Je t'attraperai
dans la commune de Bruz (on prononce Marionnas), s’en allèrent un soir aux filors.
Il faisait quasiment nuit, lorsqu'elles arrivèrent près d'un grand marais dont il fallait faire le tour.
— Si nous pouvions le traverser, dit l’une d'elles, j’serions rendues tout de suite.
— Ren n'est pu facile répondit une autre:
V'là là une jument blanche, que je ne connais point, mais qui a l'air ben douce, et qui ne demandera pas mieux que de nous passer.
— Elle ne pourra toujours pas nous porter toutes les trois, ajouta la dernière.
— Elle en portera ben deux, répliquèrentelles ; l’une restera de l'autre côté pendant que l’autre reviendra chercher la troisième.
Et la plus brave sauta sur la bête en disant : ( Viens-ta, Victoire ? »
Et Victoire grimpa à son tour.
— ]]l y a encore de la place pour ta, Céleste. Viens vite.
En effet, jamais on n'avait vu jument si longue.
Céleste monta, elle aussi, et il y aurait encore eu de la place pour une quatrième.
La jument, talonnée par les filles qui jacassaient et riaient comme des folles, avança gaillardement dans l’eau qui lui monta bientôt jusqu'aux cuisses.
Les jeunesses étaient obligées pour ne pas se mouiller les pieds de se mettre presque à genoux sur la bête, ce qui les faisait rire encore plus.
Tout à coup, toutes les trois poussèrent un cri, la jument venait de disparaître dans le marais, et les filles barbotaient dans la vase.
Elles entendirent ricaner dans une touffe de jonc, et une voix leur dit :
Ah! Ah! Ah! Les filles de la Marionnas,
Irou' cor aux filois !
Les malheureuses eurent tellement peur qu’elles se dépatoutllèrent* ben vite et se sau-