‹ FlorenceChapitre 1 sur 195 · Florence · texte numérisé non relu

Florence

Conservées dans les Musées, Collections, Édifices civils et religieux Par M. Georges LAFENESTRE

Membre de l'Institut, Conservateur des Peintures au Musée national du Louvre

et M. Eugène RIGHTENBERGER

{Ouvrages honorés de souscriptions du Ministère de Vlnstru,ction publique)

La collection de la Peinture en Europe est destinée à combler une lacune qu'on avait le regret de constater dans la bibliographie française. Il existe, certes, dans notre littérature, de fort savantes monographies sur tel ou tel grand maître et des études spéciales sur les diflérents musées; mais personne n'avait eu l'idée de coordonner tous ces documents ni de présenter une description complète et raisonnée des peintures éparses dans les diverses villes d'Europe. Viardot, seul, avait commencé ce travail; mais son ouvrage, peu scientifique, est déjà ancien : depuis 1850, de nombreux remaniements se sont produits dans les galeries publiques, de nouvelles collections se sont formées, en même temps que le goût artistique subissait d'heureuses et décisives modifications.

Si l'habitude de voyager s'est en effet répandue dans tous les pays, même en France, il n'est pas douteux que l'éducation plus sérieuse donnée à la jeunesse, les connaissances plus étendues qu'on s'efforce d'acquérir, ont singulièrement ému la curiosité des

amateurs et transformé sur bien des points les idées d'autrefois. On ne se contente plus de nos jours de parcourir à toute vapeur les routes fréquentées; l'on ne croit plus avoir tout vu, quand on a donné quelques regards distraits à certaines toiles que Baedeker, Joanne oa Murray ne manquent pas de recommander à l'attention ; mais on sait qu'il existe çà et là des petits coins semblables à ceux dont a parlé Bourget, « qui ne renferment qu'un ou deux tableaux, mais divins ».

Taine, Burger, Fromentin, Charles Blanc, Paul Mantz, Henri Delaborde, E. Mûntz, en France; Bode, Bredius, Burckhardt, en Allemagne; Grovve et Gavalcaselle, en Angleterre, nous ont appris à connaître cette merveilleuse Renaissance italienne, cette minute de floraison incomparable, et nous ont raconté la vie de ces maîtres flamands et hollandais qui donneraient à penser « qu'avec eux l'art de peindre a dit son dernier mot, et cela dès la première heure ».

Cette pléiade héroïque des xiv^ et xv^ siècles, nous avons appris à l'admirer aussi bien que les illustres méconnus du siècle dernier et les brillants représentants de l'école moderne. Combien d'autres, même dans les xvp et xvii^ siècles, qui avaient été éclipsés par le rayonnement de leurs géniaux contemporains, ont été remis en lumière et occupent maintenant la place qui leur est due! ,

Mais c'est dans d'infimes bourgades souvent que les ouvrages supérieurs de ces artistes sont disséminés, dans de petits musées dont les catalogues incomplets sont écrits dans une langue étrangère ; ou bien dans d'obscurs couvents, dans des hôpitaux écartés.

En dressant une sorte d'inventaire de toutes les peintures qu'on peut voir dans les différents pays, les auteurs de la Peinture en Europe donneront au public des indications très utiles sur l'existence de tableaux, connus parfois de quelques initiés seulement, et ils fourniront ainsi d'indispensables renseignements sur l'œuvre de chaque maître et l'histoire de chaque école.

Sous la direction de MM. Lafenestre et Richtenberger, nous visiterons successivement Paris, où tant de richesses sont conservées dans les édifices et les collections, et la France, si digne do l'attention des connaisseurs, avec ses deux cents musées de province, presque tous inconnus ou méprisés, mais qui renferment cependant des Pérugin, des Gérard David, des Van Eyck, des Mantegna, sans parler des Watteau, des Fragonard, des Ingres, des Delacroix, des Corot et de tant de merveilles de l'École fran-çaise, ancienne et moderne.

Les volumes sur la peinture hors de France paraîtront concurremment. Après avoir vu les grands centres italiens, tels que Florence, Milan, Venise et Rome, nous ferons connaissance avec ces autres villes où les grands maîtres ont laissé d'impérissables souvenirs : Castiglione d'Olona, Brescia, Bergame, Crémone, Mantoue, Ferrare, Pise, Sienne, Arezzo, Pérouse, Monte Olivqto," Orviéto, Assise, Montefalcone, San-Gimignano, et tant d'autre^ cités où le voyageur doit faire un pieux pèlerinage.

Que de peintures intéressantes renferme également l'Allemagne, où les auteurs nous conduiront un jour! Sans parler de Dresde, de Vienne et de Berlin, que de surprises nous réservent Cologne avec Stephan. Lochner et ses successeurs; Munich, où se rencontrent ces maîtres anonymes, tels que le maître de la Passion de Lyvesberget le maître de la Mort de la Vierge! C'est à' Augsbourg seulement qu'on peut étudier Hans Burgmair ; Holbein n'apparaît dans toute sa splendeur qu'à Baie et A. Durer qu'à Nuremberg; et Cassel, et Brunswick, avec leurs magnifiques collections de Rembrandt, Van Dyck, Bubens, Titien et Frans Haïs!

La Hollande, l'Angleterre, la Russie, l'Espagne viendront ensuite.

Le premier volume a été consacré au Musée du Louvre. Le second à la ville de Florence.

Le troisième nous a fait pénétrer en Belgique. La description de la ville de Venise fait l'objet du quatrième' volume.

La Hollande sera publiée très prochainement. , , !

La seconde édition du Louvre, que les auteurs représentent; aujourd'hui au public, a été revue et considérablement augmentée. Les divers remaniements qui ont été effectués récemment; dans la grande galerie, aussi bien que dans les salles des maîtres; allemands, anglais et italiens des écoles primitives ont été signalés, et les œuvres nouvellement acquises soii par achats, soi,t par dons et legs, ont été soigneusement décrites. Parmi les re-i productions photographiques, ont pris place le Saint Sébastien, du Pérugin; le Portrait de M. Berlin, par Ingres; la Princesw de la fajnille d'Esté^ par Pisanelle, etc.

N'ayons garde d'oublier le délicieux frontispice que le sculpteur Lanson a composé et qui restera comme la marque de fabrique de cette collection dont M. L.-Henry May doit suivre la^ publication. ^

Page 1