‹ Folk-lore de l'Ille-et-Vilaine: De la vie à la mortChapitre 32 sur 46 · LES ANIMAUX FANTASTIQUES · texte numérisé non relu

LES ANIMAUX FANTASTIQUES

La Bête de Pierric

Tout le monde, à Fougeray, a entendu parler de la Bête de Pierric^ plusieurs personnes affirment l'avoir vue, mais très peu de gens connaissent Torigine de cette légende et de ranimai fantastique qui en est Tobjet.

Un ancien percepteur, de cette localité, m'a raconté qu'un soir, sa femme et lui sortant vers onze heures de chez des amis, aperçurent au clair de lune, courant devant eux par les rues, un animal étrange, ayant la taille d'une génisse. Us eurent la curiosité de le suivre et le virent franchir avec une agilité extrême le mur du cimetière. C'était assurément la Bête de Pierric,

Voici la légende que je dois à l'obligeance de M. G..., médecin à Fougeray, auquel est arrivée l'aventure étrange qui termine ce récit :

A la fin du XVII* siècle, Louis-Gilles de

Rougi donna les seigneuries de Fougeray

delà Bûche-Gxffartendoi

Catherine de Rougé, à 1'

riage avec Jean de Kerhosnt de Kcrgouroadec,

marquis de Coenlen-Faô.

Lesn

xlheui r de leu

urenl pas à se seigneur, véritable li avait tous les vices, cl dont la vie apportait la désolation dans les familles- Un jour, sortant de sa forêt de Teillay (qui, à cette époque, se prolongeait jusqu'au château de Fougeray), il dirigea ses pas vers Pierric. Comme il allait s'engager sur une passerelle jetée sur la rivière la Chère, il fit la rencontre de deux jeunes et jolies villageoises qui causaient ensemble au bord de l'eau.

Selon son habitude, il s'approcha d'elles et voulut les violenter ; mais il trouva une résistance à laquelle il était loin de s'attendre, et que n'admettaient pas ses instincts de béte fauve. Furieux, il les précipita dans la rivière où les pauvres filles se noyèrent.

A partir de ce moment, on appela lapasse-

DE LA VIE A I.A AlORT I93

relie : Le pont Gaiouéy autrement dit le pont du crime.

Ayant commis d'autres actes d'une barbarie sans exemple, le marquis de Cœnten-Faô fut mandé à la cour pour rendre compte de sa conduite. Efifrayé de l'interrogatoire qu'il allait avoir à subir, il préféra en finir avec la vie. 11 se fit conduire en voiture dans le bois de la Serpaudais, remit un fusil chargé entre les mains de son cocher, se plaça devant lui et dit : « Tire juste, car si lu me manques, moi je ne te manquerai pas ! ))

Son valet le tua et l'enterra sous une cépée de chône.

Aussitôt après la mort du seigneur de la Koche-GifiFart, on vit, dans les ténèbres, un animal inconnu effectuer le parcours de Fougeray à Pierric et de Fierric à Fougeray. Sa course terminée, il disparaissait derrière les tombes du cimetière de cette dernière paroisse. On lui donna le nom de la Bête de Pierric,

Les habitants furent tellement effrayés de 1 apparition de cet animal, qu'ils ne voyagèrent

■ .94 POLK-LORE DR L'.t.T.E-Er-V;LA,NE ^^^

^M plus que deuï ou trois etia

mble après Ii)^^|

■ cher du soleil.

^1 11 y a de cela trente an

s environ, M. ^^

^M midectn à Fougeray, fut

ppelé la nuit dans

^Ê un village de la commune c

c Pierric. pourvoir

^M une femme dangercuseme

t malade.

H Les deux hommes qu

étaient venus le

H chercher devaient retourn

er avec lui. L'un

H d'eux s'appelait Maugcnd

re et avait 35 ans,

H l'autre était un jeune hom

lie de .7 ans.

^M Le médecin, pendant qu

on attelait son che-

H val, dit â Maugcndre: '( Allez devant, je vais |

H vous prendre sur la route.

Quant ù toi, dit-il

^Ê au plus jeune, reste avec ir

oi. i>

■ Il faisait un clair de lu

ne superbe, et l'oD

^B voyait dans la campagne c

mme en plein jour.

^H A vingt mètres au de

a du pont Galoué,

^H tous les deux aperçurent

Maugendre ; mais

^M leur attention fut tout à co

up distraite par un

^1 feu follet qui voltigeait au

dessus des roseaux

^h de la

^^L M. G... dit h son con

pagnon de route :

-tr- .MHH

(( Laissons Maugendre monter la côte à pied, nous nous arrêterons à la croix de Renefort pour le faire monter avec nous. ))

Arrivés à cette croix ils virent une bête noire, plus forte qu'un gros chien, qui passa à deux reprises différentes, de gauche à droite et de droite à gauche, devant le cheval, et courut sur la banquette vers la croix où se trouvait Maugendre.

Quand la bête eut disparu, M. G... appela plusieurs fois Maugendre sans obtenir de réponse. Il mit alors son cheval au galop disant en plaisantant : « La Bête de Pierric auraitelle emporté Maugendre ? ))

Ils allèrent ainsi jusqu'auprès du bourg sans rencontrer leur homme ; enfin ils le virent debout et immobile en face le portail du cimetière.

— Qui diable vous a amené ici? demanda le médecin.

— Je n'en sais rien.

— Vous avez couru >

— Non.

— Mais alors comment ctes-vous là ?

1 t96 roL

■ - Je .0

us attendais près de

la croix de

H Renefort, 1

orsque j'ai aperçu une

boule de feu,

^1 puis un un

mal comme je n'en

i jamais vu.

■ qui m'a rv

ivcrsc. En moins de

emps qu'il ne

^1 m'en faut pour vous le dire, je n

e suis trouvé

^m tranapoi'té

à la porte de ce eîme

ière.

H Quand à

deux heures du mat

n, le médecin

^1 s'en rctou

na seul chez lui, Maug

endres'écria:

■ » On me d

ûnnerait tout Pierric

t tout Fouge-

H t;eray,que

,e ne consentirais pas

à m'en aller à

^K votre plac

H /.a Helie

/ la UûtE de Dcrd, à Chileaubriant 1

H Une lés

nde qui s'est perpûtu

ée de généra- 1

■ en a<!

niîration, depuis le

\\" siècle, a 1

^1 Ghûtcaubr

lanl, a eu pour orig

nu la dispari- H

H tion d'une

jaune lille d'une rar

i beauté, qui 1

H fut, dit-on

, cnfermije dans le cou

vent des moi- 1

^^ nés de S

aint-Sauvcur de Be

ê. U, après ■

le dernier dca outrages, elle aurait |

née et enterrée dnn

s l'église du ■

Cette demoiselle du château du Val, dans la commune d'Auvernay, était fiancée à un î^entilhomme sans fortune qui cherchait à se créer une position.

L'abbé de Saint-Sauveur, Kybert de Saint- Herblain, cadet de famille, aussi libertin que mauvais prêtre, avait remarqué la merveilleuse beauté de l'héritière du château du \'al et en avait fait part à son ami le seigneur de Retz qui, bien que maréchal de France et ayant combattu à côté de Jeanne d'Arc, commettait dans le pays des crimes tellement atroces que, plus tard, il fut condamné à mourir sur un bûcher.

Afin d'éloitrncr le fiancé de la jeune fille qu'ils convoitaient, de Saint-Herblain et le seigneur de Retz firent appelerce gentilhomme à Paris, où il fut chargé d'une affaire assez bien rétribuée, mais qui nécessitait pour un temps assez long sa présence dans la capitale.

Profitant de son absence, ils firent surveiller celle qu'il devait épouser, et un jour qu'elle se promenait sur le bord de la rivière de Chère, songeant sans doute au bien-aimé, elle fut en-

lam

de force et transportée dons I loines de Saint-Sauveur, d'où

On assure que son â.me, parée desvâtementa Hancs que portait la jeune fille le jour de sa première communion, et qui rappellent la gracieuse enfant aut longs cheveux blonds, vient

le soir prier auprès d' de-Pavé, Candis que 1 paraît aux habitants d'un animai étrange, i

Châteaubrii

■oix située à Bouttes meurtriers ap-

u, glaçant d'effroi qu'on désigne à de néle de Béré.

personnes dignes de for, an

les femmes, des

commerçants, des ifanta, ont

Noul Bito

'animal fantas jelant de sueui

sont morts peu temps après leur rencontre avec la Bête de Béré.

C'est àTépoque des mois noirs de novembre et de décembre que le monstre se fait voir:

Lorsqu'aux rez-de-chaussée des maisons la famille est réunie devant l'âtre et qu'on a oublié de fermer les volets de la fenêtre, tout à coupdeuxyeux brillants comme des charbons apparaissent derrière les vitres, faisant trembler de peur les femmes et les enfants qui s'écrient : (( O ciel ! la Bêle de Béré ! ))

Si l'on ouvre aussitôt la porte, on aperçoit, s'en allant tranquillement dans la rue, un animal inconnu, ressemblant tantôt à un chien, tantôt à un mouton, et môme parfois à une chèvre.

iM. l'abbé Goudé, qui a publié en 1889, les Histoires et Légendes du pays de Château^ triant dit à propos de la légende de Béré :

(( Si vous demandez à la vieille Marie Gledel ce que c'est que cette bête, elle vous répondra qu'au temps où les moines habitaient le couvent de Saint-Sauveur, une jeune fille entrée chez eux ne reparut plus... Le bruit

H soo

OHE OE ,'n-t,e-.;

rm

^M courut que.

pendant une nu

elle Bvd^^l

^M enterrée so

s le clocher de

l'église... «■

■ ennemis des

moines firent ci

culer dans tout

■ le pays cett

incroyable et r

nystèrÎBUSe his-

^M toire : les pè

rcs l'apprirent i

eurs enfanta «

^H voilà comme

nt elle est arrivée

jusqu'à noua. H

H plus

loin, dans ce

même ouvrage.

^M le savant et

:'archéotogue ne

pouvant passer

^V tous silence

ses découvertes

raeonle qu'au

■ mois d'avril

i873,aL]lieuditle

Chénc-ChoUet,

m près le cou

fent de Saint-Sa

uveur, des raa-

çons crcusan

t un puits, éventrèrent un aou- |

terrain dans

lequel il découvr

t lui-mâme, le H

bon abbé Go

udé, des dents d'c

^L Or, dans

ses mandements

du jo imllet et 1

H du ij sept

mbre [440, l'évÉque de Nantes |

■ accusa Gllle

s de Laval des p

us abominables 1

^M excès, de débauches contre n

ature. d'enlèvo- M

^M ment et d'égorgement d'enfanls des deux M

^B On n'ignore pas, d'ailleurs

que les crimes 1

^K deceterribl

seigneur de Re

t^ Inspirèrent & H

^^k Charles Perrault son conte de Barbe-Bleue. |

nt de Saint-Sn

veur, après le ■

crime commis sur l'infortunce jeune fille du château du Val, fut abandonné par les moines et, plus tard, des religieuses en prirent possession. Il fut encore, quelque temps avant la Révolution de 1789, le théâtre de scènes scandaleuses dont furent saisis les tribunaux

de Rennes.

Le Diable à Teillay

L.e marquis de Cœnten-Faô, seigneur de la Roche-Giffart, commit tant de crimes pendant sa vie qu'il devint un objet d'effroi après sa mort, Nul n'osait aller la nuit dans la forêt de Teillay, car l'âme du brigand revenait et revient encore, paraît- il, tantôt à cheval, tantôt en voiture^ parfois même à pied, chassant, appelant ses chiens et passant comme l'éclair dans les taillis et sous les futaies.

Ce fantôme apparaît sous toutes les formes, et sert même de monture au diable ainsi que le prouve la légende suivante qu'on raconte à la veillée :

Simon Le Bigre revenait à la nuit noire, du marché de Châteaubriant, lorsqu'il ] contra prèa de Teîllay, attaché à un hallier, un cheval qui l'interpella en ces termes:

— Te souviena-tu, Simon Le Bigre, qu'u jour je te rencontrai sur ta bord de Vétang de la Pile? Je venais de tuer des canards, et il faisait si froid que mon chien refusait d'ei trer dans l'eau pour aller les chercher. Si mon ordre, lu y fus i, sa place.

Qu'on iuge do la frayeur do pauvre Simon en reconnaissant la voix du défunt marquis et en se rappelant cette aventure, cause de doi]^ loureux rhumatismes.

— Je me rappelle bien, dit-il en frisson-

— Eh bien 1 reprit le cheval, jourd'hui te rendre service à mon

Écoute bien : Tu vas reneontrei tout fi l'heure. Il va te demander Or, prends garde, c'est lo diable, < éviter la mort, présente-lui la lai

je veux

mon maître ton couteau, t si tu veux

nanche.

— Merci bien, balbutia le pauvre hom

En effet, à cent pas plus loin, il aperçut un monsieur, avec de grandes bottes et des éperons, qui avait une cravache sous le bras.

Le nouveau venu se planta au milieu du chemin et dit d'une voix formidable : -^ Donne-moi ton couteau.

Simon, tout tremblant, lui présenta la lame de son Etistache. Satan poussa* un cri de rage, continua son chemin vers l'endroit où le cheval était attaché en disant : Sale bête I tu as parlé, gare à toi ! Il enfourcha aussitôt l'animal, et Le Bigre les entendit s'enfoncer comme un ouragan dans la forêt. Les buissons tremblaient, les branches craquaient et les cailloux faisaient feu sous les pieds du cheval, qui filait comme lèvent.

Simon Le Bigre s'en alla se coucher, mais il ne dormit guère cette nuit-là.

(Conté par le père Guérin, âgé de 80 ans, garde de la foret de Teillay.)

La Lcvrelle blanche

II y avait autrefois, au village de l'Hitcl- :iti\-.Merles, dans la commune de Pancé, un brave homme, nommiî./oxe' Martin, qui ■liait veuf, et posscdail pour toute fortune, une maison et quelques lopins de eliamps qui lui Kullisnient pour élever ses deux [ib.

L'aîné, appelé Jost, comme son père, seconda celui-ci de bonne heure dans les travaux des champs, et lui rendit de véritables services. C'était un garçon laboricuK, rongd

y au

ne', le jeune, lîtait tout l'opposé de son

frcre :

enfant, il allait marauder avec les

petits V dans le

agabonds de son âge, voler les pommea s courtils et les vergers, dénicher 1<»

oiseaux

dans les baies et dans les bois. Plus

tard, i

tendit des collets dans les brousses

pour p allait V

cndre des litvri-s et des lopins, qu'il endre au marehé de Rain nii îl dépen-

sait tout son arprent avec de mauvais sujets de son espèce.

Le pauvre père ^Martin, use par Tàgc et les privations, s'en alla un jour rejoindre sa bonne femme, et laissa ses deux gars se disputer son héritage.

José fut le plus mal partagé : il eut la masure du bonhomme et s'en contenta. Le jeune eut les champs et commença par en vendre un, afin de pouvoir continuer sa vie de débauche.

L'aîné épousa une honnête fille de son village, qui lui apporta un joli mobilier et quelques immeubles. 11 loua sa maison, les terres de sa femme, et s'en alla comme fermier au Frétay, la plus belle métairie de la paroisse. Comme il était honnête et travailleur, il prospéra dans ses aQ'aircs.

Yaume, le mauvais gasy vendit son bien sillon par sillon, et se trouva promptement aussi gueux qu'un rat d'église.

Il jalousait le bonheur de son frère, et n'en parlait que pour dire : (( Ce n'est pas étonnant que José soit riche^ il a eu non seule-

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