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Sérum au Zinc (Chlorure de

Voir Solution neutre de Chlorure de zinc au dixième à l'article Pansements, page 292.

III». — SÉRUMS ORGANIQUES OU EXTRAITS ORGANIQUES INJECTABLES MÉDICAMENTS OPOTHÉRAPIQUES

Par une singulière anomalie, les observations physiologiques et les progrès de la chimie organique nous reportent à deux siècles en arrière.

Après nous être longtemps divertis enlisant les ouvrages des anciens Pharmaciens, qui nous indiquent la préparation de la Poudre de foie de renard, des ovaires de brebis, des testicules de bouc, des têtes de vipères etdela corne de cerf râpée, etc., nous revenons plus que jamais à l’emploi des produits opothérapiques.

Le foie de renard est remplacé, il est vrai, par le foie de veau ou par le foie de porc ; les ovaires de brebis reviennent à la mode ;aux testicules de bouc on substitue avantageusement, (luant à l'odeur du moins, les testicules de taureau !

l. On trouve tous les Sérums ou Extraits Organiques ci-après chez M. Byla, üJ, rue de Montrouge, à Geutilly, (Seine).

SÉRUMS OU EXTRAITS ORGANIQUES

Seules les têtes de vipères et la corne de cerf n’ont pas encore retrouvé leur utilité.

Et ces produits sont encore plus sacrés que ceux de l’ancienne Pharmacopée: les pharmaciens modernes ne peuvent plus préparer les Extraits organiques sans une autorisation du gouverne-

ment, rendue après avis du Comité consultatif d’hygiènepublique de France et de l’Académie de médecine.

D’après le texte même de la loi du 25 avril 1805 ('), une commission nommée par le Ministre compétent est chargée d’exercer leur inspection.

Comment on prélève les Organes.

Soins d asepsie à prendre aux Abattoirs :

(Il sera indiqué plus loin les soins à prendre et les instruments nécessaires aux manipulations ainsi que le meilleur procédé à employer pour la préparation de tous les Extraits organiques injectables, ou Sucs, ou Sérums, ou Liquides organiques injectables, ou Liquides opothérapiques).

Avant d’aller prélever les organes aux abattoirs, on stérilise :

1° Un bocal à Fémeri ou un flacon en verre portant un couvercle à large bord et muni d’un disque de verre ou de porcelaine épais, dans le centre duquel passe un fil d’argent ou de soie qui sert à le soulever.

2° Un ou plusieurs litres d’eau stérilisée à -|- 125°.

3° Un flacon contenant de l’eau stérilisée et froide dans laquelle on dissout par agitation 0 gr. 50 de Chloroforme pour chaque 100 gr. d’eau.

4® Une boite en métal stérilisée avec des ciseaux à pointe etTilée, dos ciseaux à pointe arrondie ou à pointe courbe, un bistouri avec manche en nickel, une sonde cannelée, une pince à disséquer et une pince hémostatique.

Les animaux tués dans les abattoirs des grandes villes étant soigneusement examinés par les vétérinaires, on pourra donc éviter de prendre des organes d’animaux tuberculeux, charbonneux, morveux, tétaniques, etc.

.\ussitôt que l’animal est tué, on prélève les organes avec toutes les conditions d’asepsie rigoureuse : on les lave un à un avec de l’eau stérilisée et on les plonge dans le bocal préalablement rempli avec l'eau chloroformée ci-dessus ; on laisse retomber le disque sur les organes de façon à les empêcher de surnager et on les transporte ainsi dans son laboratoire.

1. Voir le texte de la loi du 2ü avril 18!to sur les Sérums tliérapcuti(iues et sur les liquides ou extraits organiques, pages 42o.

SÉRUMS OU EXTRAITS ORGANIQUES

Préparation au Laboratoire :

On prend alors ;

1° Des feuilles de papier de soie ou des compresses de gaze aseptique.

2“ Une pince hémostatique très longue et des ciseaux contenus dans une boîte en nickel (le tout stérilisé).

3“ Un bocal placé sur le plateau d’une balance et contenant le mélange suivant préalablement stérilisé à l’autoclave à -j- 123“ et refroidi :

Glycérine neutre 2000 gr.

On tare et on ajoute un poids de 1000 gr. sur le plateau contenant les poids. Ce poids représente la quantité d’organe que l'on devra ajouter dans le mélange pour obtenir l’équilibre.

Dès que tout est disposé comme il a été indiqué ci-dessus, on se met les bras nus et on se lave les mains :

1" Au Savon, en ayant soin de bien brosser et nettoyer les ongles.

2“ Au Permanganate de Potasse en solution aqueuse au centième.

3“ Au Bisulfite de Soude en solution aqueuse à 15 0/0.

•4“ A l’Alcool-Ether à P. E. (Faire verser sur les mains par un aide .

5“ A l’eau stérilisée à 125“.

Un aide ouvre les boîtes et les flacons et les préserve des poussières en maintenant les couvercles inclinés au-dessus des ouvertures.

On fait retirer le disque de verre : on saisit les organes à l’aide de la pince hémostatique, on les essuie avec le papier de soie ou avec la gaze aseptique; on les coupe à l’aide des ciseaux flambés en tranches très minces que l’on introduit dans le bocal contenant l’eau glycérinée stérilisée, en ayant soin de faire remettre le bouchon ou le couvercle pour éviter l’entrée des poussières.

Lorsqu’on a introduit lüOO grammes d’organes, la balance se met en équilibre : on referme alors le bocal, on recouvre le bouchon et le col d’une feuille de papier stérilisée ou d’une cloche en verre flambée. On laisse macérer vingt-quatre heures, en agitant de temps en temps.

En résumé, on obtient la formule ci- dessous :

Glycérine neutre stérilisée 2.000 gr.

Eau distillée stérilisée 1.000 gr.

Organe (quelconque) aseptique Î.OüO gr.

SERUMS OU EXTRAITS ORGANIQUES

Filtration du Liquide obtenu et répartition en ampoules. Procédé pour préparer un petit nom= bre d’ampoules :

Au bout de ces vingt-quatre heures, on filtre sur coton et surpapier superposés et préalablement stérilisés à l’autoclave avec les entonnoirs et les flacons qui doivent recueillir le liquide organique.

H sera bon de mouiller un peu les filtres avec de l’eau distillée et de les recouvrir avec des plaques ou des couvercles en verre.

Lorsque tout le liquide est filtré, on retire chaque entonnoir en inclinant chaque flacon à 45° et en passant le goulot dans la flamme d’un bec de Bunsen. On passe également chaque pointe d’ampoule, préalablement stérilisée dans celte flamme et on l’introduit dans le Sérum. Lorsqu’on a mis un certain nombre d’ampoules, on recouvre le tout d’une feuille de papier de soie aseptisée que l’on maintient fixée sur le goulot du flacon à l’aide d’un caoutchouc, on redresse alors le flacon et on le porte sous la cloche d’un appareil à faire le vide (trompe à eau).

On place en avant une ampoule témoin de même volume que celles qui doivent contenir le Sérum. Cette ampoule a été préalablement remplie d’eau et repose dans un petit tube ou dans un petit verre contenant un peu d’eau.

Dès que le tube-témoin est vide, on ouvre le robinet de la cloche en portant à l’ouverture ‘ un tampon de coton hydrophile imprégné d’alcool et enflammé pour brûler les poussières qui sont entraînées dans la cloche et qui peuvent souiller le liquide lorsque le papier se déchire.

On relire les ampoules et on les ferme à la lampe.

Ce procédé sert à préparer un petit nombre d'ampoules et évite de monter un appareil à pression qui seul cependant empêche de commettre des fautes d’asepsie.

Répartition en ampoules à l’aide d’un appareil à pression :

Pour la préparation en grand des ampoules de Sérums organiques, il est préférable de recevoir le liquide filtré dans des appareils insufflateurs stérilisés préalablement.

1. La llaniine pouvant déterminer la rupture du tube de la cloche, on prendra chaque fois la précaution de mettre un petit tube en verre de 0 "'10 environ avec un tube en caoutchouc qu’on enfoncera sur le tube à robinet de la cloche.

SERUMS OU EXTRAITS ORGANIQUES

Ces appareils insufllateurs sont de simples flacons à deux tubulures : la première porte un tube en verre allant jusqu'au fond du flacon et dont la partie externe pénètre dans un tube en caoutchouc armé d’une aiguille en platine iridié, la pointe de cette aiguille est protégée par un petit tube en verre. La seconde porte un tube en verre pénétrant de 2 à 3 centimètres dans la partie supérieure du flacon, ce tube contient dans sa partie externe une ampoule remplie de colon cardé ordinaire permettant l’insufflation de l’air sans introduire de poussière dans le liquide. (Voir figure de la page 7.)

On stérilise le tout avant d’introduire le liquide organique et en ayant la précaution de retirer le bouchon supportant le lube destiné à relier l’appareil avec le ballon insufflaleur et de le remplacer par un entonnoir en verre contenant un tampon de coton hydrophile et un filtre en papier blanc lavé et recouvert d’une plaque de verre ou d'un couvercle à rebord.

On met le bouchon avec le tube insufflaleur dans une feuille de papier que l’on maintient autour en se servant d’un caoutchouc.

On stérilise le tout à l’autoclave à -|- i2o®. On laisse refroidir. On verse le liquide organique sur l’entonnoir, on le recouvre. Lorsque la filtration est terminée, on fait incliner le flacon par un aide, qui retire l’entonnoir pendant que l’on enlève simultanément la feuille de papier qui recouvre le bouchon et le tube insufflateur. On passe le goulot du flacon et la partie du tube traversant le bouchon dans la flamme d’un bec de Bunsen ; on bouche le flacon et on le pose alors sur une tablette.

11 ne reste plus qu’à adapter la soufflerie et à retirer le tube qui entoure l'aiguille de platine pour diviser le liquide en ampoules.

On fait jouer la soufflerie, on introduit l’aiguille dans chaque ampoule flambée et un aide la ferme aussitôt qu’elle est remplie.

Il suffit de pincer le caoutchouc lorsqu’une ampoule est pleine et de maintenir toujours son aiguille verticale pour éviter de la souillei’ à l’air. Dans le cas oô l’on viendrait à toucher l’aiguille ou bien à la laisser horizontalement pendant quelques minutes, on pourrait la laver à l’eau stérilisée; mais non la chauffer, car le liquide peut se coaguler et boucher le canal.

Précautions à prendre avant de délivrer un liquide organique :

Après avoir scellé toutes les ampoules, on les porto à l’étuve de Houx réglée à -f- 3o° et on les abandonne deux à trois jours à cette température ; si elles restent limpides après ce laps de temps, on sei-a certain de n’avoir pas fait de fautes d’asepsie pendant toutes les manipulations précédentes, et on sera sôr que l’organe employé était

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en bon état. Un tel Sérum se conservera indéfiniment et ne donnera jamais d’accidents septiques, ni de commencement d'empoisonnement dus aux ptomaïnes ou leucomaïnes que peuvent renfermer les organes en voie de décomposition.

Comment on pratique les Injections.

Choix de la Région :

Au moment du besoin, le médecin dilue le contenu d’une ampoule dans deux fois son volume de sérum de Hayem stérilisé et il fait l’injection dans le tissu sous-cutané ou dans le tissu intramusculaire.

On choisira toujours de préférence la l'égion supra-trocbantérienne.

Nota. — Les proportions d’organe, d’eau et de glycérine sont toutes les mêmes et toutes les préparations de Sérums organiques ci-dessous sont calquées sur la formule précédente.

11 sera donc indiqué seulement chez quels animaux, U faut choisir ! os organes, les doses à injecter en une seule fois et les doses maxima à injecter en vingt-quatre heures.

Il faut s’empresser d’ajouter aussi que l’on devra toujours prélever soi-même les organes aux abattoirs ou mieux confier ce soin à un vétérinaire, car si l’on ne surveille pas la prélévation, les bouchers qui sont souvent très sceptiques et qui ne sont pas ennemis d’une plaisanterie facile, ne manquent pas de substituer un organe à un autre, lorsqu’il peut y avoir confusion pour un œil peu exercé, enfin ils récoltent les organes sur toutes les espèces d’animaux.

Sérum Organique de Brown=Sequard :

Voir au mot Organique Testiculaire.

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