II. — SÉRUMS ARTIFICIELS Choix des Composants
Le choix des composants est de la plus haute importance ; on devra toujours employer comme liquides de l’eau distillée, delà glycérine neutre exempte de tout corpsétranger, de l'huile de vaseline neutre, sans odeur et sans Iluorescence.
L’huile d’Olive ou l’huile de A'oix seront toujours lavées à l’alcool.
ün choisira des Sels Minéraux ou des Sels Organiques chimiquement purs.
Enfin, il faudra rejeter (si possible) ;
1“ Les Liquides irritants ou caustiques comme l’.McooI, le Chloroforme, l'Ether, etc.
'2° Les antiseptiques ou les conservateurs, tels que le Formol, FAcide Salicylique, la Résorcine, le Phénol, etc.
3“ Les Composés qui deviennent toxiques par voie hypodermique comme les Peptones et Fllémoglobine à la dose de plusieurs grammes.
Le Sérum antivenimeux du Dorteur Calmetle estpréparé à l’Institut Pasteur de Lille. L'in.struction sur le mode d’emploi du Sérum a été copiée textuellement sur le prospectus qui entoure les flacons.
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4° Les pi'oduil.s qui coagulent les Albumines, comme le Sublimé. 5° Presque tous les Composés insolubles qui peuvent s’accumuler dans l’économie et qui sont absorbés brusquement: tels le Calomel, et rOxydejaune de Mercure qui déterminent souvent de lasalivation, de la glossite et même de véritables abcès par irritation d’abord et par infection secondaire ensuite.
6° Les Incompatibles qui seront indiqués à chaque formule.
Filtration des Sérums :
Pour obtenir (les solutions d’une limpidité parfaite, on peut avoir recours à la tiltration à la bougie de Chamberland ou au filtre de Kitasato, mais il ne faut jamais oublier de faire l’épreuve de ses. bougies qui très souvent sont défectueuses.
La tiltration au papier et colon superposés (’) donne des li(|uides aussi limpides que ceux obtenus à l’aide de la bougie de porcelaine.
On enfonce légèrement un petit tampon de coton hydj’ophile dans la douille d’un entonnoir en verre, on place ensuite un filtre plissé en papier blanc, au-dessus du tampon de coton et on lave d’abord ce filtre à l’eau chaude, puis on verse enfin le Sérum lorsque le papier est ainsi débari'assé des impuretés (poussières, amidon, sels minéraux).
On repasse les premières portions et on recueille le liquide dans des vases bien propi'es lavés avec de l’eau distillée d'abord et ensuite avec du Sérum filtré que l’on remet dans l’entonnoir.
Il faut rejeter l’emploi du papier pour les Sirops et des filtres en papier gris qui renfei-ment souvent des impuretés.
Filtration des Huiles minérales et végétales
et Lavage des Huiles végétales à l’alcool :
On filtre les huiles minérales ^vaseline), et les huiles végétales comme les solutions aqueuses en ayant soin bien entendu de ne pas laver préalablement le filtre à l’eau chaude.
Avant de dissoudre les médicaments dans les huiles végétales, il est bon de laver ces dernières à l’alcool.
On opère de la façon suivante: on met 23 grammes d’alcool à 95*^ ou 96° pour 100 grammes d'huile d’olive, d’amaude, de noix, de noyau, d’arachide, etc. ; on agite vivement et on verse dans une boule à robinet ou dans un entonnoir portant un robinet sur sa douille.
On laisse reposer le toutet on décante la presque totalitéde l’huile. On porte cette huile à l’étuve sèche à M5° ou -|- 120°.
1. 11 est évident que la liltration au coton et au papier superposés ne donne pas des liquides aseptiques, mais simplement des liquides d'une limpidité parfaite qu'il faut stériliser ensuite à l’autoclave.
On pourra employer avec succès les filtres en papier blanc pur Prat-Dumas.
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On reconnaît qu'il ne reste pins de traces d’alcool, lorsqu’on jetant un petit ci’istal de fuchsine dans quelques centimètres cubes d’huile chaufTée on n’obtient pas de coloration.
Il va sans dire que l’on ne pourra pas laver l'Huile de Ricin à l’alcool, puisque celte huile est soluble dans ce liquide. On n'emploie d’ailleurs que très rarement l'Huile de Ricin comme dissolvant du Ri-iodure de Mercure.
Enfin, lorsqu’on utilise l'Acide Olèïque comme dissolvant des alcoloïdes, il est inutile de prendre la précaution de laveries Huiles.
Répartition des Sérums dans les flacons
et dans les ampoules. Choix des flacons :
On choisira de prél'érence des tlacons à l'émeri et à large ouverlure pour permettre l’inlroduclion de la seringue.
Leurs bouchons devront avoir la forme dite champignon, ou se terminer par une large tablette de façon à ce que les bords du bouchon dépassent les bords extenies du goulot et protègent le liquide contre les poussières et contre les micro-organismes qui obéissent aux lois de la pesanteur.
On pourra employer également les bouchons en caoutchouc et les flacons à fermeLures dites à pression, mais il faut rejeter les bouchons en liège qui suppoi'lent très mal la stérilisation et qui souvent renferment des spores très résistantes.
On lavera préalablement les flacons à la Lessive de soude, ensuite à l’eau, puis à l’Acide Chlorhydrique, puis plusieurs fois à l’eau et enfin après égouttage, à beau distillée filtrée, voire même avec un peu de Sérum filtré qu’on repassera ensuite sur le filtre (Voir précautions à prendre pour la stérilisation page 430).
On remplira enfin ces flacons avec le Sérum parfaitement limpide et dans un endroit préalablement arrosé et à l'abri des poussières.
Le verre choisi pour les llacons devra présenter les mêmes (jualités que le verre des ampoules.
Choix des Ampoules.
Action de FEau et des Sérums sur le verre
aux températures de rAutoclave :
Peu de verres, surtout lorsqu'ils sont neufs, résistent à l'eau bouillante ou surchauffée à -f- 123“ ; l'eau distillée devient alcaline à leur contact. Celte altération du verre est la cause principale de la décomposition des sérums soumis à la stérilisation ; dans la pratique on rejelei’a de l'emploi tous les verres qui au bout d’une demi-heure, donneront avec 100 crue, d'eau distillée chauffée à -j- 123°, une
solution alcaline demandant plus de 3 cmc. de Solution de
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S0‘ II- pour obleiiir la neulralisalion. (Ajouter II gouttes de solution alcoolique de Phtaleïne à 1 0,0 connue terme indicateur.
Les Acides étendus ou les Sels Acides agissent à la manière de l'eau.
Les Alcalis ou les Sels Alcalins dissolvent à l’autoclave de fortes proportions de la Silice du verre. Les phosphates en particulier donnent de nouvelles comhinaisons et ne se dissocient pas en phosphates plus ou moins basiques comme on l’a prétendu, car l’Acétate de Soude ne prévient pas la formation du pi-écipité et l'Acide acétique ne le redissoul pas.
Les ampoules devront être en verre blanc ou en verres colorés peu fusibles et exempts de sels plombiques, mais jamais en cj’istal contenant de 13 à O de son poids de minium ou bioxyde de plomb et donnant de véritables précipités à la stérilisation ( ‘).
Sous rintkience des températures élevées de l’autoclave, lessolutions de Chlorure de sodium, qui forment la base des principaux sérums, donnent naissance à de fortes proportions de Chlorure de plomb :
SiO^DO + 2NaCl ro = ro + Pbcr + SiO^KfO
Silicilate de Plomb + Chlorure + Eau = Eau + Chlorure + Silicilate de (base du cristal) de Sodium de plomb Soude
Le Chlorure de plomb (-) formé est très toxique et devient soluble à chaud ; or, il ne laut pas oublier que l’on fait souvent tiédir les ampoules avant l’emploi.
De telles ampoules prennent en se refroidissant une leinte blanchâtre et quelquefois leur verre semble dépoli ; il est facile alors de caractériseï- le plomb, en faisant les réactions de l’iodure de plomb^ sur les parois mêmes de l'ampoule.
Pour rechercher les traces très faibles, on fera les réactions du Chromate de plomb indiquées dans le Trailr rfe Chimie analijlique de y il lier a.
Les soudleurs de verre remplacent assez souvent le verre par le cristal, ou verre au minium qui fond mieux et (jui se tiaivaille avec la plus grande facilité, bien que son prix de revient soit plus élevé.
ün peut dilférencicr facilement le cristal du verre, par sa densité, par sa couleur plus réfringenle, plus bleutée; enlin. mis dans la partie réductrice d’une llarnme, il fond très facilement et le plomb réduit qu’il contient, donne une leinte noire bleutée et brillante à la pâte du verre.
Le verre sans plomb ne doit pas se colorer à lallamme, après sa
1. On trouve des Ampoules en verre spécial cxeuipt de Sels plombicpies et ne donnant pas de précipité à l’autoclave cliez .M. Olive, Soullleur de verre. 4(1, Hue des liigoles, Paris.
2. .l’ai pu obtenir après stérilisation à + 120", de Sérum artificiel, un précipité de 0 gr. 3(1 de Chlorure de plomb sur une ampoule ovale de 2aü cmc. (|ui m’avait été livrée comme échantillon ayant fait ses preuves, parait-il ’ (12 juillet 1902).
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fusion, et le point de lernielure doit être de l;i môme teinte que le corps de l’ampoule.
Remplissage des Ampoules :
Suivant que les ampoules sont ouvertes aux deux extrémités ou à une seule extrémité, on i)eut employer neuf procédés de remplissarje :
1“ Par aspiration à la trompe à eau ;
2“ Par aspiration à la bouche ;
3“ Par le principe des niveaux égaux (principe des vases communicants), etc., etc.
1" Sous une cloche, dans le vide obtenu à l’aide de la trompe à eau.
2“ Par la chaleur.
3“ .V l’Autoclave.
4° Par une aiguille montée sur un appareil à soulllerie.
o” Par une aiguille mise sur le tube ellilé d'un entonnoir ou d’un appareil qu’on élèvera sur un support.
6° Par un jet de vapeur d’eau surchauflee (liquides inflammables).