II. — PANSEMENTS ANTISEPTIQUES
Généralités.
Tout ce qui a été dit précédemment au sujet du choix des vases et principalement des vases en verre, peut s'appliquer aux produits antiseptiques.
Les Pansemenls Anliseptiques différent des Pansements Aseptiques, en ce qu’on additionne les objets solides on liquides d\m produit chimique doué d’un pouvoir microbicide.
Les composés les plus employés dans la pratique et par ordre de valeur sont : le tachiol ou fluorure d’argent, le bi-iodure de mercure, l'eau oxygénée, le sublimé, le nitrate d’argent, roxymelhylallylsulfocarbimide (base du pyoluéne, de Taniodol) le formol et ses nombreux dérivés, le sulfate de cuivre, le chlorétone, la teinture d'iode, l’acide salicylique, le thymol, le phénol, le permanganate dépotasse, le gaïacol, la créosote, etc.
H est bon de rappeler à propos des antiseptiques que le Pouvoir Inhibiteur ou Stérilisant est le déterminant de la puissance antiseptique.
I)n calcule ce pouvoir, en notant la proportion d'anliseptique ajoutée à un volume de un litre de bouillon de peptone, pour rendre ce bouillon stérile lorsqu’il se trouve en pleine pullulation.
PANSEMENTS
H esl couLunie d'ensemencer avec de la terre liurnide (terre de cave) lia on délaye dans l’eau. Cette terre est inche en toutes sortes d espèces microbiennes et notamment en spores ti’és résistantes.
Le Pouvoir HaclérirÂde ou Microbicidf? Absolu ou Général et le l^ouvoir Baclcricide Pari.icuUer ou Relatif 9,0. déterminent en tenant compte des trois facteurs suivants :
f.es Espèces ou l'E^spèce microbienne sur latjuel'.e on affU.
Iji titre des Solutions antiseptiques employées. d° Le temps pendant lequel ayit V antiseptique au titre donné.
Le tableau ci-dessous indique d'après M. JNliquel la pluspetite quanlilé de substance antiseptique nécessaii’e pour empêclier la putréfaction d un litre de bouillon de bœuf neutralisé, puis exposé à l’air.
Cau oxygénée 0 g'r
Hichlorure de mercure
-Nitrate d'argent
Chlore ()
Iode
Chloroforme
Sulfate de cuivre. . .
Acide salicylique. . .
Acide Picrique
Chlorure de zinc 1
0 gr. 025
Thymol
"2 gr.
0 gr. 05
Acide Chlorhydi'ique
- gr.
0 gr. 07
Acide Phénique ....
0 gr. 08
Permanganate de K.
5 gr. 50
0 gr. 25
Alun
\ gr. 50
0 gr. 25
Tanin
\ gr. 80
0 gr. 25
Acide borique
7 gi'. 50
0 gr. 70
Chloral
9 gr. :10
0 gr. 70
Salicylale de soude.
tO gr.
0 gr. 90
Sulfate de fer
Borax
70 gr.
1 gr. 50
Alcool
95 gr.
1 gr. 90
Chlorure de sodium .
105 gr.
Il serait bon d’ajouter à cette liste publiée par M. Miquel quelques antiseptiques de valeur, introduits depuis peu dans la thérapeutique. Le Tacliiol ou fluorure eVaraent dont la valeur antiseptique est supérieure à celle du bi-iodure de mercure.
L’oxymethylallylsulfocarbimide dont le pouvoir bactéricide est égal à celui du sublimé.
Le formol ' et ses polymères qui viennent après le sublimé et qui ont l’avantage de pouvoir être employés à l'état de vapeurs, etc., etc.
II ne faudra jamais négliger de stériliser un produit antiseptique lorsqu’on sera sûr de ne pas le décomposer, car le meilleur antiseptique n’agit que sur un nombre d’espèces microbiennes déterminées, en un mot, il ne possède jamais un pouvoir antiseptique absolu ou général mais un pouvoir antiseptique relatif ou particulier à une espèce microbienne.
Ainsi, le sublimé, le roi des antiseptiques, peut être envahi par des moisissures du genre Ilygrococis même en solution au millième.
I. Aronsholm. Uber die Anliseplisclieii Eigcnsclial'ten dos Formaldeliyde, Herlin, Wochenelir. 1892.
l’oTTETiN. — Reelierches sur le pouvoir anlisepti(|ue du l’ormol (Annales de rinstitut Pasteur, VIII, 1891).
PANSEMENTS
L'Arsenic qui esl un antiseptique de valeur est souvent précipité dans ses solutions pai- l’tlygi-ococis arsenicus : ce champignon se développe fort bien dans la liqueur de Fowler qui i-enferme cependant 1 0/0 d’arsénite de potasse et de l’alcoolat de mélisse.
Lorsqu’on ne pouri-a pas stériliser un produit comme riodoforme (jui se dissocie ou le Menthol qui s’évapore à mesure que la température s’élève, on aura recours aux précautions aseptiques; on stéi’ilisera les liquides ou les objets de pansement avant de leur ajouter les produits chimiques décomposables.
Un prendra les mêmes précautions pour les vases et pour les objets (|ui doivent servir aux manipulations ; les mortiers, les ])ilons, les entonnoirs, les tlacons, les spatules, les agitateurs devront tous èti’e stérilisés.
Les Pansements antiseptiques employés en chirurgie comportent les mêmes objets solides ou liquides que les Pansements aseptiques. Parmi les Pansements antiseptiques solides, il faut cependant ajouter à la liste des Pansements aseptiques solides :
1“ Les Brosses à ongles;
'-1° Les Eponges ;
3“ Les Laminaires;
4° Les llondelles boraciques;
Les Ovules;
()o Les Clayons;
7® Les Catguts:
Ho Les Crins de Florence ;
9° Les Fils de soie;
10“ Le Caustique de Filhos en tubes;
11“ Les Poudres absorbantes et en particulier les formules de Lucas Championniêre.
Et parmi les Pansements liquides :
1° L’Eau boriquée stérilisée à l;2o“;
2° LEau oxygénée neutre à dix volumes;
3° Le Chlorure de zinc neutre au dixième;
•4“ Les Stérésols phéniqués et non phéniqués;
o“ LesAdhésols;
G“ Les Solutions de Microcidine, de Formol, de Idiénol camphré, etc., etc.
On ne parlera pas des Solutions de Sublimé, de bi-Iodure de Mercure, de Nitrate d’argent, de Phénol, de Thymol, de Thymol iodé, tle Permanganate de Potasse ou de Soude, de Sulfate de Cuivre, de Bisulfite de Soude qu’on trouve dans tous les Formulaires de Pharmacie ou de Chirurgie.
On dira seulement qu’il est indispensable d’employer de l'eau distillée, stérilisée, refroidie, et des flacons colorés pour leur prépai-ation, si l’on veut conserver indéfiniment ces Solutions.
Les Solutions préparées avec l’eau non distillée et surtout avec les eaux contenant des sels calcaires et des matières organiques réduisent le Sublimé et le Permanganate, enfin elles donnent des odeurs secondaires désagréables avec le Phénol, le Thymol et elles précipitent les matières colorantes.
PANSEMENTS
Les meilleurs colorants à employer pour ces liquides sont ; le Safran, le Carmin d’indigo, le Siilfo de Fuschine, le Snlfo vert, l’Eosine et l'Eosinate de Potasse ; la dose est généralement de un centimètre cube de Solution au centième j)our un litre de Solution (sauf pour le Safran 1 cmc. de Solution au dixiéme).
Eutin pour les Solutions de Permanganate de Potasse, on prendra toujours du Permanganate ])ui‘, en beaux cristaux, on le dissoudi'a dans l'eau distillée filtrée et on évitera ainsi la tiltration au papier ou au coton qui souvent décompose le Permanganate.
Si la tiltration est nécessaire, on aura recours au coton d’Amiante calcinée ou bien au coton de verre ou glaswoll.
Quant aux Solutions de Créosote ou de Gaïacol dans la Glycérine, il sera bon d’ajoutei- un poids de Teinture de Panama au moins égal à celui de la Créosote ou du Gaïacol pour obtenir une solution pai‘faite ne se séparant pas même par addition d’eau distillée.
Antiseptiques Gazeux :
Il est de plus en plus coutume, non seulement de laver au sublimé le par(|uet et les mui's des salles d'opérations, mais aussi de les désinfecter à l’aide de vapeurs antiseptiques.
D’après le décret du 10 février 1903 (signé E. Combes, E. Loubet) en vertu des articles 4, 5 et 7 de la loi du 13 lévrier 19o2, la déclaration et LA DÉSIN'FECTION DEVIENNENT OBLIGATOIRES pOUr leS domiciles particuliers dans les cas suivants : 1° Fièvre T\jpk(nde^ — 2° Typhus Exanthématique, — 3° Variole et Varioloïde, — 4° Scarlatine, — .7° Rouyeole, — d'’ Diphtérie, — 7° Suetle Miliaire, — Choléra et Maladies Cholériformes^ Peste, — /O” Fièvre jaune, — / /° D]js-
senterie, — / 2° Infections Puerpérales et Ophtalmie des Nouveau-Nés,
— ! 3° Méningite Cérébro-Spinale épidémique .
Le médecin traitant doit signaler le cas au service de la désinfeclinn, dans l’intérêt même du public.
La Déclaration et la Désinfection sont facultatives pour : / /° !m Tuberculose pulmonaire, — 15° La Coqueluche, — 16° La Grippe,
— 17° !m Pneumonie et la Broncho-Pneumonie, — 1 3° L' Erysipèle,
— 19° Les Oreillons, — 20° fji Lèpre, — 21° La Teigne, — 22° La Conjonctivite, purulente, et I Ophtalmie granuleuse . 11 serait à souhaiter (|ue l'on étendit celte loi à lu Tuberculose, à l'Erysipèle, aux Oreillons, à la Pneumonie, alfections nettement contagieuses dans certains cas. L’Académie de médecine a longuement discuté la question de désinfection obligatoire dans les cas de Tuberculose et les tribunaux français jugent déjà dans ce sens; en cas de décès d'un particulier dans" un hôtel ou dans une maison de pension ; le propriétaire peut obliger les héritiers à payer la désinfection du local occupé.
Enfin, ne serait-il pas logique de l’appliquer aux voitures des blancliissetirs qui nous ramènent le linge propre dans les mêmes voitures et dans les mêmes corbeilles qui ont déjà reçu le linge des typhiques, des cholériques, des varioleux, des tuberculeux, etc., etc.! !!
En attendant ce résultat les particuliers pourraient peut-être créer deux sacs, le premier en tode épaisse et destiné au linge sale et le
PANSEMENTS
-second en toile caoutchoutée sur les deux faces et réservé au linge propre.
Avant d’en retirer le linge, il sullirait de laver la surface externe avec un tampon de colon hydrophile imprégné d'une solution aqueuse de Formol à 10 0 0.
Les cas d’infection variolique et typhique par le linge, même propre, sont connus de tous les médecins et se chiffrent par centaines ï
Pourles antiseptiques gazeux employés àladésinfection, on considère deux cas pour évaluer les quantités de vapeurs à employer :
1“ Le Pouvoir Stérilisant en surface.
'“1° Le Pouvoir Stérilisant en 'profondeur ou Pouvoir pénétrant.
On détermine le Pouvoir Stérilisant en surface, en pulvérisant un liquide ou en injectant les vapeurs dans une pièce fermée, dans laquelle on abandonne sur le sol et à différentes hauteurs, des cultures de Diphtérie, de Streptocoque, de Staphylocoque, des crachats tuberculeux desséchés, des Bacilles typhiques, cholériques , des Spores de Bactéridie charbonneuse &{ de liacillus subtilis.
On détermine le Pouvoir Stérilisant en profondeur ou Pouvoir Antiseptique pénétrant en employant les mêmes cultures que l’on introduit à l’intérieur d’un petit matelas formé de crin, de laine, de colon, de plume et d’une épaisseur de 10 à 15 centimètres.
On tient compte également dans les deux cas, des trois facteurs habituels;
1° Les espèces microbiennes sur lesquelles on opère.
2° Les quantités de vapeur ( et par suite de liquide employé).
Le temps pendant lequel agit l’antiseptique à étudier.
Lorsqu'on emploie le formol et ses dérivés la dose de 6 à JO yramm.es suffit pour stériliser lin mètre cube. Pour le formol, on peut utiliser soit l’évaporation de la solution à 40 0/0 (Appareil Flugge), soit le formol pulvéïdsé par la vapeur d’eau(appareilTrillat-Lingner).
Lorsque la désinfection est déterminée (7 à 9 heures), on enlève toute trace d’odeur en évapoi'anl une quantité d’ammoniaque égale à la moitié du volume du formol employé, il se dépose des flocons d’Héxaméthylénetetramine ou Formine (G IT-) '* Az H'*, il suffit de les enlever en passant un torchon légèrement humide. Les vapeurs sont sans actibn sur les tentures, les couleurs, les fibres végétales, les dorures, etc., etc. Lorsqu’on n’est [>as pressé d'occuper le local, on se contente d’ouvrir les ouverlui-es, sans répandre d'Az IP.
Nota: On trouvera ci-dessous les Principaux Pansements spécialisés que l'on prépare d’avance dans le commerce. Je ferai remarquer en passant qu’il est coutume de coller des bandes de garantie sur les fermetures des boites et des llacons : si ces bandes préservent les produits des substitutions, elles ne les préservent pas toujours de l'infection, surtout lorsqu’on emploie de la colle de pâle ou de la colle à la gomme arabique préparées depuis quelques jours ! Il sci-a indispensable de coller toutes ces bandes avec de la colle de pâle épaisse, fraîchement préparée et additionnée de 15 0 O de solution de chlorure de zinc au dixième, pour éviter toute infection secondaire par les spores et les moisissures (|ue renferme souvent la colle, surtout lorsqu'elle est depuis plusieurs jours exposée aux poussière^ ih'
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FORMULAIRE POUR UASEPSIE: