemet ont porté sur lespropriétés de l’arachide, Si les graines de cette plante doivent figurer dans les officines pharmaceutiques } ce n’est guère que pour y remplacer les amandes dont l'huile est toujours chère, et rarement bonne. M. Fremont, qui paraît avoir expliqué le premier avec exactitude le vrai mode de fructification de l’arachide (6), . pense que la racine de cette plante pourrait suppléer celle Mééreglisse. | | Enfin, pour compléter l’histoire de l’arachide, et prouver qu'aucune de ses” )arties n’est inutile , je dirai que ses feuilles x sont un des foun ages les plus recherchés par les bestiaux.

le

HT

Sonxrwi {charles sigisbert), Traité de larachide ou pistache de terre ; Contenant

Ja description, la clture et les usages de cette plante; ctc., 87 pag. in-8o. . LA La 2

fig. Paris, 1808. | . Cette monographie, remarquable par la pureté du style, lexactitude des descriptions, le nombre et l'importance des observations > est la principale source à laquelle j'ai puisé. | : ve. Et

(6) Éibliothèque Physico=écon.; 1805, tom. r, pag. 145.

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