‹ Folk-lore brésilienChapitre 39 sur 77 · LE JABOTY, LE CERF ET LE JAGUAR · texte numérisé non relu

LE JABOTY, LE CERF ET LE JAGUAR

Un jour, le Jaboty se laissa choir sur le Juaguar et le tua, dans sa chute. Après cet exploit, il se cacha dans le tronc d'un arbre, où il attendit que le Jaguar eût pourri. Puis il en prit le tibia pour s'en faire une flûte, et il chantait, en jouant de son instrument : — Ma flûte est un tibia de cerf. Suassu etiman cuéra syrimymby.

Le Cerf accourait et lui demandait : — Vous m'appelez ? — Non, répondait le Jaboty, je chante pour appeler le Jaguar. Celui-ci accourait à son tour; le Jaboty répondait qu'il était en train d'appeler le Cerf.

Puis, il revenait au tronc de l'arbre, et il chantait toujours et jouait de sa flûte. Le Jaguar, impatienté, se mit à creuser la terre au pied de l'arbre. Mais le Jaboty, gouailleur, lui criait de sa cachette souterraine : — Au lieu de mordre ma jambe, vous ne mordez que le tronc

de l'arbre.

Il s'enfonça dans la terre encore davantage, en se moquant du Jaguar, et celui-ci ne put jamais l'attraper.

1 Quelques-unes de ces leçoas sont données par MM. S. Uoméro, Hartt et H. Smith. D'autres ont été recueillies par moi. Les deui dernières, par exemple, m'ont été fournies à bord d'un paquebot qui descendait de Manaos à Para, en juin 1887, par un petit Indien que Mgr de Macedo ramenait pour l'élever dans son asile « La ProYid,ence ».

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