MÉDICATION STIMULANTE
La médication produite par les toniques est rarement accompa- ■ gnée de phénomènes généraux très- • apparens ; les slimulans au con- • traire , en déterminent toujours j d’aussi prompts et d’aussi intenses, qu’appréciables à l’extérieur. .
A peine en contact avec nos organes, ils y modifient aussitôt l’é-*
tat des propriétés vitales ; ils leur communiquent, une force, une action prodigieuses, augmentent l’ctendue et la fréquence de leurs mouvomeus , réveillent l’action engourdie de quelques-uns d'entre eux , et redonnent une activité nouvelle à ceux qui sont faibles et languissans.
Mais si leur action est prompte et intense , elle est de courte durée. Aussi ne doit-on ras avoir recours aux stimulant , quand on veut obtenir des effets permanens, mais dans les cas Seulement où un mouvement subit et gét/ral, une excitation en quelque sorte surnaturelle y peuvent produire dans l’économie une secousse salutaire.
Nous trouvons en général dans cette classe de médicamens , des J substances d’une odeur vive et
pénétrante , d’une saveur chaude et aromatique, à laquelle se joint quelquefois une amertume plus ou moins prononcée. L’huile essentielle, la résine, le camphre, la gomme résine, s’y rencontrent en quantité plus ou moins considérable , et leur communiquent celte vertu stimulante , par laquelle ils agissent si puissamment sur les propriétés vitales.
Parmi les stimulans , les uns portent leur action sur tous les systèmes de l’économie animale à la fois; leur administration est bien tôt suivie de phénomènes généraux oui communs à presque tous les organes ; on les désigue plus spécialement sous le nom de stimulans»
généraux. Les autres au contraire,, outre l'excitation générale qu’ils»
déterminent primitivement, sem-
tient concentrer nne grande partie de leur énergie sur un System, u organes , ou simplement sur
"" se,uI orSane en particulier , dont ilsactivent les fonctions d’unè manière spéciale. Ainsi les «,/nmes-résir, tes fétides , la tanaisie Ja rue , Ja valériane , etc. , ont une action stimnlanie secondaire qui se passe spécialement sur l’uI terus. Delà les noms d 'emménagogues , & antihystériques , qui eur ont été donnés. D'autres, tels que le cochlearia , le cresson, j ra‘forl ' semblent relever le tou
me 7 uUSC",aire SP«IKle-
ment affaibli dans le scorbut, ou
leur a d„n„é Je nom d ’anti-scor-
tta^fT Quel'7UeS-uns' nugmen- 1 a transpiration cutanée, ont
■reçu le nom de diaph0reliqées et de sudorifiques. IJ en est ,JU,
facilitant l’expectoration bronchique , sont appelés expectorons.
En un mot, on a donné un nom.
particulier à chacun des grouppes ; de médicamens stimulans, suivant t leur action secondaire sur tel oui tel organe, action qui dépend toujours de la vertu stimulante inhérente à leur nature.
C’est sur-tout dans cette classe, de médicamens que l’on sent, plus»
que partout ailleurs , la difficultés extrême , je dirai même l’impossibilité , dans l’état actuel de no;> connaissances, d’établir une classi-i- i fîcation exacte et rigoureuse des»
substances médicamenteuses, considérées sous le rapport tic leurs proi> priéléset de leur mode d’action su i le corps vivant. Souvent en effet 1 < même médicament , administré j j* des doses différentes, ou dans de 1.
circonstances variées, portera sou action tantôt sur un organe, tantôt sur un autre. Ainsi, par exemple, le camphre à très-petite dose est calmant; à dose moyenne, il est sudorifique ; à dose plus élevée , il devient fébrifuge. — L’absinthe est stomachique , emménagogue , vermifuge , etc. A petite dose la rhubarbe est tonique, à plus forte dose elle est purgative.
Il résulte de là que le même méidicament devrait se trouver dans (plusieurs ordres à 'la fois, parce qu’en effet il ne produit pas toujours les mêmes effets.
Pour obvier autant que possible à cet inconvénient, nous al»
lions d’abord tracer le tableau des rméclicamensslimulans en général, ndiquer leurs préparations et leurs doses. Nous disposerons eu»
suite, suivant la médication secondaire qu’ils déterminent , les différens médicamens stimulaus dont l’action spéciale sur tel ou tel organe est la mieux constatée.