‹ Formulaire de poche à l'usage des praticiens, ou recueil des formules les plus usitées dans la pratique médicale, avec l'indication des doses exprimées en poids décimaux et en poids anciensChapitre 173 sur 258 · MÉDICAMENTS ALTÉRANTS OU FONDANTS · texte numérisé non relu

MÉDICAMENTS ALTÉRANTS OU FONDANTS

Les médicaments altérants forment une classe bien distincte par leurs effets, quoiqu’il soit assez difficile d’en préciser rigoureusement les caractères. Ce sont des substances souvent extrêmement énergiques , mais qui , employées à doses très fractionnées -, ne donnent lieu qu’à des phénomènes peu sensibles, sans évacuation apparente, et dont l’action parait s’exercer particulièrement sur les solides ou les liquides de l’économie dont la nature intime est plus ou moins profondément altérée ou changée. C’est à cette classe que se rapportent les divers médicaments désignés par les anciens sous les noms d’anliscrof aïeux , de fondants , de désobstruants. Ces médicaments sont employés pour combattre les altérations chroniques des viscères abdominaux et des ganglions lympatlnques , et spécialement les divers symptômes de la maladie scrofuleuse.

On range généralement dans cette classe des médicaments assez divers et dont nous avons déjà eu occasion de parler ailleurs , tels sont:

Le carbonate de potasse , le carbonate de soude, l’acétate de potasse, le sulfure de potassium, le soufre, les préparations mercurielles et surtout le proto-chlorure de mercure , l’extrait de cigiie, l’ipécacuanha , la bardane, la patience, la douce-amère, la saponaire, les purgatifs à petites doses , et enfin le savon amigdalin et les préparations d’iode. Nous ne nous occuperons ici que de ces deux derniers médicaments, les autres appartenant à d’autres classes où il en a été fait mention.

Savon amigdalin.

Excitant légèrement des organes digestifs, il agit quelquefois comme diurétique. Mais son usage longtemps pro-

MÉDICAMENTS ALTÉRANTS.

longé altère et modifie plus ou moins profondément composition intime des organes.

D. el P. — En pilules , 5 Décig. à 4 Gram. (gr. x à 3 j ).

lotie et ses préparations.

C’est un médicament fort énergique , qui, à dose un peu élevée, peut produire des accidents graves. A doses fractionnées , il exerce spécialement son action sur les glandes, dont il diminue considérablement le volume et qu’il finit à la longue parfaire disparaître presque complètement; de là son emploi avantageux dans le goitre et les autres engorgements glanduleux , et surtout dans la maladie scrofuleuse , où on l’administre avec beaucoup de succès. L’iode est également compté parmi les médicaments emménagogues.

Iode.

D. et P.— De 1 à 5 Centig. (1/5 de gr. à gr. j ) en pilules. —Teinture, gult. iv à xet xx progressivement.— Pommade iodurée; usage externe.

lodtire de potassium. Moins actif, mais peut-être plus souvent employé que l’iode.

D. et P. — Solution de l’iodure de potassium, gutt. xx à 2 Gram. (5(5), et même beaucoup au delà progressivement. — Pommade hydriodatée ; us. externe.

Iodurc de plomb. Mêmes propriétés.

D. et P. — En pilules de 2 à 5 Centig. (!/> gr à gr.j ) , et beaucoup au delà successivement. — Pommade d’iod. de plomb ; usage externe.

Iodurc de fer. 11 parait être plus spécialement excitant etemménagogue , et son emploi est avantageux chez les lemmes scrofuleuses.

D. el P. — là 2 Décig. (gr. ij à iv), et plus progressivement.

Iodure de soufre. Employé seulement sous forme de pommade, dans certaines affections cutanées compliquées de scrofules.

MÉDICAMENTS ALTÉRANTS.

Brome.

M. Balard, de Montpellier, a donné ce nom à une matière analogue au chlore , et qu’il a découverte dans les eaux-mères des salins , dans l’eau de la mer , et dans un grand nombre des animaux et des végétaux qui vivent dans son sein. Pour obtenir le brome, M. Balard fait passer un courant de chlore dans l’eau-mère des salins ; il verse ensuite à la surface du liquide une couche d’éther sulfurique , qui s’empare du brome. En agitant cet éther avec de la potasse , on forme un bromure qui , recueilli , séché , mêlé avec du peroxide de manganèse et traité par l’acide sulfurique étendu, donne par la distillation des vapeurs rutilantes , qui, en se condensant, forment le brome. Cette substance est liquide, d’un rouge d’hyacinthe; son odeur est suffocante et analogue à celle de l’oxide de chlore ; sa saveur est âpre et désagréable ; il est très volatil et forme des vapeurs rutilantes ; il est très pesant, susceptible de se coaguler à un froid de 18 à 20°. Il tache la peau en jaune , et n’est décomposable ni par la chaleur, ni par l’électricité. Il se rapproche beaucoup, par ses propriétés, du chlore et de l’iode , mais néanmoins il dilfère de l’un et de l’autre : il se combine avec les différents corps simples , et entre autres avec l’hydrogène et l’oxygène, et forme deux acides, le bromique et l’hydrobrômique.

Plusieurs praticiens , et entre autres M. Magendie, emploient le brome à la manière de l’iode , et surtout quand cette dernière substance n’agit pas , ou cesse d’agir. On se sert surtout de l’hydrobrômate de potasse et du bromure de fer.

MÉDICAMENTS ALTÉRANTS.

rORMULES ALTÉRANTES.

A. Usage externe.

Bains iodurcs.

% Iode,

lodure de potassium Eau distillée.

8 Gram. ( 3 U-) 16 Gram. ( 3 iv.) 128 Gram. ( g iv.)

Faites dissoudre et ajoutez à l’eau d’un bain, préparé dans une baignoire de bois.

On peul augmenter graduellement la dose de l’iode et de l’iodure de potassium d’un quart, et arriver ainsi à un bain dont la iorce sera double de celui dont nous donnons ici la formule.

Employé avec avantage dans les affections slrumeuses.

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