CHAPITRE XXV
La péritonite est l'inflammation de la membrane séreuse, nommée péritoine, qui tapisse la cavité de l'abdomen (du ventre), et recouvre les organes qui y sont contenus. Elle peut être aiguë ou chronique.
ART. 1er. — PÉRITONITE AIGUË.
Douleur vive, poignante, ou lancinante, au nombril, au bas- ventre, ou dans les flancs, qui s'accompagne souvent d'un violent frisson ; le moindre mouvement, la moindre secousse, la moindre pression sur l'abdomen, quelque légère qu'elle puisse être, l'aggrave de façon à arracher des cris au malade.
En outre, on observe de la constipation et des vomissements soit de matières aqueuses, de muquosités, ou d'un liquide semblable à de la bile ; la respiration du malade est courte et gênée, car les mouvements d'inspiré tion augmentent ses douleurs ; le ventre est quelquefois rétracté (aplati) ou à l'état normal, mais le plus ordinairement, il est tendu et ballonné ; il y a chez le malade de l'agitation et de l'inquiétude ; le pouls est ample et fréquent, et si l'état s'aggrave, il peut offrir de 115 à 125 pulsations qui deviennent de plus en plus faibles et misérables ; enfin la face se ratatine, se ramoindrit, les vomissements se rapprochent de plus en plus, le ventre augmente de volume, les traits s'altèrent, les bras et les jambes se refroidissent, le pouls n'offre plus qu'une légère ondulation irrégulière et d'une fréquence excessive, et le délire ou le coma précède chez quelques-uns la mort qui arrive presque toujours sans agonie, du cinquième au septième jour.
La péritonite peut se compliquer de symptômes ataxiques tels que : délire calme ou furieux, carphologie, soubresauts des tendons, etc. ;
De symptômes adynamiques : chute subite des forces ou prostration ; langue noire et sèche ; demi - sommeil presque continuel ; selles et urines involontaires ;
De symptômes bilieux, teint jaune ou safrané, avec bouffissure de Ja face; bouche amère, vomissements de bile.
Diagnostic.
Le malade accuse une forte douleur du ventre, qui s'augmente par la pression ; il a des vomissements, de la fièvre, un pouls fréquent, petit et concentré ; une grande altération des traits du visage.
Traitement.
D'après la plupart des médecins, le médicament principal à administrer au début du mal, est Aconitum; il suffit le plus souvent sinon à procurer la guérison, du moins à enrayer complètement le mal. En voici la formule :
Aconitum, 12° dilution 8 globules.
Eau 120 grammes.
Doses. — Une cuillerée à café, de deux en deux heures, jusqu'à cessation de la fièvre.
Mais une médication qui offre encore plus d'avantages pour combattre la maladie, est l'association de la Bryone à YAconite ; ainsi, dès le début, on prescrira :
Aconitum, 12e dilution 8 globules.
Eau 120 grammes.
Bryonla, 12* dilution 8 globules.
Eau 120 grammes.
Doses. — Alterner ces deux médicaments (une fois de l'un, une fois de l'autre), à la dose d'une cuillerée à café, de deux en deux heures.
Si la péritonite se compliquait de délire, on prescrirait :
Aconitum, 12e dilution 8 globules.
Eau 120 grammes.
Belladona, 12° dilution 7 globules.
Eau 120 grammes.
Doses. — Alterner à la dose d'une cuillerée à café, de deux en deux heures, pendant vingt- quatre heures \ puis, si le délire n'avait pas cessé, on donnerait au malade :
Bryonla, 12° dilution. ........ 7 globules.
Eau « . . 90 grammes.
Belladona, 12° dilution. ....... 7 globules.
Eau 90 grammes.
Doses. — Une cuillerée à café, de deux en deux heures, savoir : Bryonia le jour, et Belladona la nuit.
Cette prescription se donnera aussi, si la péritonite revêtait la forme typhoïque ou ataxique.
Si la péritonite était dégagée de tout symptôme cérébral, soit primitivement, soit à la suite du traitement déjà désigné dans ce cas, et qu'elle revêtit la forme bilieuse y ou bien, qu'il y eut des douleurs vives et atroces dans le ventre, avec sensibilité excessive au plus léger contact ; épanchement dans la cavité péritonale ; soif ardente, que rien ne peut éteindre ; tenesme et selles sanguinolentes ; sueur abondante ; urines troubles et infectes ; face altérée et jaune ; plaintes continuelles, avec aggravation de tous les symptômes pendant la nuit ; dans ces cas on prescrirait :
Mereurias vlvua, 12° dilution .... 7 globules. Eau 90 grammes.
Doses. — Une cuillerée à café, de deux en deux heures. Si la péritonite se compliquait de symptômes adynamiques, on prescrirait :
Rhin toxlcodendron, 12° dilution . . 7 globales. Eau 90 grammes.
Doses. — Une cuillerée à café, de deux en deux heures. On donnera pour boisson de l'eau sucrée tiède au malade, et on le tiendra à la diète.