MALADIES QUI EXIGENT LA DÉSINFECTION
Parmi les maladies qui exigent la désinfection, il faut ranger la diphtérie, la variole , le choléra, le typhus, la fièvre jaune, la scarlatine, la suette miliaire. Ces maladies, à microbes très virulents, très persistants et très durables pour la plupart, exigent une désinfection complète et absolue. Dans la fièvre typhoïde, il faut surtout désinfecter les selles des malades; cependant, s’il y a une épidémie, et si la propagation semble se faire par les poussières des salles et dortoirs, la désinfection complète sera obligatoire. La tuberculose pulmonaire, surtout après décès, exige une désinfection complète. La coqueluche , Yérysipèle, la grippe, la pneumonie, ne doivent pas être placées sur le même rang que les maladies précédentes au point de vue de la désinfection. Toutefois, dans les hôpitaux, quand une salle aura contenu beaucoup de coquelucheux, de morbilleux, de bronchopneumoniques et même de diarrhéiques, il sera prudent de la désinfecter complètement, car elle pourra conserver des germes capables de reviviscence et de transmissibilité.
Voici le règlement en usage dans les lycées et collèges de France relativement à la désinfection et à l’isolement des maladies contagieuses.
1° Les élèves atteints de la varicelle, de la variole, de la scarlatine, de la rougeole, des oreillons, de la
diphtérie ou de la coqueluche seront strictement isolés de leurs camarades.
2° La durée de l’isolement sera comptée à partir du début de la maladie (premier jour de l’invasion) ; elle sera de 40 jours pour la variole, la scarlatine et la diphtérie ; de 25 jours pour la varicelle, la rougeole et les oreillons. En ce qui concerne la coqueluche, dont la durée est extrêmement variable, on ne devra autoriser la rentrée que 30 jours après la disparition absolue des quintes caractéristiques.
3,J Pour les maladies éruptives (variole, varicelle, scarlatine, rougeole), l’isolement cessera seulement lorsque le convalescent aura pris deux ou trois bains savonneux et aura été soumis à autant de frictions générales huileuses, portant même sur le cuir chevelu.
4° Les vêtements que l'élève avait au moment où il est tombé malade devront être passés dans une étuve à vapeur sous pression, ou soumis à des fumigations sulfureuses, puis bien nettoyés.
5° La chambre qui avait été occupée par le malade devra être bien aérée. Les parois et les meubles seront rigoureusement désinfectés; les objets de literie seront passés ii l’étuve à vapeur sous pression; enfin, les matelas préalablement défaits seront soumis au même traitement.
Dans aucun cas, l’élève qui aura été atteint en dehors d’un établissement d’instruction publique de l’une des maladies contagieuses énumérées ci-dessus ne pourra être réintégré que muni d’un certificat du médecin constatant la nature de la maladie et les délais écoulés, et attestant que cet élève a satisfait aux prescriptions indiquées. Enfin, la réception de l’élève restera toujours subordonnée à un examen du médecin de l’établissement.
Une loi du 30 novembre 1892 a rendu obligatoire, à peine d’une amende de 30 à 200 francs, pour les docteurs, officiers de santé et sages-femmes, la déclaration des maladies infectieuses suivantes : fièvre typhoïde et typhus, variole et varioloïde, scarlatine, diphtérie, suette miliaire, choléra et maladies cholériformes, peste, fièvre jaune, dysenterie, fièvre puerpérale (sauf secret réclamé), ophtalmie des nouveau-nés.
DÉSINFECTANTS A EMPLOYER
Les substances suivantes, sublimé corrosif, sulfates de cuivre, de zinc, de fer, chlorure de zinc, sont d’excellents désinfectants chimiques. Le sublimé s’emploie en solution à 1 p. t 000 ou 2 000, les autres à 5 p. 100; ils peuvent, à cette dose, servir à désinfecter les selles, les crachats, etc. De même l’acide phénique à o p. 100, ou le lait de chaux. Les lessives de cendres de bois sont excellentes pour le bnge et les objets tissés qu’on peut lessiver sans détérioration. L’acide sulfureux est un agent infidèle et peu sûr, qui ne détruit pas tous les microbes et qui est d’une application difficile. La chaleur est un désinfectant parfait quand elle est applicable : on brûlera tous les objels de peu de valeur, même les baraques qui auront servi à loger des contagieux. On trempera dans l’eau bouillante les objets métalliques, les couverts et ustensiles qui auront servi aux repas des malades. Les linges souillés peuvent être désinfectés de la même façon; on peut ajouter à l’eau chaude une proportion suffisante d’acide phénique (I p. 20).
La vapeur chaude sous pression (étuve de Geneste et Herscher) est un des désinfectants les plus employés aujourd’hui, car il est très efficace et peut servir pour
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certains meubles et surtout pour la literie, les tentures, matelas, etc.