‹ Fonctionnement d'un sanatorium privé type aux États-Unis: Le "Trudeau Sanatorium"Chapitre 22 sur 22 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

Bien qu'il soit difficile de comparer avec exactitude les résultats obtenus dans des institutions d'esprit différent, on peut affirmer a priori que ceux du Sanatorium privé, type Trudeau, l’emportent sur ceux des sanatoriums d'Etat pour des raisons autant de confort matériel que d’atmosphère morale.

Il nous a été donné de visiter nombre de sanatoriums officiels dans les Etats de New-York, Massuchusetts, Virginie, Maryland, Pensylvanie, Connecticut ; dans la plupart de ces établissements, parfois luxueux, il nous fut dit que l’on avait beaucoup de difficulté à conserver les malades les six mois jugés en général nécessaires à leur cure. Dès que leur état de santé leur semble un peu amélioré — quelquefois même sans cet argument — ils s’en vont, chassés par l'ennui, par l'inconvénient de la vie en commun dans des dortoirs qui abritent parfois jusqu’à trente personnes.

En deux mois de séjour à Trudeau, nous n'avons trouvé, au contraire, que des pensionnaires chantant les louanges de l'établissement, attristés de la perspective d’avoir à quitter, leurs six mois révolus, même apparemment guéris, le coquet petit cottage

où ils s'étaient créé des sympathies solides et une existence agréable, faisant souvent tout leur possible pour y prolonger leur séjour, et demandant pour ce faire l’aubaine de petits emplois peu ou pas rétribués et pas toujours dans leurs cordes.

Le prix très élevé de ce genre d’institutions les interdisant à l'initiative de l’état, il serait très désirable qu’en notre pays de généreuses personnalités aient à cœur d'édifier, autant que possible en climat froid, des sanatoriums selon l'esprit de Trudeau, par petits pavillons et à pension modérée.

Ainsi viendraient-elles en aide à notre classe moyenne si nombreuse, si digne d'intérêt, si riche en valeurs sociales et si délaissée en ces questions d'assistance, écartée qu'elle est des hôpitaux officiels parce qu’elle n’a pas brevet d'indigence et souvent incapable, par contre, de faire les frais d’une maladie aussi longue que la phtisie pulmonaire.

Vu : le président de la thèse,

L. BERNARD Vu : le deyen, ROGER Vu et permis d'imprimer, Le recteur de l'Académie de Paris :

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