‹ Formulaire homoeopathique; ou, Guide pathogénétique usuel pour traiter soi-même les maladiesChapitre 140 sur 298 · CHOLÉRA, VULGAIREMENT TROUSSE-GALANT · texte numérisé non relu

CHOLÉRA, VULGAIREMENT TROUSSE-GALANT

On en distingue deux variétés : le Choléra sporadique ou européen 9 et le Choléra asiatique ou épidémique.

Symptômes.

Lassitude extrême, malaise, angoisse, physionomie triste et abattue, face pâle et froide ; ralentissement du pouls, avec refroidissement partiel ou général ; vertiges, avec tintement dans les oreilles ; brûlement au creux de Pestomac, avec sensibilité au toucher ; légères crampes dans les mollets ou d'autres muscles ; engourdissement des doigts, absence de vomissements et de diarrhée, moral triste et inquiétude vague.

Traitement curatif.

On fera coucher le malade dans un lit bien chaud, et on lui fera prendre :

Esprit de camphre de Hahnemann. . 2 gouttes.

sur un morceau de sucre ou dans une cuillerée d'eau.

Doses. — Répétez cette dose toutes les cinq minutes, jusqu'à ce que la chaleur revienne, et qu'une sueur générale se déclare, ce qui arrive, au plus tard, à la 6e dose.

Le choléra, attaqué ainsi à son début, est anéanti sûrement et complètement ; mais il faut agir promptement, parce que cette période d'invasion est très CDurte et rapide, et qu'une fois les vomissements et la diarrhée survenus, l'esprit de camphre n'est plus spécifique et ne peut plus rien contre la maladie.

Si les Tcmîssemenfs sont plus fréquents que la diarrhée, on redonnera :

,ô* dilution 10 globules.

90 grammes.

Doses. — Une cuillerée de demi-heure en demi-heure, en recalant l'intervalle des doses lorsque le mieux se fera sentir.

S'il y a peu de vomissements, mais des coliques vives, avec diarrhée blanchâtre, on prescrira :

ob, 6* dilution ... 8 globules.

90 grammes.

Doses. — Une cuillerée d'heure en heure, et eau fraîche pour boisson, donnée seulement par petites cuillerées à café, de demi-heure en demi-heure, dans l'intervalle des doses.

Si la voix devient rauque ou affaiblie, avec amaigrissement et faiblesse excessives, yeux caves, froid glacial du corps, surtout des pieds, des mains, de la face et de la langue ; sueur froide et poisseuse ; vomissements et diarrhée verdàtres ou blanchâtres, semblables à de l'eau de riz ; pouls peu sensible, respiration embarrassée ; dans ce cas, on prescrira :

Veratrmn album, 3° dilution .... 10 globules. Eau 120 grammes.

Doses, — Une cuillerée de dix en dix minutes, puis de demi-heure en demi-heure, si le mieux se produit.

S'il survient des crampes fréquentes et très douloureuses, on fera prendre :

Cuprom metalllcum, 12e dilution. . 10 globules. Eau 120 grammes.

Doses. — Une cuillerée d'heure en heure, en Palternant avec Veratrum (une fois de l'un, une fois de l'autre); on reculera l'intervalle des doses au fur et à mesure

que le malade ira mieux, et dès que les crampes auront cessé, on donnera Veratrum seul.

Si, au froid de tout le corps, aux vomissements et à la diarrhée, pour lesquels on a donné Veratrum , il se joint une grande agitation qui porte le malade à remuer sans cesse, à se découvrir, et même à sortir du lit ; si, en outre, il se plaint d'une brûlure au creux de l'estomac, comme s'il y avait un charbon allumé ; qu'il y ait une grande angoisse avec crainte de la mort, on cessera provisoirement tout médicament pour donner :

Arsenlcum album, 6° dilution. ... 6 globules. Eau ... * . . 90 grammes.

Doses. — Une cuillerée de demi-heure en demi-heure, jusqu'à ce que le mieux arrive, et reculer alors l'intervalle des doses d'autant pour les cesser graduellement.

Si le corps devient ou est bleuâtre et froid comme glace ; si le globe de l'œil, dont on ne voit plus que la cornée opaque (le blanc), est pâle et renfoncé dans l'orbite, avec voix éteinte, oppression extrême, respiration lente, difficile, haleine froide et absence de pouls, on prescrira dans ce cas extrême :

Carbo vegetnbilis, 6« dilution. ... 10 globules. Eau 120 grammes.

Doses. — Une cuillerée de dix en dix minutes. Si, après une heure environ d'attente, il reste sans effet, on donnera :

Acidum hydrocyanlcum, 3e dilution. 3 globules.

Doses. — Une cuillerée à café de quart en quart d'heure.

Si, chez les vieillards ou chez les sujets faibles et épuisés, on remarque que la tête est embarrassée et étourdie comme dans l'ivresse ; si les sens sont émoussés, surtout

l'ouïe ; s'il y a découragement et préoccupation continuelle de la mort, on prescrira :

Secale earnntam, 12e dilution .... 10 globales. Eaa 120 grammes.

Doses. — Une cuillerée de dix en dix minutes ; puis, de demi-heure en demi-heure, des que le mieux arrivera ; et enfin d'heure en heure.

Si, le vomissement étant apaisé totalement ou en partie, les selles restaient toujours blanches et ne se coloraient pas en jaune ou en vert, on donnerait aussi Secale cornutum, même prescription que celle qui précède ; seulement on en ferait prendre une cuillerée d'heure en heure.

Si, les vomissements, la diarrhée, le froid, les crampes et la cyanose (couleur blanchâtre de la peau) ayant disparu, il survenait chez le malade : expression d'imbécillité delà face, regard stupide et étonné, langue rouge, sèche et râpeuse, ou noirâtre et croûteuse ; stupeur ou hébétude ; réponses nulles, ou lentes et difficiles, aux questions qu'on lui adresse, constipation ; dans ce cas, qui indique une réaction avec symptômes, on prescrira :

Bryonla, 12° dilution 6 globules.

Eau 60 grammes.

Doses. — Une cuillerée toutes les quatre heures.

Si, au contraire, il y avait délire et grande agitation, cris ou visions imaginaires, paroles incohérentes, yeux brillants, on donnerait alors :

Belladona, 12° dilution 6 globules.

Eaa 90 grammes.

Doses. — Une cuillerée toutes les deux heures, en reculant l'intervalle des doses au fur et à mesure que le délire cessera.

Enfin si, au lieu d'offrir les deux états précédents, le

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malade présentait les symptômes suivants : chaleur sèche de la peau, grande soif, pouls dur, fréquent, mal de tète, yeux vifs, très sensibles à la lumière; lèvres rouges et brûlantes, langue rouge, respiration accélérée ou oppression, dans ce cas on donnera :

Aconilnm, 12* dilution 6 globules.

Eau 90 grammes.

Doses. — Une cuillerée de deux en deux heures, jusqu'à cessation des symptômes décrits (1).

L'un ou l'autre de ces trois états ne se présente jamais qu'après la cessation de tous les symptômes cholériques.

Pendant toute la durée des symptômes du choléra, on fera prendre de petits fragments de glace au malade, mais peu à la fois et pas trop souvent.

Contre la grande faiblesse du malade lors de la convalescence, on ordonnera :

China, 12* dilution 6 globules.

Ean 90 grammes.

Doses. — Une cuillerée matin et soir.

Donner, aussitôt que la convalescence se déclarera, de bons potages au malade, mais peu à peu et avec précau-

(1) E.-P. Cramoisy donne Talcoolature d'aconit dans tous les cas, légers ou graves, la cholérine, le choléra ataxique ou le choléra cyanique d'emblée ou foudroyant, à la dose de 10, 15 ou 20 gouttes dans 250 grammes d'eau distillée, sucrée ou non. Le malade en prend 1 cuillerée à bouche toutes les 10 minutes, toutes les demi-heures ou toutes les heures, selon l'intensité du mal.

Pour boisson, si les malades ont soif, E.-P. Cramoisy donne, dans l'intervalle des cuillerées, quelques gorgées d'eau de seltz ou d'eau sucrée, et surtout les laisse tranquilles dans leur lit, sans recourir à aucun traitement externe. E.-P. Cramoisy affirme que tous les cholériques qu'il a traités par ce moyen ont été guéris très rapidement, et si bien que, pour lui, aujourd'hui, le traitement du choléra est extrêmement simple, et sa guérison certaine, il disait même infaillible. (UAlcoolature d'aconit Napel, dans le traitement du choléramorbus épidémique, par E.-P. Cramoisy. Paris, 1866, J.-B. Baillière.)

tion, jusqu'à ce qu'enfin il reprenne graduellement ses habitudes d'autrefois.

Tel est le traitement succinct, mais sûr et certain, du choléra ; que les médecins de bonne foi l'essayent, et ils en reconnaîtront l'efficacité. Non seulement l'homœopathie trouve dans son immense arsenal médical des armes qui la rendent victorieuse du choléra, ce qui est déjà un droit à l'admiration et à la reconnaissance des peuples, mais elle sait en prévenir le développement, et seule elle en a créé la prophylaxie.

Ainsi, il est de toute vérité (et les faits sont là pour le prouver) que le traitement prophylactique suivant préserve du choléra ceux qui en font usage ; j'en parle par l'expérience d'autrui et par la mienne propre.

Traitement prophylactique ou préservatif.

Trois médicaments agissent comme préservatifs du choléra ; ce sont : Veratrum, Cuprum et Arsenicum ; on les prendra tous les huit jours, dans l'ordre et de la manière suivante :

Veratrum, 3e dilution, 3 globules, à prendre, fondus à froid dans une cuillerée d'eau, ou à sec sur la langue le matin à jeun, deux heures avant de manger.

Trois jours après, on prendra : Cuprum metallicum, 6e dilution, 3 globules dans une cuillerée d'eau, ou à sec «ur la langue le matin, comme Veratrum.

Trois jours après, prendre : Arsenicum album, 6e dilution, 3 globules dans une cuillerée d'eau, ou à sec sur la langue le matin à jeun, comme les deux précédents.

Enfin, trois jours après, on reprendra Veratrum, pour continuer de même, de trois jours en trois jours, durant toute la durée de l'épidémie.

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Il est bien entendu qu'on observera en même temps le régime bomœopathique (page 21).

Ceux qui suivront ce traitement n'auront nullement à redouter le choléra ; ils pourront éprouver quelques malaises, mais tout se bornera là, quelque violente que soit l'épidémie ; l'expérience acquise à cet égard, et le témoignage de plus de cent mille personnes, en sont les sûrs garants (1).

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