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Formulaire de poche à l'usage des praticiens, ou recueil des formules les plus usitées dans la pratique médicale, avec l'indication des doses exprimées en poids décimaux et en poids anciens

membre de l'Académie royale de médecine et professeur à la Faculté de médecine de Paris.

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BECHET Je ET LAB É ,

LIBRAIRES DE LA FACULTÉ DE MÉDECINE, 4, Place de l’École-de-Médecine.

PRÉFACE

pitres : le premier est destiné a donner quelques principes généraux sur l’art de formuler, celte partie importante de la thérapeutique, trop souvent négligée des médecins et dont la connaissance peut seule les mettre a même de tirer de l’emploi des agents pharmacologiques tous les secours qu’il est permis d’en attendre. Dans le second nous indiquons quelles sont les différentes formes, ou préparations pharmaceutiques qu’on fait subir auxmédicaments pour en faciliterl’emploi et mettre a nu leurs propriétés et leurs qualités. Car ce n’est pas assez que le médecin connaisse l’action d’un médicament simple, il est encore indispensable qu’il sache quelles sont les préparations qu’on lui fait éprouver et les formes sous lesquelles il peut être administré. Enfin, dans le chapitre troisième, nous donnons une idée générale des poids décimaux et de leur comparaison avec les poids anciens. Quoique danstoules nos formules nousayons fait usage des poids décimaux, les seuls que la loi autorise désormais, cependant nous avons cru devoir, pour que la transition ne fût pas trop brusque pour les personnes qui ont l'habitude de ne prescrire qu’en poids anciens, et surtout pour éviter les erreurs graves que l’inexpérience aurait pu faire naître, ajouter dans chaque formule a rénonciation des poids décimaux, les poids anciens corrcs-

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pondants. Ces derniers serviront ainsi a fixer plus facilement dans la mémoire des jeunes praticiens, ja valeur des poids nouveaux et leur co-relation avec les poids anciens.

Dans toutes les éditions précédentes, nous avions rangé les formules par formes pharmaceutiques; ainsi, les tisanes, les potions, les poudres, les pilules, etc., etc., formaient autant de classes distinctes, quels que fussent leur composition et parconséquent leur mode d’action. Nous avons adopté dans la présente édition une disposition fondée sur les 'propriétés médicales; c’est a dire que nous avons réuni ensemble , pour en former une classe, non seulement tous les médicaments simples qui ont un même mode d’action , mais encore toutes les formes pharmaceutiques de ces médicaments et les formules dans lesquelles on les fait entrer. Ainsi, par exemple, la première classe, renferme les médicaments toniques. Nous commençons par donner l’énumération de tous les médicaments simples qui appartiennent a cette classe. A la suite de chacun d’eux nous citons toutes les préparations qu’on leur fait subir et la dose a laquelle on les administre. Nous réunissons ensuite toutes les formules toniques; d’a-

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bord celles qui sont destinées a l’usage externe, tels que les bains, lotions, liniments, cérats, pommades, emplâtres, etc; ensuite celles qu’on administre intérieurement : les tisanes, les potions, les pilules, les électuaires, etc.

Celte disposition nous paraît avoir de grands avantages. Ainsi le praticien qui a reconnu la nécessité d’administrer des médicaments ou toniques, ou stimulants, ou débilitants, au lieu d’avoir à chercher dans toutes les parties de l’ouvrage, les différentes formules qui contiennent des médicaments de la classe h laquelle il veut avoir recours, trouvera réunis dans un même chapitre; 1° l’indication de tous les médicaments simples appartenant â la médication spéciale à laquelle il s’addresse; 2° les doses de chacune des préparations qui leur appartiennent; 3° des exemples de formules composées appartenant â la même médication. Ainsi, par exemple, des formules de bains, de lotions, de liniments, de pommades , de tisanes, de potions, de poudres, de pilules, d’électuaires, etc., toniques. Parce moyen il pourra se rappeler immédiatement tous les médicaments simples qui, jouissant â peu près des mêmes propriétés médicales, forment une même classe ou une même médication ;

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mais quand il aura déterminé la forme pharmaceutique sous laquelle il veutadminislrerle médicament dont il aura fait choix , il trouvera de suite un certain nombre de formules toutes faites de cette forme spéciale.

Cette disposition nous a paru de beaucoup préférable. Car, évidemment, on n’a recours à un Formulaire qu’après qu’on a préalablement déterminé, parla connaissance de la maladie qu’on veut combattre, à quelle grande médication appartiennent les substances qu’on veut employer. Et ce n’est pas un faible avantage, selon nous, que de les trouver toutes réunies dans un même chapilre, de manière a pouvoir choisir celles qu’on croit plus propres à remplir les indications qui se présentent.

Les formulaires ne doivent être pour le praticien que des auxiliaires de sa mémoire, a l’aide desquels il peut au besoin se remémorer les doses précises des médicaments énergiques, et les associations qu’on leur fait éprouver pour en faciliter l’administration. Ce n’est pas dans unouvragedece genre qu’il peut apprendre le traitementdes maladies. L’étudequ’il a faite des diversesbranches de la médecine a dû lui faire connaître les ressources que l’art possède pour combattre telle ou telle allée-

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tion. Le formulaire lui remet seulement sous les yeux l’énonciation de ces moyens et des formes qu’on leur a données pour les faire servir au traitement des maladies.

Ainsi que nous l’avons dit précédemment , nous avons singulièrement augmenté le nombre des formules déjà contenues dans les précédentes édictions. A cet égard , nous avons de sincères remercîments a adresser à plusieurs de nos collègues et amis, qui ontbien voulu nous communiquer des formules nouvelles ou peu connues, et spécialement à MM. Trousseau, professeur de thérapeutique et de matière médicale a la Faculté de médecine de Paris , et Béral , l’un des pharmaciens les plus distingués de la capitale, et a qui l’on doit des améliorations importantes dans la préparation d’un grand nombre de médicaments. Cependant nous n’avons pas cru devoir multiplier outre mesure le nombre de ces formules, accumulées dans plusieurs recueils de ce genre. Nous avons supprimé toutes celles qui ne diffèrent que par une faible variation , soit dans quelqu’une des substances composantes, soit dans leur dose. Le praticien , d’ailleurs, peut cl doit, dans une foule de circonstances, varier lui-même ses prescriptions. Car, bien souvent, l’usage longtemps prolongé d’un même nié-

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dicament fatigue et dégoûte le malade, en même temps que l’habitude en diminue l’activité. Rien de plus facile alors que de composer de nouvelles formules, autres que celles que nous citons dans chacune des classes de médicaments établies dans ee formulaire. En consultant la liste des agents thérapeutiques placés en tête de chacune des classes de médicaments, et en examinant leurs préparations et leur dose, on pourra y faire de nombreuses substitutions, et remplacer ainsi des médicaments dont on aurait fait usage pendant trop longtemps, par d’autres jouissant à peu près des mêmes propriétés. Car le praticien doit, petit a petit, prendre l’habitude de composer lui-même ses formules, en observant les règles de l’art de formuler.

Dans toutes les formules mentionnées dans cette nouvelle édition, les quantités sont exprimées en poids décimaux. Pour plus de facilité, avonsnous déjà dit, et comme point de comparaison, nous y avons joint (entre deux parenthèses) la correspondance des poids anciens. Mais nous n’avons pas besoin de recommander au jeune praticien de prendre immédiatement l’habitude de prescrire uniquement en poids décimaux, puisque a compter du 1er janvier 1840, ce sont les seuls

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que la loi autorise. Seulement, nous observerons que pour éviter des erreurs, il convient de ne pas employer les multiples du gramme, à l’exception du mot kilogramme, trop connu de tout le monde, mais d’exprimer le nombre total de grammes. Ainsi, par exemple , on dira et on écrira , 24 grammes , et non deux décagrammes quatre grammes', 128 grammes, et non un hectogramme deux décagrammes huit grammes. Cette méthode est à la fois plus simple et plus expéditive. D’ailleurs, il serait facile de confondre quelquefois dans une prescription souvent écrite a la hâte , les noms dé cagramme et décigramme , qui sont cependant entre eux dans le rapport de cent à un.

C’est un point essentiel et dont il est facile de sentir toute l’importance, que d’apporter a la rédaction d’une formule toute l’attention dont on est capable pour bien choisir les médicaments qu’on veut y faire entrer, la préparation dont on a fait choix, la dose et les substances auxquelles on l’associe pour en faciliter l’administration. Car bien souvent le succès d’un médicament lient presque uniquement aux précautions qu’on a prises pour l’administrer. Mais le médecin, alors môme qu’il a rigoureusement suivi toutes les lois de l’art de formuler, a encore un soin U prendre, c’est d’d-

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crire bien lisiblement toutes les parties de sa formule. On ne se fi gure pas les erreurs graves qui ont été commises par suite de la négligence avec laquelle certains médecins écrivent leurs formules. Dans ce cas, évidemment c’est le médecin seul qui doit prendre sur sa conscience la responsabilité de ces erreurs, et trop souvent des dangers auxquels il a exposé les malades qui ont placé en lui leur confiance et leur espoir.

Plusieurs pliarmacologistes sont dans l’habiiuae de joindre dans les formulaires un Mémorial thérapeutique, où les formules sont groupées et réuniessuivanlcliacune des maladies contre lesquelles on les a appliquées. Nous n’avons pas cru devoir suivre cet exemple; nous considérons ce mémorial non seulement comme inutile , mais comme dangereux. En effet, un formulaire est et doit être uniquement consulté par les médecins, pour lesquels ce mémorial est superflu ; car ce n’est pas lù qu’ils doivent chercher quels sont les médicaments que la thérapeutique met a leur disposition contre telle ou telle maladie. Il serait dangereux pour les gens étrangers a l’art de guérir, qui voudraient se guider d’après lui , pour le traitement d’une maladie, et qui , faute d’avoir les connaissances nécessaires pour faire un choix éclairé et judicieux, pour-

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raient commettre de funestes méprises. Ces motifs nous ont décidé a n’en pas surcharger notre formulaire.

Paris ce 1er décembre 1839.

TABLE MÉTHODIQUE

DES MATIÈRES

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