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s'était, par son jardin fruitier, le premier étendu au delà du boulevard, au nord. A l'ouest de l'hôtel du financier Crozat, se rencontrait le magnifique hôtel du maréchal de Richelieu, qui prenait jour sur le boulevard par le charmant pavillon de Hanovre. Le boulevard, à cet endroit, portait le nom du duc d' Antin qui possédait cette propriété avant le maréchal.
Surintendant des bâtiments, le duc d' Antin a laissé sa trace encore dans une autre partie de Paris. En 1723, il fait replanter les arbres du Cours-la-Reine. Il s'occupe également des Champs-Elysées dont les belles allées aboutissent, en forme à' étoile, à la hauteur où s'élève, de nos jours, l'Arc de Triomphe : la grande allée, « plus spacieuse que les autres », est pourvue, à l'endroit où le grand égout (vestige de l'ancien bras septentrional de la Seine) la traverse avant de se déverser dans la Seine, d'un pont bâti, en 1717, par les soins du duc d' Antin et appelé, pour cette raison, pont d' Antin; elle mène, d'un côté, « à l'Etoile » et, de l'autre, à une esplanade séparant les Champs-Elysées du jardin des Tuileries. Lors du séjour du jeune roi Louis XV dans ce palais, ce jardin fut l'objet de divers embellissements : on y pratiqua notamment, sur le bord du fossé qui marquait la limite occidentale du jardin et dans l'axe de la grande allée des Champs- Elysées, l'entrée monumentale qui existe actuellement; un pont tournant, construit en 1716, permettait de franchir le fossé et de communiquer avec l'esplanade voisine qui en a tiré le nom d'esplanade du Pont Tournant.
Dans une autre direction, au nord, l'esplanade jouit d'un nouveau débouché : en 1732, la démolition de la
porte Saint-Honoré est ordonnée, ainsi que l'ouverture de la rue Royale.
Cette rue « doibt estre prise en partie sur le terrain provenant des créanciers et de la direction du feu sieur Law ». Le système de Law et sa banqueroute, le mouvement des affaires et des fortunes à ce moment doivent être rappelés comme une cause de modification urbaine pour Paris. A la suite de la banqueroute, certains, par exemple, furent obligés de vendre leurs hôtels, sur le terrain desquels des rues furent percées. Les financiers, d'une façon générale, ont joué, au xvnic siècle, un rôle important dans le développement de Paris.
La statue, la statue royale (la seule que l'on admît alors dans les rues), n'a pas non plus joué un rôle négligeable dans le Paris de cette époque. En 1748, le sculpteur Bouchardon fut chargé par la Ville d'exécuter une statue équestre de Louis XV, et les architectes furent invités à faire des projets touchant l'emplacement de cette statue. Il s'ensuivit une véritable floraison de projets visant les lieux les plus divers. Le roi se décida, comme emplacement, pour l'esplanade du Pont Tournant. qui lui appartenait et dont il fit don à la Ville, en vue d'y établir une place sur les dessins de l'architecte Gabriel : c'est notre place de la Concorde, avec les deux grands édifices bâtis par le même architecte, de chaque côté de la rue Royale. Aux quatre angles de la place, des fossés surmontés de balustrades faisaient un décor auquel s'ajoutait celui de pelouses environnantes, lui 1763, la statue, œuvre de Bouchardon, fut inaugurée; elle s* élevait sur un piédestal décote, aux quatre angles, de figurations de vertus sculptées par Pigalle. Déjà, à la fin
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du xvne siècle, ou avait conçu, en cet endroit, une place, avec la statue de L/Ouis XIV.
En 1764, commencera la construction de l'église de la Madeleine, sur les plans de Contant d'Ivry. L/e nouvel aspect des lieux se complétera, un peu plus tard, par le pont Iyouis XVI (pont de la Concorde) , destiné à unir
La place de la Concorde au XVIIIe siècle. (D'après une gravure de l'époque.
la place à la rive gauche et dont la construction fut entreprise, en 1787, sous la conduite de l'ingénieur Perronnet.
Toute cette partie de Paris s'est alors transformée : aux Champs-Elysées, qui doivent une part de leur développement au surintendant Marigny, frère de la marquise de Pompadour, l'hôtel d'Evreux (l'Elysée), qu'habite cette favorite, fait naître, dans son voisinage, maints hôtels. Dans leur ensemble, les Champs-Elysées sont devenus
une « promenade précieuse et unique », comme dit une pièce de 178g.
Un fait est venu aussi aider à l'extension de Paris vers l'ouest et le nord, c'est la suppression du grand égout en tant que ruisseau à ciel ouvert. Paris semblait être arrêté par cette ligne nauséabonde qui l'encerclait. Un premier progrès fut réalisé de 1737 à 1740, grâce au prévôt des marchands, Michel-Etienne Turgot : le grand égout fut canalisé, renfermé entre deux murs, pavé en outre de dalles épaisses et nettoyé par les chasses d'eau d'un réservoir installé au Pont-aux-Choux. Il ne s'agissait plus que de couvrit l'égout. C'est ce qui eut lieu un peu plus tard par les soins des propriétaires des terrains qu'il parcourait. Alors, Paris s'étend décidément au delà du boulevard, sur lequel sa croissance vient s'orienter : en 1770, c'est le percement des rues de Provence et d'Artois (cette dernière aujourd'hui rue L-affitte) ; en 1773, la rue Taitbout est ouverte aux frais du financier Bouret de Vézelay, « dans le terrain par lui acquis des religieux mathurins »; en 1779, aux frais d'un autre financier, [«aborde, qui a bâti un hôtel à la Grange-Batelière, la rue Chauchat se perce; en 1782-1784, voici la rue qui tire son nom de l'échevin Richer et, en 1786, la rue L,e Peletier.
Tout près du boulevard, notons, vers 1780, le lotissement des terrains de l'hôtel de Choiseul et leur transformation partielle en un théâtre destiné à la Comédie- Italienne (emplacement de l'Opéra -Comique actuel).
Sur d'autres points, la rive droite se développe ou se transforme. I,e centre d'approvisionnement que consti-
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tuent les Halles va bénéficier de tout l'espace laissé vacant par l'église des Innocents démolie en 1786 et le cimetière supprimé en même temps. Non loin, à l'ouest, sur l'emplacement de l'hôtel de Soissons que l'on a démoli (1749), on élève la Halle-au-Blé, de forme circulaire et avec rues rayonnantes. A peu de distance, c'est le vieil hospice des Quinze- Vingts qui, à son tour, disparaît : des lettres-patentes de 1779 ont prescrit le transfert à l'bôtel des mousquetaires noirs, rue de Charenton, de cet asile d'aveugles qui, près du Palais- Royal et du L,ouvre, formait le centre d'un enclos privilégié qu'occupaient cinq à six mille mendiants ou misérables. Au faubourg Saint- Antoine, les religieuses de l'abbaye de Saint- Antoine (actuellement hôpital Saint- Antoine) ouvrent, sur leurs terrains, des rues, établissent un marché et des fontaines (1777 à 1789).
Sur la rive gauche, on continue les travaux du cours. A la date de 1760, il est prescrit l'ouverture d'un nouveau boulevard destiné à achever d'encercler, en quelque sorte, le Paris de la rive gauche et qui sera, sur tout son parcours, planté de quatre rangées d'arbres. Telle est l'extension de la ville que, sept ans après, on se plaint des constructions déjà élevées des deux côtés de ce boulevard dont elles ont réduit la largeur et limité la vue du côté de la campagne. Ainsi, de plus en plus, la campagne fuit devant Paris grandissant. En 1767, on s'occupe de la partie du boulevard longeant l'hôpital général de la Salpêtrière (boulevard de l'Hôpital). Tout ce cours est conçu, à la fois au point de vue de l'embellissement et de la commodité, comme une promenade bien ouverte sur la campagne; il est destiné en même temps à marquer,
en certaines de ses parties, les limites de la ville de ce côté du fleuve.
L'Hôtel royal des Invalides se voit flanqué, à l'ouest, d'une autre institution militaire qui a agi dans le même sens que cet Hôtel, au point de vue de la transformation urbaine de ces parages. Il s'agit de l'École royale militaire, précédée, du côté de la Seine et comme les Invalide, d'une esplanade que le caractère même de l'Ecole a fait appeler Champ de Mars. Cette École fut établie par un édit royal de l'année 1751, en vue de l'instruction militaire de cinq cents jeunes gentilshommes peu fortunés. Elle fut construite, l'année suivante, par l'architecte Gabriel, mais ne fut ouverte qu'en 1760 et ce n'est qu'en 1769 que la première pierre de sa chapelle fut posée. Elle fut accompagnée d'avenues du type de celles des Invalides et agencées avec ces dernières. Les deux édifices sont séparés par le Gros-Caillou auquel se rapporte alors un plan de travaux. Il faut en rapprocher l'île des Cygnes cédée par le roi à la Ville en 1721. A cette dernière date, « le plan du quartier du Gros-Caillou et de l'île des Cygnes que les prévôt des marchands et eschevins ont fait lever en vertu de nos ordres », dit le roi, est approuvé : deux rues en particulier seront percées, de seize mètres de large, dont « l'une en point de vue de la grande porte du pavillon des boucheries de l'Hôtel royal des Invalides » et qui se terminera par un port destiné aux bois flottés dont il existe, depuis le milieu du xvie siècle, un commerce très important à Paris. Puis, des lettrespatentes de 1773 autorisent la municipalité à combler le petit bras de Seine séparant l'île des Cygnes du Gros- Caillou. Elles prescrivent notamment l'ouverture d'une
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rue devant aller depuis cette île « jusqu'au pied des glacis des plantations extérieures de l'École royale militaire » et tendent à accroître la superficie du « Champ de Mars dépendant de l'Ecole militaire » et « trop resserré pour les différents exercices auxquels il est destiné ».
Ailleurs, mais toujours sur la rive gauche, des édifices
L'Ecole Militaire.
D'après une gravure du xvnr siècle.)
d'une autre sorte s'élèvent : l'Hôtel de la Monnaie, quai Conti, sur le terrain de l'hôtel des Conti qui avaient acquis, au xvne siècle, l'hôtel Guénégaud. L,a première pierre de « l'Hôtel des Monnoies », dû à l'architecte Antoine, fut posée en 1771. Du même temps, date un nouveau Théâtre-Français, les comédiens ne pouvant plus (1770) « donner leurs représentations dans leur ancienne salle et hôtel (de la rue des Fossés-Saint-Germain), à cause de son état de dégradation et de vétusté ». Il s'agit
de ne pas trop longtemps « priver nos sujets, dit le roi, <lu spectacle national et qui, en même temps qu'il sert à leur amusement, contribue aussi à la correction des mœurs, au progrès des beaux-arts ». On prévit d'abord la reconstruction au même emplacement. Mais les dégagements qu'offrait ce lieu furent reconnus insuffisants et l'on fit définitivement choix de l'emplacement de l'ancien hôtel du prince de Condé (d'où les rues de Condé et Monsieur-le- Prince ont tiré leur nom). L,e théâtre fut construit, sur les plans des architectes de Wailly et Peyre l'aîné, dans la partie haute du terrain de l'hôtel, la plus voisine du Luxembourg, où l'on pouvait trouver l'agrément d'une promenade, avant d'entrer au spectacle ou en en sortant. Tout un embellissement urbain est lié à cette salle de comédie inaugurée en 1782 (emplacement de l'Odéon actuel). «Deux rues, pratiquées sur les côtés de ce monument (aujourd'hui rues Corneille et Rotrou), ont leurs entrées couvertes de voûtes sous lesquelles les voitures peuvent descendre leur monde à couvert. » Devant, est une place semi-circulaire à laquelle aboutissent cinq autres rues, alors appelées rues Racine, Voltaire, du Théâtre-Français, Crébillon et Regnard.
Signalons, connue autres constructions de la rive gauche, celle du Palais-Bourbon, ainsi dénommé de la duchesse de Bourbon, qui avait commencé à faire édifier, en [722, cette demeure, beaucoup accrue et embellie au cours du siècle et s'étendant, avec ses dépendances, depuis la rue de Bourgogne jusqu'à l'esplanade des Invalides; une magnifique terrasse de plus de trois cents mètres de long la borde du côté de la Seine. Il convient
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de ne pas non plus oublier la fontaine de la rue de Grenelle, achevée en 1739 et œuvre de Bouchardon.
En ce qui concerne les édifices religieux, une place à part revient à la nouvelle église de l'abbaye de Sainte- Geneviève, construite sur les plans de Soufflot (aujourd'hui le Panthéon). La première pierre en fut posée en 1764 et les travaux durèrent de longues années. « Le portail de cette nouvelle église (écrit un auteur en 1787) est précédé d'une vaste place, partie circulaire et partie droite, au-devant de laquelle il doit être percé une rue qui conduira au Luxembourg » (rue Soufflot). « Les Écoles de droit décorent un des côtés de cette place », où elles se sont installées en un bâtiment élevé en 1771, sur les dessins de Soufflot. « Le côté opposé était destiné pour être occupé par l'École de Médecine », qui n'y alla pas. Les Écoles de chirurgie bénéficièrent, par contre, d'un édifice construit à leur usage, sous le règne de Louis XV, par l'architecte Gondouin, dans la rue des Cordeliers, en face du couvent de ces religieux. Ce monument, nous dit un contemporain, « doit être regardé comme le second de la capitale (le premier étant la nouvelle église Sainte- Geneviève), par la pureté de ses profils et la régularité de ses parties » : ce sont aujourd'hui les bâtiments de l'École de médecine, en bordure de la rue de ce nom.
Le même siècle vit, au point de vue religieux et toujours sur la rive gauche, se terminer l'église Saint-Sulpice dont la reconstruction avait été entreprise vers 1640. Le grand portail de Servandoni, commencé en 1733, est « le plus vaste de ceux de cette capitale ». Cet architecte avait conçu, pour dégager son portail, une place qui demeura longtemps à l'état de projet. Le grand séminaire de
Saint-Sulpice, dont l'institution remonte à Jacques Olier vers Le milieu du xvir' siècle, se trouvait placé devant l.i façade de l'église.
Pans le cas de Saint-Sulpice ainsi que dans celui de Sainte-Geneviève, L'église apparaît comme centre d'aboutissement de voies ou de dégagement urbain, à la manière des temples dans les villes romaines.
Nous ne quitterons point la rive gauche sans y signaler, au nord des Bernardins, la construction de la nouvelle Halle-aux-Yeaux que quatre rues environnent (1772- 1774). L,a ville en fut redevable, comme d'autres améliorations, au lieutenant de police Sartine.
Mais si l'on élôvedes bâtiments, on en démolit d'autres, afin de créer tel ou tel espace libre ou pour faciliter La circulation, ainsi que nous l'avons vu sur la rive droite. Sur la rive gauche, on a démoli, au débouché du Petit- Pont, le Petit-Chàtelet, ce qui a permis l'établissement, en ce lieu, d'un quai : le quai Bignon (1782). Les temps ont changé depuis le xvr' siècle, époque à laquelle la municipalité estimait devoir « laisser le Petit-Chastellet
connue il est, sans le desmolir..., attendu que c'est une des forteresses de ladite ville et une mareque entienne et qui sert tant à la décoration de ladite ville que à mettre et loger les prisonniers ». En 1769, on a décidé de débarrasser les ponts des maisons qui les bordaient et, de 1786 à 1788, on a détruit les maisons du pont Notre-Dame, du Pont-au-Change et du pont Marie, sans oublier celles très entassées mu le bord même de la Seine, entre les
deux premiers «le ces ponts (quai et rue de Gesvres) ni
celles qui, dans des conditions semblables, formaient La rue de la Pelleterie, directement en face, dans la Cité.
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Dans cette île, l'incendie du 10 janvier 1776 oblige à reconstruire une partie du Palais de Justice : de nouveaux bâtiments, dus à l'architecte Desmaisons, entourent la Cour du Mai que vient fermer une grille monumentale. « On a projeté — écrit, à la date de 1787, un auteur déjà cité — une place demi-circulaire du côté de la rue de
Le Petit-Châtelet à la veille de sa démolition. (D'après une gravure du temps.)
la Vieille- Draperie (rue de Dutèce), ce qui donnerait plus de majesté à cette entrée et laisserait découvrir l'ensemble de ce monument. »
De régime des eaux, au temps qui nous occupe, est caractérisé par l'emploi de nouvelles pompes : les pompes à feu des frères Perrier. Il s'en trouvait une à Chaillot et une autre au Gros-Caillou.
Il n'est pas inutile d'indiquer qu'au xvme siècle on fait connaître, par le mo}Ten d'inscriptions, le nom des rues
et qu'on se préoccupe du numérotage des maisons. Jusque-là, c'étaient les enseignes, les boutiques, qui, comme indications, tenaient lieu de numéros. Le numérotage du pont Notre-Dame était à peu près demeuré une exception. En 1726, on ordonna de numéroter les maisons à porte cochère situées dans les faubourgs, et cela afin d'avoir un moyen de contrôle touchant l'observation des défenses de bâtir. Mais cette mesure fut loin d'être exécutée de façon régulière. Quoi qu'il en soit, on s'aperçut des commodités qu'offrait, en dehors de toute autre considération, un semblable numérotage et on commença à l'appliquer à la ville. C'est ainsi qu'on numérota les maisons des rues qui furent percées autour de la Halle-au-Blé, de l'année 1765 à l'année 1782, aussi celles qui environnèrent la Comédie - Italienne (Opéra-Comique). Ce numérotage était fait par rue, les numéros se suivant d'un même côté de la rue, sans distinction, comme aujourd'hui, entre les pairs et les impairs. En outre, une maison pouvait avoir autant de numéros qu'elle comportait de magasins ou de corps de bâtiments.
Ce Paris synthétisait, de façon parfaite, la vie brillante et légère, le charme des arts et des lettres, la joie d'être qui caractérisent, avec le constant bouillonnement des idées, la civilisation française du xvnie siècle. Vous pouvez, dans diverses circonstances ou à certains endroits déterminés, saisir les manifestations de l'existence de ce temps. A dater du milieu environ du XVIIIe siècle, la promenade des boulevards de la rive droite l'emporte, comme vogue et animation, sur celles des Tuileries et du Cours-la-Reine ou sur le Pont-Neuf. Et cette vogue com-
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mence par se porter à l'est : d'abord de la porte Saint- Antoine à la barrière du Temple, puis de la porte Saint- Antoine à la porte Saint-Martin. Elle se déplacera ensuite encore davantage vers l'ouest pour atteindre, mais seulement au xixe siècle, à l'époque romantique, le boulevard des Italiens. Au xvme siècle, de beaux équipages, des cavaliers en parcourent l'allée du milieu, tandis qu' « un peuple nombreux inonde les contre- allées ». Dans son voisinage s'égrènent les guinguettes à l'usage du peuple et les « petites maisons » à l'usage des élégants qui s'amusent. La nuit, la fête recommence. Des spectacles en plein air, des cafés, de « petits théâtres » comme l' Ambigu- Comique, les Variétés, s'y succèdent. Vers la fin du siècle, un lieu le dispute au boulevard comme attirance et demeurera jusqu'au second Empire un des centres de la vie de Paris : c'est le Palais- Royal, depuis que le duc d'Orléans y a fait, entre autres travaux, établir, par l'architecte Louis, les galeries couvertes à usage de promenoir qui bordent le jardin au nord, à l'est et à l'ouest. Des Champs-Elysées bénéficient par contre, durant la semaine qui précède Pâques, d'une exceptionnelle animation : ces jours-là, sous le prétexte d'aller entendre l'office des ténèbres à l'abbaye de Longchamp, la société élégante se répand en un long défilé, avec un luxe extraordinaire de voitures et de costumes, à travers la place Louis XV (Concorde) et la grande allée des Champs- Elysées, jusqu'au bois de Boulogne : c'est la Promenade de Longchamp, que rappelle de loin aujourd'hui la solennité sportive et mondaine du Grand Prix.
La fin du règne de Louis XVI vit l'établissement à Paris d'un nouveau mur d'enceinte, sans rapport toute-
It'.O FORMATION KT ÉVOLUTION DE PARIS
fois avec la défense militaire de cette ville et destiné simplement à faciliter le paiement des droits d'octroi. Aussi fut-il élevé par les soins des fermiers généraux qui étaient intéressés dans ces droits. C'est pourquoi on l'a dénommé enceinte des fermiers généraux. C'est en 1784 qu'ils en prirent l'initiative et en 1785 qu'ils obtinrent l'autorisation de le faire élever : ils en chargèrent leur architecte Ledoux qui acheva, dès l'année suivante, la partie* méridionale de cette enceinte. Il s'occupa ensuite de la partie septentrionale, dont les travaux étaient déjà très avancés en 1787. Des plaintes se firent jour alors dans la population :
Le mur murant Paris rend Paris murmurant. Pour augmenter son numéraire Et raccourcir notre horizon, La Penne a jugé nécessaire 1 te mettre Paris en prison.
Il faut vous figurer un simple mur continu, coupé, de distance en distance, par des barrières ou portes accompagnées de pavillons monumentaux, dont vous pouvez vous faire une idée par ceux qui subsistent encore à la place de la Nation ou à la place Denfert-Rochereau. Une quarantaine de ces pavillons axaient été élevés par les soins de Ledoux, quand, vers la fin de l'année 1787, le travail fut arrêté, remis à l'examen et confié à d'autres architectes. L'enceinte, demeurée inachevée, ne servit pas moins à la perception des droits d'entrée dans Paris jusqu'à leur suppression en 1791. Les travaux furent repris, lorsqu'au 1798 l'octroi fut rétabli. Cette enceinte, qui servit à marquer les limites ou le périmètre de Paris,
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est représentée aujourd'hui, sur la rive droite, de l'est à l'ouest, par la ligne des boulevards de Bercy, Reuilly, Picpus, Charonne, Ménilmontant, Belleville, la Villette, la Chapelle, Rochechouart, Clichy, Batignolles, Cour-
ra barrière du Roule de l'enceinte des fermiers généraux. (D'après le dessin de Prieur figurant le retour de Varennes, 1791.)
celles, par une partie de l'avenue de Wagram, l'avenue Kléber et le Trocadéro, et, sur la rive gauche, de l'ouest à l'est, par la ligne des boulevards de Grenelle, Garibaldi, de Vaugirard, Edgar-Quinet, Raspail, Saint- Jacques, d'Italie et de l'Hôpital.
L'ERE CONTEMPORAINE
Faire l'histoire de Paris pendant la Révolution, c'est Eaire l'histoire même de la Révolution. C'est assez dire le rôle primordial joué par cette ville dans ces grands événements que nous n'avons pas à raconter ici. Qu'il nous suffise d'observer que la Révolution et l'Empire, qui en est sorti, ayanl achevé l'œuvre séculaire del'unité et de la centralisation Françaises autour de Taris, cette ville s'est vue fatalement grandir encore.
Au point de vue administratif, Paris a subi alors et depuis des changements qu'il faut connaître. Paris fut divisé par Neeker, en vue des élections aux Etats Généraux, en 60 districts qui correspondaient aux paroisses (15 avril 178*)). Pc 13 juillet, l'assemblée générale des électeurs prit, en quelque sorte, possession de l'hôtel de ville; le lendemain, on s'emparait de la Bastille et Plesselles, prévôt «les marchands, était tué. Ce l'ut le dernier prév< >t îles marchands; Paille le remplaça, le 1 g juillet,
connue maire de Paris. Pes districts, qui n'avaient été tonnés qu'au point de vue électoral, demeurèrent organisés administrativenielit et eurent leur vie propre, avec
alliées générales et comités spéciaux. Ils gravitaient
Paris en 1789.
(D'après le plan de Verniquel, Atlas des Travaux de Paris.)
s. Enclos Je Saint-Lazare.
. Pont Loui> XVI.
1. Boulevards de la rive droite et de la rive gauche. — 1. Enceinte des fermiers généraux. — 3. Place du Trône. — 4. L'Etoil
6. Salpêtrière. — 7. Jardin des plantes. — S. Chartreux. — 9. Luxembourg. — 10. Invalides. — n. Champ de Mars et Ecole Militaire
M. Pont Royal. - 14. Pont-Neuf. - 15. Cite. - 10. Ile Saint-Louis.— 17. Palais-Royal. ,H. Louvre. - 19. Place Vendôme. - 20. Jardin des 1 uuer.e
21. Place Louis XV. - 22, Temple. — 2}. Ile Louviers. — 24. Abbaye île Saint-Antoine.
l'ère contemporaine 1G3
autour de la municipalité qui, avec le maire et un procureur syndic, comprenait des représentants des districts. Une loi du 21 mai 1790 organisa cette municipalité, composée, dès lors, d'un maire, d'un procureur, d'un corps municipal de 48 membres qui, réuni à 96 notables, forma le conseil général de la commune. Le 27 juin de la même année, les districts disparurent pour faire place à des sections, au nombre de 48. A la journée du 10 août 1792, qui marque la chute de la royauté, les délégués révolutionnaires des sections viennent remplacer, à l'hôtel de ville, cette administration municipale. C'est là ce que l'on appelle la Commune du 10 août, qui demeura en exercice jusqu'en décembre. Puis le département absorba, au point de vue administratif, la commune qu manqua d'organe propre.
En 1795, furent créées 12 municipalités comprenant chacune 4 des 48 sections et collaborant à l'administration de la ville avec un bureau central qui relevait du département. La Constitution de l'an VIII (1800), qui correspond au Consulat, en fit les 12 mairies d'arrondissements, formés chacun de 4 quartiers et entre lesquels fut partagé Paris jusqu'en 1860. La même Constitution créait les deux préfectures de la Seine et de police. Un conseil de département, tenant lieu de conseil municipal et qui n'avait à examiner que les questions que lui soumettait l'administration, était nommé, comme les maires et adjoints d'arrondissements, par le pouvoir central. A la suite de la Révolution de juillet 1830 qui mit sur le trône Louis-Philippe, le principe de l'élection fut introduit et le conseil municipal se dégagea du conseil général ou de département. Les journées de février 1848
It'.'i FORMATION ET ÉVOLUTION HE PARIS
ayant abouti à la chute de ce roi et à la proclamation de la République, la mairie centrale de Paris fut rétablie; elle ne dura que quelques mois. Le gouvernement du Président de la République, Louis-Napoléon, puis l'Knipire, qui suivirent, remirent le corps municipal sous l'entière dépendance du pouvoir central. La République, proclamée le 4 septembre 1870, rétablit l'élection pour le conseil municipal, mais maintint au préfet de la Seine les fonctions de maire de Paris.
1. lin Révélation. — Si l'on peut dire qu'au point de vue politique et administratif, la Révolution marque, pour Paris, une coupure d'avec le passé et le commencement de l'ère contemporaine, il n'en va pas de même au point de vue de ce que nous avons appelé l'art urbain. A ce dernier égard, le passé continue, peut-on dire, purement et simplement, et ce sont les idées d'embellissement et de transformation écloses sous les règnes de Louis XV et de Lniis XVI cpie l'on reprend. On avait alors platoniquement embelli Paris de quantité de projets. C'était là une idée à la mode, qui faisait « les architectes s'évertuer » et les rêveurs déraisonner. Mais un certain nombre de points axaient été excellemment dégagés, telle la nécessité d'une grande voie vers l'est, susceptible d'être comme un prolongement de l'entrée magistrale que constituait pour Paris l'avenue des Champs-Elysées; on axait même conçu cette voie dans l'axe de la colonnade du Louvre, qu'elle aurait servi à dégager, suivant le principe énoncé qu'il faut a découvrir les monuments qu'on ne voit pas ». C'est ce principe qu'avait déjà suivi, dans le cours du xviiie siècle, le surintendant Mariguy,
l'ère contemporaine 105
lorsqu'il avait commencé le dégagement de cette colonnade et du Louvre. On voulait faire plus et démolir, en vue de la grande voie à percer, Saint-Germain-l'Auxerrois qui passait ainsi que, du reste, l'Hôtel de Ville et Notre-Dame ou d'autres anciens édifices, pour une construction « barbare ». La perspective d'un monument était envisagée comme le complément obligé d'une belle voie. On se plaignait du dédale de rues étroites et malsaines qui formait Paris, en particulier dans la Cité, au sujet de laquelle on préconisait, par exemple, une percée dans l'axe du Palais de Justice. On s'élevait contre l'insuffisance et les mauvaises dispositions des marchés, contre les tueries des boucheries et les cimetières qui s'étalaient en plein Paris, contre le manque d'eau et les fontaines, sauf de rares exceptions, « dignes d'un village». Que « des quais larges et élevés bordent toutes les rives de la Seine », demande-t-on encore. On avait réclamé, pour la ville, des entrées majestueuses et c'est dans cette idée que Ledoux avait élevé ses pavillons. Les entrées majestueuses sont, avec la nette délimitation de la ville par le moyen de boulevards, de l'essence même de l'art classique urbain. Cet art toutefois subit au xvme siècle une certaine flexibilité que le néo-classicisme de la Révolution et de l'Empire a fait disparaître. Ce sont toutes ces idées avec les architectes ou ingénieurs qui « s'évertuaient» alors à les mettre à profit, que nous retrouvons à la Commission des artistes créée en 1793, en vue de lotir, de façon judicieuse, les grands domaines parisiens, religieux surtout, devenus biens nationaux. Sur cette question se greffa celle des voies à percer ou des constructions à élever, pour faciliter les communications
166 FORMATION BT l'vOLUTION DE PARIS
et le commerce, embellir ou assainir Paris. De cette commission sortit toute une série de projets que la Révolution ne put exécuter, mais que les régimes suivants, à commencer par l'Empire, reprirent et réalisèrent en notable partie. L'époque révolutionnaire en effet fut trop agitée pour permettre, à Paris surtout, les grands travaux. Au début, le retour du roi dans sa capitale après les journées d'octobre 1789, la fixation en ce lieu de l'Assemblée nationale et du pouvoir gouvernemental, le projet d'élever, dans la ville, un monument à Louis XVI « restaurateur de la liberté françoise », ainsi qu'on en avait élevé un à Louis XV, firent bien augurer à cet égard, mais tôt après, les événements se précipitant, il n'y eut plus guère de place pour des entreprises édilitaires. L'attention à cet égard a été toutefois particulièrement attirée du côté de l'espace que l'entière démolition de la Bastille allait laisser vacant, et, en 1792, il est décrété qu' « il sera formé, sur l'ancien terrain de la Bastille, une place qui portera le nom de place de la Liberté » et qu' « il sera élevé, au milieu de cette place, une colonne surmontée de la statue de la Liberté ». Il n'y fut point donné suite et c'est pour commémorer une autre révolution, celle de 1830, qu'on élèvera à cet endroit la colonne de la Liberté. Vers le même lieu, devait être creusé un canal à usage de port, pour les bateaux commerçant, par la Seine, avec Dieppe et la mer. Sur un autre point de la rive droite, il est question de dégager un endroit très encombré, en démolissant le Grand-Châtelet, comme on a déjà démoli le Petit-Châtelet, et en le remplaçant par une place ; ce qui ne fut réalisé que sous le Consulat. Quelques rues, çà et là, sur cette rive, sont de la Révolution.
l'ère contemporaine 167
En ce qui concerne la rive gauche, on reprend l'idée de la place à former « au-devant du portique de l'église Saint-Sulpice » et l'on fait du Panthéon et de l'Observatoire des centres de rayonnement de voies à percer. En ces derniers parages, les rues de l'Est (plus tard remplacée par la partie méridionale du boulevard Saint-Michel), de l'Ouest (rue d'Assas) et partie de celle du Val-de-Grâce datent de 1798, tandis que les rues de Fleurus, Madame, Jean-Bart, Duguay-Trouin remontent à 1790. En cette dernière année, l'architecte Brongniart a été autorisé à ouvrir des avenues, suivant ses plans, du côté du Gros- Caillou. Entre la place de Breteuil et le boulevard des Invalides, un îlot de rues, se coupant à angle droit, date de 1790.
L'attention s'est portée aussi sur la Seine, ses ponts, ses quais et sur la question de l'eau pour Paris. Des œuvres furent à cet égard ébauchées que le Consulat, puis l'Empire poursuivirent pour les mener à bonne fin.
3. I^e Consulat et l'Empire. — Nous ne saurions séparer le Consulat (1799- 1804) de l'Empire (1804- 1814), l'un comme l'autre étant caractérisés par le pouvoir de Napoléon. Ce dernier rêvait de « faire de Paris non seulement la plus belle ville qui existât, la plus belle ville qui ait existé, mais encore la plus belle qui puisse exister ». Il en fut empêché par les guerres.
Toute son œuvre édilitaire pour Paris dérive de l'époque précédente. Sa conception d'art urbain est celle même du xviie siècle : il ne conçoit pas autrement que Colbert et Louis XIV la ville, lieu de « triomphe » pour le souverain. Ses percements de voies ou ses aménagements urbains sont
des réalisations d'idées du xvme siècle. Ses conseillers d'art sont, avant tout, les architectes Fontaine et Percier. Quant à Frochot, le premier préfet de la Seine (1800- 1812), il disparaît, avec son conseil général, derrière Napoléon.
1/ œuvre de Napoléon se marque, sur la rive droite, par d'importants travaux. A la suite d'un arrêté des consuls du 17 vendémiaire an X (9 octobre 1801), on perce la rue de Rivoli le long du jardin des Tuileries, ainsi que la place et la rue des Pyramides et la rue de Castiglioue qui est prolongée par la rue de la Paix, très peu d'années après. L,es rues Duphot et Richepanse furent ouvertes par un arrêté de l'an XI, et les rues Cambon, de Mondovi et du Mont- Thabor leur sont contemporaines. L,a rue Daunou date de 1806. Ajoutons, pour compléter la physionomie de ces lieux, la colonne d'Austerlitz ou Vendôme, inaugurée le 15 août 1810, et la Madeleine, reprise sur les plans de l'architecte Vignon, pour être transformée en un Temple de la Gloire, en l'honneur des soldats de la Grande Armée (1806-1807), mais qui, une fois achevée, redevint l'église qu'on avait projeté d'en faire au xviiie siècle (1842).
Au Temple de la Gloire se rattachent une place à former alentour, avec une rue à ouvrir, au fond, dans l'axe de l'édifice (rue Tronchet) et un boulevard « se dirigeant vers Monceau» (origine du boulevard Malesherbes) .
Sur la place de la Concorde, le pont tournant des Tuileries disparaît (1801), et l'on projette de remplacer, par quelque œuvre décorative, le monument de Louis XV détruit sous la Révolution. A l'Étoile des Champs-Elysées, c'est plus qu'un projet, c'est une réalisation : l'Arc de Triomphe est commencé, en 1806, par les architectes Chalgrin et Raimond; interrompu pendant plusieurs
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années, il ne sera achevé qu'en 1836. La même année 1806 vit naître un autre arc de triomphe, celui du Carrousel, œuvre de Percier et Fontaine et terminé peu après. Cet arc servait d'entrée monumentale aux Tuileries, du côté du Louvre. Comme Henri II et ses fils, comme Henri IV, comme Louis XIII et Louis XIV, Napoléon
Pont des Arts sous Napoléon Ier (D'après une gravure du temps. )
songea à faire du Louvre et des Tuileries un majestueux ensemble : il n'eut pas le loisir de rien faire aboutir à cet égard. En mie autre partie de la rive droite, il fit élever, par l'alfchitecte Brongniart, la Bourse (1808), qui ne fut achevée qu'en 1826. Et c'est comme une indication d'avenir pour la marche urbaine vers l'ouest que la prise de possession de la « montagne de Chaillot » par un palais, que Napoléon projette de faire construire pour le
roi de Rome (emplacement du Trocadéro) . Ce gigantesque édifice devait être flanqué, vers l'ouest, de deux immenses parcs, dont un, le bois de Boulogne, réservé à la chasse.
En ce qui concerne la rive gauche, mentionnons le dégagement de l'église Saint-Sulpice par le moyen d'une place, le raccord de la rue de Seine avec la rue de Tournon, l'ouverture de la rue d'I'lm, celle de l'avenue de l'Observatoire, etc.
De nouveaux ponts sont construits : le pont d'Austerlitz auquel on peut rattacher, sur la rive droite, la place Mazas et, sur la rive gauche, la place Valhubert ; le pont des Arts; le pont d'Iéna. En même temps, l'empereur Taisait disparaître les dernières maisons des ponts : celles du pont Saint-Michel (1807-1808).
Les quais des Tuileries et Debilly, sur la rive droite, ceux de la partie orientale de l'île de la Cité, ceux de Montebello et d'Orsay, sur la rive gauche, furent aménagés.
A l'insuffisance de l'alimentation de Paris en eau, le premier consul para, en faisant amener les eaux del'Ourcq dans un bassin aménagé à la Villette pour, de là, être canalisées, à travers la ville, vers les fontaines. Cette adduction d'eau se trouva conjointe à la construction d'un canal de navigation qui, sous le nom de canal Saint-Martin, aboutit à la gare d'eau de l'Arsenal. Une fontaine alimentée par l'eau de l'Ourcq devait être celle de la Bastille, formée d'un éléphant monumental dont on n'éleva que la maquette qui a subsisté, en ce lieu, jusque vers le milieu du siècle.
Une autre transformation édili taire fut, à cette époque, amorcée : elle a trait aux égouts. « A quoi sert un pareil luxe sous terre? » se demanda-t-on à l'occasion du vaste égout dont on pourvut la nouvelle rue de Rivoli. Des
l'ère CONTEMPORAINE 1 i 1
égouts qui ne causèrent pas un moindre étonnement furent ceux dont on dota alors les rues Saint-Denis et Montmartre : précurseurs du mode de construction de nos égouts actuels, les ingénieurs imaginèrent d'utiliser la première de ces conduites souterraines à la fois comme égout proprement dit et comme canal d'alimentation de la fontaine des Innocents restaurée.
3. lia Restauration et le règne de Louis- Pliilippe. — vSous la Restauration (1814-1830) et la monarchie de juillet (1830-1848), on achève surtout les opérations entreprises auparavant. Paris continue certes à se développer, mais son extension se marque particulièrement par des constructions qui, comme ce que l'on appelle les cités (cité François Ier, 1823; cité Beaujon, 1825-1842; etc.), émanent plutôt de l'initiative privée et ont les inconvénients du particularisme. Des quartiers comme celui de l'Europe (1826-1847) peuvent être rattachés à cette même origine. Une autre particularité d'art urbain de cette époque, c'est le passage couvert dû à d'industrieux entrepreneurs et commerçants et qui jouit d'une grande vogue : le principal est le passage des Panoramas.
Des deux préfets de ce temps ont été Chabrol, qui remplit cette fonction durant toute la Restauration, et Rambuteau (1833-1848). Tous deux eurent plus d'autorité que Frochot.
Sous le premier, l'enceinte de la rive gauche fut reportée du boulevard de l'Hôpital au boulevard actuel de la Gare, par suite de l'annexion à Paris, en 1818, du village d'Austerlitz, et le pont des Invalides, la passerelle d'Arcole et le pont de l'Archevêché furent construits.
De la monarchie de juillet datent les ponts de Bercy et du Carrousel ou des Saints- Pères, le pont suspendu Louis- Philippe ou de la Réforme, les passerelles de Constantine et de Damiette (remplacées comme voie de communication par notre pont Sully). C'est en ce temps aussi que la petite île I,ouviers fut réunie à la rive droite (quai Henri IV).
Sous ce gouvernement, on se préoccupa surtout delà ligne des ([nais et de celle des boulevards. L,a première fut complétée, se vit pourvue, là où il en manquait, de murs de parapet suffisants, reçut des trottoirs et des arbres. Quant aux boulevards, ils avaient, en maints endroits, gardé la trace de leur origine défensive : l'administration municipale fit alors exécuter des travaux d'élargissement et de nivellement dont bénéficièrent notamment les boulevards Saint-Denis et Bonne-Nom elle. En même temps, le comte de Rambuteau, qui goûtait fort les plantations, faisait établir, sur les boulevards, deux rangées d'arbres, pour remplacer les beaux arbres dont les barricades de juillet 1830 avaient amené la disparition; de plus, une large bande de dallage ou de bitume, disposée au milieu des contre-allées, remplit l'office de trottoir.
A cette époque aussi, le boulevard de la Contrescarpe ou de la Pastille fut reconstruit, en pendant au boulevard Bourdon dû à Napoléon Ier; la rue Vieille-du-Temple trouva, par le percement delà rue du Pont-Iyouis- Philippe, un débouché vers la Seine; dans l'île de la Cité, un double éventrement produisit la rue d'Arcole et celle de Constantinc. cette dernière dans l'axe du Palais; dans les parages de la Bourse, on ouvrit, dans l'axe de ce monument, la rue de la Bourse e1 on prolongea les rues de la Banque et Vivienne, cette dernière jusqu'au boulevard; la rue Notre-
L ERE CONTEMPORAINE
Dame-de-Lôrette (l'église de ce nom, commencée sous la Restauration, fut achevée sous Louis- Philippe) fut poussée jusqu'à la rue Saint-Lazare; la rue Sourflot fut prolongée avec mie largeur de 12 mètres seulement, alors que la partie primitive de cette voie, directement devant le Panthéon et qui datait du xvme siècle et de Napoléon Ier,
Les Boulevards, au temps des Romantiques. (D'après une gravure de l'époque.)
comportait une largeur de 31 mètres. Mais la grande pensée du règne, peut-on dire, en matière de voirie, est la rue Rambuteau, prévue du reste, comme d'autres opérations précédentes, parmi les plans de la Commission des Artistes. Cette rue, destinée à établir une ligne continue de communication entre le Marais et les Halles, a une largeur de 13 mètres, chiffre jugé considérable alors.
Il faut en rapprocher, dans l'ordre monumental, l'agrandissement de l'Hôtel de Ville, qui entraîna d'importants
1/4 FORMATION ET ÈVOLOTIO» ni: PARIS
travaux de dégagement du côté du quai et à l'est, où s'ouvrit la rue Lobau, dont l'insuffisance de largeur (10 m.) amena la transformation au début du régne de Napoléon III. Au point de vue monumental également, indiquons que c'est en 1836 que fut érigée, sur la place de la Concorde, l'obélisque de Louqsor.
L'aimée 1840 vit la naissance de la ligne des fortifications actuelles, qui laissèrent entre elles et l'enceinte limitant Paris, un vaste espace.
Sous le règne de Louis-Philippe, un fait d'une portée incalculable pour notre ville se produisit : l'établissement des chemins de fer. Mais les prévisions d'avenir échappèrent tout d'abord et les gares manquaient de débouchés. On songea toutefois, en 184;,, à pourvoir de dégagements le débarcadère des chemins de 1er de Saint-Germain, Versailles et Rouen, aménagé rue Saint-Lazare : c'est à cet effet qu'on transforma eu une rue l'impasse d'Amsterdam et qu'on ouvrit timidement la rue du Havre. En 1847, on alla plus loin : une ordonnance reprit, pour les abords de la gare de Lyon, un ancien projet de percement relatif au boulevard Mazas ou Diderot et prescrivit, en outre, l'ouverture de la rue de Lyon.
4. Lu Il «'publique <1«* IN4N vi l«» m«mm»ii«I I mgtiiM- |,u t ruiitifornintioii uV I*ui*Im. — Aux
raisons d'ordre général et déjà anciennes qui militaient
en faveur d'une véritable transformation de la ville restée, dans son ensemble, moyenâgeuse, venait s'ajouter une raison d'ordre spécial : la révolution opérée par Ks chemins de fer dans les moyens de transport. Or, toute révolution de ce genre entraîne fatalement une trans-
l'ère CONTEMPORAINE 17")
formation des grandes villes, et l'on peut prévoir le moment où la conquête définitive de l'air comme milieu de transport engendrera, à son tour, une transformation urbaine.
Les chemins de fer, aboutissant de toutes les directions à Paris comme à un carrefour, allaient inévitablement grandir démesurément cette ville, qui ne pouvait plus dès lors rester avec ses rues étroites et tortueuses, son manque d'hygiène. Tout devait se dilater en proportion : rues, édifices, magasins, marchés, approvisionnement en eau, décharge en égouts, etc.
La transformation était, comme on dit, dans l'air. Ce fut Napoléon III qui la réalisa, d'abord comme président de la République (décembre 1848-1852), puis comme empereur (1852-1870), car nous ne pouvons pas plus séparer le second empire de la présidence que nous n'avons pu séparer le premier empire du consulat. Ce fut aussi l'œuvre du baron Haussmann, préfet de la Seine (1853- 1870).
La République de 1848, qui se place entre le gouvernement de Louis-PhiUppe et celui de Napoléon III, ne dura que quelques mois en tant que régime républicain proprement dit, donc pas assez longtemps pour pouvoir faire par elle-même quelque chose. Néanmoins, dès l'année 1848, nous voyons le prolongement de la rue de Rivoli et l'achèvement du Louvre décrétés (décret du 24 mars).
Afin de bien se rendre compte de la transformation de Paris, il faut en dégager les éléments essentiels. Aux gares viennent se rattacher de larges voies : tels le boulevard de Strasbourg, large de 30 mètres (1853 ; pour la gare de l'Est) ; le boulevard Magenta et la rue de Maubeuge (pour
les gares de l'Est et du Nord); la rue Auber (pour la gare Saint-Lazare) ; la rue de Rennes (pour la gare Mont» pâmasse). Le prolongement du boulevard de Strasbourg jusqu'à la partie méridionale du Paris de la rive gauche (1858-1862; boulevards de Sébastopol, du Palais et Saint- Michel) produit, avec le prolongement de la rue de Rivoli depuis le point où elle avait été arrêtée au début du siècle jusqu'à la rue Saint-Antoine (1850-1855), une nouvelle croisée de Paris. Le point de croisement, marqué par la Tour Saint- Jacques, reste où il était déjà dans l'ancienne Croisée. Quant à la rue de Rivoli ainsi prolongée, elle réalise la longue percée qui s'imposait entre la place de l'Étoile et la place du Trône (aujourd'hui de la Nation). La jonction entre ces deux places est encore opérée par une sorte d'allongement de la ligne des grands boulevards : cette allonge, si l'on peut dire, est formée, à l'est, par le boulevard du prince Eugène (1862; aujourd'hui Voltaire, de la place de la Nation à la place de la République) et, à l'ouest, par le boulevard Haussmann (1863-1870) et l'avenue de Priedland (i85o,-i8()i). L'Étoile voit se compléter, à cette époque, son rayonnement, composé maintenant de douze voies.
Sur la ligne des grands boulevards, la place du Châteauil'l'.au (actuellement de la République) se développe comme carrefour, par l'adjonction de nouvelles voies venant s'y déverser : boulevard du prince Eugène qui croise le boulevard Richard-Lenoir, établi (1861-1863) sur une partie du canal Saint-Martin rendue souterraine à ce moment; boulevard Magenta (1858-1866); avenue des Amandiers (1869; amorce de notre avenue de la République);
rue de TurbigO (18O7).
L ERE CONTEMPORAINE
Cette dernière rue sert de débouché aux Halles Centrales construites, sous Napoléon III, par l'architecte Baltard. Dans la direction du sud, les rues du Pont-Neuf et des Halles (1866) constituent un autre débouché du grand centre d'approvisionnement de Paris. Ce percement vers le sud était déjà projeté sous le règne de Louis XIV.
Un autre carrefour est celui dont l'Opéra, que l'architecte Charles Garnier commence à cons truire en 1861, forme le centre.
L'Opéra, théâtre de luxe par excellence, s'élève à l'ouest qui est le côté luxueux de Paris et se rattache à toute la poussée du Paris luxueux de cette époque vers l'ouest.
Plus près de la Seine, l'Hôtel de Ville se voit dégagé par la nouvelle rue Lobau et la place de l'Hôtel-de- Ville que prolonge l'avenue Victoria (1855-1856) et l'on achève enfin les travaux de dégagement et de rattachement du Louvre et des Tuileries.
La rive gauche est conçue avec un « boulevard intérieur» : le boulevard Saint-Germain percé, sous le Second Empire, depuis la Halle-aux- Vins jusqu'au boulevard Saint-Michel environ (1857-1861). Il est doublé, sur une partie de son parcours, par la rue des Écoles (1857- 1867) ciue ^a rue
L'Opéra.
Monge (1867-1868) réunit à un carrefour, celui des Gobelins, centre d'une série de percements nouveaux : avenue des Gobelins (1868-1869), boulevard de Port-Royal (1868), boulevard Saint-Marcel (1868-1869), ces deux derniers complétant les boulevards du midi commencés sous Louis XIV, enfin boulevard Arago (1869). L'avenue des Gobelins est reliée à la rue de Médicis (1862) par la rue des Feuillantines (1860-1870) et par la rue Gay-Lussac (1865- 1866).
Quant à la Cité, on l'imagine dépourvue d'habitations et ne contenant que des espaces libres (parvis Notre- Dame) ou de grands édifices (nouvel Hôtel-Dieu, commencé en 1866; caserne, 1867; tribunal de commerce, 1864).
A ce Paris transformé, on procure des surfaces d'aération, par le moyen de nombreux squares, aussi par de grands parcs sis autour de la ville : le bois de Boulogne, qui répond à l'ouest luxueux de Paris, auquel le relie la majestueuse avenue de l'Impératrice (aujourd'hui du Bois-de-Boulogne), large de 120 mètres; le bois de Vincennes, populaire, rattaché à Paris par l'avenue Dautnesnil; le parc Montsouris; les Buttes-Chaumont; le parc Monceau.
Sur la Seine, de nouveaux ponts s'élèvent : le pont Napoléon (1853-1854; aujourd'hui pont National), le pont de Solférino (1859), le Pont de l'Aima (1855) destiné à mettre en rapport le Gros-Caillou et Chaillot et auquel se rattachent, dans le premier lieu, le percement des aven ues Rapp et Bosquet (1860 et 1867) et, dans le second, le percement «le l'avenue de l'Aima (1865); enfin, le pontviaduc d'Auteuil date de 1865. Presque tous les autres
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ponts furent reconstruits alors, ainsi que plusieurs quais.
L'exposition de 1855, à laquelle fut destiné le palais de l'Industrie aux Champs-Elysées, celle de 1867 surtout, qui amena le nivellement de la « montagne de Chaillot » (Trocadéro), n'ont pas été sans contribuer à cette transformation générale.
Générale, peut-on dire, car elle a porté aussi bien sur les eaux et les égouts que sur les voies publiques et les monuments. C'est de ce temps que date l'espèce de ville souterraine que constitue notre vaste réseau d'égouts; c'est aussi à cette époque que remonte l'adduction des eaux de la Dhuys (réservoirs de Ménilmontant) et de la Vanne (réservoirs de Montsouris) .
Nous aurons achevé le coup d'oeil d'ensemble, quand nous aurons signalé l'annexion, à dater du Ier janvier 1860, de la zone comprise entre la vieille enceinte des fermiers généraux, qui disparaît dès lors, et les fortifications. Il en résulta l'incorporation à Paris de onze communes dont plusieurs formaient de véritables villes : Auteuil, Passy, les Batignolles, Montmartre, La Chapelle, La Villette, Belleville, Charonne, Bercy, Vaugirard et Grenelle. Treize autres communes furent amenées ainsi à faire entrer dans Paris des portions de leur territoire. Les arrondissements, remaniés, furent portés au chiffre de vingt.
De tout cela, il sortit à tons égards un nouveau Paris. Des déplacements de population ont été occasionnés par ces bouleversements : si les gens riches s'en vont alors peupler les somptueux quartiers de l'ouest, la classe pauvre, les ouvriers, qui se voient chassés du centre de Paris par les maisons bourgeoises qu'on y élève sur
l'emplacement des vieilles rues, se dirigent au nord, à l'est ou au sud de la ville. Ajoutez le flot d'étrangers que déversent les gares. Considérez que les larges voies droites et solennelles ne sont pas faites pour rapprocher les habitants qui, dans l'ancien Paris, vivaient, au contraire, en contact étroit les uns avec les autres. Et vous concevrez qu'au point de vue social, comme au point de vue topologique, c'est bien un nouveau Paris qui apparaît alors.
5. lia troisième K«;|iul>li«|ii«v — Les désastres de la guerre franco-allemande de 1870-1871 atteignirent gravement Paris. Ainsi qu'elle l'avait été lors de la chute du premier Empire en 1814, la ville fut assiégée et prise par les ennemis. Mais ce second siège dépasse de beaucoup le premier comme durée et conséquences. L'investissement commença en septembre 1870. D'héroïques combats: Le Bourget, Champigny, Buzenval, ne réussirent pas à y mettre fin. La ville fut bombardée par le roi de Prusse. Le froid, la faim ajoutèrent leurs ravages. L'admirable résistance des Parisiens ne pul empêcher la capitulation (fin janvier 1871). Puis survint le gouvernement insurrectionnel de la COMMUNE (mars à fin mai i87i),qui amena un second siège de Paris, cette fois par l'armée française : c'est dans ces circonstances que Eurent brûlés, entre autres monuments, le palais des Tuileries et l'Hôtel de Ville.
Sous la troisième République, Paris n'a cessé de se développer, et la ville est redevable à son conseil municipal élu par le suffrage universel et à ses préfets d'importantes œuvres édilitaires.
Au point de vue des percements de voies, on continua et
l'ère contemporaine 181
on poursuit encore l'exécution du plan tracé sous le second Empire. Ce sont les mêmes idées d'art urbain qui prévalent et remontent, sans déviation sensible, au début du xvie siècle.
Les travaux ont porté notamment sur la périphérie annexée à Paris en 1860.
Citons, parmi les œuvres principales, sur la rive droite, le percement des avenues de la République et Gambetta, celui des avenues Parrn entier et Ledru-Rollin qui, se réunissant à la place Voltaire, établissent une longue ligne de communication depuis l'hôpital Saint-Louis jusqu'au pont d'Austerlitz, parallèlement au canal Saint-Martin et au boulevard Richard-Lenoir. Ailleurs, le boulevard Henri IV et le pont Sully sont venus relier le boulevard Saint-Germain à la Bastille. La rue des Archives s'est vue prolongée jusqu'à l'Hôtel de Ville et la rue Etienne-Marcel, commencée sous le second Empire, a été poussée, vers l'ouest, depuis la rue Montorgueil jusqu'à la place des Victoires, en attendant qu'elle le soit, vers l'est, jusqu'aux grands boulevards. Parallèlement à cette dernière, la rue Réaumur, construite, de 1860 à 1867, entre la rue Saint- Denis et la rue du Temple, a rejoint la rue du Quatre- Septembre (ancienne rue du Dix- Décembre, percée sous l'Empire). La rue du Louvre, ébauchée sous Napoléon III, a été ouverte comme un important débouché nord-sud. L'avenue de l'Opéra, amorcée à ses deux extrémités sous le second Empire, a été percée sous la troisième République, sous laquelle également l'avenue d'Antin a été prolongée au nord du rond-point des Champs-Elysées.
Sur la rive gauche, le boulevard Saint-Germain a été terminé; le boulevard Raspail, commencé sous Napoléon III,
IS-J FORMATION BT ÊVQLUTION DE PARIS
a été continué et prolongé par l'avenue de Montsouris jusqu'au parc dece nom dont on a achevé l'aménagement. Une nouvelle ligne «le voies : nus de la Convention, de Vouillé, d'Alésia, de Tolbiac, terminée par les nouveaux ponts Mirabeau et de Tolbiac, est venue environner toute la rive gauche, s' intercalant entre les boulevards de l'ancienne enceinte des fermiers généraux et les fortifications.
De nouveaux quais ont été établis : celui d'Auteuil, celui de Bercy, ce dernier d'une grande importance pour la défense de Taris contre le fleuve et se rattachant à rétablissement de l'entrepôl de Bercy.
D'autres ponts encore que ceux précédemment cités ont augmenté les communications d'une rive à l'autre : les ponts de Grenelle, de Passy (venant s'ajuster à la ligne des boulevards de l'ancienne enceinte) et Alexandre III, ce dérider dû aux travaux de l'Exposition de 1900, qui a doté, en outre, les Champs-Elysées, du Grand et du Petit
Palais.
De cette Imposition, il faut rapprocher celle de 187.S, à laquelle on doit le palais du Trocadéro et les aménagements environnants. Entre cette dernière et la précédente, se place celle de 1889, destinée à commémorer le centenaire de la Révolution.
Au point de vue monumental, l'Opéra a été achevé eu £875, l'Hôtel de Ville reconstruit, ainsi que l'Opéra- Comique brûlé en 1887, la Sorbonne rebâtie, l'Hôtel des Postes élevé, sans parler de lycées, écoles, mairies, casernes, marchés, gares agrandies ou construites (gare d'Orsay). Le régime des eaux et égOUtS a été également complété et perfectionné, I,e perfectionnement et le développement
L ERE CONTEMPORAINE
des moyens de transport ont amené l'établissement de la ville souterraine que forme le chemin de fer Métropolitain.
D'autre part, Paris, qui grandit de tous côtés, va sortir de ses fortifications.
Comme sous les régimes précédents, Paris avait le droit de triompher, cette fois par la République, sous l'aspect du monument de Dalou, élevé, en 1899, sur la place de la Nation, en face de l'arc triomphal de l'Etoile et à l'une des extrémités du grand axe est-ouest de développement de la vieille et glorieuse cité.
Le triomphe de la République \D'après le groupe de Jules Dalou, érigé sur la place de la Nation.)
B/BUOTNECA