STOMATITE OU INFLAMMATION DE LA BOUCHE
La stomatite est l'inflammation de la membrane muqueuse qui tapisse l'intérieur de la bouche. Il y a trois sorte de stomatites : Yérythémateuse, la diphthéritique et Vulfiéreuse.
Prost-Lacuzon. — Form. homœopath. 9
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1° Vérythémateuse consiste en une simple rougeur foncée de l'intérieur de la bouche, accompagnéejd'un peu d'enflure, d'une cuisson et d'une douleur plus ou moins vives.
Elle se borne quelquefois à envahir ou les gencives, ou la voûte du palais, ou la surface ^interne des joues, et n'offre aucune gravité»
2° La diphthéritique (ou membraneuse) est caractérisée par des pellicules ou plaques grisâtres, ulcérées et saignantes, qui occupent divers points de l'intérieur de la bouche.
Lorsque ces plaques se détachent, elles se renouvellent presque instantanément et deviennent noirâtres quand il se trouve un léger épanchement de sang au-dessous d'elles ; l'haleine, et même la bouche, ont une odeur cadavéreuse ; les ganglions sous- maxillaires (glandes du cou et des mâchoires) sont enflés et très- douloureux ; la face est souvent bouffie et la salivation est excessive ; il y du malaise et de la fièvre.
Cette maladie n'est grave que chez les individus souffreteux, d'une constitution affaiblie ou viciée, chez lesquels elle peut dégénérer en gangrène.
Une variété de cette stomatite a été désignée sous le nom de muguet; elle consiste en l'apparition sur la muqueuse de la bouche de petites taches ou concrétions de couleur blanche, qui sont ou éparpillées ou confluentes (se touchant par leurs bords). Il est, dans le premier cas, discret ou simple ;
dans le second, il est désigné sous le nom de malin.
Cette affection s'accompagne de fièvre et de diarrhée, consistant en des selles jaunes ou vertes, accompagnées de vomissements. Ces selles contiennent souvent des débris blanchâtres, qui indiquent que le muguet s'est également développé dans l'estomac et dans l'intestin.
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Dans ce cas, la diarrhée et la soif augmentent ; l'enfant tombe rapidement dans une maigreur telle, qu'on le prendrait pour un*petit nain, arrivé à la période la plus avancée de la vieillesse, et il s'éteint lentement comme la mèche d'une lampe dans laquelle il n'y a plus d'huile.
Chez un enfant de bonne constitution, le muguet n'est pas une affection à craindre, surtout s'il y a peu de fièvre et de diarrhée, et qu'il est idiopathiquement spécial à la bouche.
Cette maladie, commune à l'enfance, et qui règne souvent épidémiquement, se déclare quelquefois chez les adultes dans le cours de maladies aiguës ou chroniques, qu'elle vient compliquer par son apparition ; elle est alors presque toujours symptomatique de quelque autre grave affection.
3° La stomatite ulcéreuse ou folliculewe (aphthes) est reconnaissable à l'éruption dans la bouche de petites vésicules semblables à la couleur d'une perle, qui, au bout de vingt-quatre ou trente-six heures, se changent en petits ulcères douloureux, dont la cicatrisation est. assez longue. L'aphthe est discret ou confluent; son étendue peut varier depuis celle d'une pièce de 20 centimes jusqu'à celle de 1 franc. Cette affection s'accompagne d'un peu de fièvre, de diarrhée, de fétidité de l'haleine et de l'engorgement de glandes sous- maxillaires ; elle est sans gravité, et sa durée n'est que dé quelques jours.
La forme confluente est plus grave, mais elle est trèsrare dans nos pays. Les aphthes diffèrent du muguet en ce qu'il existe toujours dans les aphthes des ulcérations que le muguet ne présente pas.
Il existe encore la stomatite produite par l'absorption de mercure, et qu'on appelle, pour cette raison, stomatite
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mercurielle. Nous n'en parlerons pas ici, cela nous entraînerait trop loin ; nous nous contenterons d'en donner le traitement. Au reste, ne se développant «que chez les sujets soumis à un traitement mercuriel, les antécédents éclairent assez le diagnostic.
ART. lep. — STOMATITE ÉRYTHÉMATEUSE.
Traitement.
Cette légère affection réclame Belladona ou Capsicum, si le premier médicament ne suffisait pas à lui seul pour la détruire ; on pourra de plus, si Ton veut, faire des gargarismes composés avec la décoction de racine de guimauve ou d'autre plante émolliente, ce qui ne pourra faire que du bien.
Belladona, 12° dilution 4 globules.
Eau . 60 grammes.
Doses. — Une cuillerée à café, trois fois par jour.
Belladona convient surtout quand il y a forte inflammation, avec fièvre, et quelquefois délire chez les trèsjeunes enfants.
Capsicum annuum se préparera comme Belladona , même dilution, même quantité d'eau et de globules ; seulement il se donnera à la dose d'une cuillerée à bouche, matin et soir, si Belladona ne réussissait pas.
ART. 2. — STOMATITE DIPHTHÉRITIQUE OU MEMBRANEUSE.
Traitement.
J'employais ordinairement deux médicaments, desquels j'obtenais presque toujours un résultat des plus rapides et des plus satisfaisants ; ces deux médicaments sont : Mercurius solubilis pour les individus du sexe féminin , et Mercurius corrosivus pour ceux du sexe masculin.
STOMATITE DIPHTHÉRITIQUE. 133
Dans quelques cas, cependant, l'amélioration se produisait peu ou point, ou bien restait stationnaire, ce qui était assez embarrassant ; ce ne fut qu'après avoir lu l'ouvrage de M. Teste (1) que je me décidai, sur ses indications, à administrer Cuprum metallicumy ainsi qu'il le conseille, lorsque les deux médicaments précédents ne produisent pas tout de suite une amélioration notable.
Aussi dois-je le proclamer hautement à la louange de M. le docteur Teste, je m'en suis toujours bien trouvé, surtout lorsqu'il y avait diarrhée verdâtre et aqueuse chez l'enfant.
Ainsi donc, trois médicaments dominent la thérapeutique de la stomatite membraneuse ; ce sont : Mercurius solubiliSyOu MercuriuscorrosivuSjet Cuprum metallicum*
Pour les petites filles :
Mereurlus solabllls, 30e dilution. • . 6 globules. Eau 90 grammes.
Doses. — Une cuillerée à café de quatre en quatre heures.
Pour les petits garçons :
Mercurlos corrosivu», 30° dilution. . 6 globules. Eau 90 grammes.
Doses. — Une cuillerée à café de quatre en quatre heures.
Si l'un ou l'autre ne produisait, au bout de vingt-quatre heures, aucune notable amélioration, on le cesserait pour donner Cuprum de la même manière que Mercurius.
L'eau albumineuse est, dans ce cas, fort recommandée en boisson ; elle se compose en battant deux blancs d'œufs frais dans un litre d'eau, et on sucrera légèrement le tout.
(1) Teste, Traitement homœopathique des maladies aiguës et des maladies chroniques des enfants. Paris 1856. J.-B. Baillière et fils.
434 stomatite.
art. 3. — Muguet.
Il exige ordinairement l'emploi de deux ou trois médicaments, qui sont: Mercurius solubilis, Sulfuris acidum, China.
M. le docteur Teste préconise Cinabaris ; je ne l'ai jamais employé, et, par conséquent, je ne puis en constater l'efficacité ; mais je ne mets pas en doute qu'il ne puisse être d'une très grande utilité. Voici comment on doit l'adjninistrer :
Cïnabarlc, 30e dilution 6 globules.
Eau * 90 grammes.
Doses. — Une cuillerée à café de cinq en cinq heures.
Maintenant, je. vais signaler un médicament que nul n'a encore employé, à ce que je sache, contre cette affection, et que le hasard m'a fait découvrir ; ce médicament est Arum maculatum, que l'on prescrira ainsi :
Arum maculatum, 12- dilution ... 6 globules. Eau .... -. 90 grammes.
Doses. — Une cuillerée à café de quatre en quatre heures.
Ce médicament, qui agit spécifiquement contre les aphthes, guérit aussi très bien le muguet; du moins, il agit ainsi dans le lieu que j'habite, et je ne sais si des influences locales peuvent modifier son action.
Mercurius solubilis s'administrera de la même manière que Cinabaris si les selles indiquaient que le muguet eût envahi le tube digestif et les intestins ; puis, quelques jours après, on donnera China, pour relever les forces et combattre aussi les progrès du mal.
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China, 15° dilution 6 globules.
Doses. — Une cuillerée à bouche matin et soir.
Sulfuris acidum s'emploiera comme Mercurius ou Cinàbaris ; cependant, malgré sa recommandation, il est quelquefois infidèle.
On commencera donc le traitement par Cinàbaris ; s'il n'amène pas la guérison, ce dont je serais surpris, on donnera Arum maculatum. Si les selles contiennent de petits débris blanchâtres semblables à du lait caillé, que la maigreur de l'enfant devienne considérable, malgré l'emploi des médicaments désignés plus haut, on donnera alors Mercurius solubilis pendant vingt-quatre ou trente-six heures, puis on cessera le médicament pendant un jour, pour redonner China le jour après.
On donnera de l'eau albumineuse pour boisson.
ART. 4. — STOMATITE ULCÉREUSE OU APHTHES.
Traitement.
Deux médicaments couvrent généralement les symptômes de cette affection ; ce sont : Borax et Acidum muriaticum ou cMorhydricum ; Arum maculatum réussit aussi quelquefois, mais moins bien que dans le muguet ; on pourra toutefois l'employer si l'on n'était pas satisfait du résultat des deux précédents, ce qui n'arrive pas une fois sur quatre.
Borax, 1£> dilution 6 globules.
Eau 90 grammes.
Doses. — Une cuillerée à café de quatre en quatre heures.
Si l'amélioration produite par Borax ne se soutenait
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pas, ou que même elle n'eût pas lieu, on le cesserait pour donner:
Acidnm morlatlcam ou Chlorhydrlcum,
4° dilution 6 globules.
Eau 90 grammes.
Doses. — Une cuillerée à café de quatre en quatre heures.
Arum maculatum se donnerait de la même manière et à la 15e dilution, si les deux autres ne suffisaient pas.
On peut aussi, d'après Je conseil de M. Teste, toucher les aphthes, matin et soir, avec un petit pinceau de charpie trempé dans la mixture suivante.
Miel blanc 4 grammes.
Acide chlorhydrlque 4 gouttes.
Mélangez bien pour vous en servir comme ci-dessus.
ART. 5. — STOMATITE MERCURIELLE.
Symptômes.
Il y sensation d'allongement des dents ; l'intérieur de la bouche est tuméfié ; l'intérieur des joues offre des ulcérations superficielles irrégulières et couvertes d'espèces de membranes ratatinées ; les gencives saignent, se ramollissent, et offrent, au niveau des dents, une petite bande blanchâtre, couleur jaune sale, par où l'ulcération commence ; la langue est tuméfiée et souvent s'ulcère ; l'haleine est infecte et a une couleur métallique toute particulière, la face acquiert un volume considérable, et, dans certains cas, les dents, et même les os de la face, se nécrosent (se gangrènent), le ptyalisme (écoulement de la salive) est excessivement abondant et presque continuel ; la mastication (broiement des aliments) est impossible ; il y a fièvre, mal de tête.