MASSAGE DANS LES MALADIES DU CERVEAU ET DE LA MOELLE ÉPINIÈRE
Il y a longtemps qu’on a pensé à utiliser les manipulations thérapeutiques pour combattre les conséquences des hémorragies ou des ramollissements cérébraux. Ling massait le crâne ; je ne sais pas ce qu’il a obtenu ; je ne sais même pas ■ ce qu’il espérait obtenir. Gerst dit avoir constaté de bons résultats dans la commotion cérébrale, mais comme il existait en même temps une contusion des parties molles, l’amélioration tint probablement à ce que l’on obtint les effets qu’on a dans la plupart des contusions : la résorption de ! l’épanchement sanguin superficiel et la guérison j des accidents qu’il produit.
La plupart des auteurs n’ont nullement essayé!
(1) Blache, du Traitement de la chorée par la gymnastique ( Mémoires de T Académie de médecine,. Paris, 1885. t. XIX.
(2) Gaz. des hôpitaux , 7 janvier 1858.
(3) Gaz. hebdomadaire, 25 novembre 1834.
Maladies du cèkveau 181
de modifier les lésions intra-crâniennes ou d’agir sur la circulation des méninges. Les affections cérébrales ont pour conséquence des paralysies plus ou moins complètes et plus ou moins étendues ; en admettant que la suppléance s’établisse, que la perte de substance cérébrale consécutive à la formation d’un foyer d’hémorragie ou de ramollissement puisse retentir aussi peu que possible sur les mouvements; il n’est pas démontré que ceuxci reprendront l’étendue et l’énergie qu ils devraient avoir. Pendant la période de paralysie presque complète qui suit l'insultus initial, les muscles subissent la dégénérescence graisse use et l’atrophie, de telle sorte que si plus tard leur innervation devient relativement bonne, ils ne rendront plus les services qu’ils auraient pu rendre si leur nutrition eût été intacte; je ne crois pas qu’une médication physique et topique comme le massage puisse aider à la réparation des éléments nerveux lésés, mais l’expérience prouve qu’il est très utile par rapport aux muscles. Branting et Georgii s’en sont servis avec avantage ; dès 1860, Barnier recommandait le massage dans les paralysies et les atrophies musculaires (1). 11 n’espérait pas sans doute hâter la résorption d’un foyer d’hémorragie cérébrale, mais rendre les muscles aussi capables que possible de répondre aux incitations ai rivant jusqu’à eux, autrement dit de se contracter le mieux possible. Le procédé ne peut nuire en aucun cas.
(1) P.arnier, Thèse de concours pour l'agrégation. Parié,
Norstrôm. — Massage.
Dans plusieurs cas nous avons obtenu une amélioration sensible.
Il faut garder une grande réserve à propos de l’action du massage dans les affections de toute nature de la moelle épinière. A première vue il paraît indiqué dans la paralysie infantile ; peutêtre si on l’appliquait quelques semaines, un mois ou deux au plus après le début des accidents, obtiendrait-on quelque chose. On n’en a presque jamais l’occasion. J’ai publié dans mon Traité du Massage l’observation d’un enfant pour lequel l’application du massage a donné de bons résultats.
Lorsque nous voyons les malades, la phase initiale est passée depuis longtemps ; on nous demande de remédier à l’atrophie, à la claudication et aux accidents de même ordre. Il me paraît inutile d’entreprendre un traitement, il n’aboutirait à rien. On a noté des améliorations après le massage, après l’électrisation ; on en a noté en dehors de tout traitement. Quand le malade va mieux on est en droit de se demander si cela tient aux procédés employés ou à la force médicatrice de la nature ; je n’ai pas les éléments nécessaires pour résoudre la question.
Je pourrais répéter pour l’ataxie locomotrice ce que j’ai dit pour la paralysie spinale de l’enfance : le massage ne peut pas enrayer le processus morbide, mais il atténue et parfois fait disparaître certains phénomènes très pénibles.
Dans ces dernières années, le massage a été appliqué beaucoup plus souvent qu’il ne l’avait été auparavant dans les affections médullaires, M. Kleen déclare qu’il a eu des résultats plus ou