CHAPITRE PREMIER
Le Goitre, vulgairement gros cou, n'est, à proprement parler, que l'hypertrophie du corps, ou glande thyroïde, située à la partie antérieure et inférieure du larynx.
Tumeur d'un volume variable et de formes diverses, offrant la couleur ordinaire de la peau, de la mollesse, de l'empâtement et de l'indolence ; elle est sillonnée de grosses veines, souvent dilatées ou variqueuses.
Si l'hypertrophie occupe toute la glande, le goitre
(1) Tardieu, Étude médico-légale sur V empoisonnement, 2° édition. Paris, 1875. Librairie J.-B. Baillière. — E. Ferrand, Premiers secours en cas d'accidents. Paris, 1888.
(2) Je ne parlerai ni de l'hypertrophie du cœur, ni de celle d'autres organes; ces maladies, exigeant une auscultation précise et rigoureuse, sont du ressort des gens de l'art. Nous mentionnerons seulement pour eux les médicaments les plus convenables à ordonner dans les divers cas.
affecte alors la forme ovale ou ronde ; si l'hypertrophie n'occupe que le lobe droit ou le lobe gauche de la glande, la tumeur est située alors sur le côté droit ou le côté gauche du cou; elle peut, par la suite, acquérir un volume monstrueux, et, par sa compression sur les veines jugulaires, occasionner des vertiges, de la pesanteur de tête, une augmentation dans la coloration de la face ; d'autres fois, si le goitre comprime l'œsophage, il empêche le malade d'avaler facilement les aliments.
Cette affection, particulière à certaines localités, met rarement la vie en danger.
Traitement.
Je ne connais encore que deux médicaments sur lesquels on puisse compter dans le traitement du goitre ; ce sont : Iodium et Spongia tosta.
lodium, 30 dilution 6 globules.
Eau 90 grammes.
Doses. — Une cuillerée à dessert matin et soir, dans les cas récents ou aigus, et tous les matins seulement, dans les cas chroniques.
Si, au bout de quinze à vingt jours, nulle amélioration ne se produit, on fera alterner Iodium avec le médicament qui suit :
Spongia tosta, 30e dilution 7 globules.
Eau 90 grammes.
Doses. — Alterner ces deux médicaments (un jour l'un, un jour l'autre), à la dose d'une ou de deux cuillerées à dessert par jour, selon le cas.
Si, chez les sujets lymphatiques ou scrofuleux, les deux médicaments ci-dessus, malgré leur efficacité, opéraient peu ou pas, on donnerait :