‹ Foliquet, coiffeur de damesChapitre 15 sur 32 · SCÈNE X · texte numérisé non relu

SCÈNE X

FOLIQUET, ANNETTE , INDIANA.

ANNETTE , btts à Indiana.

S'il allait me reconnaître !

INDIANA , las.

Eh! non... Donnez-vous de grands airs... parlez pointu... Mettez-vous les coudes en dedans et les pieds en dehors... comme ça... {Elle prend une pose comique.)

FOLIQUET , apportant le pouf et sa botte à poudre.

Voilà ! Où Madame veut-elle que j'attache ?

ANNETTE , déguisant sa T'oi.v.

Ça m'est égal.

FOLiQnET , la regardant.

Tiens !

INDIANA

Plalt-il?

C'est particulier, comme la voix de madame..;

INDIANA

Pardine! sous le masque...

Ah! oui, le masque... c'est juste! Si celui de Madame la gêne ! ( Il va pour le détacher.)

ANNETTE

Non, non . . .

Ah ! pardon ! mais je pensais... entre nous...

INDIANA

S'il venait quelqu'un !..

Oui, c'est vrai. . . Après ça. Madame pourrait le tenir à la main... et...

ANNETTE , effratjce.

Non .

INDIANA

Vous voyez bien que vous contrariez Madame.

Moi ! ah ! Dieu : ( d'un ton galant.) Si quelqu'un ici doit être contrarié. . . c'est moi. . . sachant ce que re masque soustrait à mes regards^ ASXETTJi , av-ec jalousie,

Plalt-ll> Vous dites..,

FOLIQIJEl.

iNDiATSA , bas. 3

Chut donc ! ( Elle la pousse du coude. )

FOLiQi'ET , qui l'a vue.

Eh bien 1 pourquoi poussez-vous madame?

Vaf exemple ! voilà une Tamiliarité l. . . {A Annette.) Veuillez l'excuser, Madame.... c'est

grossier sans usage ( Faisant le beau. )

Ça n'a pas la moindre notion de la manière de se tenir devant les gens de qualité supérieure. (' Il prend des attitudes , et tournant autour d'Annette pour mieux choisir la place du pouf.) Décidément, c'est là , je crois. .. ( Il le place. ] A''oyez , madame la Baronne !

ANNETTE

Oui.

FOLIQDET.

Madame veut-elle avoir la bonté de maintenir un peu. ( Annette porte la main au pouf . il regarde la main , Jait un geste d'admiration et la prend comme s'il ne la trouvait pas bien posée. ) Pardon, Madame... là, s'il vous plaît... ( A part. ) Ah ! en voilà du satin à 17 francs le mètre.

ANNETTE , à part. Je crois qu'il me serre la main.

TNDiANA , à part.

Se pavane-t-il ! fait-il la roue !

FOLiQCET , à part , coiffant.

Itieu ! quel cou de cygne! quelles épaules! de ma vie je n'en ai vu comme ça !

ANNETTE

Ah ! vous n'avez pas de mémoire !

l'OlIQUET.

Ah ! malgré moi , ça me met là dans le cœur... (.4 Indiana. ) Des épingles... ( A part. ) Avec ça que mon rêve à toujours été une de ces créatures aristocratiques, toutes bâties de gaze et de Ilours , dormant dans la batiste garnie en point d'.\nglelerre, Dieu ! ça doit être , on a beau dire... ça y fait iiiiebiue chose... Que diable ! il n'y a pas de piévrntioii. . . I.e fait est que nos foainK^s A nous autres, n'ont pas des épaules... l'csl-à-dire... elles eu ont bien... mais pas couirne ça... () haroiino ! va... tu me... Des épingles !

ANNETTE

Kli bien :

KII.IQDET.

Tout de suite, .Madame... mais... cette perruque est odienseiiient défrisée. . . (.1 Indiana.) Vile des fers an feu : et préparez-moi des pa-

pillOtt(!S.

\NMir>; . roulant sr Irrn.

Non , niiii , c'est inutile :

TOLiglET.

Ah : la lélc lie madame ne peut sortir ainsi de mes mains. . . je serais déshonoré 1

ANNETTE

Mais.

Non .

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