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ALEXANDRE DE MÉDICIS

PREMIER DUC DE FLORE^■CE liSio->537)

ous sommes à l’époque où Florence est prise ; les citoyens, qui l’ont bravement défendue, ont été trahis par Màlatesta Baglioni ; Ferucci, la dernière espérance de la république, est tombé; on traite avec l’assiégeant Gonzalve, le grand capitaine qui a succédé au prince d'Orange il la tête des troupes impériales.

Voici les conditions du traité : « Dans un délai de quatre mois, on aura établi une forme de gouvernement définitive; les Médicis rentreront avec tous ceux qu’on a exilés à leurs suite ; Florence payera une rançon de quatre-vingt mille écris d or. »

Cette fois encore, on fit semblant de respecter la légalité et lindépendance des Florentins. Les partisans de Clément VII demandèrent la formation d'un conseil de douze citoyens et, reconnaissant dans Alexandre, fils de Laurent duc d’Urbm, « d'excellentes qualités de vie et de mœurs, et tous les bienfaits rendus par ceux de sa famille, » on le fit entrer comme simple membre de la Baha, le regardant comme apte à exercer librement tous les emplois.

Mais une clause spéciale et formelle l'excluait du pouvoir suprême.

L'empereur ne voulut rien entendre, il avait décidé quil siibstituerait au pouvoir populaire la forme monarchique; il proclama Alexandre (qu'il destinait à devenir son gendre) chef de la cité sous le titre de Duc, avec héritage pour sa descendance mâle en ligne directe.

Alexandre de Médicis, par Benvenuto Cellini, iSio-iS37- (Cabinet de Paris.)

Cette fameuse cloche du palais ducal, la Martinella, qui, pendant deux siècles, avait appelé le peuple aux armes pour la défense de sa liberté, sonna le glas de la république le 26 juillet 1531, où Alexandre fît son entrée aux acclamations des partisans des Médicis.

Ce n’était pas assez pour Clément VII ; il voulait que le pouvoir de son neveu s’étendît sur toute la Toscane. Les réformateurs de l’Etat créé par son ordre et sa volonté, en changeant les bases du gouvernement, supprimèrent à tout jamais et la seigneurie, et le gonfalonier représentant du pouvoir populaire'; il ne resta plus trace des libertés communales : Florence et la Toscane devenaient à tout jamais un Etat monarchique.

Alexandre n’était point un homme vulgaire; il avait l’instinct du gouvernement, la parole facile et prompte, une éducation noble et une instruction solide. On lui reprochait cependant une effroyable lascivité et un penchant à la débauche, et l’on trouve la preuve de ces assertions dans les historiens du temps. La Toscane aurait pu néanmoins être heureuse sous son gouvernement; il avait donné les marques d’un grand esprit de justice et d'un instinct de clémence ; mais la branche cadette des Médicis ne pardonnait point ce qu’elle considérait comme une usurpation : et elle conspirait dans l’ombre. Alexandre ne régnait pas depuis plus de cinq ans, lorsque, le 6 janvier 1536, Laurent, son cousin, descendant de la branche rivale, et qui s était fait son conseiller en même temps que son compagnon de débauche, l’attira chez lui sous prétexte d’une intrigue amoureuse, et l'assassina dans son lit.

Le duc Alexandre était devenu le gendre de l’empereur Charles-Quint, dont il avait épousé la fille naturelle, Marguerite d’Autriche ; elle ne lui donna pas d'enfants, mais il en avait adopté deux, Jules et Julie : il est le dernier Médicis de la branche aînée. La branche cadette, qui n avait joué jusque-là quun rôle effacé, allait monter au pouvoir avec Cosme

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