‹ Fontainebleau (volume 3)Chapitre 105 sur 131 · T. IX, p. 98 : Epigramme à l'abbé Furetière · texte numérisé non relu

T. IX, p. 98 : Epigramme à l'abbé Furetière

de le voir partir sur-le-champ, pour accomplir cette bonne œuvre. Malheureusement, la femme étant à Téglise, il trouve cette excuse commode et revient Gros-Jean comme devant. Si nous avons dit, tout à l'heure, qu'il est, peutêtre, un neurasthénique, c'était, pour nous, une façon commode de peindre et de classer son état mental : étant donné qu'il se révèle comme un esprit indolent et lymphaticjue, il n'est peut-être pas exagéré de dire qu'il se sent toujours fatigué, à la manière des neurasthéniques. Sans aucun doute, il se fatigue rapidement, et, quand il nous avoue qu'il dort tant qu'il plaît au sommeil, qu'il aime le dormir par dessus tout, j'en conclus volontiers qu'il est très fatigué, tout comme les neurasthéniques. Un soir, il s'avise de veiller un peu plus que d'ordinaire pour écrire à sa femme, et il s'en plaint doucement, car il est enfant de la paresse et du sommeil ^ Une autre fois, n'avouet-il pas qu'il passe une bonne partie de sa vie à dormir et l'autre à ne rien faire ^ ?

L'effort lui coûte donc beaucoup et, s'il édifie de si belles fables et de si délicats chefs-d'œuvre, c'est parce qu'il y trouve un secret plaisir. Il ne va que là où il y a de la jouissance à escompter. Sa logique réside dans sa sentimentalité et sa morale se fonde souvent sur son plaisir.

L'Académie et, plus tard, l'abbé Pouget lui font promettre de ne plus écrire de grivoiseries; siu* le moment, il accorde tout, mais il est si fortement attiré vers cette littérature, il y éprouve de si douces joies que, quelque temps après, il recommence de plus belle :

Page 1