‹ Fond de cantineChapitre 10 sur 19 · GLOIRE · texte numérisé non relu

GLOIRE

Je suis ivre ce soir et règne sur le vrai Coïncidence aigûe, ô perfide contact Des amours éventée avec l'Essence intacte Je rassemble en ma grange et le grain et l'ivraie

Je veux célébrer mon sang et ce vin fier Où tes velléités s'éclaircissent en ma gloire O cœur bénévole racheté de la foire De nos sens sublimés par une ascèse altière

Mais va-t-en

L'élan pur envahit mon oreille D'un soudain clairon droit, sévère et pertinent Il dit le génie esseulé de l'Occident

Solitude inouïe de sphère non pareille Terre unique au monde

France étroite en mon sein, réduite à tout

péril Faut-il nier le cœur, l'éternelle Scythie?

Arraché-je mes bras à des cheveux mêlés?

C'est là tout mon poème ardent et essoufflé

Une brise étrange rôde par les plaines de l'air.

Un aviateur qui ne pensait qu'à sa bonne amie en fut étonné.

Il crut qu'il était Panurge et que la chaleur de son moteur déliait des paroles gelées.

A terre il constata que son hélice était embrouillée de paroles herbes aériennes.

— Holà terre ! quelqu'un sur la terre. Nous ne ferons aucune tentative vers les

étoiles.

Nous ne demanderons pas la lune au central solaire.

Vous hommes

Vous — hé — holà — vous.

— Qui est là?

— Nous les habitants des Pays Exté-

rieurs, nous les Scythes à vous les Anciens d'Occident.

Il vient de se passer en nous quelque chose d'extraordinaire. Nous voudrions vous le communiquer.

— Nous vous déclarons le silence.

— Vous ! hé ! là ! Vous.

Vous autres. Hallo Voyons! ne coupez pas.

— Qui est là?

— Nous, les Scythes. Nous voudrions vous dire. Il y a du rouge mais nous...

— Nous vous avisons du silence.

— Vous, vous, vous D'autres hommes Quelqu'un sur la terre

Nos paroles se dissolvent dans le silence du ciel. »

Là-haut, vers le pôle, les cris d'un homme dérangent l'éther.

Il appelle.

Partout des vigies, l'oreille appliquée à la rondeur du ciel.

Des mâts percent l'air comme des langues de communiants tirées vers Dieu.

Des vergues barrent l'espace, bras de danseuses pour engluer les désirs.

Des câbles assujettissent à la terre qui roule cette mâture tremblante

Ce vaisseau, sur ses ancres, est sans cesse assailli par certains souffles.

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