II. STIMULANTS SPÉCIAUX
1er Ordre.
STIMULANTS DU SYSTÈME NERVEUX
Quoiqu’on puisse dire d’une manière générale que tous les stimulants exercent leur action sur le système nerveux ; cependant il est quelques substances dont l’action stimulante est tellement énergique sur le système nerveux cérébro-spinal, qu’on a cru devoir en former un ordre distinct parmi les stimulants spéciaux : de ce nombre sont particulièrement la noix vomique, la strychnine et la brucine. es médicaments, en effet, dont l’énergie est excessive, et
qui, par conséquent, ne doivent être administrés qu’à faible dose et avec une extrême prudence, sont des excitants excessivement énergiques du système nerveux racliydien. Ils déterminent des secousses tétaniques, des contractions très puissante des muscles; et, chose remarquable, ces effets sont beaucoup plus énergiques dans les membres ou les autres parties du corps affectés de paralysie. Aussi il résulte des expériences de MM. Fouquier, Magendie, et de plusieurs autres praticiens, que la noix vomique, la strychnine et la brucine peuvent être administrées avec avantage dans les cas de paralysie partielle, soit paraplégie, soit hémiplégie, qui dépendent d’un affaiblissement partiel du système nerveux. On comprend que ces médicaments ne peuvent être employés avec avantage que dans le cas où la paralysie est liée à un état d’affaiblissement du système nerveux, et non à une autre maladie dont elle serait le symptôme.
Noix vomique. Graines du Strychnos nux vomica L. (Strychnées.) Inde.
D. et P. Poudre, 5 Centig. à 5 Décig. (gr. j à gr. x), mais graduellement.— Extrait alcoolique, 25 Millig. à 5 Décig. (gr. lo à gr. x) successivement. — Teinture alcoolique, 4 gutt. va 3 ft).
Strychnine.
La strychnine a été découverte par MM. Pelletier et Caventou, dans la noix vomique ( strychnos nux vomica , L.) et dans la fève de Saint-Ignace ( strychnos ignitia ) ; elle existe également dans le bois de couleuvre et l’upaslieuté. On l’obtient en traitant l’extrait alcoolique par la magnésie, séparant le précipité que l’on lave, et le traitant par l’alcool bouillant, concentrant la liqueur, qui donne, par une c'oncentration ménagée, des prismes quadrilatères d’une excessive amertume. La brucine existe également dans la noix vomique; on la sépare de la strychnine en faisant macérer le résidu obtenu par l’évaporation de l’alcool dans le nouvel alcool faible qui dissout promptement la brucine, tandis que la strychnine exige l’alcool bouillant et rectifié.
STIMULANTS DU SYSTÈME NERVEUX
La strychnine est en poudre grenue qui est formée de petits cristaux microscopiques; son amertume est insupportable, son odeur nulle ; elle est fixe et infusible ; elle se combine avec les acides pour former des sels pour la plupart solubles et cristallisables. C’est un des plus violents poison du règne végétal. Un huitième, et même un seizième de grain suffit souvent pour causer des accidents.: Son usage devrait être banni de la thérapeutique, et remplacé par la brucine ou l’extrait alcoolique de noix vomique.
D. et P. Poudre, 5 Millig. â 8 Millig. (gr. i/tO à 1/8), en pilules.— Alcool de strychnine, gult. vj à gutt. xxiv.— Sulfate de strychnine, 2 Millig. à 4 Millig. (gr. 1/23 à 1/12) en pilules. — Iodure de strychnine, 3 à 6 Millig. (gr. 1/16 à MB en poudre. Ces diverses préparations sont fort dangereuses et exigent une grande attention et une certaine habitude de les employer.
Brucine.
MM. Pelletier et Caventou ont découvert ce principe alcaloïde dans l’écorce de fausse angusture. Elle cristallise en masses feuilletées d’un blanc nacré, ou par suite d’une évaporation lente, en cristaux prismatiques. Sa saveur est amère , acerbe et âcre. Elle se dissout dans 500 parties d’eau bouillante, et 850 parties d’eau froide; elle est fusible un peu au-dessus de 100 degrés centigrades, décomposée à une plus haute température. Pour l’obtenir, on traite l’écorce réduite en poudre par l’éther. On fait ensuite bouillir plusieurs fois le résidu dans l’alcool ; on évapore, on dissout de nouveau l’extrait alcoolique dans l’eau ; on filtre la liqueur, que l’on précipite par l’acétate de plomb. Ce sel enlève la matière colorante. On sépare l’excès du plomb par un courant d’hydrogène sulfuré. Alors on précipite la liqueur par la magnésie; filtrant et évaporant à siccilé, on reprend ce résidu, ‘qui contient la brucine et un peu de matière colorante, par l’acide oxalique qui s’empare de la brucine. On en sépare la matière colorante par l’alcool absolu. 11 reste alors un oxplale de brucine que l’on traite par la magnésie. On sépare la brucine par l’alcool.
En se combinant avec les acides, la ^brucine forme des
sels cristallisables, vénéneux, exerçant, eomme la strychnine, une action spéciale sur la moelle épinière, mais avec moins d’intensité. D’après quelques essais tentés par M. le professeur Andral, on pourrait employer la brucine , et la substituer à la strychnine dans le traitement des paralysies. En effet, la strychnine, surtout quand elle est pure, est un des poisons les plus violents du règne végétal, et son emploi n’est jamais sans dangers. M. Andral a reconnu qu’il fallait six grains de brucine pour produire les mêmes effets qu’un grain de strychnine impure, ou un quart de grain de strychnine pure. (Voyez Archives générales de médecine, t. 4.)
D. et P. Poudre, 1 Centig. à 3 Décig. (gr. 1/3 à gr. vj) progressivement.— Teinture, gutt. vj à gutt. xxiv.