GÉNÉRALITÉS
SUR LES EAUX DENTIFRICES OU ELIXIRS DENTIFRICES, LES EAUX DE COLOGNE LES EAUX DE LAVANDE, LES EAUX DE QUININE LES EAUX DE PORTUGAL ET LES EAUX DE TOILETTE DIVERSES
Les Elixirs dentifrices ou Eaux Dentifrices, les Eaux de Cologne, les Eaux de Lavande, les Eaux de Quinine el les Eaux de Toilette lorment, après les Savons, la branche la plus importante de la Parfumerie.
Ce sont des dissolutions d’Essences, d'Extraits aux Fleurs, de Produits Synthétiques, de Médicaments, de Colorants dans l’alcool à üü° étendu d’eau.
L’alcool employé pour leur préparation doit être de l’alcool de vin bien rectifié ou, à défaut, de l'alcool de riz désodorisé '.
Les Eaux de Cologne et les Eaux Dentifrices de bonne qualité doivent être pi’éparées avec de l’alcool à 90° ou à 80°.
La proportion d’essences qui entre par litre doit varier entre 15 et :i0 grammes.
On choisira toujours de préférence les essences naturelles de qualité supérieure pour toutes les préparations d’un titre alcoolique élevé.
Le Menthol, la Saccharine, des traces de Chloroforme donneront parfois un goût agréable aux dentifrices.
Les Extraits aux Fleurs, le Musc, l’Ambre, le Benjoin, le Storax seront ajoutés avec avantage aux Eaux de Cologne et aux Eaux de toilette.
Lorsqu’on distille les Eaux de Cologne et les Eaux de toilette, on obtient un produit plus suave : il est bon de distiller avec l’alcool toutes les essences qui entrent dans leur composition, sauf cependant les Essences de Néroli et de Romarin que l'on dissout ensuite dans l’Alcoolat (ou Esprit) ainsi obtenu.
La ténacité, la délicatesse d’un parfum ne sont pas proportionnées à la quantité des espèces d’essences qui entient dans la composition des formules. La façon de les combiner détermine seule la valeur du produit, et souvent ce sont les compositions les plus simples qui sont les meilleures.
1. On trouve des alcools de riz très purs, dépourvus de toute odeur secondaire, chez MM. Delizy et üoisteau à Pantin.
EAUX DENTIFRICES ET EAUX DE TOILETTE (GÉNÉRALITÉS
L’alcool supporlant dans les villes des droits très élevés, on a cherché à préparer tous les parlums ci-dessus avec de Talcool très étendu d’eau dont le litre varie de 50° à 15° !
Les progrès de la chimie nous ont permis d’arriver très facilement à ce résultat, en employant ;
a soit des Dérivés synthétiques.
|3 soit des Essences déterpénées.
7 soit la Trituration au Carbonate de Magnésie ou au Kaolin.
S soit le traitement par l’Acide sulforicinique.
Les Dérivés synthétiques choisis avec soin^ donnent aux Eaux de Cologne une ténacité extraordinaire, mais leur bouquet est bien inférieur à celui obtenu avec les Essences naturelles.
Les Essences déterpénées sont d’un prix de revient plus élevé que les Essences naturelles ; en revanche, leur puissance odoriférante est plus grande.
Quel que soit le procédé employé, ces produits seront généralement réservés pour les préparations à bas prix et de qualité intérieure.
On facilitera encore la dissolution des essences dans l’alcool d’un faible titre par des moyens physiques. Veut-on préparer une Eau de Cologne à 60°, par exemple? Un dissout toutes les essences dans un litre d’alcool, on verse ensuite cette dissolution dans le mélange d’eau et d’alcool préalablement agité.
On secoue vivement le récipient, on abandonne quelques jours au repos et on filtre au papier.
Il est important de ne pas ajouter alternativement l’alcool et l’eau, mais de toujours employer le mélange des deux produits.
Veut on préparer de l’Eau de Cologne ou une Eau de toilette d’un titre encore plus faible, 40° ou 30° par exemple? On triture au mortier les essences avec deux fois leur poids de carbonate de magnésie ou de kaolin. On ajoute un peu de mélange hydro-alcoolique de façon à obtenir une pâte coulante, puis on verse le restant par petites portions et en agitant sans cesse. On lave bien le mortier avec un demi-litre du mélange d’eau et d'alcool ; on reçoit le tout dans un récipient.
On laisse quelques jours en contact, en agitant de temps en temps; enfin on abaiulonne le mélange à la cave pendant vingt-quatre heures et on filtre au papier dans un endroit frais.
En filtrant dans un endroit chaud, l’Eau de Cologne obtenue se trouble facilement sous l’influence du froid, vu son faible litre.
On pourrait encore tirer un grand parti du traitement àchauddes essences par l’acide sulforicinique :
On chauffe les essences avec leur poids d’acide suforicinique dans un matras à long col, ou à col possédant plusieurs petits renflements.
EAUX DENTIFRICES ET EAUX DE TOILETTE (GÉNÉRALITÉS
Les vapeurs qui se dégagent se refroidissent sur les parois du col et retombent dans le liquide chaufié ; on obtient ainsi une coliobation continuelle.
Aù bout d’une heure environ, on ajoute q. s. d’ammoniaque ou de lessive de soude pour neutraliser l’acide sulforicinique.
Les essences ainsi traitées sont solubles dans l’eau chaude non alcoolisée, mais elles donnent un léger louche très difficile à faire disparaître à la liltration.
Ce procédé pourrait permettre de préparer de véritables Eaux de Cologne sans alcool. J’ajouterai cependant que le bouquet obtenu sans être désagréable àl’odoi-at est légèrement différent du parfum primitif.
On communique aux Eaux de Cologne et aux Eaux de toilette faibles en alcool, l'action légèrement rubétianle produite par ce dernier sur l’épiderme, en les additionnant de sel marin, de capsicuin annuum ou de gingembre.
On obtient l’odeur agréable de Heur d’oranger, en ajoutant 0 gr. 25 par litre de Bromelia, de Néroli synthétique, ou d’Anthranilate de méthyle.
On leur donne la fraîcheur des produits de bonne qualité en versant, après filtration, deux ou trois gouttes d’éther sulfurique dans chaque litre. On peut diluer cet éther dans de l’alcool et verser dans chaque litre une quantité déterminée à l'aide d’un distributeur automati(|ue.
Certaines Eaux de Cologne ont pour base des Alcoolats de Mélisse ou de Fioraventi, peu riches en principes aromatiques (?) et qui ne paient pas de droits.
Les Eaux de Cologne à base d’alcool méthylique ne se trouvent plus dans le commerce, car, depuis quelques années, cet alcool supporte les mêmes droits que l'alcool éthylique.
Pour compléter le trucage des Eaux de Cologne et des Eaux de follette, selon l’expression consacrée dans les laboratoires, j’ajouterai, sous toutes réserves, que certains préparateurs ont essaye l'alcool dénaturé ou méthylène, en déplaçant une partie de la lienzine et en transformant l’acétone en chloroforme.
On peut déplacer une partie de la benzine en agitant l’alcool avec des carbures ou de l’huile de vaseline ; le déplacement de l’acétone est plus difficultueux.
Conservation et dilution des eaux de Cologne.
Coupage.
Il a déjà été dit que les Eaux de (Pologne d’un litre élevé donnent un produit plus suave, lorsqu’on les soumet à la distillation.
Elles se conservent très bien, à la condition de taire entrer un peu
EAUX DENTIFRICES ET EAUX DE TOILETTE (GÉNÉRALITÉS
«l’eau de rose, d’essence de rose ou de géranium dans leurs formules.
11 est coutume de diluer généralement l’alcool à 90®, non pas ave«‘ de l’eau distillée simple, mais avec des eaux distillées de rose, de tleur d’oranger ou de jasmin.
En parfumerie, on désigne ces eaux ou leur mélange sous le nom de coupage.
Observations importantes.
Quelle que soit la qualité du produit que l’on veut obtenir, je rappelle qu’il fauttoujours verser le mélangedes essences, des infusions et des teintures dans l’alcool mélangé préalablement aux eaux distillées (coupage) et bien agiter.
Il ne faudra jamais faire l’inverse, c’est-à-dire «lissoudre les essences dans l’alcool et ajouter ensuite le coupage pour ramener au litre voulu. On sépare ainsi une partie des essences qui eii déplace encore mécaniquement une proportion assez élevée.
Lorsque les Eaux de Cologne, les Eaux de toilette, les Eaux dentifrices d’un titre très faible restent opalescentes après tiltration au papier, il faudra ajouter un peu de kaolin.
On ne devra pas abuser du carbonate de magnésie et du carbonate de chaux qui modifient les couleurs et qui peuvent se combiner à certains dérivés synthétiques dont la fonction est acide.
Procédé pour préparer rapidement les Formules. Moyen de rendre les eaux de toilette mousseuses.
Pour faire rapidement le mélange des essences, on se sert d’éprouvettes graduées par centimètres cubes. Pour les faibles doses, ou prendra de petites éprouvettes d’un faible diamètre et graduées pardemi et par quart de centimètre cube.
Il sutfit de mesurer les essences pour éviter l’emploi de la balance toujours très long et moins pratique à tous les points de vue.
Pour faire mousser légèrement les Eaux de quinine, les Lotions, les Eaux de toilette, on peut ajouter deux grammes par litre de borate de soude ou de carbonate de soude.
La Saponine ou la Smilacine donnent de très mauvais résultats en milieu alcoolique, il en est de même de la teinture de Panama (]ui ne mousse même pas après l’avoir additionnée d'eau, ou bien on (ievra employer des solutions alcooliques dont le litre ne dépasse* ]>as 30°.
Coiffage des Flacons.
Il est coutume de coiffer les flacons de parfumerie à la baudruche ou a la peau de mouton blanchie.
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EAUX DENTIFRICES ET EAUX DE TOILETTE (GÉNÉRALITÉS) EAUX OU ÉLIXIRS DENTIFRICES
On arrive 1res facilement à tendre la peau ou la baudruche en les trempant quelques minutes dans l’eau ; on les applique sur le bouchon, on fait disparaître les plis en tirant au-dessous de la partie licelée.
Pour les couper, on passe la lame d’un couteau perpendiculairement au col du tlacon et en appuyant fortement, on tire sur la peau <|ui se détache : la section est très nette, on la fait le plus près possible de la ficelle.
On laisse sécher ; la peau reprend toute sa blancheur.
Dans le cas où la peau ne serait pas d'un blanc très pur il suüirait de la mettre tremper dans un peu d'eau contenant de la magnésie calcinée ou de la magnésie calcinée additionnée d'une à deux gouttes de solution de carmin d’indigo au centième.