‹ Flore médicaleChapitre 50 sur 86 · ARISTOLOCHE LONGUE · texte numérisé non relu

ARISTOLOCHE LONGUE

Grec........ æpisoAoy ie Paxpa; apisTonoY ie &’pphy.

| ARISTOLOCH1A LONGA, VERA: Bauhin ; TLivaë > lib. 8, % sect. 3, Tournefort, clas. 3, personées.

ZLatin........€ amsrorocura LONGA; foliis cordatis, petiolatis , integerrünis , obtusiuseulis, caule infirmo , floribus solitarits ; | Linné, clas. 20, &Ynandrie hexandrie.

Ttalien ...... “insroroci4 LUNGA; ARISTOLOGIA LUNGA. Lspagnol.... ArIsTOLOQUIA rarca. - T'rançais.. ... AnISTOLOCHE LONGUE.

“Anglais. .... LoNc-no0TED BtRrawont.

“Allemand... 1ance OSTERLUZEY ; LANCE OSTERLUCEY. Hollandais... Lance OSTERLUCY ; HOLWORTEL.

Cette plante vivace aime les pays chauds; elle croît le Tong des haies et dans les champs des provinces méridionales de la France, en Italie, en Espagne , en Asie,

À La racine, qui parvient à la longueur de près d’un pied,

est plus grosse que le pouce, et va en s’amincissant vers son

extrémité dans:les jeunes individus, tandis que dans les aulres cet amincissement est presque insensible : la surface

Extérieure de cette racine est brune et rugueuse, l’intérieur

est jaunâtre.

« La tige est faible » grêle, penchée, anguleuse, divisée

inférieurement en plusieurs rameaux, et Jongue d’un pied

€t demi à deux pieds.

Les feuilles sont alternes, pétiolées, cordiformes, obtuses

Méouvent même échancrées à leur sommet,

+ Les fleurs, axillaires, solitaires , plus longues que les lfuilles et d’un vert blanchätre, ont une forme remarquable. Me-calice est d’une seule pièce, tubulé, irrégulier, ventru à sa base, élargi vers son orifice, dont le bord, tronqué Lobliquement et sans divisions ; Se prolonge d’un côté en

languette. Les six anthères sont portées sur le pistil. L’ovaire est inférieur, Cblong anguleux, surmonté d’un style très- Court, que termine un Stigmate concave, à six divisions.

Le fruit est une Capsule ovale, ressemblant à une petite Poire, divisée intérieurement en six loges , dont chacune renferme plusieurs graines aplaties, disposées horizontalement les unes sur les autres.

L’odeur légèrement nauséeuse , la saveur Mive 2Acrer, amécre, de la racine d’aristoloche (1) décélent un principe

(1) Geoffroy observe que le suc de cette racine rougit le papier bleu, et #81us que linfusion aqueuse n’est Point altéréc par le sulfate de fer.

10°, Livraison, a.

‘médicamenteux, reconnu par les plus anciens et les plus célèbres maîtres de l’art, tels que Hippocräate et Galien. Dioscoride en: fait un éloge pompeux; il exalte ses vertus alexipharmaques et alexitères; il recommande de l’admiuistrer à l’intérieur, et de l’appliquer extérieurement, pour faciliter le flux menstruel, la sortie du fœtus, et l’écoulement des lochies. C’est à cette dernière propriété, confirmée par les modernes dans certains cas d’atonie , que l’aristoloche doit son nom (2). Le docteur Gilibert la regarde comme un remède précieux trop rarement employé : il en conseille l'infusion édulcorée à titre de diurétique et d’emménagogue ; il prescrit la poudre dans le vin, contre la chlorose, la leucophlegmatie, les fièvres intermittentes, l'asthme humide, l’anorexie glaireuse; il ajoute qu’elle déterge et mondifie les ulcères sordides. Le savant observateur Alibert ne juge point aussi favorablement l’aristoloche : on a tout dit, selon lui, quand on à énoncé que cette plante jouit d’une vertu stimulante assez énergique; sa réputation pour le traitement de la goutte n’est pas mieux fondée. |

On obtient de la racine d’aristoloche un extrait gommorésineux très-amer, offrant plusieurs traits d’analogie avec l’aloès, et que l’on prescrit à la dose d’un gros, ainsi que la poudre. |

Les espèces d’aristoloche sont très-nombreuses, et la plupart méritent d'occuper une place dans la matière médicale ; il suffira de signaler les plus connues.

1°. L’aristoloche ronde, aristolochia rotunda , 1. ne se distingue guère de la précédente que par la forme de sa racine, dont elle tire son nom. Ses propriétés médicales sont absolument les mêmes que celles de l’aristoloche longue. Plusieurs médecins illustres, Schrœder, Fernel, Cartheuser, Spielmann, la regardent même comme plus active, et lui donnent la préférence. C’est elle qui constitue le principal ingrédient de la trop fameuse poudre anti-arthritique du prince de la Mirandole, ou du duc de Portland, poudre renouvelée des Grecs et dés Arabes, qui par fois calme les douleurs de la goutte, mais prépare des accidens funestes, dont Cullen et Cadogan ont tracé une peinture effrayante.

20, ['aristoloche clématite, ou aristoloche commune, “arislolochia clematitis, L. porte une tige ordinairement

(2) De aplSTos , excellent, et A0X1æ, lochies (A0X0S, puerper eu femme en couche ). Cette étymologie est aussi claire, aussi évidente que celle oposée par Cicéron est invraisemblable, Cet écrivain immortel prétend que larhtélbctie a été ainsi appelée parce qu’un certain Aristolochus en à le pre= micr fait usage,

Ct17) À

droite, ferme, haute de deux pieds. La racine est longue, menue , cylindrique, rampante et fibreuse. Elle a pour nous le précieux avantage d’être indigène , et le docteur Gilibert, fondé sur des observations multipliées, atteste qu’elle ne le cède point en vertus aux deux espèces dont je viens de faire meution. Le

3°. L’aristoloche pistoloche, aristoloche crénelée, Lamarck; aristolochia pistolochia , L. est aussi nommée petite aristoloche , parce que sa tige grêle s'élève peu audessus du sol. Sa racine est composée de fibrilles nombreuses, jaunätres, fasciculées : elle croit en Languedoc et en Suisse. Spielmann la range, dans son Traité de matière médicale, sur la même ligne que la clématite,

4°. L’aristoloche anguicide, aristolochia anguicida , 1. s'élève, en grimpant autour des arbres, jusqu'a la hauteur d'environ dix pieds: Ses racines ; cylindriques et rameuses, contiennent une moelle blanchâtre, imprégnée d’un suc amer, fétide, et d’une:couleur orangée. Ce suc, mêlé à la salive par la mastication, engourdit un serpent de médiocre grandeur, si: on «en introduit dans sa guéule deux ou trois gouttes; une quantité -plus considérable lui donnerait la mort. Jacquu:, qui rapporte et semble garantir ces faits, attribue à l’odeur très-pénétrante et très-diffusible de cette racine la faculté de chasser au loin les serpens.

L’aristoloche odotante}.aristolochia odoratissima , A. qui diffère à peine dela précédente par les caractères botaniques, et l'aristolochetrilobée,, qui doit sa dénomination à la forme de ses feuilles, jouissentégulernent de la propriété anguicide. 1l en est de même.de la-serpentaire de Virginie, aristolochia serpentaria , L. toutefois ; comme celle-ci est en outre un agent médicamenteux-très- fréquemment et très - utilement employé, nous lui consacrerons un article particulier, sous le titre de serpentaire.

RORSTER ( Guillaume Emmanuel), De aristolochid, Diss. inaug: præs. Joan. Jac. Baier; in-40, Alidorfii, 1719.

EXPLICATION DE Que PLANCHE 36.

(La plante est un peu plus petite ‘que nature) |

1. Racine. NA | 2 2. Pistil : ovaire inférieur, style wès-court, stigmate divisé en six parties, - autour ct audessous dre sont attachées six anthères. 1 3. Fruit mûr de grosseur naturelle, à. 3 4. Le même coupé transversalement pour faire voir les six loges dans . chacune desquelles les SES sont empilées.

5, Graine isoléc.

Zamébert Æsoupr

TirpinP.

ARMOISIE .

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