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dormit et n’entendit pas le bedeau fermer les portes.
Lorsqu'elle se réveilla, il était minuit. Elle vit un prêtre s’avancer vers le maître autel et allumer les cierges. Il était revêtu des habits sacerdotaux,comme pour dire la messe, et avait la figure couverte d'un voile.
Il regarda dans l’église et dit: «N'y a-t-il pas quelqu'un ici pour répondre ma messe ? »
La femme épeurée s'était cachée dans un confessionnal.
Le prêtre, n'entendant aucune réponse, poussa un long gémissement, éteignit les cierges et disparut.
Le lendemain matin, Marie Chesnel alla raconter au curé ce qu'elle avait vu.
Le curé lui répondit : « Merci, ma fille, jenverrai la nuit prochaine le choriste dans l’église. »
L'enfant y alla et répondit la messe du mort. Ce dernier lui dit: — Tu m'as délivré du Purgatoire. Voilà vingt ans que je viens ici toutes les nuits pour achever une messe interrompue de mon vivant, sans trouver per-
sonne pour la répondre. Je veillerai sur toi,
mon fils.
[Il y a toujours eu des maisons hantées dans notre pays.
À Rennes, pendant plus d’un demi-siècle, personne n'a consenti à habiter le château de Maurepas, situé faubourg de Fougères, à cause des bruits infernaux qu'on y entendait la nuit.
À Vitré, dans la propriété de la Barattière.
appartenant à M. Le Gonidec de Traissan, se trouve une maison, ayant un rez-de-chaussée et un étage qui, depuis un temps immémorial, n'est plus habitée.
Il existe dans l’une des pièces de cette demeure un puits d’où, chaque nuit, dit-on, sort un démon qui a fait donner à l'habitation le nom de Maison du diable.
Celui-ci veut être seul chez lui,et ne permet à personne de s’y installer. Si, par malheur, quelqu'un veut y passer la nuit, il est tellement effrayé par les bruits qu'il entend : bruits de chaînes traînées, personnes qui montent et
Los ie PS RE RS A A descendent les escaliers avec des sabots et qu'on ne voit pas, qu'il s'empresse de déguerpir dès le lendemain matin. é
La légende de la maison du diable, à Vitré, est tellement connue qu'on en a fait un objet d’effroi pour les enfants : « Sz vous n'êtes pas sages, disent les mères à leur progéniture, On vous enfermera dans la maison du diable. »
La fermière de la Barre de Cicé, dans la commune de Bruz, mourut en couches il y a une vingtaine d'années.
Lorsqu'elle fut enterrée, sa fille raconta que la nuit, on apercevait par instant dans le foyer, des couées de feu, c'est-à-dire des embrasements ou des flambées qui, tout à coup, éclairaient l'appartement d'un vif éclat et s'éteignaient aussitôt. Cependant il n’y avait dans l’âtre que des cendres éteintes.
Cette famille quitta la ferme où elle fut remplacée par un jeune ménage, les époux Gérard, qui s'étaient mariés à l'automne, le
13 octobre.
À partir de leur entrée dans la ferme, ceux-ci entendirent toutes les nuits, du soir au matin, des bruits étranges.
__ Tantôt, c'était comme de la terre tombant des arbres sur le toit de la maison,
D'autres fois, c'était la barrière du jardin qui s'ouvrait en faisant grincer ses gonds rouillés.
Si l'on voulait se rendre compte de ces bruits, on trouvait la barrière fermée et tout en parfait état.
On crut cependant voir, à différentes reprises, assise au pied d’une haie, au fond de la cour, une femme ressemblant à la fermière défunte, mais lorsqu'on approchait d'elle, la vision s'évanouissait.
Certaines nuits, les bruits partaient du grenier. On croyait entendre comme une meule roulée sur le plancher, puis ensuite quelqu'un égrenant des pois ronds qui dégringolaient de tous côtés. ME
Gérard monta plusieurs fois dans le grenier,avec un cierge bénit à la main, et ne découvrit rien. [Il n’y avait ni fruits, ni légumes, dans ce grenier vide depuis longtemps.
Un tapage effrayant réveilla une nuit les jeunes mariés, qui crurent avoir entendu une bûche énorme tomber dans le foyer par la cheminée.
L'homme alla voir, il n'y avait absolument rien.
Dans le cellier, contigu à la maison, se trouvait l'échelle conduisant au grenier dont il a été question tout à l'heure. Souvent on entendait monter et descendre cette échelle.
La porte du cellier était cependant barricadée de façon à ne permettre à personne d'y entrer du dehors. Un énorme madrier pénétrant par chaque bout dans les parois du mur la tenait mieux fermée que n'aurait pu le faire la meilleure serrure.
Et cependant un soir que les époux Gérard se chauffaient devant leur foyer, ils entendirent cette porte s'ouvrir.
Le mari alla aussitôt dans le cellier et vit la porte grande ouverte et la barre de bois par terre. Cela n'avait pu être fait qu'à l'intérieur, et l'on ne voyait dans cette pièce que des futailles pleines ou vides.
Le fermier referma la porte avec le plus grand soin, et malgré cela, cinq minutes ne s'étaient pas écoulées qu'elle se rouvrait avec fracas. Enfin, fermée une seconde fois, le calme se rétablit.
La femme Gérard de plus en plus effrayée, fit dire une messe pour le repos de l’âme de la défunte fermière et le curé de Bruz, passant quelques jours après devant la ferme y entra. 11 dit avec une expression qui lui était familière.
— Os là! qu'est-ce qu’on entend donc ici ?
On lui raconta ce qui précède.
Il alla dans le cellier, monta par l'échelle dans le grenier où il resta quelque temps en prières.
Depuis la visite du pasteur à la ferme de la Barre de Cicé, tous les bruits sinistres n’ont plus été entendus.
(Conté par le fermier Gérard, lui-même, trésorier de la paroisse de Bruz, âgé de 49 ans.)
La Messe des Morts
‘était par une nuit de Noël, froide et glaciale, le vieux curé de la paroisse de Saint- Méen lisait tranquillement son bréviaire au coin du feu, en attendant l'heure à laquelle il devait aller célébrer trois messes, ainsi que le permet l'Église le jour de la naissance du Christ. |
Soudain un coup sec frappé à la porte, le fit tressaillir.
Qui donc peut venir ainsi à pareille heure ?
se dit-il en lui-même en allant ouvrir.
Le spectacle qui s'offrit à sa vue, lui causa un véritable effroi.
Éclairés par une lune blafarde, des milliers de fantômes blancs entouraient le presbytère. Il y en avait dans la cour, dans les jardins, dans les chemins environnants. Tous étaient recouverts, de la tête au pied, d'un grand drap blanc semblable à un suaire. Le visage et les mains étaient complètement cachés.
Le prêtre, à peine remis de son émotion, fit Le signe de croix. Tous l’imitèrent.
S'adressant ensuite au fantôme le plus près de la porte il lui dit :
— Mon frère, que désirez-vous ?
La foule s'inclina respectueusement à la voix du vénérable curé, et tous les brascachés sous les suaires, désignèrent un point dans la campagne.
Subissant une sorte de fascination, le prêtre s'en alla, tête nue, au milieu de cette étrange procession et se dirigea vers le lieu indiqué.
En tête s'avançaient de tout petits enfants au milieu desquels un acolyte, plus grand que les autres, portait une croix.
Ces enfants étaient suivis d'une double file de fantômes tenant des cierges de cire blanche allumés, tandis que derrière eux, marchaient. sur un triple rang, d'autres personnages avec des torches jaunes dont la lueur rougeâtre donnait aux arbres et aux buissons un aspect sinistre.
Le prêtre entendait un bruit singulier : on eût dit des os s’entre-choquant.
Ce bruit cessa tout à coup. La procession
s'était arrêtée au milieu des ruines d'une vieille chapelle située au fond d’un bois.
Là, régnait un lugubre silence. La foule s’agenouilla dans les ronces, et deux fantômes quittèrent leur rang. L'un d’eux alla se placer près des marches du chœur de l'antique chapelle, tandis que l’autre présentait au prêtre des vêtements sacerdotaux.
Celui-ci passa l'étole à son cou, revêtit la chasuble et monta courageusement à l'autel.
Il y trouva un vieux missel en parchemin, une patène et un calice de plomb, tels qu’on en dépose dans les tombes des prêtres trépassés.
Lorsque l’officiant commença le premier verset de la messe, il entendit, au moment où la foule se levait et faisait le signe de croix, un bruit d'os se heurtant les uns contre les autres.
L'un des deux êtres mystérieux placés près de l’autel, prononça les répons d’une voix qui ne ressemblait en rien à une voix humaine.
Le prêtre, tout entier au divin mystère qu'il
célébrait, oublia pour un instant son entou-
rage fantastique, mais lorsqu'il se tourna vers les assistants en disant : Orate fratres, son épouvante fut extrême. Il n’aperçut que des squelettes. Tous les fantômes avaient rejeté leurs linceuls derrière eux et montraient leurs os décharnés.
Le curé, surmontant sa frayeur, continua l'office commencé.
Lorsqu'il eut prononcé les paroles de la consécration, un chœur de voix célestes se fit entendre dans la chapelle, et les têtes de mort devinrent des figures resplendissantes d’allégresse.
Enfin lorsque le prêtre dit : Zte Missa est, la chapelle était déserte. Il ne vit plus que les traces lumineuses des âmes qui s'élevaient vers le ciel.
(Conté par Ronsin, aubergiste à Saint-Méen.)