FIÈVRE INFLAMMATOIRE
urines rares, de couleur jaune ; apparition de taches rouges sur la peau.
Belladone, 12° dilution 4 globules.
Eau pure ou distillée 90 grammes.
Doses. — Une cuillerée à café d'heure en heure pour
les adultes, et de quatre heures en quatre heures pour les enfants.
Antidote. — Un peuN de café à l'eau.
S'il y a chaleur intense ou frisson des plus violents, avec rougeur et chaleur de la tête et de la face ; sueur la nuit ; délire, ou cris, dès que les yeux se ferment ; délire jour et nuit; crainte de la mort; répugnance pour la conversation, grande faiblesse générale ; pouls dur, accéléré ; mal de tête avec stupéfaction et vertige en se redressant ; vue trouble et ouïe dure ; lèvres sèches ; pression au creux de l'estomac ; toux sèche ; points dans la poitrine et douleurs déchirantes dans les membres.
Bryonia, 12e dilution 4 globules.
Eau 90 grammes.
Doses. — U .e cuillerée à bouche de quatre en quatre heures. Une cuillerée à café, ou un globule à sec sur la langue pour les enfants.
Antidote. — Camomille ou muriate de fer, à la dose d'un centigramme.
S'il y a chaleur interne et externe, quelquefois précédée de frissons, ou chaleur au visage avec rougeur (surtout de l'une des joues) ; soif ardente, brûlement dans la bouche, agitation et inquiétude ; sommeil avec rêves anxieux ; mal de tête semi-latéral (n'occupant qu'un côté); vertige en se redressant, avec obscurité ou scintillement devant les yeux et évanouissements ; langue rouge et fen-
dillée ; goût amer de la bouche et des aliments , vomissements aigres ; grande anxiété, tension et pression à l'épigastre et aux hypocondres (côtés du ventre); coliques, diarrhée ; urines chaudes, brûlantes ; douleurs intolérables dans les membres et haleine fétide.
ClianiomiUa, 12° dilution 4 globules.
Eau 60 grammes.
Doses. — Même que Bryonia (page 58).
Antidote. — Pulsatilla, ou un peu de café à l'eau.
Frissons alternant avec chaleur ; peau rouge, soif ardente; douleurs de pression à la tête; face rouge, bouffie ; lèvres sèches, brûlantes ; vertiges, langue humide , chargée d'un enduit blanc ou jaune ; sensibilité douloureuse de tout le ventre et Tépigastre ; angoisse, agitation nocturne avec insomnie ; envie de dormir le jour et humeur acariâtre.
Pour les hommes :
Mercurius corroslvus, 12^ dilution . 4 globules. Eau 60 grammes.
Pour les femmes :
Mercurius «olubilU, 12° dilution. . . 4 globules.
Doses. — Une cruillerée à bouche de deux en deux heures, ou de quatre en quatre heures, selon la gravité des symptômes.
Antidote du Mercurius solubilis : Mercurius corrosivus, ou Sepia.
Antidote du Mercurius corrosivus : Mercurius solubilis, ou Sepia.
Chaleur, surtout â la face ; peau ardente et sèche ; pouls dur, fréquent; grande faiblesse avec évanouisse-
sements ; angoisse avec battement de cœur ; surexcitation de tout le système nerveux ; mal de tête pressif aggravé en se baissant ; face rouge, avec quelquefois froid au corps ; yeux rouges, ternes et troubles ; langue sèche et blanche ; soif, brûlement dans la gorge, douleur dans l'estomac et à l'épigastre ; constipation ; brisement dans les membres ; caractère colérique et susceptible.
IVux vomica, 12* dilution 4 globules.
Eau 60 grammes.
Doses. — Une cuillerée à bouche de quatre en quatre heures.
Antidotes. — ■ Camphre, Vin, et surtout Lachesis.
Elle offre trois périodes distinctes, et peut se présenter sous différentes formes dites : inflammatoire , bilieuse, muqueuse, adynamique, ataxique, etc., dont nous ne dirons que deux mots, vu que le simple exposé des symptômes suffît pour son traitement. Cette maladie aiguë présente pour symptômes dominants : une lièvre intense, accompagnée de diarrhée ou de constipation, avec ballonnement du ventre, délire, stupeur et prostration (air hébété, grande faiblesse), avec douleur plus ou moins vive et gargouillement dans la fosse iliaque droite (coin droit du bas-ventre), lorsqu'on y appuie la main un peu fortement. Elle s'accompagne aussi d'une éruption particulière de petites taches roses et de petites vésicules opaques et blanchâtres (sudamina).
Invasion du mal. — Elle débute ou brusquement ou graduellement; il y a généralement au début mal de tête, courbature dans les membres, perte d'appétit, fris-
Prost-Lacuzon. — Form. homœopath. 4
50 FJÈVRES CONTINUES.
sons, tristesse, grande faiblesse avec épistaxis (ou saignement de nez), coliques et dévoiement.
§ 1er. — Première période.
Céphalalgie (mal de tête) des plus intenses ; physionomie pleine d'abattement et d'altération ; intelligence obscurcie ; les réponses des malades aux questions qu'on leur adresse sont lentes et difficiles ; le regard est hébété ; il y a divagation ou délire ; affaissement complet des forces avec décubitus dorsal (couché sur le dos) ; vertiges, éblouissements, tintement dans les oreilles et épistaxis ; bouche amère, pâteuse, avec langue blanche et presque sèche, qui adhère aux doigts quand on la touche ; grande soif, appétit perdu, nausées et vomissements verdàtres ; ventre un peu enflé et sonore quand on le percute (ce qui se fait en frappant doucement avec un doigt de la main droite sur le dos des doigts de la main gauche appliquée à plat sur le ventre) ; la région ombilicale, le nombril, et surtout la fosse iliaque droite, sont douloureux à la pression et du gargouillement se fait entendre dans cette dernière ; il y a diarrhée ou constipation, et gonflement de la rate ; le sommeil est entremêlé de visions ou de rêves affreux, ou bien il y a insomnie complète.
C'est à peu près à cette époque (sept ou huit jours après le début de la première période) que l'éruption de taches roses et arrondies, qui disparaisent momentanément sous la pression du doigt, commence à se montrer sur le ventre ou sur la poitrine.
§ 2. — Deuxième période.
A la fin du huitième jour environ, la maladie revêt une autre forme ; le mal de tête diminue ou même cesse complètement, mais la stupeur redouble, les traits sont fixes
FJÈVP.E TYPHOÏDE. 51
immobiles, comme ceux d'un masque de carton ; la prostration ou déperdition des forces a augmenté ; il y a de la surdité, des soubresauts dans les membres, et même des convulsions ; il y a de la carphologie (mouvement des doigts que le malade exécute automatiquement, comme s'il s'amusait à ramasser de petits objets sur ses draps, ou à les saisir dans l'air), avec délire calme ou furieux, ou un coma vigil, permanent. (Dans ce coma, les malades sont comme dans un élat de sommeil, mais ils rêvent et murmurent des paroles inintelligibles en gesticulant ; quelquefois ils sortent de leur lit sans motif; mais en les secouant et en captivant fortement leur attention, ils reprennent leur bon sens, ouvrent les yeux, répondent juste, puis retombent peu après dans le même état.)
La langue est tremblante, sèche, dure comme du liège et comme racornie ; elle est recouverte d'un enduit brun ou noir et offre des crevasses à sa face supérieure ; cet enduit noir récouvre aussi les lèvres et les dents, et à l'orifice des narines, on remarque une espèce de poussière grise qui s'y trouve adhérente ; le ventre est ballonné, les selles noires, fétides et involontaires; la peau est rugueuse, ratatinée, et offre une chaleur sèche toute particulière ; les urines sont rares et brunes, et des eschares (ou plaies) se forment sur tous les points qui supportent le poids du corps (le sacrum ou croupion, les fesses, les coudes, le pli des cuisses, etc.).
§ 3. — Troisième période.
Si tous les accidents relatés plus haut augmentent ; si les traits s'altèrent de plus en plus, que la face devienne cadavéreuse, la parole inintelligible et la respiration diffi-
cile ; si, avec une sueur gluante, les malades tombent dans un état comateux (sommeil profond), la mort est proche. Si, au contraire, la stupeur et l'indifférence du malade cessent, qu'un sommeil calme succède au délire ; si la langue s'humecte et se nettoie, si le ventre diminue de volume et que le malade puisse retenir ses selles ; si enfin le pouls devient moins fréquent (plus lent), la peau moins chaude et que l'appétit revienne un peu, il y a tout à espérer.
Forme inflammatoire. — Pouls dur, plein ; face rouge, mal de tête, éblouissements, soif vive, urine rare, rouge, et membres courbaturés. Elle offre les symptômes de la fièvre inflammatoire ; puis, au bout du premier septénaire (ou de sept jours), arrive l'état ataxique ou adynamique.
Forme bilieuse. — Bouche amère et pâteuse ; face et langue jaunâtres ; nausées et vomissements verdâtres, avec diarrhée bilieuse. Cet état persiste pendant sept ou huit jours, au bout desquels arrivent Ils transformations de la fièvre typhoïde en forme ataxique ou adynamique.
Forme muqueuse. — Face pâle ou boursouflée ; langue blanche , bouche pâteuse ; selles poisseuses ou glaireuses ; yeux rouges ou larmoyants.
Forme adynamique ou putride. — Elle débute instantanément ou arrive après chacune des formes susdites; elle est caractérisée par l'air hébété du malade, la perte complète des forcés, la petitesse et la lenteur du pouls, la somnolence continuelle, les selles fétides, le refroidissement des extrémités, l'enduit brun ou noir des dents et de la langue, les hémorrhagies par le nez ou l'anus, et les plaies des points sur lesquels le corps repose.
Forme ataxique ou nerveuse. — Les symptômes prédominants sont : le délire, les convulsions, les soubresauts des fendons, le mouvement automatique des , doigts, les visions et les divagations.
Il y a aussi une forme latente dans laquelle une fièvre peu forte, mais continue, la perte de l'appétit, un peu de diarrhée et de faiblesse, sont les seuls symptômes dominants.
La durée de cette maladie est, en moyenne, de vingtneuf à trente-quatre jours ; la mort n'arrive ordinairement que dans la deuxième ou troisième période, c'est-àdire du quatorzième au vingt- et- unième jour.
La fièvre typhoïde, peut se compliquer de divers accidents, savoir ; d'hémorrhagie intestinale, de perforation de l'intestin, de pneumonie, d'érysipèle, de parotides, d'inflammation de l'oreille et d'eschares.
Traitement.
Traitée allopalhiquement, il y a peu de chance de guérison, quand elle revêt la forme ataxique ou adynamique, et la convalescence est interminable.
Les principaux médicaments à employer sont : Bryonia> Rhus, Pulsatilla, Nux vomica, Duïcamara, Mercurius solubiliSy Ipéca, Veratrum, Coffea, Belladona, Acidum muriaticum, Phosphorus, Arsenicum.
Traitement de la première période ou début du mal.
Chez les individus d'une constitution molle, frêle et d'un tempérament lymphatique, lorsqu'il y aura : frissons avec anorexie et adipsie (absence d'appétit et de soif) ; bouche pâteuse et langue blanche, avec envie de vomir ou vomissements de glaires et de mucosités, et selles de
même nature que les vomissements ; tristesse, humeur chagrine, avec disposition à pleurer ou à se plaindre, on administrera :
Pulaatllla, 12° dilution 7 globules.
Eau 120 grammes.
Doses. — Une cuillerée de quatre en quatre heures.
On administrera : Dulcamara, si un refroidissement subit ou un chaud et froid a amené le début du mal, et que surtout il n'y ait ni nausées, ni vomissements ; que la langue soit à l'état ordinaire ; que le malade se plaigne de borborygmes (ou gargouillements dans le ventre) avec des tranchées (ou coliques) ; qu'il y ait des selles diarrhéiques jaunâtres, et que le ventre -lui cause une vive douleur, en le lui pressant à l'endroit du nombril.
Dulcamara, 3e dilution 6 globules.
Eau 90 gramtnes.
Doses. — Une cuillerée de trois en trois heures.
On donnera : Mercurius solubilis chez les malades au tempérament lymphatico- nerveux (c'est-à-dire d'une constitution très- faible et délicate, et cependant très -irritable), qui présentent les symptômes suivants : face pâle et décolorée ; goût putride ou fade dans la bouche, avec langue chargée d'un épais enduit jaunâtre ; absence de soif, ou soif peu intense ; sensibilité du creux de l'estomac et du côté droit au-dessous des côtes (région hépatique) ; selles abondantes, liquides, en petits flocons, contenant un peu de sang ; fréquentes envies d'uriner.
Mercurius solubilis, Ce dilution ... 6 globules. Eau 90 grammes.
Doses. — Une cuillerée de trois en trois jours.
On prescrira : Nux vomica, toutes les fois que la fièvre
typhoïde revêt un caractère bilieux ou gastrique, c'est-àdire lorsqu'il y a bouche amère et pâteuse ; teint et langue jaunâtres ; nausées, vomissements verdâtres et diarrhées bilieuses ; brûlement dans le ventre, ou simplement douleur au creux de l'estomac, avec coliques et besoin fréquent d'aller à la selle, sans pouvoir satisfaire cette envie; urine rare et rouge.
Knx vomiea. 12* dilution 6 globules.
Eau 90 grammes.
Doses. — Une cuillerée toutes les six heures ou toutes les quatre heures, selon la violence des symptômes.
On donnera : Ipécacuanha, s'il y a céphalalgie (mal de tète) générale, ou seulement semi-latérale (occupant un seul côté de la tête) ; remuement continuel de la tête comme si elle était mal placée sur l'oreiller : sueur à la tête; langue jaune, avec nausées, vomissements et diarrhée bilieuse (chargée de bile) ; forte chaleur, surtout le soir ; secousses dans les membres, avec humeur pleureuse.
Ipéca, 12e dilution 6 globules.
Eau 90 grammes.
Doses. — Une cuillerée de quatre en quatre heures.
Bryonia se prescrira dès le début, si les symptômes ataxiques ou nerveux se montraient de prime abord, tels que : mal de tête déchirant, avec battements et élancements ; nausées et dégoût, ^avec langue blanche ; amertume de la bouche, sécheresse de la gorge, avec alternatives de froid et de chaleur; ennui, irritation; langue jaune et fendillée ; douleur dans le ventre à la pression, ainsi qu'à l'épigastre ; pouls fréquent ; constipation ; insomnie ou sommeil anxieux, rempli de rêvasseries ; dégoût ou désir d'aliments ; légère altération des traits ; lassitude extrême, avec sueur froide à la tête, peau sèche.
Bryonla, 12e dilution 7 globules.
Eau 120 grammes.
Doses. — Une cuillerée toutes les trois heures.
S'il survenait une diarrhée abondante (plus de quatre selles par jour), avec fréquence excessive du pouls, il faudrait cesser le médicament pour en choisir un autre dans la série ; la Bryone suffit quelquefois à elle seule pour guérir la maladie.
S'il survenait du délire la nuit, ou même qu'il y eût seulement privation de sommeil à cause d'une trop grande agitation, on alternerait la Bryone avec la Belladone en donnant la Bryone le jour et la Belladone la nuit, comme il sera indiqué plus bas.
Traitement de la deuxième période.
Si les médicaments administrés dans le cours de la première période (ou période d'invasion) n'ont pas enrayé le mal, et que la fièvre typhoïde soit arrivée à sa seconde période (huitième ou neuvième jour depuis le début du mal), on donnera :
Bryonia, quand le malade présentera les symptômes décrits dans la première période, p. 66. La prescription est la même.
Bellàdona, quand dans la seconde période il y aura : mal de tète intense, avec élancement derrière ou sur la tète, et sensation comme si le front allait éclater ; rougeur de la face alternant avec pâleur ; mains froides avec somnolence comateuse le jour ; rêvasseries, délire furieux, ou délire nocturne consistant seulement dans un flux de paroles incohérentes; face violacée ou rouge et comme enflée, avec pupilles dilatées; yeux rouges, fixes, brillants et quelquefois injectés de sang ; parole embarrassée, avec langue enflée, rouge, sèche, tremblante et fendillée ; cons-
tipation ou diarrhée fréquente, mais en petite quantité ; urines rares et boueuses, ou claires et assez abondantes ; pouls large, plein, variant de fréquence.
Belladone, 12e dilution 8 globules.
Eau 125 grammes.
Doses. — Une cuillerée toutes les quatre heures.
On peut l'alterner avec Bryone, en donnant Bryone le jour et Belladone la nuit.
Ainsi, la Bryone et la Belladone alternés conviennent spécialement dans la lièvre typhoïde avec symptômes ataxiques ou cérébraux.
D'après M. le docteur Teste (1), si, aux symptômes de Belladona précédemment décrits, .il se joint un délire uniquement composé de chants, d'improvisations, on doit cesser la Belladone et administrer Agaricus muscarius aux mêmes doses et de la même manière que Belladona, si l'on veut procurer du calme et du repos au malade, sinon sa gérison. Je n'ai pas eu encore occasion de l'expérimenter.
Autre cas encore, d'après M. le docteur Teste : la maladie dure depuis une quinzaine de jours chez un sujet blond, de complexion délicate et à peau blanche ; il est triste, abattu , silencieux et sans délire aucun ; tout à coup, son teint s'anime, ses yeux. sont brillants et ses joues colorées ; il ne fait que rire et parler tour à tour, sans interruption et sans sujet ; de plus il s'y joint un peu de toux sèche.
Ce délire particulier, dit M. Teste, sera suivi d'un affaissement énorme, et réclame spécialement Coffea cruda, administré comme suit :
Coffea, 6e dilution '. . . 8 globules.
Eau 120 grammes.
(1) Teste, Traité homœopathique des maladies des enfants, 1856, p. 315 et 316.
Doses. — Une cuillerée à café d'heure en heure, jusqu'au retour du calme qui existait avant l'accès.
Rhus toxicodendron peut être administré dans toutes les phases ou les périodes de la maladie, surtout lorsque les symptômes se rapprochent de ceux de Bryone, et que cette dernière n'a pas amené d'amélioration. Ainsi on l'administrera toutes les fois qu'il y aura : tête pesante, embarrassée, avec élancements dans le cerveau ; peau sèche, brûlante, avec roideur douloureuse de la nuque et des reins ; langue sèche, noirâtre et fendillée ; froid et frissons, malgré une forte chaleur dans l'appartement ; faiblesse extrême, et diarrhée aqueuse (liquide comme de l'eau), fétide ou inodore, avec borborygmes ; vertiges, sécheresse de la gorge ; yeux fermés avec somnolence presque continuelle ; perte de la mémoire ; stupeur générale ; délire continuel ou marmottement de mots confus, inintelligibles ; carphologie, avec envie de s'enfuir de son lit ; dents et lèvres noirâtres ; soif ardente ; pouls faible, fréquent et intermittent, douleurs sourdes dans le ventre ; aggravation de tous les symptômes, surtout la nuit en demeurant immobile ; selles et urines involontaires, saignement du nez et pétéchies sur le corps (taches jaune brun).
Rhus, 12e dilution 7 globules.
Eau 90 grammes.
Doses, — Une cuillerée de deux en deux, ou de trois en trois heures, selon la gravité de la maladie.
Phospkorus est applicable surtout quand le malade en bonne santé est d'un tempérament vigoureux en apparence, qu'il a les yeux bleus, et qu'un rien suffit pour le rendre malade. On le prescrira quand il y aura les symptômes suivants : pouls fréquent avec perte de forces ; diarrhée aqueuse, toux, sueurs, oppression, altération
scorbutique de 4a bouche ; rêvasseries et épistaxis (saignement de nez) ; engouement des poumons (stase du sang dans les poumons), ou pneumonie confirmée. Dans ce dernier cas, rien ne peut remplacer le phosphore, et il amène une amélioration des plus rapides.
Phosphorus, 30e dilution 6 globules.
Eau 90 grammes.
Doses. — Une cuillerée toutes les quatre heures, jusqu'à cessation des symptômes désignés plus haut.
Traitement de la troisième période.
Rhus toxicodendron. (Voyez ses symptômes et son mode d'administration déjà décrits, page 58.)
On donnera : Arsenicum album, si à une faiblesse extrême il se joint : douleurs brûlantes dans le ventre, avec froid aux extrémités ; chaleur brûlante et agitation ; peau sèche, râpeuse et chaude; soif inextinguible ; vertiges et bourdonnements dans les oreilles, avec ouïe dure ; visage décomposé et d'un jaune terreux ; langue noirâtre, gercée et tremblante ; nausées avec syncopes ; ventre ballonné ; selles aqueuses (comme de l'eau), d'une couleur jaunâtre et d'une horrible puanteur, qui brûlent l'anus en passant et sont rendues involontairement.
Arsenicum album, 12e dilution. ... 6 globules. Eau 90 grammes.
Doses. — Une cuillerée toutes les cinq heures, jusqu'à cessation des symptômes décrits.
Ayant eu occasion d'expérimenter longuement ce médir cament dans le cas qui nous occupe, j'ai reconnu que l'assertion de M. le docteur Teste était fondée, en ce qui concerne le tempérament et Tidiosyncrasie des individus auxquels Arsenicum convient. Voici ce qu'il dit : « Ce
« médicament convient surtout aux individus bruns ou « blonds, d'une constitution lymphatico-nerveuse, irri- « tables, portés à la tristesse, épuisés de longue date par « une mauvaise alimentation ou de mauvaises habitudes, a. et digérant péniblement en bonne santé les aliments du « règne végétal et les laitages, sujets aux aigreurs et aux « diarrhées, et, enfin, plus ou moins atteints de cette « sorte de cachexie si fréquente parmi les habitants des « lieux bas et marécageux. » (Teste, p. 318.)
Tout cela est textuellement vrai ; je pourrais en fournir plus de cent exemples tirés des habitants de la Bresse, que j'ai traités longtemps.
Voici une médication exceptionnelle du début, et même de la seconde période, dans laquelle ce cas peut survenir, comme je l'ai vu une fois.
Veratrum album, si la fièvre typhoïde débute par des vomissements et des selles liquides répétées souvent, avec sueur froide ; froid glacial des membres ; pouls à peine sensible ; ventre très- douloureux et comme rétracté (retiré) ; selles et urines involontaires ; pétéchies sur les extrémités. (Cet état peut se rencontrer aussi dans la deuxième période.) Veratrum album fait cesser assez promptement ces symptômes.
Veratrum album, 12e dilution .... 6 globules. Eao 90 grammes.
Doses. — Une cuillerée d'heure en heure ; puis, quand les symptômes s'apaisent, une cuillerée de deux en deux heures, en reculant les doses au fur et à mesure que le mieux se produit.
China ne doit s'administrer que dans la troisième période, lorsque le ventre n'est plus douloureux, qu'il n'y a plus que deux ou trois selles par jour, avec pouls faible,
peu fréquent, sueurs presque continuelles, lèvres sèches, brunes et fendillées.
China, 6e dilution 6 globules.
Doses. — Une cuillerée toutes les quatre heures.
Traitement des complications qui peuvent survenir dans le cours
de la fièvre typhoïde.
S'il survient un engouement des poumons ou une pneumonie, on donnera : Phosphorus, comme il est prescrit dans le traitement de la deuxième période, page 69, ou bien Ipecacuanha.
Ipécaeuanha, 12e dilution 6 globules.
Eau 90 grammes.
Doses. — Une cuillerée de trois en trois heures.
S'il survient une hémorrhagie intestinale (écoulement de sang par l'anus), on prescrira encore Ipécaeuanha de la même manière que ci-devant, et l'on donnera aussi le lavement suivant :
Ipécaeuanha, 6* dilution 20 gouttes.
Eau légèrement douce (20 cuillerées), ou 320 grammes.
Remuez, et donnez en lavement, qu'on prendra tout en faisant usage de la potion.
Contre les eschares des maladies typhoïdes (prescription de M. le docteur Teste) (1) :
Soif de chandelle 10 grammes.
Faites fondre à un feu doux, et ajoutez-y :
Teinture d'Arnica, 12« dilution. . . . 15 gouttes.
Mélangez bien le tout, et servez-vous-en pour le pansement des plaies du sacrum et autres points.
(4) Teste, Traité homœopathique des maladies des enfants. Paris, 1856, p. 237.
Si la gangrène s'emparait des parties atteintes d'eschares, on donnerait : Carbo vegetabilis à l'intérieur.
Carbo vegetabilis, 12e dilution .... 6 globules. Eau 90 grammes.
On saupoudrerait les plaies avec le même médicament en trituration :
Carbo vegetabilis, 6e trituration ... 15 grammes.
S'il ne suffisait pas, ou ne produisait point d'amélioration, on donnerait à l'intérieur China et Arsenicum album, alternés comme on le verra plus bas.
Doses. — Une cuillerée de quatre en quatre heures.
Si Carbo vegetabilis n'arrêlait pas la gangrène, ce qui est rare, on donnerait :
China, G* dilution. 7 globules.
Eau (J0 grammes.
Arsenicum album, 6e dilution .... 7 globules.
Eau 90 grammes.
Doses. — Alterner ces deux médicaments (un jour Pun, un jour l'autre), à la dose d'une cuillerée \ thé (trois quarts de cuillerée à bouche), de quatre en quatre heures.
Si l'altération ou l'inflammation attaquait les os, il faudrait prescrire Silicea, qui, alors, se prendrait seul, comme suit :
SU Icea, 12e dilution 7 globules.
Eau 1)0 grammes.
Doses. — Une cuillerée de cinq en cinq heures.
Une semblable potion peut servir pour laver les plaies.
Les parotides (gonflement dur et douloureux, situé vers l'angle de la mâchoire inférieure, provenant des glandes parotides tuméfiées) se dissipent par résolution, en suivant la prescription suivante :
Belladona, 12* dilution 6 globules.
En» 90 grammes.
Calearea carbonica, 12° dilution . . 6 globules. Eau • 90 grammes.
Alterner ces deux médicaments à la dose d'une cuillerée, de quatre en quatre heures (c'est-à-dire, donner une cuillerée de Belladona; quatre heures après, donner une cuillerée de Calearea; quatre heures après, redonner Belladona, et continuer ainsi jusqu'à la disparition des tumeurs).
Contre la production interminable des furoncles (ou clous), qui se succèdent quelquefois sans interruption, on donnera :
Arnica, 12« dilution . 6 globules.
Eau 90 grammes.
Doses. — Une cuillerée de quatre en quatre heures. S'il survient des abcès métastatiques, on donnera : Belladona et Hepar sulfur, alternés.
Belladona, 12e dilution 6 globules.
Eau 90 grammes.
Hepar sulfur, 12e dilution ...... G globules.
Eau 90 grammes.
un jour l'autre) à la dose d'une cuillerée, malin et soir.
S'il survient une toux fatigante pendant le jour, on donnera :
Ipéca, 3e dilution G globules.
Eau 90 grammes.
Doses. — Une cuillerée toutes les quatre heures. Si celte toux survient la nuit, ce sera :
Sulfur, 3e dilution G globules,
mis dans une cuillerée d'eau ; prendre cette dose tous les matins.
Ce médicament arrête aussi les sueurs nocturnes, qui affaiblissent tant.
La diarrhée simple et ordinaire, qui persiste quelquefois (mais non due à un refroidissement), exige :
China, 12e dilution 6 globules.
Eau 90 grammes.
Doses. — Une cuillerée de quatre en quatre heures.
La diarrhée qui succède à une constipation de longue durée, et qui arrive souvent chez les convalescents, la nuit d'abord, puis nuit et jour ensuite, est fort à craindre (vu qu'elle amène phtisie mésentérique ou intestinale) ; elle se reconnaîtra aux symptômes ci-après : coliques périodiques, avec brûlement dans le ventre, surtout au-dessus du nombril ; appétit bon ; langue d'un rouge foncé, mais très nette ; ventre à l'état presque ordinaire, avec bruit de liquide agité, et douleur quand on presse le côté droit du ventre ; borborygmes ou gargouillements dans le ventre, surtout la nuit, semblables au glou-glou d'une bouteille qu'on vide. Les selles sont couleur brun clair d'abord, avec de légers filaments de sang ; plus tard, elles se composent d'une matière purulente (contenant du pus), mêlée à un sang noirâtre et infect ; l'urine est rare, rouge et trouble comme celle des juments ; vient ensuite une petite fièvre lente, qui redouble le soir ; des sueurs nocturnes, colliquatives (ou occasionnant un dépérissement), un amaigrissement considérable et la mort»
Les médicaments à opposer à cette affection, qui n'est qu'une espèce d'entéro- colite des plus graves, sont : Calcarea carbonica, Phosphori acidum et Carbo vegetabilis.
Calcarea Carbonica, 12e dilution . . 6 globules. Eau 90 grammes.
Doses. — Une forte cuillerée à café de quatre en quatre heures pour les adultes, et une demi -cuillerée à café an
peu forte pour les enfants. On éloignera les doses au fur et à mesure que l'amélioration se produira.
Dès que cette amélioration Cessera et que le mal reviendra comme auparavant (ce qui arrive quelquefois), on cescera Calcarea, et on donnera :
Phosphori acidum, 12' dilution ... 6 globules. Eau 90 grammes.
Doses. — Une forte cuillerée à café de quatre en quatre heures, en observant les mêmes recommandations que pour Calcarea.
Si la maladie résistait à ces deux médicaments, ce qui est rare, on donnerait :
Carbo vegetabllis, 30* dilution. ... 6 globules. Eau 90 grammes.
Doses. — Une cuillerée à bouche de quatre en quatre heures.
Signes tirés des urines, qui indiquent si la terminaison de la fièvre typhoïde sera heureuse ou malheureuse, et quand on devra donner à manger au malade, si la convalescence s'établit (1).
Au début du mal, les urines sont troubles, blanchâtres, jumenteuses (comme l'urine d'un cheval), et restent telles dans le vase sans déposer.
(1) J'ai eu l'occasion de vérifier les faits ci-après, qui sont extraits de M. le docteur Rapou fils, de Lyon (De la fièvre typhoïde et de son traitement homœopathique, Paris, 1851); un peu d'habitude les fait saisir, et, pour cela, on s'exercera à voir les urines des typhoïdes aux diverses périodes de la maladie. On fera mettre les urines de la nuit dans un verre à Champagne; c'est le vase qui convient le mieux pour les étudier. — Consultez^. Beale, De l'urine, sa composition chimique, ses caractères physiologiques et pathologiques, traduit de l'anglais, Paris 1865; Delefosse, Procédés pratiques pour V analyse des urines, 5° édit. Paris 1885, in-18. J.-B. Baillière.
Prost-Lacczon. — Form homœopalh. 5
Quand la maladie se confirme, elles deviennent très limpides, et leur couleur est naturelle : elles restent ainsi plusieurs jours, et il semble qu'elles ne changent point ; mais, si on place le verre entre son œil et le grand jour, on remarque un léger brouillard répandu dans la partie supérieure de Vurine, qui, les jours suivants, descend peu à peu quoique toujours suspendu, de façon que Y urine à sa partie supérieure et au fond du verre est limpide, tandis que sa partie moyenne (ou celle du milieu) est louche, un peu trouble ou opaque, et forme une teinte bien distincte du haut et du bas de V urine.
A mesure que ce nuage descend, on peut juger que la maladie approche de la crise favorable.
Dès que cet énéorème (ou nuage) est arrivé au fond du verre, il se transforme en un dépôt sablonneux, d'un gris rose, dont une partie s'attache après les parois du vase ; à ce signe, on peut prédire V approche de la guérison, et rassurer le malade et sa famille.
Ce dépôt augmente de jour en jour, et se compose alors d'une poudre rosée, déposée sur un fond de mucosités épaisses.
H faut, à ce signe, faire prendre au malade du bouillon et de légers potages.
Lorsque le dépôt redevient tout à fait sablonneux et qu'il commence à diminuer, la guérison est assurée. Alors il faudra prescrire de suite au malade des viandes rôties, de bons potages, et, pour boisson, de l'eau rougie (une cuillerée à bouche de vin dans un verre d'eau).
Si les urines étaient rouges et claires, il ne faudra rien donner à manger au malade.
Si elles deviennent pâles, légèrement troubles, avec un petit dépôt, il faudra nourrir abondamment le malade.
Si le dépôt des urines pâles, et légèrement troubles, est en grande quantité, il faudra être réservé sur la nourriture.
On aura soin de bien surveiller la convalescence, de ne pas écouter l'appétit du malade, de ne donner du bouillon gras, du veau, de la volaille, que lorsque les urines l'indiqueront : c'est un point des plus importants si l'on ne veut pas tuer le malade.
En étudiant tons les matins les urines de la nuit, on aura un guide sûr.
Il survient quelquefois, pendant la convalescence, une éruption semblable pour la grosseur à des grains de millet, et qui occasionne un prurit désagréable.
On le fera disparaître au moyen de Rhus et Ledum alternés. Voici la formule :
Rima, 12e dilution 6 globules.
Ledum palustre» 12e dilution 6 globules.
Eau 90 grammes.
Doses. — Une cuillerée de Rhus matin et soir, puis, le lendemain, une cuillerée de Ledum matin et soir. Continuer ainsi, en les alternant.
Le pronostic de la fièvre typhoïde est toujours fort grave, et l'on ne peut prédire son issue de prime abord ; mais en suivant exactement la série des symptômes de celte fièvre, et en leur opposant les médicaments qui leur correspondent de la manière dont ils sont prescrits, il est rare que l'on perde un malade sur dix, même dans les cas les plus compliqués.
Le typhus fever, la peste, la fièvre jaune, ne se rencontrant point dans notre pays, nous nous abstiendrons d'en parler ici.