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PALAIS PITTI

Le palais Pitti fut commencé vers 1440, par ordre de Luca Pitti, sur les dessins de Brunellesco, et sous la direction effective de Luca Fancelli ; dès 1466, le corps central fut terminé; mais ces travaux immenses et fort coûteux ruinèrent les propriétaires qui durent interrompre les constructions, et, en 1549, se trouvèrent obligés de vendre leur demeure à Éléonore, femme de Gosme P*" de Médicis. Le duc, abandonnant alors son palais de Via Larga (aujourd'hui palais Riccardi), s'installa dans cet édifice grandiose que lui et ses successeurs s'appliquèrent à embellir. Les ailes furent élevées vers 1630, et les galeries en saillie terminées à la fin du xvii^ siècle. Entre temps, les décorateurs les plus célèbres avaient été chargés de peindre les diverses salles où les Médicis s'étaient plu à réunir les morceaux les plus remarquables de leurs collections augmentées par l'héritage des ducs de la Rovère, et les nombreuses acquisitions du cardinal Léopold. Ferdinand III y transporta les œuvres que son père Cosme III avait placées dans les Uffizi, et toutes celles qu'il acheta tant à l'étranger qu'en Toscane. Plus tard, les dons de la princesse palatine et de François de Lorraine vinrent s'y ajouter et compléter ce merveilleux ensemble.

« Cinq cents tableaux remplissent ce palais, tous choisis entre les meilleurs et plusieurs parmi des chefs-d'œuvre. Ils ne forment point un musée disposé par école ou par siècles, comme dans nos grandes collections modernes, pour servir à l'étude ou à l'histoire et fournir des documents à une démocratie qui reconnaît la science comme son guide et l'instruction comme son soutien. Ils ornent les salons d'une demeure royale où le prince reçoit ses courtisans et étale son luxe par des fêtes ». (Taine, Voyage en Italie,)

L'entrée principale de la galerie est dans l'angle oriental de la grande place; on peut aussi y pénétrer par le corridor qui réunit le palais aux Uffizi.

Pour se conformer au numérotage établi par le catalogue officiel, il est préférable de commencer la visite par la salle n^ 1, dite salle de Vénus.

SALLE DE VÉNUS

* Plafond peint par Pietro da Cortona.

Au milieu, Minerve arrache des bras de Vénus le jeune Gosme P'^ et

1. Guida délia P. Galleria del Palazzo Pitti del C^^ Egisto Ghiavacci riveduta da Eugénie Pieraccini (6» Ediz. 1893). — Palazzo Pitti, par Cosimo Conti.

GALERIE PITTI

le conduit vers Hercule. Dans des lunettes sont représentés Antiochus, Alexandre, Séleucus, Massinissa, Scipion, Cyrus et Auguste.

Dans des frontons sont les bustes de huit princes de la famille des Médicis, œuvres de Cosme Salvestrini.

* 1. — Durer. — Ève.

Vue de face, la tête tournée vers la gauche, sa chevelure blonde flottant sur les épaules. Elle prend la pomme de la main gauche ; sa main droite est posée sur une branche; à ses pieds, un tigre et deux oiseaux; autour de l'arbre est enroulé le serpent.

H., 2,11 ; L., 0,83. B. — Fig. gr. nat. — Gravé par L. Ferretti et Calzi (G. P), comme étant l'œuvre de Cranach. — Peint, ainsi que le 20, en 1507. Payés 1,200 rixdales, ces tableaux furent placés dans l'Hôtel de Ville de Nuremberg au xvi^ siècle, d'où ils passèrent dans la collection de l'empereur Rodolphe. On en connaît deux copies anciennes, l'une au Musée de Madrid, l'autre à celui de Mayence. Cette dernière, œuvre de Juvenel, qui avait remplacé l'original à Nuremberg, fut prise par les Français en 1796 et transportée à Mayence. Ces deux copies portent, l'une et l'autre, la date de 1507, et un faux monogramme du maître, renfermés dans un cartel, au-dessous de la main droite d'Eve. Le musée de Berlin possède une étude à l'aquarelle pour la tête d'Eve (n» 353 de la collection Posonyi-Hulot). Le British Muséum conserve plusieurs études de détail faites en 1506 et 1507 en clair-obscar ou à la plume pour le même tableau. Albert Durer, en 1504, avait déjà exécuté une gravure représentant « Adam et Ève ». M. Thausing (p. 293) considère les tableaux de Florence comme les deux volets latéraux d'un grand retable qui ne fut jamais exécuté, il est vrai, mais qui fut peut-être longtemps projeté.

* 2. — Salvatore Rosa. — Le Mensonge.

Un homme, vu de face, en houppelande blanche plissée, se tourne de trois quarts à droite, vers un interlocuteur, qu'on voit de profil; sa main gauche est repHée sur la poitrine ; sa main droite tient un masque.

H., 1,34 ; L., 0,97. — Fig. à mi-corps, gr. nat. — Commandé par le cardinal Jean Charles de Médicis. (Baldinucci.)

* 3. — Il Tintoretto. — Le Tintoret. — Vénus, r Amour et Vul-

cain.

Au milieu, Vénus, de trois quarts tournée vers la droite, couchée sur une étoffe verte, des perles dans sa chevelure blonde, un carquois dans sa main gauche, tient appuyé contre son sein l'Amour qui porte un arc. A gauche, Yulcain, agenouillé, soulève une draperie blanche. Fond de paysage; dans les airs, Mars conduisant un char.

H., 0,76; L., 1,95. T. — Fig. gr. nat.

* 4. — Salvatore Rosa. — Marine.

A gauche, près d'une tour, des vaisseaux à l'ancre et un navire en réparation; au milieu, sur le rivage, des baigneurs; à droite, un rocher;

SALLE DE VÉNUS

aux deux extrémités du port, des phares; à l'horizon, un navire prenant le large. Effet de soleil couchant. — Signé : Rosa.

H., 2,30; L., 3,97. T. — Gravé par Boselli (G. P.)- — Commaadé par le cardinal Jean- Charles de Médicis. (Baldinucci.)

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