GRIPPE, VULGAIREMENT APPELÉE CATARRHE ÉPIDÉMIQUE
Symptômes.
On observe dans cette maladie les symptômes propres à ceux d'une bronchite aiguë légère, du coryza (rhume de cerveau) ; de la fièvre, avec mal de tête ; une forle courbature des membres et un affaissement (ou faiblesse) parfois considérable.
Malaise et courbature, avec douleur de contusion dans les membres et la poitrine ; violent mal de tête, surtout au front; étourdissements, épistaxis et bourdonnement dans les oreilles ; chute des forces ; le plus souvent, fièvre plus ou moins vive, avec exacerbation (redoublement) le soir ; sommeil nul ou agité, avec rêvasseries ; coryza, avec flux par les narines, yeux rouges et larmoyants ; chatouil-
lement au larynx ; mal de gorge, avec chaleur brûlante derrière le sternum ; toux pénible, douloureuse, provoquant, après avoir été primitivement sèche, une expectoration muqueuse plus ou moins abondante ; il y a perte d'appétit, et souvent de la diarrhée ou des vomissements. Il peut arriver quelquefois que, selon le caractère de l'épidémie, selon les prédispositions, ou selon le tempérament des individus atteints de la grippe, on voie se développer chez eux des symptômes nerveux, tels que : délire, soubresauts des tendons, faiblesse excessive, etc.
La durée de cette maladie, dont l'envahissement est continu et rapide, est de six à douze jours lorsqu'elle est simple et dégagée de toute complication, car chez les vieillards, les enfants ou les sujets débiles, elle peut se compliquer de pneumonie.
Il varie selon les formes que la maladie peut revêtir ; nous allons les passer rapidement en revue, et donner les indications nécessaires pour les combattre.
Si la grippe revêt une forme franchement inflammatoire bien tranchée, telle que : toux sèche, douleurs rhumatismales générales, avec élancements dans la poitrine ; oppression, fièvre vive, soif ardente, frissons, yeux rouges et douloureux, on donnera :
Aconltum, 12e dilution 7 globales.
Eau 90 grammes.
Doses. — Une cuillerée, de quatre en quatre heures.
Si la grippe revêtait la forme ataxique, c'est-à-dire s'il y avait : agitations continuelles, délire ou convulsions, rêves effrayants d'incendie, de meurtre ou visions imaginaires ; si, en outre, la toux était spasmodique ou con-
vulsive (par quintes jusqu'à faire vomir), avec mal de tête atroce, que la parole, la lumière et le mouvement augmentent ; sensation comme si le cerveau était en ébullition, avec yeux rouges, étincelants ; rougeur foncée de la face et chaleur brûlante ; si enfin, l'on avait à redouter la méningite (voyez ce mot), on donnerait :
Belladona, 12* dilution 6 globales.
Eau 90 grammes.
Doses. — Upe cuillerée à café, de deux en deux heures.
Si avec la grippe, il y avait de violentes douleurs dans la tête, les oreilles et les mâchoires ; qu'il y eût, en outre, des élancements dans les dents, avec engorgement des glandes du cou ; coryza sec ou flux abondant d'une humeur aqueuse et corrosive, avec diarrhée, coliques, frissons ou chaleur et forte sueur, on prescrirait pour les enfants et les femmes :
Nercnrlns solabllUr, 12e dilution . . 7 globules. Eau . . 90 grammes.
Doses. — Une cuillerée à café, de quatre en quatre heures pour les premiers, et une cuillerée à soupe pour les dernières.
Pour les hommes :
Aercurius vivus, 12° dilution. ... 7 globules. Eau 120 grammes.
Doses. — Une cuillerée, de quatre en quatre heures.
Si la grippe offrait une prédominance de symptômes gastriques, c'est-à-dire qu'il y eût : maux de cœur, nausées, avec envie de vomir, ou vomissements bilieux ; perte d'appétit, avec langue chargée d'un enduit épais, blanchâtre ou jaunâtre ; céphalalgie, comme si le cerveau était meurtri, avec vertiges, pesanteur de tête et yeux brûlants ; bouche pâteuse, avec haleine fétide ; douleur de ronge-
ment dans la poitrine, avec élancements ; toux creuse, avec enrouement ; expectoration difficile de mucosités épaisses et tenaces ; douleurs d'érosion dans le larynx, ou sensation d'âpreté qui excite la toux ; maux de reins, avec constipation ou diarrhée bilieuse ; insomnie, ou sommeil agité et non réparateur ; caractère irascible et emportements, on ferait alors prendre au malade :
Nux vomica, 12° dilution 6 globules.
Eau 90 grammes.
Doses. — Une cuillerée le matin, une cuillerée à deux heures après midi, et une cuillerée le soir.
Si, aux symptômes ordinaires de la grippe, il se joint de violentes quintes de toux, avec vomissements de glaires, hémorrhagies nasales, diarrhée semblable à de la levure de bière en fermentation, on prescrira :
Ipéca, 12e dilution 7 globules.
Eau 90 grammes.
Doses. — Une cuillerée, de quatre en quatre heures.
Si, aux symptômes ordinaires de la grippe, il se joint : toux incessante qui ne laisse reposer ni jour ni nuit, et qui s'aggrave étant couché ; expectoration blanchâtre, écumeuse ou complètement aqueuse, avec douleurs de pression à l'estomac et sensibilité douloureuse de cette partie en appuyant légèrement dessus ; mucosités tenaces et blanchâtres dans la gorge et sur la langue ; goût punais ou putride dans la bouche ; frissons et frilosité ; humeur sombre ou pleureuse, on fera prendre dans ce cas au malade :
Pulsafilla, 1(2« dilution 7 globules.
Eau 90 grammes.
Doses. — Une cuillerée, de quatre en quatre heures. Ce médicament convient surtout aux tempéraments lymphatico- nerveux.
Si, outre les symptômes de la grippe, le malade éprouve des douleurs rhumatismales dans les membres et la poitrine, que le moindre mouvement aggrave; si ces douleurs s'accompagnent ou non de rougeur et de gonflement, et que les genoux en soient surtout atteints, on lui donnera :
Brjonla, 12e dilution 7 globules.
Eau 90 grammes. '
Doses. — Une cuillerée toutes les quatre heures.
Si la grippe se compliquait de pleitrodynie (douleur rhumatismale des muscles intercostaux, ou muscles qui sont situés entre chaque côte), de douleurs dans les membres, ou bien d'hémorrhagies, par la bouche ou les narines, on donnera :
Arnica, 12° dilution 6 globules.
Eau 90 grammes.
Doses. — Une cuillerée à café de quatre en quatre heures.
Si la grippe amenait une complication du côté des organes pulmonaires, c'est-à-dire si Ton avait à redouter une pneumonie ou fluxion de poitrine, on donnerait de suite un médicament encore peu usité, que j'ai prescrit avec succès dans ce cas. Ce médicament est :
Rananculns glaciall», 12° dilution . 7 globules. Eau 90 grammes.
Doses. — Une cuillerée à café de trois en trois heures.
Si, au bout de douze heures, ce médicament m'amène pas d'amélioration (ce qui ne m'est pas encore arrivé), on donnera :
Aconitum, 12° dilution. ....... 7 globules.
Eau «... 90 grammes.
Bryonla, 12* dilution • . • . 6 globules.
Eau • . . • . 90 grammes.
Doses. — Alterner ces deux médicaments (une fois de
206 toux.
l'un, une fois de l'autre), à la dose d'une cuillerée à café un peu forte, de quatre en quatre heures.