VARIOLE OU PETITE VÉROLE
de la chaleur et de la difficulté à avaler ; ils ont de la toux et la voix très sourde ou voilée.
Trois ou quatre jours après que l'éruption est parue, les petites papules ou élevures de la variole augmentent de volume; elles sont entourées d'une auréole (ou cercle) rouge ; à leur sommet se trouve une vésicule (petite vessie) représentant un petit enfoncement rond à son centre (comme un petit creux); cependant, dans la variole confluente, on peut reconnaître ces caractères des vésicules, car alors il semble que toute la face du malade soit recouverte d'une légère peau fine presque uniforme; elles ne sont point ombiliquées non plus à la paume des mains ni aux pieds, et, sur ces derniers, elles ressemblent à des taches violettes, à peine liserées de blanc. C'est alors, dans celte période, que la peau se tuméfié (s'enfle) à tel point que les paupières recouvrent l'œil entièrement.
§ 3. — Période de suppuration.
Cet état peut durer de huit à neuf jours ; puis, ce terme expiré, il y a redoublement de fièvre ; le gonflement de la peau augmente, ainsi que le volume des vésicules, qui se remplissent d'un liquide purulent : il y a alors grande salivation chez les adultes (elle est moins marquée chez les enfants) ; vives douleurs dans la gorge ; la parole et la dé glutition sont des plus difficiles ; les pieds et les mains sont enflés.
C'est dans cette période que les plus dangereuses complications peuvent survenir, et que la vie des malades est le plus en danger ; ainsi, si la suppuration est imparfaite, si les vésicules se rident, s'aplatissent, prennent une teinte violâtre et se remplissent de sang, ou bien si des taches noires se forment dans les espaces laissés entre elles, ou
qu'il survienne des épistaxis (saignements de nez), des hématuries (pissements de sang), ou des pertes chez les femmes, la mort est à redouter.
§ 4. — Période de dessiccation.
Enfin, au bout de sept à huit jours, les pustules et vésicules commencent à se dessécher, soit en se déchirant et en laissant échapper le pus qu'elles contiennent, soit en se ridant et en s'affaissant (s'abaissant) sur elles-mêmes, pour se transformer en des croûtes brunes, répandant une odeur des plus désagréables, et tombent d'elles-mêmes du quinzième au vingtième jour.
Si le pus des pustules se dessèche tout à coup, et que des frissons, de la stupeur, de l'oppression, de l'anxiété et du délire surviennent, avec langue sèche, noire, et diarrhée, cela annonce une résorption purulente (pus transporté ailleurs, au cerveau, par exemple) ; alors le péril est immense.
C'est pendant cette période de dessiccation que les malades éprouvent les plus vifs désirs de se gratter, par suite de l'atroce démangeaison qu'ils éprouvent sous les croûtes.
La variole peut se compliquer d'ophtalmie, de surdité, de pneumonie, pleurésie, et accidents cérébraux ; il faut appliquer alors à chacune de ces affections secondaires le traitement voulu.
Traitement.
Je donne ici le traitement recommandé par le docteur Teste (de Paris) ; c'est, de tous ceux préconisés, celui dont j'ai obtenu les meilleurs résultats ; il s'applique aux diverses phases ou périodes de la maladie.