OU EAUX DISTILLÉES
La Parfumerie française et la Pharmacie anglaise emploient souvent des Hydrolats préparés avec les essences des plantes.
1° Pour obtenir un litre d’Eau de Rose par exemple, on triture au mortier 0 gr. 50 d’Essence de Rose avec 2 gr. 50 de Carbonate de Chaux et 5 grammes de Carbonate de Magnésie. On dilue avec un peu d’eau distillée. On verse dans un llacon : on lave le mortier jusqu'à ce (ju'on ait entraîné tout le précipité. On complète le volume de un litre avec q. s. d’eau distillée, on secoue vivement. On laisse au besoin quelques jours en contact et on tiltre plusieurs' fois au papier L On peut encore remplacer les carbonates par du kaolin, du talc, ou par le mélange des deux.
On prépare de même et avec les doses indiquées ci-dessous, les Eaux distillées de ;
Anis vert i
Badiane 1
Cannelle de Ceylan. 1
Eucalyptus ‘i
Fenouil 1
Géranium^ 1
Lavande 1
Menthe 1
gr.
gr.
gr.
gr.
gr.
gr.
Néroli ou Fleur
d'Oranger .... 0 gr. 50
Romarin éperlé . 1 gr.
Rose 0 gr. 50
Ulmaire ou Reine des prés 0 gi
Verveine 0 gr
Valériane 0 gr. 50
2° Procédé Igel. — Igel a signalé le procédé suivant pour diviser les Essences dans l'eau. On les verse sur un morceau de papier filtre blanc et épais. On le plie et on le coupe en petits morceaux que l’on introduit dans un flacon contenant un peu d’eau distillée simple
1. Les Eaux aromatiques olitenues en triturant les essences avec des carbonates ne peuvent être employées qu’en parfumerie et non en pharmacie, ou tout au plus pour l’usage externe, mais non pour Lusagc interne : elles renferment en solution des traces de carbonates qui peuvent donner avec les alcaloïdes un carbonate alcaloïdique insoluble, précipitant au fond du llacon. Iæ malad(; peut s’intoxiquer en absorbant les dernières cuillerées qui renferment tout le principe actif. On n'a pas à redouter ces inconvénients en employanl le kaolin, le talc, ou le pai»ier filtre.
HYDROLATS
(loO grammes d'eau pour un gramme d’Essence;. Ou agile vivement jusqu’à ce que le papier soit réduit en pâte. On ajoute peu à peu de l’eau distillée, :2o à 50 grammes à la lois, en secouant fortement après chaque addition, jusqu'à ce qu'on obtienne les neuf dixiémes du volume. On jette sur un liltre et on lave le résidu avec q.s. d’eau distillée pour obtenir le volume total.
Procédé au Sucre. — On prépare plus rarement les Eaux distillées artitîcielles en versant l'Essence sur un peu de suci'e que l’on agile vivement ensuite avec de l’Eau distillée, avantde lillrer au papier.
Nota. — Les Eaux aromatiques factices ne sont pas mucilagineuses au toucher, elles possèdent une odeur herbacée, en particulier l’Eau de Fleur d’Oranger préparée avec du Néroli n'a pas à beaucoup prés la suavité de l'eau obtenue avec les Heurs.
Seule l’Eau de Rose est plus agréable, caries Eaux de Rose du commerce sont souvent fraudées à 50 ou 75 0 0 avec del'Eau deCéranium Rosat.
On peut dilléi-encer chimi((uernent ces Eaux factices à l'aide des réactions ci-dessous;
En recherchant la Magnésie à l’état de phosphate ammoniaco-magnésien.
11 suffit d’ajouter à l’eau suspecte une solution concentrée d’.\mmoniaque, de Chlorhydrate d’Ammoniaque et de Phosphate de Soude : le précipité se forme immédiatement.
Si l’on n’obtient pas de précipité, on fait une seconde prise, on agite l’Eau distillée avec de l'Ether de Pétrole pour enlever l’Essence ; on décante, puis on traite ensuite par l’Acide Chlorhydrique et on porte une demi-heure au bain-marie, on neutralise ensuite à la Lessive de Soude, on fait bouillir avec de la Liqueur de Fehling et l’on obtient une réduction si l’Eau distillée aromatique a élé préparée avec du sucre, car on le transforme ainsi en glucose.
Quant aux Eaux ai’omatiques préparées par le procédé Igel. il ne restera qu’une ressource au chimiste : le dosage de l’extrait total, suivi des i éaclions colorantes comparées à celles d’une Eau distillée naturelle ; enfin le dosage de l’Essence pourra donner quelques indications.
Je m’empresse d’ajouter que pour un parfumeur exercé les caractères organoleptiques seront, je crois, les plus précieux.
Enfin, pour doser rapidement les essences dans une eau distillée, on peut employer le procédé ci-dessous:
On prélève 100 gr. d’Hvdrolat qu’on porte dans une boule à robinet : on agite avecde l’Ether Sulfurique, on décante; on agile ensuite le même liquide avec de l’Ether de Pétrole, on décante; on agite enfin avec du Chloroforme et on décante. On verse tous ces dissolvants décantés dans une capsule contenant environ 10 cmc. d’iluile
HYDROLATS
(1 Amande douce, d’abord chaufFée à l’éluve. On a déterminé pi’éalal)lement le poids V de la capsule contenant l’imile l’efroidie, avant d'y verser les liquides de lavages.
On laisse évaporer eu partie à l’aii' ou dans le vide les liquides ajoutés.
On porte à l’étuve chaulFée progressivement à -f- llü“: lorsqu’on obtient un poids tixe P’ on le note: la ditTérence P’ — P représente le poids d’Pssence pour 100 gr. d’il ydrolat ; il sullit donc de multiplier |)ar 10 pour avoirla quantité contenue dans un litre.
Les Eau.x distillées employées dans la Pharmacopée Française doivent être préparées selon les indications du Codex.
Les Eaux de Fleur d’Oranger spécialisées et vendues en petits tlacons sont généralement des marques de bonne qualité et sont toutes préparées dans le midi de la France ou en Algérie.
On pourra obtenir une Eau de Fleur d’Oranger d’odeui' très agréable (mais à employer en parFuinerie seulement) en versant dans un litre d’eau distillée, un gramme de Néroli synlliélique préalablement trituré avec un peu de Kaolin ou de Talc.
Agiter vivement et fdtrer au papier.