BRANCHE CADETTE DES MÉDICIS
(1431-1477), qui, lui aussi, est assassiné; ce François laisse deux fils, Laurent et Jean, et chacun des deux, à son tour, laisse encore un fils ; celui de Laurent prend le nom de Laurent- François ; celui de Julien prend le nom de Giovanni : c’est le fameux Jean des Bandes noires, la première personnalité de cette branche cadette. Jusqu’à lui, en effet, les ascendants n’ont guère laissé de trace.
Giovanni mérite une biographie, par ses propres qualités d’abord, enfin parce qu’il fait à son tour souche de princes, puisque son fils Cosme devient Cosme 1°*', duc de Florence, et, en prenant plus tard le titre de gi'and-duc de Toscane :
fonde la seconde branche de cette dynastie.
Connu dans l'histoire sous le nom de Jean, celui qui devait être le fameux capitaine tant regretté de ses troupes, s’appelait d’abord, au baptême, du nom de Louis. Sa mère était Catherine Sforza, fille du fameux Galeas, duc de Milan. Son père était mort jeune, et sa veuve, pleine de son souvenir, avait voulu que ce fils fit revivre au moins le nom de son père. Ce guerrier de l’avenir eut la très-singulière fortune
d'être élevé sous des habits de femme jusqu à l'adolescence; sa mère, en effet, au milieu de tant d'embûches dressées aux Médicis, craignait pour la vie de son héritier : elle prit le parti de le soustraire aux dangers du inonde en le cachant dans le monastère d Annalena.
Cette jeune fille supposée protestait par son humeur contre le costume dont on lavait revêtue; elle ne rêvait que batailles, organisait des sièges et des assauts, et semblait devoir porter haut le nom de Médicis. Jean fit ses débuts militaires sous Léon X, en Lombardie. Bientôt on l’appelait l’invincible, et le grand Diable; la République avait besoin d’une
Jean de Médicis dit Jean des Bandes noires, 1498-1526. îimile d’un Portrait de Dominicus Custodis. — Briiish .Muséum.
vaillante épée, on le créa capitaine. Quand on organisa la ligne, il vint prendre le commandement en Lombardie, et passa, sur les conseils de Clément VII, au service de François L'*’. Lin jour, près de Borgoforte, à la tête des troupes, il reçut une balle de fauconneau au-dessus du genou, à deux doigts de la blessure qu'on lui avait faite peu de temps avant à la glorieuse journée de Pavie. Ou avait mis en lui de grandes espérances, mais la mort le prit à 29 ans. On est frappé de voir combien de Médicis, et des plus vaillants, furent fauchés dans la fleur de leur vie.
C’était un guerrier farouche, d’une bravoure personnelle extraordinaire; il s’aventurait seul dans une escarmouche et ne permettait à quiconque d’être plus avant que lui au danger. Jusqu'à lui, la cavalerie décidait toujours du sort des batailles, et les fantassins espagnols, considérés comme les premiers du inonde, éclipsaient l’infanterie italienne reléguée au deuxième plan. Jean la disciplina au point de la rendre redoutable, même aux Espagnols, et il se créa dans ses troupes des sympathies qui touchaient au fanatisme. Au.x jours de combat, et à l’heure du butin, il leur laissait tous les avantages et se contentait de la gloire.
Il mourut à Mantoue ; au jour de sa mort, ses troupes, revêtues de noir, prirent pour enseignes des drapeaux de deuil. La postérité le désigna dès lors sous le nom de J^can des Bandes noires. Il avait épousé une Saîviati, elle lui donna un fils qui allait être le premier grand-duc de Toscane sous le nom de Cosme L'’‘.