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Nos doux cavaliers descendent et Tâneva se « prélassant » tout seul. Mais un quidam s*ên offense.
Est-ce la mode Que baudet aillo à Taise, et meunier s*incommode ? Qui de rdne ou du maître est fait pour se lasser? Jt* conseille à ces gens de le faire enchâsser *,
Et ce paysan lance ce dernier mot île critique et de raillerie :
Ils usent leurs souliers, et conservent leur âne ^ \
Finalement la leçon profite au meunier lui-même. Il en conclut qu'il est « bête, en effet )),mais qu'à l'avenir, qu'il pleuve ou qu il vente, qu'on le loue ou qu'on le critique, il n'en fera qu'à sa tête, c est-à-dire qu'il n'écoutera plus personne.
Cette fable est amusante par le ridic!de et le comique qu'elle contjent. La forme en est imagée jet appropriée: Tâne est porté « comme un lustre ». L e mouvement est ici amusant ; l'âne se ' plaint dans gnn pnfAÎQ Af Ifi mftiir^^r s'assied comme un prélat. Le rire de caractère est complet. Le père écoute tous les railleurs qu'il rencontre en chemin : c'es t un faible et un naïf.
Il en est ainsi de la plupart des contes et des fables de Jean de La Fontaine. Le choix seul de ses. personiia^es est des plus comiques. Il agit d'ordinaire par Contraste î^le^ lion et le moucheron, la grenouille -et le bœuf,— etc. Il aime à opposer des situations et à plac er su çjail-Jiiènie plan deux êtres que les préjugés, les.coutumes,jadales
4. T. I, p. 199 à 205 : le Meunier, son Fils et lAne, liv. 111, fable I. 2. Ihid.
te naient aupa r avant élo ignés Tun de rautre. Mais, dès que le rapprochement a été établi, il laisse à ses personnages tous leurs tics, toutes leurs manies, toutes leurs anomalies propres. C'est pourquoi il y a toujours des luttes, des oppositions de caractères dans la comédie des fables. Le rire le plus fin, le plus spirituel que nous ofi're le fabuliste se trouve caché dans les délicats « sous-entendus » qu'il nous ménage souvent. Son « et puis... s'en démêle qui pourra » du petit chien, Mignon, nous fait rire de bon cœur. C'est là un rire de finesse qui ressemble à un demi-voile jeté sur la nudité, ainsi que nous le disions tout à l'heure. Le certain accident qui, les fillettes « va perdant», nous fait rire franchement et sans arrière-pensée. Lorsqu'il parle de choses risquées, de certains «jargons d'amourette », il s'avise de dire finement, délicatement. «Et puis... en venant à la chose ». Tout le monde comprend et tout le inonde s'amuse d'un tel procédé. Nul ne sait mieux manier l'esprit de finesse que notre Bonhomme. Le mot « chose» devient ici un talisman précieux, qui explique bien sa pensée, qui fait la joie de tous ses lecteurs. Comment se venger de l'amant de telle femme frivole?
Porter à son mari la chose ^
Voici une Philis que La Fontaine assiège : il voudrait pouvoir lui dire tout ; mais comment s'y prendre? Comment lui dire tout?
Même il se peut qu'en venant à la chose, Jamais son cœur n'y voudrait consentir 2.
i. T. V, p. 224 : conte VII, 3* partie : Nicaise.