BAOBAB
: ® famavo, arbor radice tuberos4; Baubin, 0772 » Gb. ri, pÉAREE A set 6. done 5 ADANSONIA DIGITATA ; Linné, clas. 16, monadelphie po- : | lyandrie. Jussieu, clas. 13, ord. 14, rnalvacées, Jtahen BAOBAr. |
Espagnol... .. nAopas.
rançais ..:... BAOBAB.
Le célèbre Adanson a tracé l’histoire exacte.ét complette de ce monstrueux végétal (1), auquel il a, en quelque sorte malgré lui (2), attaché son nom. Lesbaobäb se plait dans les terres sablonneuses , mobiles et tr mides des contrées occidentales de l'Afrique, et notamment au Sénégal. Thevet est le premier Yoyageur ;, et Prosper Alpini le premier botaniste qui en aient fait mention.
Les racines, à peu-près aussi nombreuses et aussi grosses que les branches, auxquelles elles correspondent, sont d’une longueur prodigieuse, Celle du milieu forme un pivot qui pique verticalement à une assez grande profondeur ; Mais celles des côtés s'étendent horizontalement et'presque à fleur de terre, quelquefois jusqu'à l'énorme distance de plus de cent cinquante pieds. 4%
Le tronc ne s'élève guère qu’à la hauteur de douze pieds ; mais sa circonférence en acquiert plus de soïxante-quinze. Ce tronc immense est couronné d’un grand nombre de branches, remarquables par leur grosseur, et encore plus par leur longueur, qui est de cinquante à soixante pieds. Celle qui part de son centre monté verticalement; celles des côtés s'élèvent à peine sous ut angle de trente degrés; elles suiventmême, pour la plupart, une direction horizontale , d’où
il arrive que souvent leur propre poids en fait traîner l’ex-
trémité jusqu'à terre. Il résulte dé cette disposition que le baobab ressemble de loin à une masse hémisphérique de verdure, de cent quarante à cent cinquante pieds de dia: mètre : de près, on croit voir une forêt plutôt qu’un seul
(1) Mémoires dé l'Académie des séiénces dé: Paris , année 1761, page 218. |
(2) Inébranlable dans la résolution de conserver aux plantes les noms qu'elles portent dans leur pays natal, Adanson désigna constamment le baobab pat cetté lénômination africdiné, et n’employa jamais que comme synonyme celle de ÆAdansonia, bien propre cependant À flatter son amour-propre , puisqu'elle Consacrait un hommage rendu par l'illustre Bernard Jussieu. |
15e, Livraison. a. b,
“arbre. L’écorce qui recouvre le tronc et les branches est épaisse d'environ neuf lignes, d’un gris-cendré, grasse at toucher, luisante et comme vernissée au dehors, d’un vert picoté de rouge au dedans, Le bois en est très-mou et assez blanc; l'écorce des jeunes branches de l’année est verdâtre, et parsemée de poils fortrares. |
Les feuilles, qui naissent uniquement sur les jeunes rameaux, sont alternes, pétiolées, digitées, composées dé trois, cinq ou sept foholes ovales, presque cunéiformes, munies, vers leur sommet, de quelques dents plus ou moins sensibles; la foliole du milieu est longue d’environ cinq pouces, sur deux delarge; les deux quil'avoisinent sont plus petites, ét ainsi successivement. Adanson a remarqué à la base du pétiole deux stipules triangulaires de même couleur et substance que la feuille qui tombent peu après son développement. Ce natural$télobserve en outre qu'il ÿ a une difiérence notable entre les feuilles des arbres adultes et celles des plants qui commencent à lever. Dans ceux-ci, les feuilles sont ordinairement solitaires, presque sessiles, et armées de dentelures vers leur extrémité supérieure : elles ne commencent à naître au nombre de deux, trois, cinq ou sept sur un même pétiole, pour former l’éventail, que quand l'arbre , haut d'un pied , commence à se diviser en plusieurs rameaux. :
Les fleurs du baobab surpassent en dimension toutes les fleurs connues, de même que l'arbre surpasse tous les autres én grosseur, Encore en bouton, elles forment un globe de trois pouces de diamètre, et acquièrent, en s’'épanouissant, quatre pouces de longueur sur six de largeur. Elles naissent, solitaires, de l’aisselle des deux ou trois feuilles infé-
rieures de chaque branche, suspendues à un pédoncale cy-
lindrique, long d’un pied , accompagné de deux ou trois écailles dispersées sur sa longueur , analogues aux stipules pétiolaires, et qui, par un nouveau trait de ressemblance, se détachent au premier épanouissement de la fleur. Celle-ci offre : un calice monophylle, coriace, cyathiforme, velu à l'intérieur et à l'extérieur, partagé en cinq découpures profondes, égales et réfléchies en dehors; une corolle composée de cinq pétales blancs, égaux, nerveux, un peu plus longs que le calice, et, comme lui, recourbés en dehors; plus de sept cents étamines, dont les filamens réunis dans leur moitié inférieure, en un tube colomniforme, qu'ils couronnent par leur partie libre, se rabattenten manière de houpe ; un ovaire supérieur, conoïde, velu, surmonté d’un style irès-long, creux , couronné par dix à quatorze stigmates prismatiques.
Le fruit est une grosse capsule ovoide, ligneuse, longue de quinze à dix-huit pouces, couverte à l’extérieur d’un duvet épais, verdâtre, et partagée intérieurement, par des cloisons membrañeuses , en dix à quatorze loges, dont chacune contient enyiron cinquante à soixante graines dures, noirâtres, luisantes, figurées en rein, de la sinuosité duquel partent des filamens rougeâtres quivont s'attacher horizontalement, comme à un placenta, au bord intérieur des cloisons; Ces graines sont nichées dans une chair spongieuse qui, en se desséchant, devient friable , et se change en une pulpe farineuse, de |
Au mois de novembre, le baobab quitte ses feuilles, même au Sénégal, où la plupart des arbres ‘conservent les leurs; il.en reprend de nouvelles en juin , fleurit en juillet, et parfait la maturité de ses fruits en octobre.
Originaire des contrées les plus brülantes de l'ancien Monde, le baobab a été transporté en Amérique , où 1l prospe Comme dans son pays natal. Thibault de Chanvallon ’a rencontré à la Martinique; M. Lurpin et d’autres voyageurs eu ont observé de très-gros à Saint-Domingue: on peut même Je cultiver dans nos climats froids et brumeux. Le professeur Lamarck en a vu, dans les serres du jardin impérial de Vienne en Autriche, deux individus , dont l’un avait environ douze pieds de hauteur, et portait une tête arrondie ; régulière, qui-lui donnait la forme d’un bel oranger. Le "+
La crue du baobab, d’abord très-rapide, diminue successivement, et ne s'opère plus, au bout d’un certain temps, qu'avec une lenteur extrême. T outefois, les calculs d'Adanson ne reposent que sur des analogies, ainsi qu'il en convient. Suivant lui, le baobab n'atteindrait qu’à sa millième année quatorze pieds de diamètre. 4 Il est vraisemblable, dit ce naturaliste, que son accroissement qui est très-lent relativement à sa monstrueuse grosseur, doit durer plusieurs milliers d'années, et peut-être remonter jusqu'au déluge, fait assez singulier pour faire croire que le baobab serait le
plus PO D monumens vivans que puisse. fournir l’histoire du globe terrestre. »
On retrouve le caractère mucilagineux , les propriétés émollientes des malvacées dans le baobab, surtout dans son écorce et dans ses feuilles. Celles-ci desséchées à l'ombre et pulvérisées, constituent le /alo des nègres, qu'ils mêlent à leurs alimens, et notamment au couscous : bouillies dans l'eau, elles forment une tisane dont l'illustre Adanson préconis vertu calmante. Il en prenait chaque jour, une chopine le matin et autant le soir, pendant les mois de
septembre et d'octobre, époque à laquelle des fièvrés ardentes, des diarrhées rebelles, des ardeurs d'urine, tourmentent les naturels du Sénégal, ét plus encore les Européens qui habitent ce pays. Grâces à la tisane de baobab et à l'abstinence du vin, Adanson et un officier frariçais jouirent Seuls d’une santé inaltérable , tandis que tous leurs compatriotes étaient alités..
Dans son état de fraîcheur, le fruit du baobab, qué les Français nomment pain de singe, a unè saveur aigrelette qui plait. Desséché, il fournit wie pulpe, laquelle réduite en poudre est prescrite, soit en substance, soït infuséé dans l'eau, pour calmer l’ardeur de la soif, modérér, où même dissiper les flux diarrhéiques et dysenteriques. Jia coque ou l'écorce ligneuse de ce fruit, et celui-ci lorsqu'il ést gâté, servent aux Nègres à faire un excellent savon, én tirant la lessive de ses cendres, et la mêlant à l'huile de palmier qui commence à rancCir. ,
Les Nègres font encore un usage bien singukier du baobab. La carie creuse souvent le tronc de cét arbre monstrueux : ils savent profiter de ces cavités, qu'ils régularisent, pour en former des chambres obscures, ou plutot dé vastes caverncs, dans lesquelles ils pendent les Cadavrès dés individus qu'ils jugent indignes des honneurs de la sépulture; tels sont les Guiriots,, espèce de jongleurs, des deux sexes, poètes-musiCiens, chargés de présider aux fêtes, très-nombreux à la cour des rois nègres, qu'ils divertissent et flattent à outrance dans leurs chansons (3). Le peuple noir regarde ces bouffons comme des sorciers, les craint ét les respecte pendant leur vie, et les voue à l’exécration dès qu'ils n’éxistent plus. Les cadavres ainsi suspendus se dessèchent parfaitement, ét deviénnent de véritables momies, sans aucune préparation.
(3) Les cours de nôs monarques civilisés sont certainement plus dépravées , plus corrompues que célles des Nègres et de tous les autres peuples que nous appelons barbares et sauvages. W’est-ce pas chez nous que fourmillent ces êtres dégradés ét’ imdignés du nom d'homme, qui lisent leur destinée dahs les regards d’un despote? N’est-ce pas chez nous que pullulent cétte vermine dégoûtante
ui se,traîne sous les pieds d’un maître, cette canaille adulatrice, ces vils folliculaires prêts à vendre leur plume à qui veut la payer ? Nest-ce pas chez nous qu'on rencontre par milliers ces écrivains mercenaires que l’infortuné Desorgaes à parfaitement signalés ct flétris datis la personne du prétendu “Pmdare francais?
Oui; le fléaü le plus fangste D’üne lyré batiälé obtiéridrait dés aécords; Si la pésté avitidés' trésors, k Lebrui serait soudain lé éhäntre de la peste,
Re Em
Homère raconte qu'Ulysse s'était fait à Ithaque un bois de lit complet d’un tronc d’olivier tenant à ses racines, autour duquel il fit ensuite bâtir une chambre. Si ce prince avait eu dans l'enceinte de son palais un baobab, il aurait
PU se procurer la chambre et tous les meubles taillés dans la même pièce de bois (5): Ne
(5) Mémoires de l'académie des sciences de Paris, année 1562; Aisloire, page 85. Ë
EXPLICATIONS
(La plante est réduite à La moitié de sa grandeur naturelle)