CHAPITRE III
INTESTINS ART. 1». — ■ LÎENTTOIÏ.
Affection diarrhéique dans laquelle les aliments sont rendus par le bas, peu ou point digérés, c'est-à-dire avec leur forme et leur couleur naturelles.
Traitement.
Teste préconise contre cette affection : Arsenicum, China, Phosphori acidum ; puis il en recommande un quatrième, qui est Oleander, mais, dit-il, je n'ai pas en-
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cote vérifié par moi- même sa spécialité dans cette affection, quoiqu'il soit très vanté par Hartmann (1).
Ayant eu à traiter bon nombre de lienteries chez des enfants de la classe pauvre, on me pardonnera de donner ici mon avis après celui d'un médecin aussi distingué que Teste. Je crois que Arsenicum est, en effet, un remède héroïque dans la plupart des lienteries ; mais il en est qu'il ne fait qu'aggraver, surtout chez les enfants aux yeux et cheveux noirs et au tempérament colérique ; je ne sais si cela tient à la latitude du lieu ou à une idio-* syncrasie; mais cela m'est arrivé plusieurs fois. Quant â China, je ne me rappelle pas en avoir tiré grand avantage, sinon qu'un peu plus de dénaturation dans la forme ou la couleur des aliments rendus parmi les selles ; quant à Y Acide phosphorique, il ne se montre le plus souvent efficace que lorsque la coction des aliments s'opère à peu près entièrement ; il modifie alors la diarrhée, autrement il est rare qu'on en retire toujours un avantage marqué ou une amélioration soutenue; quant à Oleander, il n'a de sûre réussite que chez les enfants débiles et acariâtres, aux facultés intellectuelles peu développées, à l'esprit obtus, sujets surtout aux dartres et autres éruptions de la peau ou du cuir chevelu ; aussi Arsenicum lui est-il préférable, quoiqu'il soil infidèle (dans la localité que j'habite), lorsqu'on, l'emploie chez les enfants dont j'ai parlé.
Maintenant, il est un médicament que j'ai employé à doses homœopathiques (empiriquement, il est vrai), dans l'affection dont il s'agit, et dont on retirera toujours un grand avantage : ce médicament est Zingiber (gingembre).
(1) Hartmann, Thérapeuthique homœopathique des maladies aiguës et chroniques, Paris, 1850, t. II, p. 477.
Toutes les fois qu' Arsenicum ne remplira pas le but qu'on se propose, on administrera au malade, sur un peu de sucre, une goutte d'esprit de camphre de Hahnemann (comme antidote), puis, une heure après, on lui donnera:
Zlnglber, 12° dilution , 7 globales.
Eau 120 grammes.
Doses. — Une cuillerée, trois et même quatre fois par jour .
L'amélioration ne se fait pas attendre au-delà de trois ou quatre jours. Maintenant, je vais décrire le traitement conseillé par Teste. On peut toujours débuter par Arsenicum, comme je l'ai déjà dit; puis donner ensuite Oleander, car il y a peu à compter sur China, et Phosphori acidum n'est efficace que dans la circonstance que j'ai rapportée plus haut. Ainsi, si Arsenicum et Oleander échouent, on aura recours au Gingembre, dont on verra l'effet. Qu'on me pardonne cet empirisme basé sur des observations faites pendant mon séjour aux îles situées dans la mer des Indes, et que j'ai expérimenté ici.
Arsenicum album, 12e dilution. . . . 6 globules. Eau 120 grammes.
Doses. — Une cuillerée matin et soir.
Si la bouche est sèche, qu'il y ait de la soif, avec perte d'appétit; lèvres et langue sèches, brunâtres; âpreté ou saveur métallique dans la gorge, on prescrira :
China, 12* dilution 9 globules.
Eau » 120 grammes.
Doses. — Une cuillerée, matin et soir. On peut l'alterner avec Arsenicum, un jour l'un, un jour l'autre.
Si la coction (ou digestion) des aliments semble se mieux faire, ou qu'elle soit à peu près complète, mais que les selles soient diarrhétiques et grisâtres, on donnera :
Phosphori acidum, 6° ou 12e dilution 8 globules. Eau 120 grammes.