INTRODUCTION
Le temps n’est plus, où la stérilité étant considérée comme une malédiction, l’épouse inféconde pouvait être répudiée. La Société moderne a même vu se multiplier le nombre des stérilités « volontaires » ou prétendues telles, car, bien des couples qui, en société, proclament à qui veut les entendre, les avantages des ménages modernes sans enfant, viennent tôt ou tard consulter le médecin, pour remédier à leur infortune.
Le grand publie commence à savoir que le médecin peut soigner la stérilité, et parfois la guérir ; nous n’en voulons pour preuve que les témoignages des gynécologues et des accoucheurs consultés par un nombre croissant d’individus ou de couples que préoccupe leur infécondité.
A l’heure actuelle, la stérilité bénéficie, au même titre d’ailleurs que les autres branches de la gynécologie, des recherches patientes des histologistes, des endocrinologistes, et des biochimistes.
Les premiers étudient minutieusement les divers aspects de la muqueuse utérine au cours du cycle menstruel; ils mettent au point des techniques qui permettent de tirer le maximum de renseignements des examens microscopiques de sperme.
Les seconds apportent chaque jour des notions plus précises sur le rôle exact des hormones dans la vie génitale de la femme.
Les troisièmes précisent, ou St de préciser la constitution des hormones, leur métabolisme et les conditions chimiques du fonctionnement génital.
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Il appartient au médecin de faire la synthèse de ces découvertes, et d’en tirer les applications pratiques pour le diagnostic et le traitement de la stérilité.
Cependant, au fur et à mesure qu’elles se perfectionnent, ces méthodes entrent de plus en plus dans le domaine de la spécialité, elles nécessitent une instrumentation particulière, que. tout praticien ne peut posséder, et une expérience qu’il n’a pas la possibilité d’acquérir.
Il semble done souhaitable que soient créés des centres auxquels le médecin omnipraticien pourrait adresser ces malades particuliers, avec la certitude que tout sera mis en jeu pour obtenir la guérison de leur état. D’autre part, le traitement de la stérilité, pratiqué en clientèle privée, revient vite à un prix prohibitif. Il nécessite, en effet, des consultations fréquentes, répétées pendant des mois et parfois des années ; des interventions et des examens coûteux, de telle sorte que, seuls, certains privilégiés pourraient s’en offrir le luxe.
Au contraire, dans des céntres spécialement créés et équipés à leur intention, les couples stériles peuvent bénéficier de soins médicaux et d’examens spéciaux, à des tarifs bien inférieurs à ceux pratiqués en clientèle privée.
C’est pour répondre à ce double besoin qu’ont été créées les consultations de stérilité qui, pourvues d’un matériel approprié, de laboratoires capables d’effectuer rapidement les examens indispensables, et surtout d’un personnel compétent, apportent au grand publie la possibilité de recevoir à peu de frais les thérapeutiques les plus modernes, de la part de médecins spécialistes. |
Cependant, malgré le grand nombre de travaux qui lui ont été consacrés, le problème de la stérilité est loin d’être résolu. L’heure de l’application purement clinique et pratique n’est pas venue ; nous en sommes encore à la phase d’édification où tout doit être contrôlé et non à la phase de large application pratique. Nos connaissances ne sont pas encore assez avancées pour qu’une consultation de
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stérilité puisse se concevoir isolée d’un centre de recherches.
Quoi qu'il en soit, plusieurs de ces consultations fonctionnent à Paris avec succès depuis quelques années.
. Le Professeur Rivière, Professeur de Clinique obstétricale à la Faculté de Médecine de Bordeaux, désirant la création d’une consultation de stérilité à l'Hôpital André- Boursier, nous a demandé, au cours d’un séjour que nous avons accompli à Paris de janvier à juillet 1945, d’étudier le fonctionnement d’une consultation de la capitale.
Sur les conseils du Docteur SEcuy, nous nous sommes adressés à la consultation de l’Ecole de Puériculture, 26, boulevard Brune, près de la Porte de Vanves.
Nous y avons été reçus très aimablement par le Docteur LacoMME, qui nous a autorisé à suivre les activités du Service.
C’est le résultat de notre stage que nous apportons dans cet ouvrage.
Une première partie de notre étude sera consacrée à
la consultation elle-même, à son organisation et à son fonctionnement.
Dans une seconde partie nous étudierons les moyens de diagnostic dans l’ordre où ils sont mis en œuvre.
Dans un dernier chapitre, nous étudierons les moyens de traitement et les résultats acquis ; nous rapporterons à ce sujet quelques observations caractéristiques.
C’est volontairement que nous avons exelu de notre travail toute considération d’ordre moral ou philosophique. Nous avons exposé le plus objectivement possible les faits
tels que nous les avons constatés, laissant à chacun le soin de les apprécier à leur juste valeur.
Les circonstances nous obligent à terminer à la hâte un ouvrage que nous aurions voulu mieux documenté. Nous nous en excusons auprès de ceux qui ont bien voulu nous aider à sa réalisation.