‹ Fontainebleau (volume 3)Chapitre 95 sur 131 · C'est-à-dire dans son esprit · texte numérisé non relu

C'est-à-dire dans son esprit

ses préjugés éphémères^ il a vu riiomnie de tous les temps et de tous les pays et il nous Ta dépeint, dans une langue à la fois simple et agréable.

Voyons de près les personnes qu'il fréquente assidûment, afin de nous rendre mieux compte si elles ont pu influer sur révolution de sa mentalité et de son caractère.

La Fontaine est une nature tout à la fois intellectuelle et rêveuse, souvent portée à la naïveté et facilement accessible aux plaisirs de toutes sortes. Il lui faudrait une épouse volontaire, expérimentée, qui sache respecter cette liberté, cette indépendance, ce laisser-aller qu'il affectionne tant, tout en le maîtrisant dans ses écarts. Notre bonhomme aime un peu trop ces « franches parties » qui ne sont pas toujours des « sornettes », non plus que des « jargons d'amourettes ». Plus que quiconque, La Fontaine a besoin de se marier, et plus qu'à personne il lui faut une épouse sérieuse et économe.

Qu'était Marie Héricart, la jeune femme du fabuliste? Fille de petits fonctionnaires, élevée presque précieusement, elle se voit marier à quinze ans. D'Olivet nous la montre comme une femme d'esprit, de beauté moyenne et d'une humeur qui rappelle fort cette M™" Honesta* décrite dans la nouvelle du Bclphégor, Racine, son parent, lui accorde un certain « esprit » et la range parmi les membres de la docte Académie de Château-Thierry.

La Fontaine lui reproche surtout son orgueil. Quelle est la femme qui n'est pas orgueilleuse? Et où est

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