HÉPATITE AIGUË
sentir quelquefois, jusque dans l'épaule droite, et le long du cou. Cette douleur, que la pression augmente, est continue; l'acte de la respiration, la toux, et certains mouvements du corps, la rendent insupportable. Le malade se tient légèrement courbé en marchant, vu que la position verticale exaspère les souffrances. Il y a un sentiment de pesanteur dans le côté affecté, et parfois, des vomissements bilieux : quelques malades sont atteints d'une teinte ictérique (jaune) générale, ou se bornant seulement aux clérotiques (blanc des yeux) ; la langue est sale, blanchâtre, et la bouche amère ; il y a envies de vomir, ou vomissements ; hoquets , constipation ou diarrhée ; les matières fécales sont blanchâtres, ou fortement colorées par la bile, et quelquefois noirâtres et sanguinolentes. La sécrétion urinaire est diminuée, et la couleur de l'urine est d'un roux foncé.
A. ces divers symptômes, il se joint : une respiration difficile ; de l'oppression, et une fièvre qui, quelquefois, est intermittente ou rémittente ; le pouls est ample et fort ; dans quelques cas (mais rarement) il y a du délire, de l'agitation et de l'insomnie : au toucher on sent facilement que le foie est augmenté de volume ; mais cette augmentation n'est pas constante si elle se fait de bas en haut, car, dans ce cas, le foie peut acquérir un volume considérable , sans faire saillie au-dessous du bord costal. En outre, le malade étant au lit ne peut se tenir qu'en supination (sur le dos), ou un peu incliné sur le côté droit.
Tous ces symptômes varient selon que l'inflammation a atteint ou la face convexe, ou la face concave du foie, ou sa partie centrale. L'hépatite aiguë se termine rarement pw gangrène; c'est le plus ordinairement par suppuration, ou par résolution ; dans ce cas, sa durée peut varier
de vingt-cinq jours à un mois : elle peut passer à Vétat
chronique.
Diagnostic.
On reconnaîtra V hépatite de la pleurésie ou pneumonie r en ce que, dans cette dernière, il y a expectoration de crachats couleur de rouille, et qu'à l'auscultation, on perçoit de la crépitation et un bruit de souffle tubaire ; il y a en outre absence d'ictère (jaunisse).
On la diflérenciera aussi d'une gastrite suraiguë, en ce que, dans cette dernière, la teinte ictérique manque également ; que la douleur qui siège à l'épigastre, est excessivement aiguë ; que les vomissements sont plus nombreux, et qu'ils sont provoqués par l'indigestion des liquides (action de boire).
On la différenciera aussi des coliques hépatiques ou néphrétiques y par la vivacité des douleurs atroces qui accompagnent ces dernières, l'altération des traits, et l'état du pouls qui, dans ce cas, est presque toujours normal (état habituel ; régulier).
Pronostic.
L'hépatite est une maladie grave, qui peu! se compliquer d'entéro-colite^d'hydropisieou d'hémorrhagi es intestinales.