‹ Flore monographique des amanites et des lépiotesChapitre 28 sur 108 · A. Oodeyî, Gil A. de Qodey (D · texte numérisé non relu

A. Oodeyî, Gil A. de Qodey (D

Chapeau campanule, puis plan (3-4), mince, nu, d'un jaune alulacé ou jaune rosé, avec la marge striée. Stipe Gsluleux, un peu épaissi à la base, blanc et nu, parfois orné de flocons à l'endroit de l'anneau oblitéré, avec la volve blanche, étroite et divisée. Lamelles libres, serrées, rétrécies à la base, blanches. Spores ovoïdes allongées. — Champs, chemins creux, p. R.

Cette espèce parait se rapprocher de junqaillea, dont elle diffère par la forme plus allongée des spores, par le stipe fistuleux et par le chapeau nu. Quant à VOronge sucrée de Paulet, c'est sans doute aussi une variété de junquillea (Boudier, in lit.).

Genre IL LEPIOTA, Per^. — LEPIOTE

[Agaricus des botanistes; Agaricus /Lep/o^a^ de Fries]

1. Caractères génériques. — Spores hyalines ou blanches. Lamelles libres ou écartées du stipe, rarement adnées. Stipe annulé et ordinairement séparable du chapeau. Voile général continu et adhér£nt à la cuticule.

2. Description générale. — Chapeau d'abord ovoïde, campanule, globuleux ou hémisphérique, puis convexe ou conique, à la fin plus ou moins étalé, parfois mamelonné ; charnu, souvent mince ou submembraneux, ordinairement tendre, mou ou. fragile ; tantôt nu, lubrifié ou visqueux, tantôt pruineux, granulé, fîoconneu^^, furfuracé, tomenteux, velouté, pelucheux, soyeux, fibrilleux, excorié ou écailleux, parfois hérissé de pointes, gercé,' aréole ou fendillé. Stipe fibreux, farci, médulleux ou creux, souvent énucléàble ; cylindrique, parfois bulbeux, renflé à la base ou atténué de bas en haut ; glabre, fibrilleux, floconneux ou chiné d'écaillés appliquées ; orné d'un anneau membraneux, floconneux ou fibrilleux soyeux, persistant ou caduc, fixe ou mobile, parfois suspendu en frange à la marge du chapeau. Lamelles blanches, parfois jaunâtres, jaunes, rosées ou incarnates ; libres ou écartées du stipe, adnées dans certaines Lépiotes granuleuses, ordinairement arrondies à la base et souvent ventrues. Chair ordinairement tendre et blanche, souvent parfumée, sapide ou désagréable. Spores blanches ou hyalines (exceptionnellement blanc olivâtre, puis rouges dans L. hœmatosperma), de forme ovoïde ou ellipsoïde, variant de 5 à 18 h- de longueur.

Les Lépiotes ne sont qu'exceptionnellement enveloppées d'un voile extérieur libre et friable (dans littoralis et

arenicola)y jamais d'une volve membraneuse et persistante à la base du stipe. Plusieurs espèces présentent au sommet du stipe un rebord cartilagineux et séparable^ auquel sont fixées les lamelles : c'est le coUarium. Telles sont les L. procera, rhacodeSy mastoidea, excoriatay gracilehtay aspera, clypeolaria, pudica, etc.

Leur taille est très variable, depuis la plus grande, qui atteint de 25 à 30 centimètres • de diamètre au chapeau^ jusqu'à la plus petite, qui ne dépasse guère 1 centimètre de diamètre. La hauteur du stipe est le plus souvent égale, ou à peu près, au diamètre du chapeau ; quelquefois elle le dépasse et en atteiût même le double.

3. Habitat et saison. — Les Lépiotes sont des champignons terrestres, voisins des Amanites, avec lesquelles elles forment un groupe naturel de Leucosporés, mais dont elles diffèrent par l'absence d'un voile général distinôt de la cuticule. Elles croissent dans les forêts et les bois, dans les champs, les vignes, les jardins, les vergers et les prés, sur la sciure mêlée à la terre, dans la tannée des serres, à partir du printemps, en été et en automne.

4. Qualités. — Un certain nombre de Lépiotes sont des comestibles très délicats, d'une fine saveur franche et parfumée : telles sont les L, procera, excoriata, gracilentay mastoidea, pudica, holosericea, littoralis, arenicola et quelques autres. Plusieurs espèces sont suspectes et môme très vénéneuses, comme L, helveola, qui a causé dés accidents mortels. Les bonnes espèces OQt généralement la chair parfumée ou inodore, à saveur douce et agréable ; les mauvaises, au contraire, ont une odeur vireuse de radis ou d'ail, avec une saveur acide ou amère. Enfin un assez grand nombre sont de qualité douteuse ou inconnue.

5. Indications pratiques. — Le stipe des Lépiotes comestibles est souvent dur et coriace ; dans ce cas, on n'en consomme que le chapeau, après l'avoir épluché, s'il est écailleux. On les prépare à la façon des Oronges. Elles sont très bonnes, simplement cuites sur le gril, puis assaisonnées au sel et au beurre frais. Leur chair tendre, légère, molle et

mince permet de les conserver facilement par la dessiccation.

L'empoisonnement par les Lépiotes se traite comme celui qui est causé par les Amanites.

6. Nomenclature. — Le nom de Lepiota (du grec : )^e^tç, écaille^ à cause des écailles qui couvrent souvent le chapeau) a été donné pour la première fois par Persoon aux Polyphyllés leucosporës dont le stipe est orné d'un anneau et dont le chapeau est couvert à'écailles adhérentes et innées à la cuticule. Les Lépiotes font partie du genre Agarigus de Fries et des botanistes. Quelques espèces à stipe grêle, avec le chapeau submembraneux ^ striée fragile et éphém^ère, en ont été détachées par Patouillard, qui en a fait le genre Leugocoprinus (du grec : Xeuxoç, blanc, et de Goprinus, coprin, tiré du grec : xoiroo;, fumier) correspondant aux Coprins. Par contre, certains Armillaria, de Fries, à lamelles sinuées adnées, pui» libres, comme glioderma et constricta, peuvent être rattachées aux Lépiotes. Mais littoralis et arenicola pourraient être, comme Eliœ» rapportées au genre Amanita, à cause du voile extérieur qui les enveloppe à la naissance.

7. Analogies. — Les Polyphyllés à anneau et à lamelles libres présentent trois groupes analogues au genre Lepiota ; ce sont :

lo Les PsALLioTA, Fri., à spores brun pourpre;

2° Les Annularia, Schulz, à spores roses ;

3o Quelques GopftiNUS annulés, comme le C. comatus.

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