‹ Formulaire homoeopathique; ou, Guide pathogénétique usuel pour traiter soi-même les maladiesChapitre 151 sur 298 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

V Hydrophobie (horreur de Veau) ou Rage est une maladie inconnue dans son essence, qui se développe spontanément chez le chien et le loup, et qu'ils communiquent par morsure à l'homme ou à d'autres animaux.

Symptômes.

Les symptômes de la rage ne se développent pas de suite chez l'individu mordu ; la plaie suit la même marche que les autres plaies par morsures ; mais, au bout d'une quarantaine de jours environ, arrivent les symptômes suivants:

La cicatrice de la plaie devient rouge, tuméfiée, et donne issue, en s'ouvrant, à un liquide sanieux ; le malade devient triste, mélancolique ; son teint s'altère ; des rêves effrayants le réveillent en sursaut ; il éprouve un frisson général et ressent un sentiment de chaleur acre, qui, partant de la partie mordue, s'étend à tout le corps, mais s'arrête principalement à la poitrine et à la gorge.

Le pouls est petit et serré ; une fièvre nerveuse très intense se déclare ; le malade se plaint d'une chaleur atroce à la région épigastrique, et il vomit souvent de la bile d'un vert porracé.

La face est rouge, la voix forte, l'œil étonné et le regard farouche ; la respiration est pénible et le pouls précipité ; la malade sanglotte et soupire involontairement ; il a horreur des liquides, et presque toujours une contraction spasmodique du pharynx, qui empêche la déglutition.

Bientôt les yeux deviennent élincelants ; leur pupille

dilatée et immobile jette un regard sinistre, qui est un avant-coureur d'un accès de rage et de fureur, avant lequel il est bon de lier le malade, qui est souvent tourmenté par un besoin invincible de mordre ceux qui l'entourent. Après quelques accès de fureur, il survient un affaissement considérable ; les extrémités se refroidissent, une faiblesse excessive se déclare, la respiration s'embarrasse, et au bout de quatre ou cinq jours, le malade succombe.

Traitement.

Il est certain que la rage est guérissable sans cautérisation, qui, si elle est tardivement faite, ne peut nullement agir sur le virus absorbé, et par conséquent est tout à fait inutile.

De nombreux faits de guérison, relatés dans les annales homœopathiques, viennent à l'appui de ce que j'avance.

Je vais donner succinctement ici le traitement de la rage déclarée ou non déclarée.

Laver la plaie à grande eau, puis, si la morsure est récente, faites rougir un fer à blanc, et cautérisez-la. Si la morsure remonte à un ou deux jours, la cautérisation est inutile ; l'absorption du virus étant produite, ce ne serait qu'une torture de plus pour le malade. Enfin, que la cautérisation soit faite ou non, on fera prendre immédiatement au malade la prescription suivante :

Belladona, 3e dilution . 4 gouttes ou 8 globules.

Doses. — Une cuillerée matin et soir.

Si, par l'usage de ce médicament, il survenait des maux de tête, il faudrait, d'après M. le docteur Teste, suspendre Belladona, pour la reprendre deux jours plus tard de la même mantère, mais à une dilution plus élevée (à la 12e).

On continuera ainsi ce traitement pendant une vingtaine de jours, et après, on cessera avec confiance toute médication.

Contre l'hydrophobie pendant la période d'incubatioc, afin d'empêcher le développement de la rage, M. le docteur Ach. Hoffmann (1) recommande de laver et panser la plaie avec le mélange suivant :

MnuMaim, teinture mère 4 gouttes.

Eau 125 grammes.

Continuer l'application de charpie imbibée de cette liqueur jusqu'à parfaite cicatrisation, et donner au malade. savoir :

Le jour même de l'accident :

Aeonltum* b0° dilution 3 globules.

Eau 1 cuillerée à café.

Verser le tout dans la bouche du malade ; donner ensuite le lendemain, à sec sur la langue :

Datura itramonium. 30° dilution . . 3 globules.

Laisser agir cela pendant cinq jours* Donner le sixième jour Aconitum, comme il a déjà été prescrit.

Vingt-quatre heures après, on donnera :

Bellaa'oaa, 30° dilution 3 globules.

À prendre à sec sur la langue.

Laisser agir Belladona pendant cinq jours, et donner, le sixième jour, Aconitum, comme plus haut : Vingt-quatre heures après, on donnera :

Lachesls, 30e dilution 3 globules.

À prendre à sec sur la langue.

Laisser agir Lachesis pendant cinq jours ; puis, te

(l) Hoffmann, La Rage et le Choléra, traitement préservatif^ curalif.

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