CHAPITRE II
CONVULSIOiNS
Névroses caractérisées par des lésions de mouvements; contractions involontaires, violentes et désordonnées, des muscles soumis à l'empire de la volonté. On les divise en toniques, ou contractions permanentes, dans lesquelles les parties affectées sont immobiles et roides; et en cloniquesy ou contractions dans lesquelles il y a alternativement contraction et relâchement; on peut s'en faire une idée par les mouvements qu'exécute un pantin dont on tire et relâche tour à tour le fil qui fait mouvoir ses membres.
Art. Ier. — Tétanos.
Symptômes.
Cette terrible névrose réclame les soins spéciaux d'un médecin; nous dirons seulement que, dans le tétanos
ProsT-LACUZON. — Form. homœopath. 29
général, les membres sont fixes et dans une complète immobilité; le malade, privé de tout mouvement, ressemble à une statue de pierre, et on peut le lever tout d'une pièce soit en le prenant par les pieds ou par la tête, tant la roideur est grande ; aucune force humaine ne peut faire céder les muscles ainsi convulsés. Dans ce terrible état, l'intelligence reste intacte ; généralement, les malades sont plus calmes la nuit; les crises cessent, quoique la roideur existe toujours; il n'y a ni fièvre, ni délire ; quelquefois le malade devient hydrophobe (a horreur de l'eau).
Dans le tétanos partiel, la roideur tétanique ne s'empare que de quelques muscles; si elle envahit ceux qui servent à élever la mâchoire inférieure, la maladie se désigne sous le nom de trismus; si elle s'empare des muscles de la partie antérieure du tronc, le corps est fléchi en avant, de telle façon que le menton touche la poitrine, et que les genoux sont portés très en avant ; cet état se désigne sous le nom tfemprosthotonôs (tension en devant).
Si, au contraire, la tète est renversée en arrière, et que le corps suive la même direction, on désigne cet état sous le nom à'opisthotonos (tension en arrière).
Si le corps est fléchi dans le sens latéral ou de côté, c'est alors le tétanos latéral, ou le pleurototonos (tension latérale).
Traitement.
Six médicaments, parmi tous ceux cités, sont surtout précieux pour combattre cette redoutable affection, si toutefois on peut l'espérer, quand elle n'est pas la suite d'une lésion traumatique; ce sont : Cicuta, Belladona, Ipéca, Opium, Camphora, et Nux vomica.
Si le tétanos a une origine traumatique, c'est-à-dire s'il
survient à la suite d'une plaie contuse, d'une chute sur la tête, ou après une opération chirurgicale, on doit d'abord débrider la plaie, s'il est nécessaire, ou la débarrasser des corps étrangers qu'elle peut contenir; souvent une esquille osseuse peut produire le tétanos ; puis après, les médicaments à donner de prime abord, sont : Arnica, Angustura et Rhus.
Contre le tétanos des nouveau-nés, Chamomilla, puis Ipéca, si Chamomilla ne produit pas l'effet voulu ; et contre le trismus (serrement des mâchoires), dont quelques-uns sont affectés, Aconitum et Belladona alternés, et s'ils ne suffisent pas, Opium ou Ignatia. (Ce dernier convient surtout aux petites filles.)
Doses. — Quatre globules dans 60 grammes d'eau ; une cuillerée à café toutes les deux heures.
Contre le tétanos traumatique, on prescrira, pendant le jour :
Arnica, 6° ou 12<> dilution 7 globules.
Eau 90 grammes.
Doses. — Une cuillerée à café d'heure en heure.
On donnera pandant la nuit, surtout s'il y a des nausées :
Ipéca, 60 ou 12° dilution 7 globules.
Eau 90 grammes.
Doses. — Une cuillerée à café d'heure en heure. Si, au bout de vingt-quatre heures, il n'y a pas de mieux, on donnera :
Angustura, 12e dilution 7 globules.
Eau 90 grammes.
Doses. — Une cuillerée à café de deux en deux heures. Si le tétanos ne consiste qu'en un violent trismus (serrement convulsif des mâchoires, que nulle force ne peut
écarter), ce qui se produit ordinairement, surtout au début, on donnera :
Belladona, 12° dilution 7 globules.
Eau 90 grammes.
niercurius vlvus, 12° dilution 7 globules.
Eau 90 grammes.
Doses. — Une cuillerée à café de deux en deux heures, en les alternant (une fois de l'un, une fois de l'autre). Contre le tétanos non traumalique, on prescrira:
Clcuta vlroaa, 12° dilution 7 globules.
Eau 90 grammes.
Doses. — Une cuillerée à café de deux en deux heures. Si, au bout de vingt-quatre heures, Cicuta n'amène pas de mieux, on prescrira, pendant le jour :
Belladona, 12* dilution 7 globules.
Eau 90 grammes.
Doses. — ■ Une cuillerée à café de deux en deux heures. Et pendant la nuit :
Opium, 6° ou 12J dilution 7 globules.
Eau 90 grammes.
Doses. — Une cuillerée à café, de deux en deux heures. Si enfin ces deux médicaments n'amenaient pas de résultat au bout de vingt-quatre heures, on fera prendre :
Ipéca, 6e ou 12° dilution 7 globules.
Eau 90 grammes.
Doses. — Une cuillerée à café, de deux en deux heures, pendant le jour.
IVux vomica, 12e dilution 7 globules.
Eau 90 grammes.
Doses. — Une cuillerée à café, de deux en deux heures, pendant la nuit.
Si l'individu atteint du tétanos offre, en outre, les symp-
tomes suivants : extension rigide du corps, avec perte de connaissance; froid, haleine courte, mouvements convulsifs, serrement des mâchoires, figure bleuâtre et froide comme marbre, ainsi que les mains et les avant-bras ; ouïe presque nulle, pouls très lent, soupirs, plaintes, douleurs ou crampes dans les muscles des membres inférieurs ; dans ce cas, on prescrira d'abord de préférence :
Camphora, 6° dilution 8 gouttes.
Eau 90 grammes.
Doses. — Une cuillerée à café, de demi-heure en demiheure.
Ces symptômes dissipés, on reprendra le traitement Cicuta, puis Belladona et Opium, s'il est nécessaire.
Contre le tétanos qui atteint les femmes, on prescrira, après Cicuta: Belladona et Platina aux mêmes doses et de la même manière que sont prescrits Belladona et Opium.
Si le tétanos est partiel, et s'il ne consiste qu'en une roideur du dos et de la nuque, on prescrira :
Sepla, 12e dilution 7 globules.
Eau 90 grammes.
Doses. — Une cuillerée à café, de deux en deux heures. Si, avec le renversement de la tête en arrière, il y a tremblement convulsif des muscles, on donnera :
Stramoninm, 12e dilution 7 globules.
Doses. — Une cuillerée à café, de deux en deux
heures (1). . *- -- ' "*,* ....
(1) Pour plus de développements, on consultera avec fruit l'ouvrage du docteur Jousset, Éléments de Médecine pratique, contenant le traitement homœopathique de chaque maladie, 1. 1. Paris, 1877.