‹ Formulaire homoeopathique; ou, Guide pathogénétique usuel pour traiter soi-même les maladiesChapitre 73 sur 298 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

On désigne sous le nom de Pneumonie, Pèripneumonie, Fluxion de poitrine, l'inflammation du parenchyme pulmonaire (ou tissu du poumon).

Elle débute quelquefois subitement, est consécutive à une Bronchite, ou se développe progressivement.

Prodromes.

Malaise, perte d'appétit, engourdissement, frisson plus ou moins intense, avec toux et oppression ; douleur lancinante dans un des côtés de la poitrine, avec fièvre dont l'intensité varie.

Symptômes.

Douleur de côté qui survient ordinairement au bout de douze ou de vingt-quatre heures après le début ; cette Couleur est poignante, vive et lancinante ; elle se fait senhr presque toujours au niveau et près de V aréole du sein, et ^ limite en cet endroit ou s'étend au loin ; la pression, « toux et la respiration, augmentent son intensité. (Cette

douleur ne se présente ordinairement pas dans la pneumonie des enfants et des vieillards.

Il y a, en outre, une dyspnée (difficulté de respirer) plus ou moins vive ; respiration courte et accélérée ; toux, avec expectoration de crachats visqueux, transparents, s'attachant fortement au fond du vase qui les reçoit, et offrant une teinte rougeâtre analogue à de fabrique pileeou.de h rouille ; quelquefois les crachats sont d'une teinte jaunâtre, semblable à du sucre d'orge, du safran, de Yécorce de citron, de la marmelade d'abricots; quelquefois (mais c'est plus rare), ils offrent une teinte vert clair, vert foncé, ou sont couleur de jus de réglisse ou de pruneaux; d'autres fois, les crachats ressemblent à la colle de Flandre claireou à la gomme arabique dissoute. Cependant, dans quelques cas exceptionnels, les crachats peuvent être blancs comme dans un simple rhume, et même manquer complètement. La fièvre est intense, la langue blanche, la soif vive, la céphalalgie plus ou moins forte ; les urines sont rares, et quelquefois il y a des vomisssements.

Dans la majeure partie des cas, la face est colorée, et le malade se couche de préférence sur le dos ou sur le côté affecté.

Il est divers autres moyens plus sûrs de reconnaître la pneumonie, ainsi que son siège et son étendue ; ces moyens appartiennent à l'auscultation, qui révèle à l'oreille exercée divers bruits morbides, qui sont autant de révélations précises pour l'homme dé l'art habitué à se servir du stéthoscope ; mais, comme la majeure partie de nos lecteurs y sont étrangers, et qu'ils ne sauraient pratiquer cette science toute d'observation, nous n'en parlerons pas ici, et, par conséquent, nous ne pouvons entrer dans d'amples détails sur les divers degrés de la pneumonie, comprenant

depuis le simple engouement du poumon jusqu'à Yhépatisation rouge et grise, parce que, pour pouvoir traiter sûrement et méthodiquement la pneumonie dans ses diverses manières d'être, il faut être au fait de la signification des divers bruits stéthoscopiques qui révèlent les ravages du mal.

Nous nous bornerons donc à -donner ici le traitement de la Pneumonie ou Fluxion de poitrine à son début, et présentant les symptômes désignés plus hauts.

Je puis affirmer que pas un cas de Pneumonie ou Fluxion de poitrine franche ne résiste aux trois médicaments ci-dessous désignés ; plus de deux cents cas traités par moi, et dont pas un seul ne m'a fait défaut, me permettent de soutenir mon dire.

Ces médicaments sont : Aconitum, Bryonia, puis, s'il le faut, Ranunculus glacialis.

Acoultum, 12° dilution 7 globules.

Eau 90 grammes.

Bryonia, 12e dilution 6 globules.

Eau 90 grammes.

Doses. — Alterner ces deux médicaments (une fois de l'un, une fois de l'autre), à la dose d'une cuillerée à café un peu forte, de trois en trois heures, ayant soin de reculer les doses au fur et à mesure que l'amélioration se produira.

Au bout de cinq ou six jours, si le malade se ressent encore de quelques douleurs, on lui donnera :

Sulfur, 30e dilution 6 globules.

Eau 90 grammes.

Doses. — Une cuillerée matin et soir.

Le traitement de la fluxion de poitrine ne demande pas

Prost-Lacuzon. — Form. homœopath. 14

plus de quatre à six jours pour être détruite, quand on la traite homœopathiquement.

Il est un autre médicament qui se donne isolément contre la pneumonie ; en voici la prescription :

Ramraculas glaelalts, 12* dilution. . 6 globules. Eau 90 grammes.

Doses. — Une cuillerée de quatre en quatre heures.

Ce médicament guérit à lui seul la fluxion de poitrine ; mais, n'ayant encore que deux observations de guérison par son emploi, je ne puis le donner, je ne dirai pas comme spécifique, mais comme sûr dans tous les cas.

Il est excessivement rare que cette maladie soit primitive chez eux ; elle survient presque toujours comme complication d'une bronchite, d'une coqueluche eu d'une fièvre typhoïde.

Il est difficile, pour tout autre qu'une homme de l'art, de reconnaître la Pneumonie ou Fluxion de poitrine chez les enfants. D'abord, la douleur et les crachats font défaut, et souvent l'auscultation est nulle à cause de leurs cris ou gémissements presque continuels ; un léger râle crépitant, entremêlé de râles sibilants ; Yabsence du bruit respiratoire dans certains points de la poitrine, voilà les seuls indices que l'auscultation peut fournir ; quant à la percussion, elle donne un son mat dans toute l'étendue qui correspond aux parties du poumon engouées ou imperméables ; à ces signes, il se joint une forte fièvre, de l'agitation et une grande accélération des mouvements respiratoires.

Traitement.

Je n'ai traité jusqu'ici que quelques cas de pneumonie

des enfants à la mamelle, et me suis conformé aux prescriptions recommandées par M. le docteur Teste (1). Ce traitement m'a généralement bien réussi, aussi je m'empresse de le mentionner ici.

On donnera dès le début :

Ipéca, 6e dilution 7 globules.

Eao 90 grammes.

Doses. — Une cuillerée à café de trois en trois heures. Si le siège de l'inflammation occupe spécialement le poumon droit, on donnera :

Chelldonium nia jus, 12e dilution . . . 6 globules. Eau • 90 grammes.

Doses. — Une cuillerée à café de quart d'heure en quart d'heure (pendant quatre heures de temps), puis de demi-heure en demi-heure, et ensuite d'heure en heure.

S'il y avait pneumonie double ou pleur o-pneum ortie (inflammation delà plèvre et du poumon), avec épanchement, respiration excessivement pénible et accélérée, sueur abondante, diarrhée avec chute des forces, on donnera de suite :

Phosphorus, 12° dilution 5 globules.

Eau 90 grammes.

Doses. — Une cuillerée à café d'heure en heure, ou de demi-heure en demi- heure, selon le cas.

Ce médicament convient surtout aux enfants blonds, yeux bleus, d'un caractère doux et tranquille ; dans le cas de pneumonie ordinaire, on peut donner après Ipéca ou Chelidonium (2).

Si la pneumonie était arrivée à sa dernière période, on donnerait :

(t) Teste, Traitement homœopathique des maladies aiguës et chroniques des enfants. Paris, 1856.

(2) Maladies des enfants, par M. le docteur Teste. Paris, 1856.

Spongla marina tosta, 12e dilution. . 6 globules. Eau 60 grammes.

Doses. — Une cuillerée à café d'heure en heure, pour en obtenir la résolution.

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